AccueilDes chercheur·e·s dans la confidence ? Usages sociologiques des « leaks » et documents indiscrets

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Publié le lundi 07 janvier 2019 par Céline Guilleux

Résumé

Ce colloque propose de développer une réflexion collective sur les questions heuristiques, éthiques, méthodologiques et épistémologiques soulevées par l’utilisation de sources fuitées en sciences sociales. Il s'agira d'objectiver les usages dont elles font l'objet, et d'identifier quelques « ficelles du métier ». Les chercheur·e·s en sciences sociales sont régulièrement confronté·e·s à des sources sulfureuses, révélant des informations confidentielles, piratées, ou personnelles, lorsqu’il·elle·s découvrent accidentellement des archives, des données fuitées (leaks), qu’il·elle·s mènent des observations à couvert ou simplement par l’usage des réseaux sociaux numériques.

Annonce

Argumentaire

Ce colloque propose de développer une réflexion collective sur les questions heuristiques, éthiques, méthodologiques et épistémologiques soulevées par l’utilisation de sources fuitées en sciences sociales. Il s'agira d'objectiver les usages dont elles font l'objet, et d'identifier quelques « ficelles du métier ».

Les chercheur·e·s en sciences sociales sont régulièrement confronté·e·s à des sources sulfureuses, révélant des informations confidentielles, piratées, ou personnelles, lorsqu’il·elle·s découvrent accidentellement des archives, des données fuitées (leaks), qu’il·elle·s mènent des observations à couvert ou simplement par l’usage des réseaux sociaux numériques. 

En montrant les coulisses des rapports de domination entre groupes sociaux, ces données permettent certes de documenter à nouveaux frais les structures sociales, mais impliquent une recomposition des frontières éthiques et déontologiques des pratiques en sciences sociales.

L’enjeu est de trouver l’équilibre entre production de connaissances en sciences sociales, respect des individus à propos desquels des données peuvent être diffusées contre leur gré et protection des chercheur·e·s qui s’engagent dans ces enquêtes. 

Le premier axe sera dédié aux portées heuristiques du croisement des données d’enquête. Comment des données sensibles peuvent enrichir l’analyse et plus généralement la compréhension des activités sociales difficilement visibles des dominant·e·s du secteur privé ou public (déconstruction des identités stratégiques et de l’effet social du « cela va de soi ») ?

Par ailleurs, les communications pourront prendre pour objet d'analyse l’accès même aux informations. Par qui passe la fuite ? Quelles furent les conditions sociales de possibilité d’un leak et les conditions pratiques de son déroulement ? 

Le second axe interroge les dimensions méthodologiques, déontologiques et épistémologiques que viennent poser l’usage des données fuitées en sciences sociales.

D’une part, le traitement de ces données pose des défis techniques lorsque ces dernières sont prolifiques (comme dans le cas des leaks) ou partiellement cryptées. Les communications peuvent ainsi se centrer sur la présentation d’une pratique de recueil ou de traitement, à visée pédagogique.

D’autre part, la mise à disposition de données confidentielles, parfois personnelles, par les leaks nécessitent des ajustements des pratiques de la recherche en matière d’éthique et de déontologie. Quel statut et quelle place accorder alors à ces données dans le travail d’analyse mais aussi d’écriture ? 

On pourra également se demander comment l’utilisation de données confidentielles (re)positionne les disciplines des sciences sociales. On se propose ici de questionner le brouillage de frontières entre les activités de recherche, de journalisme ou encore de lanceur·ceuse d’alerte dans le cas du travail sur des leaks et données indiscrètes.

Modalités de soumission

Les propositions de communication de 5 000 signes maximum (bibliographie incluse) seront à envoyer à colloquesocioleaks@gmail.com 

pour le 15/01/2019.

Elles devront comprendre les nom et prénom, affiliation institutionnelle, mails des auteurs et cinq mots-clefs. Elles seront soumises à une évaluation anonyme par le comité scientifique. Une réponse sera envoyée d’ici le 15/02/2019. En cas de sélection, les communications seront attendues au plus tard pour le 20/04/2019. 

Comité d'organisation

  • Pierre Alayrac (doctorant CESSP, EHESS),
  • Armèle Cloteau (doctorante Printemps, université de Versailles St Quentin en Yvelines, associée au CESSP, EHESS),
  • Estelle Delaine (doctorante CESSP, EHESS),
  • Timothée Erard (doctorant CESSP, EHESS),
  • François Schoenberger (doctorant LACCUS, ISS, université de Lausanne, associé au CESSP, EHESS). 

Comité scientifique

  • Jean-Louis Briquet (CESSP),
  • Yves Buchet de Neuilly (CESSP),
  • Félix Buhlmann (LINES),
  • Stéphane Horel (Le Monde),
  • Alban Jacquemart (IRISSO),
  • Sylvain Laurens (CESSP),
  • Benjamin Loveluck (Télécom ParisTech),
  • Delphine Naudier (CRESPPA),
  • Sophie Pochic (CMH),
  • Florent Pouponneau (SAGE),
  • Johanna Siméant-Germanos (CMH),
  • Pierre-Emmanuel Sorignet (LACCUS),
  • Anaïs Theviot (Arènes),
  • Anne-Catherine Wagner (CESSP).

Lieux

  • EHESS
    Paris, France (75)

Dates

  • mardi 15 janvier 2019

Mots-clés

  • donnée fuitée, leak, élite, éthique, enquête

Contacts

  • Organisation du colloque Socioleaks
    courriel : colloquesocioleaks [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Organisation du colloque Socioleaks
    courriel : colloquesocioleaks [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Des chercheur·e·s dans la confidence ? Usages sociologiques des « leaks » et documents indiscrets », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 07 janvier 2019, https://calenda.org/533341

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