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L'entre deux: espaces, pratiques et représentations

In-betweenness: spaces, practices and representations

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Publicado terça, 08 de janeiro de 2019 por Anastasia Giardinelli

Resumo

Cette journée d’étude a pour objectif d’inviter les participants à réfléchir à l’ « entre-deux » dans le monde anglophone. L’ « entre-deux » peut être appréhendé comme une zone intermédiaire entre deux espaces ou deux états. Il implique à la fois une dynamique de continuité, de rupture, de transition, de chevauchement, de mobilité. Il engage des questions qui interrogent des territoires, des pratiques et des représentations. L’ « entre-deux » pourra ainsi être envisagé à travers le prisme de nombreuses disciplines telles que l’histoire, la géographie, la sociologie, l’anthropologie, la science politique, la géopolitique, la linguistique, la traductologie, la littérature et les arts multiples.

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Argumentaire

Cette Journée d’étude a pour objectif d’inviter les participants à réfléchir à l’ « entre-deux » dans le monde anglophone. L’ « entre-deux » peut être appréhendé comme une zone intermédiaire entre deux espaces ou deux états. Il implique à la fois une dynamique de continuité, de rupture, de transition, de chevauchement, de mobilité. Il engage des questions qui interrogent des territoires, des pratiques et des représentations. L’ « entre-deux » pourra ainsi être envisagé à travers le prisme de nombreuses disciplines telles que l’histoire, la géographie, la sociologie, l’anthropologie, la science politique, la géopolitique, la linguistique, la traductologie, la littérature et les arts multiples.

Le cas des border studies offre un axe de recherche particulièrement emblématique et porteur. La frontière peut se définir comme un lieu où expire une souveraineté et où en commence une autre, c’est-à-dire un espace de discontinuité, une limite entre deux Etats, deux langues, deux histoires nationales [Foucher, 2007]. Elle constitue également un lieu de transition marqué par d’intenses échanges économiques, socio-culturels et politiques [Martinez, 2012 ; Amilhat-Szary, 2015]. A l’heure où les frontières sont redéfinies, renforcées et parfois militarisées, les circulations transfrontalières et internationales s’accentuent et se complexifient, créant des situations intermédiaires qui ne sont pas sans conséquences sur les destins personnels [Chavez, 2016].

Les faits migratoires représentent un autre champ d’études propice à ces interrogations. De la décision de départ, jusqu’à l’installation dans la société d’accueil, les immigrés et leurs descendants incarnent un « entre-deux » réel ou imaginé [Bruneau, 2004 ; Hovanessian, 2007]. Leurs mouvements physiques, politiques et symboliques entre « ici » et « là-bas » sont créateurs de transformations territoriales, d’espaces sociaux, d’identités hybrides, de langues nouvelles, de littératures ou formes d’expression artistique singulières [Alexandre-Garner et Keller-Privat, 2014]. Ils produisent et entretiennent des réseaux transnationaux travaillés par des enjeux inédits et des formes innovantes de mobilisation dans les pays d’accueil et d’origine [Glick-Schiller, Basch et Szanton Blanc, 1992 ; Waldinger, 2015].

Quels sont les impacts de ces mobilités transfrontalières et transnationales sur les espaces concernés ? Comment cet « entre-deux » est-il perçu par les acteurs et les témoins de ces circulations ? Quels regards les scientifiques, journalistes, artistes, politiques portent-ils sur ces communautés de l’ « entre-deux » ? Comment aborder cet objet d’étude labile par définition ?

L’ « entre-deux » pourra encore donner lieu à des discussions autour des pratiques scientifiques et des problèmes d’ordre disciplinaire. En effet, la transdisciplinarité s’impose de plus en plus dans les sciences humaines et sociales, ce qui fait émerger, dans les champs académiques, des voix, des explorations, des collaborations d’un genre nouveau. Quels sont les enjeux, les apports et les contraintes de ces croisements disciplinaires ? L’ « entre-deux » méthodologique invite, en outre, à s’intéresser à la démarche « réflexive» du chercheur et à la question de sa position par rapport à l’objet étudié et à la société à laquelle il appartient [Bourdieu et Wacquant, 2014]. Observateur et acteur, outsider et insider [Merton, 1972 ; Nowicka et Ryan, 2015 ; Humphrey, 2007], médiateur entre des publics aux intérêts différents voire divergents, le chercheur endosse parfois des rôles aux exigences contradictoires et doit faire face à des questionnements éthiques auxquels il peut difficilement échapper [Elias, 1993].

Parmi les pistes de réflexions possibles, les propositions de communication peuvent traiter des thèmes suivants :

  • Les espaces transfrontaliers ou borderlands : construction historique et politique ; productions sociales, politiques, culturelles ; la question des identifications multiples ; les représentations médiatiques et artistiques de ces espaces singuliers aux enjeux pluriels.
  • Les conséquences des migrations : formes de circulations ; impact sur les lieux d’origine et d’accueil ; diasporas, pratiques transnationales, multiculturalisme, bilinguisme ; relations interculturelles ; identités multiples, hybrides ou hyphenated.
  • Les régimes migratoires de l’entre-deux : être candidat à l’exil ; être demandeur d’asile ; être immigré en attente de décisions judiciaires ; les expériences des familles immigrées aux statuts migratoires hybrides.
  • Formes et degrés d’intégration : les modèles différents/divergents d’assimilation ; les processus complexes d’incorporation/exclusion ; des études de cas de groupes traversés par des phénomènes concomitants d’intégration et de marginalisation. 
  • La langue de l’hybridité : littérature de l’exil ; traduction des auteurs multiculturels, polyglottes, en diaspora ou voyageurs ; évolution et représentations des langues créoles ; statuts, formes et reconnaissance des langues diasporiques.
  • La pluri- et transdisciplinarité en recherche : enjeux, méthodes possibles, difficultés.
  • Le positionnement du chercheur : entre observation et participation, entre objectivité et engagement, l’implication dans l’objet d’étude.

Si la journée sera surtout consacrée au monde anglophone dans sa pluralité, des interventions sur d’autres aires géographiques seront les bienvenues.

Modalités de soumission

Les propositions, en anglais ou français, comprendront un titre, un résumé de 350 mots, ainsi qu’une courte biographie.

Elles seront envoyées aux organisatrices : 

  • Anouche Der Sarkissian, Université Paris Nanterre (anouche.der-sarkissian@sorbonne-nouvelle.fr)
  • Cléa Fortuné, Université Sorbonne Nouvelle, (clea.fortune@sorbonne-nouvelle.fr)

Au plus tard le 15 mars 2019. Les communicants retenus seront informés au plus tard le 31 mars 2019.

La journée d’étude se déroulera le 29 mai 2019 à la Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle – Paris 3 (4 rue des Irlandais, 75005 Paris), en salle Athéna. Les contributions prendront la forme d’exposés oraux en anglais ou français de 20 minutes.

Cette journée est organisée avec le soutien de CREW (Center for Research on the English-Speaking World) et l’Ecole Doctorale 514 de la Sorbonne Nouvelle – Paris 3.

Références bibliographiques 

  • Alexandre-Garner Corinne, Keller-Privat Isabelle, Migrations, exils, errances et écritures, Nanterre : Presses universitaires de Paris Nanterre, 2014.
  • Amilhat-Szary Anne-Laure, Qu’est-ce qu’une frontière aujourd’hui ?, Paris : PUF, 2015.
  • Bourdieu Pierre, Wacquant Loïc, Invitation à la sociologie réflexive, Paris : Editions du Seuil, 2014.
  • Bruneau Michel, Diasporas et espaces transnationaux, Paris : Editions Anthropos, 2004.
  • Chavez Sergio, Border Lives: Fronterizos, Transnational Migrants, and Commuters in Tijuana, Oxford: Oxford University Press, 2016.
  • Elias Norbert, Engagement et distanciation : Contributions à la sociologie de la connaissance, Paris: Fayard, 1993.
  • Foucher Michel, L’obsession des frontières, Paris : Editions Perrin, 2007.
  • Glick Schiller Nina, Basch Linda, Szanton Blanc Cristina, « Transnationalism : a new analytic framework for understanding migration », Annals of the New York Academy of Sciences, n°645, juillet 1992.
  • Hovanessian Martine, « Diasporas et identités collectives », Hommes et Migrations, n° 1265, janvier-février 2007.
  • Humphrey Caroline, « Insider-outsider : Activating the hyphen », Action Research, n° 5, 2007.
  • Martinez Oscar J., Troublesome Border, Tucson : University of Arizona Press, 2006.
  • Merton Robert K., « Insiders and Outsiders : A Chapter in the Sociology of Knowledge », American Journal of Sociology, Vol. 78, n° 1, 1972.
  • Nowicka Magdalena, Ryan Louise, « Beyond Insiders and Outsiders in Migration Research : Rejecting A Priori Commonalities. Introduction to the FQS Thematic Section on ‘Researcher, Migrant, Woman: Methodological Implications of Multiple Positionalities in Migration Studies’”, Forum Qualitative Sozialforschung/Forum: Qualitative Social Research, Vol. 16, n° 2, mai 2015.
  • Waldinger Roger, The Cross-border Connection: Immigrants, Emigrants, and Their Homelands, Harvard: Harvard University Press, 2015.

Locais

  • Salle Athéna - Maison de la Recherche, 4 rue des Irlandais
    Paris, França (75005)

Datas

  • sexta, 15 de março de 2019

Ficheiros anexos

Palavras-chave

  • entre-deux, border studies, migrations, mobilités, communautés, méthodologie, transdisciplinarité, monde anglophone

Contactos

  • Cléa Fortuné
    courriel : clea [dot] fortune [at] sorbonne-nouvelle [dot] fr
  • Anouche Der Sarkissian
    courriel : anouche [dot] der-sarkissian [at] sorbonne-nouvelle [dot] fr

Fonte da informação

  • Cléa Fortuné
    courriel : clea [dot] fortune [at] sorbonne-nouvelle [dot] fr

Para citar este anúncio

« L'entre deux: espaces, pratiques et représentations », Chamadas de trabalhos, Calenda, Publicado terça, 08 de janeiro de 2019, https://calenda.org/535348

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