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Les formes visuelles du collectif XIXe-XXIe siècles

The visual forms of the collective, 19th-21st centuries

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Publié le mardi 15 janvier 2019 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Ce colloque sera l'occasion d'interroger les possibilités et les modalités d'une mise en forme visuelle du collectif. En effet, si le collectif est un thème récurrent dans les représentations depuis longtemps, sa mise en forme est soumise à des contraintes spécifiques qu'il convient d'explorer.

Annonce

Tours, 7-8 novembre 2019

Argumentaire

« Un des conflits les plus profonds inhérent au modernisme : celui de la dialectique historique entre l’autonomie individuelle et la représentation d’un collectif à travers des constructions visuelles. »[1]

Des peintures d’histoire du XIXe siècle jusqu’aux grandes productions cinématographiques contemporaines, les œuvres visuelles ont constamment tendance à traiter des actions, des émotions ou des événements collectifs en les incarnant dans une figure individuelle qui les emblématise. Cette stratégie a prouvé sa très grande efficacité, du point de vue visuel et du point de vue narratif ; cependant, elle a pour conséquence la rareté des formes visuelles du collectif comme tel. Plus difficile à représenter et peut-être aussi plus difficile à lire, le« collectif » est cependant un thème constant des représentations et des narrations visuelles contemporaines : peuples, masses, foules,multitudes, groupes, classes traversent l’histoire du monde contemporain en ne cessant d’y reposer le problème de l’existence d’un sujet collectif, rendant ainsi aigu et passionnant celui de sa figuration.

Comment est-il possible de donner une forme visuelle aucollectif sans le transformer en masse anonyme et sans le réduire à un individu qui simultanément l’emblématise et l’abolit ? Comment affronter visuellement la polyphonie de la multitude ? La ville constitue de toute évidence un des cadres dans lesquels ces questions prennent tout leur sens : lieu même où se concentrent et se croisent les multitudes, la ville fait l’objet de traitements narratifs et visuels qui ont constamment affronté le problème des figurations du collectif dans sa diversité, du Paris de Victor Hugo à la série télévisée The Wire (2002-2008)[2]en passant par le Sin City de Frank Miller (1991-2000) ou les Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle (2011)[3],œuvres dans lesquelles la ville s’érige en personnage de fiction à part entière.

D’autre part,la question de la représentation du collectif touche aussi celle des valeurs,des perceptions et des idées collectives qui le traversent :représentations collectives, au sens exprimé par Émile Durkheim[4],les « formes du collectif » prennent alors un sens directement politique et affrontent la question même de ce qui nous unit et de ce qui nous distingue[5] :ainsi, dans l’exposition The Family ofMan (1955), Edward Steichen construit, à partir de nombreuses images, une définition de « la grande famille des hommes » très marquée par l’idéologie humaniste. Or, à l’heure de l’urgence écologique et de la transversalité des problèmes géopolitiques, la représentation de notre appartenance à une communauté qui s’élève à l’échelle de l’humanité toute entière est peut-être une des plus actuelles que l’on puisse concevoir.

Enfin, la question de l’identité se pose aussi à propos des représentations de la contestation collective, de la révolution et de la guerre, qui appellent particulièrement une iconographie du pluriel. De La Liberté guidant le Peuple (1830) de Delacroix aux représentations du corps collectif des combattants que propose Horace Vernet,une topique de la figure collective se construit qui connaîtra avec la première guerre mondiale un basculement fondamental, dont témoignent entre autres les œuvres de Fernand Léger ou d’Otto Dix. Plus proche de nous, la multiplication des luttes pour la reconnaissance des identités culturelles, ethniques ou sexuelles offrent un terrain nouveau aux réflexions sur la figuration du collectif comme force politique[6] : le film Black Panther (2018) a par exemple été reçu par une grande partie du public comme un outil d’empowerment de la cause noire dans le sillon notamment du mouvement Black Lives Matter. Il faut alors se poser la question de la place du visuel dans ces luttes, et de son instrumentalisation politique dans la constitution symbolique d’un collectif.       

Le colloque s’attachera à traiter des formes visuelles du collectif à travers tous les médiums visuels du XIXe au XXIe siècle, avec une attention particulière (mais non exclusive) pour les thèmes suivants :

  • Le collectif dans la ville et la ville comme collectif.
  • La représentation visuelle de l’identité collective.
  • La tension entre les exigences narratives et le collectif.
  • La représentation du collectif en conflit (révolution, guerre, contestation, revendication).
  • Les formes visuelles du collectif dans leur lien avec l’engagement politique.

Modalités de soumission

Les propositions de communications de 2000 signes, assorties d’une courte bio-bibliographie de 500 signes, sont à envoyer à : margot.renard@univ-tours.fr

Date limite d’envoi des propositions : 15 mars 2019

Retour aux participants : 15 avril 2019

Les organisateurs informent les intervenants que leurs frais de mission ne seront pas pris en charge, et les invite donc à se rapprocher de leur laboratoire ou université de rattachement.

Comité d’organisation

  • Raphaële Bertho (MCF Histoire de l’art, Tours/Intru)
  • Cécile Boulaire (MCF HDR Littérature, Tours/Intru)
  • Louis Boulet (Doctorant Histoire de l’Art et Philosophie, UQAM/Intru)
  • Laurent Gerbier (MCF HDR Philosophie, Tours / Intru)
  • Margot Renard (Docteur Histoire de l’Art, Intru et LARHRA)

Comité scientifique 

  • Alain Bonnet (PR Histoire de l’art, Université de Bourgogne /Centre George Chevrier)
  • Laurent Cailly (MCF géographie, Université de Tours/CITERES) 
  • Vincent Lavoie (PR Histoire de l’art, UQAM)
  • France Nerlich (PR Histoire de l’art, Université de Tours /InTRu, Directrice dudépartement des études et de la recherche de l’INHA)
  • Delphine Robic-Diaz (MCF histoire du cinéma, Université de Tours/Intru)

Voir l'appel en ligne : https://intru.hypotheses.org/7422

Dates

  • vendredi 15 mars 2019

Mots-clés

  • collectif, ville, lutte, politique, représentations

Contacts

  • Margot Renard
    courriel : margot [dot] renard [at] univ-tours [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • louis Boulet
    courriel : loup [dot] boulet [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les formes visuelles du collectif XIXe-XXIe siècles », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 15 janvier 2019, https://calenda.org/540829

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