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Interdisciplinarités étudiantes et échanges sur les musiques populaires

Student interdisciplinarities: looking at popular music

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Publié le vendredi 11 janvier 2019 par Céline Guilleux

Résumé

Nourrie par des approches issues d’horizons disciplinaires différents, l’étude des musiques populaires est un champ qui connaît une notoriété croissante tant dans le monde qu’au sein de l’hexagone. La quatrième édition de ce colloque étudiant consacré aux musiques populaires vise à contribuer à ce dynamisme en poursuivant le travail entamé lors des évènements organisés par l’ACEMuP (Association pour un colloque étudiant sur les musiques populaires) depuis 2014.

Annonce

Argumentaire

Par musiques populaires, nous entendons toutes les musiques nées avec la reproduction mécanique et le développement de l’industrie musicale, au tournant du XXe siècle. En français le terme « populaire » est polysémique et se réfère à une grande diversité de catégorisations et de représentations sociales, parfois clivées: il peut être employé en consonance avec l'acception anglo-saxonne de popular, au sens de « grand public », mais également pour désigner des formes produites et diffusées hors de circuits industriels, en tant que niches, que musiques traditionnelles, etc., à l'échelle locale ou non. Cet ensemble musical hétérogène a été étudié sous différents prismes : des formes sonores aux contextes socioculturels dans lesquels ces musiques s’inscrivent, de leur production à leur réception, ou encore des représentations médiatiques qui en sont faites. Ainsi, ce colloque s’inscrit dans le champ d’études initié dans les années 1980 sous le nom de popular music studies qui regroupe aujourd’hui de nombreux chercheur.euse.s, revues (Popular Music and Society, IASPM Journal, Popular Music, Volume !, etc.) et acteurs institutionnels (IASPM, ISMMS, etc.), qui en font un espace de discussion résolument pluridisciplinaire et diversifié.

Dans le cadre de l’ACEMuP, nous souhaitons encourager les propositions issues aussi bien des sciences humaines et sociales, qu’en esthétique, musicologie ou encore sciences de l’acoustique. L’objectif est avant tout de permettre aux étudiant.e.s de présenter leurs travaux et de créer un cadre d’échanges fertiles entre pairs et avec des chercheur.euse.s expérimenté.e.s.

Pour cette 4e édition, le colloque sera articulé autour de quatre axes principaux, toutefois non exhaustifs. Nous conserverons un espace pour des panels généralistes qui s'intéresseraient à des thématiques transversales ou différentes.

Axe 1 « Musiques et Espaces » 

Dans un souci d’examiner les activités musicales dans les contextes où elles sont déployées, il s’agira de réfléchir à la question des différents espaces (territoires, scènes, lieux…) dans lesquels la musique est produite, diffusée et écoutée. Ces questionnements pourront être abordés à différentes échelles(depuis les circulations globales jusqu’aux appropriations locales), et approcher différentes dimensions (les imaginaires géographiques dans les oeuvres, les performances musicales, l’écoute de la musique dans certains lieux, les politiques publiques liées à la musique,…) sur différents espaces (en abordant autant les espaces de la production et de la diffusion de la musique, que le rôle de la musique dans la production des lieux). Plus précisément, les propositions pourront porter sur une diversité de thèmes, comme la structure de différentes scènes, le rôle de la musique sur la production d’ambiances, le rôle des politiques culturelles dans le développement urbain, l’ancrage spatial des équipements culturels, la circulation d’un genre esthétique ou encore les dynamiques touristiques et patrimoniales liées à la musique.

Axe 2 « Musiques et pouvoirs » 

Cet axe interroge la façon dont les phénomènes musicaux sont informés par différents rapports sociaux, tels que la classe, la race, le genre, la génération, etc. Les communications pourront se consacrer aux modalités par lesquelles ils façonnent l'organisation des pratiques musicales (de la production à laréception) et redistribuent et assignent des positions. Il s'agira également de comprendre ce que les musiques et leurs acteurs (tant producteurs que publics) font à ces rapports sociaux de pouvoir. La liste n'en est pas exhaustive, et bien souvent ils se superposent. Aussi cet axe portera une attention particulière aux propositions rendant compte de la complexité des assignations, des revendications, des identités(déconstruction de la binarité de genre ou intersectionnalités par exemple).

Axe 3 « De l’écoute à la réception » 

Il s’agira de traiter la question de la réception du sonore. Les propositions pourront s’intéresser à la phénoménologie de l’écoute, à la réception de la musique au sein de publics, aux pratiques de fans, aux réappropriations et à la manière dont les individus influencent la production musicale, voire en modifient le sens. Nous invitons notamment des propositions empruntant aux sound studies, qui chercheraient à faire le lien entre sciences sociales et sciences de l’acoustique, et permettraient d’éclairer à nouveaux frais la question des processus decatégorisation musicale.

Axe 4 « Musiques et (nouvelles) Technologies » 

Cet axe porte sur les enjeux technologiques, voire scientifiques, tant du point de vue des artistes, des industries musicales, des pratiques amateurs que des acteurs médiatiques. Plus largement, il sera par exemple question d’examiner les mutations liées à Internet, aussi bien au niveau de la réception, de la diffusion et de la production musicale. Un intérêt particulier sera porté sur les approches analysant de manière critique la question des « nouvelles » technologies et leur impact sur les mondes de la musique.

Conditions de participation

Les propositions de communication (3000 signes maximum) devront comprendre un descriptif de la communication, le cadre théorique et la problématique, la méthodologie, ainsi qu’une description du corpus terrain et une bibliographie. Celles-ci sont à envoyer par mail à l’adresse suivante colloque.acemup@gmail.com en format word et pdf. Merci d’y préciser l’axe dans lequel s’inscrit la communication.

Cette proposition sert de base à une présentation orale qui, si elle est sélectionnée pour le colloque, sera d’une durée de 20 minutes suivie d’un temps de discussions et d’échanges. Dans cette mesure, les propositions peuvent également être complétées par une courte présentation vidéo (3 minutes maximum) et ou d’extraits sonores. De format libre, celle-ci pourrait permettre de valoriser les capacités orales du/de la communicant.e.s. En effet, il est primordial que les présentations lors du colloque soient vivantes et accessibles pour les autres disciplines afin de s’inscrire dans une optique de pédagogie et d’échange, chère à la dynamique de l’ACEMuP.

Modalités de soumission

Envoi de la proposition de communication : avant le 20 février 2019

Date de réponse du comité: mi mars 2019

Date et lieu du colloque: Vendredi 12 avril 2019 à Paris

Seront retenues en priorité les propositions s’inscrivant dans les thèmes susmentionnés et proposées par des étudiant.e.s pouvant justifier d’un travail aboutissant à un écrit de type mémoire ou thèse (M1, M2, D1 voire D2). Un intérêt particulier sera porté aux propositions innovantes et pertinentes. Nous tenons par ailleurs à mettre en avant le fait que cet appel s’adresse également à des étudiant.e.s de Master Professionnel qui feraient preuve d’une démarche réflexive et d’un intérêt pour la recherche sur les musiques populaires.

Comité scientifique de sélection

L’aspect étudiant étant central dans notre démarche, nous tenons à intégrer au processus de sélection des chercheur.e.s en formation. Ainsi, un premier comité composé d’étudiant.e.s en thèse (à partir de D2 et jusqu’à deux ans après le rendu de la thèse) effectuera une sélection qualitative sur les aspects évoqués plus tôt (pertinence du sujet, méthodologie, rigueur scientifique, bibliographie…). Celui-ci sera composé de :

  • Rémi BOIVIN, Doctorant en sociologie à l’EHESS, Centre Norbert Elias
  • Pauline CORNIC, Doctorante en musicologie, Rennes 2
  • Caroline CRETON, Doctorante en sciences de l’information et de la communication, Rennes 2, PREFics
  • Séverin GUILLARD, Docteur en géographie, Université Paris-Est Créteil, Lab’Urba
  • Samuel LAMONTAGNE, Doctorant en ethnomusicologie, University of California, Los Angeles
  • Laure MOUCHARD, Doctorante en sociologie à l’EHESS, Centre Norbert Elias
  • Loïc RIOM, Doctorant en sociologie à l’École des Mines, Centre de sociologie de l’innovation
  • Michael SPANU, Docteur en sociologie, chercheur associé au 2L2S
  • Jonathan THOMAS, doctorant en musicologie interdisciplinaire, EHESS, Centre de recherches sur les arts et le langage
  • Cécile VERSCHAEVE, chargée d’administration et d’observation au Pôle de coopération pour les musiques actuelles en Pays de la Loire

Comité scientifique de parrainage

La sélection officielle sera ensuite validée par le comité de parrainage, composé de chercheur.e.s confirmé.e.s.

  • Denis CONSTANT MARTIN, Chercheur en sciences politiques, chercheur en anthropologie
  • Sophie MAISONNEUVE, chercheure en sound studies, membre de l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain, maitre de conférences à l’université Paris Descartes
  • Emmanuel PARENT, chercheur en anthropologie sociale et ethnomusicologie, maitre de conférences à l’université Rennes 2, Directeur de la publication de Volume! la revue des musiques populaires
  • Hyacinthe RAVET, sociologue et musicologue, professeure à l'université Paris 4, membre du comité de rédaction de la revue Travail, Genre et Sociétés
  • Jean-Christophe SEVIN, chercheur en socio-anthropologie de la culture, maitre de conférences à l’IUT d’Avignon, membre de l’équipe culture et communication du centre Norbert Elias
  • Basile ZIMMERMANN, chercheur en anthropologie et sociologie des techniques, directeur, maitre d’enseignement et de recherche à l’Institut Confucius, université de Genève

Bibliographie indicative

Becker. Howard S., Les mondes de l’art, Paris, Flammarion, 2010.

Bennett. Andy & Richard A. Peterson (eds.), Music Scenes: Local, Translocal, and Virtual, Nashville,Vanderbilt University Press, 2004.

Butler. Judith, Trouble dans le genre: le féminisme et la subversion de l’identité, Paris, La Découverte,2005.

Canova. N., La Musique au coeur de l’analyse géographique, Paris, L’Harmattan, 2014.

Canova. N., Raibaud Y. (dir), « Géomusique », L’information Géographique, Armand Colin, 2017.

Cohen. Sara, Rock Culture in Liverpool: Popular Music in the Making, Oxford, Oxford UniversityPress, 1991.

Connell. John, Gibson C., Sound Tracks, Popular music, Identity and Place, Londres et New-York,Routledge, 2002.

Frith. Simon, Performing Rites: On the Value of Popular Music, Cambridge, Harvard UniversityPress, 1998.

Guibert. Gérôme, La production de la culture. Le cas des musiques amplifiées en France Genèses,structurations, industries, alternatives, Paris, Irma éteun, 2006.

Hammou. Karim, Une histoire du rap en France, Paris, La Découverte, 2012.

Hesmondhalgh. David, Why music matters, Londres, Wiley-Blackwell, 2013.

Hracs. B., Seman M., Virani T., The Production and Consumption of music in the Digital Age,Abingdon-on-Thames, Routledge, 2016.

Jones. Steve, « Music and the Internet », Popular Music, n° 19, vol. 2, 2000.

Johansson. O., Bell T., Sound, Society and the Geography of Popular Music, Farnham / Burlington,2009.

Lebrun. Barbara. « Majors et labels indépendants. France, Grande-Bretagne, 1960-2000 », VingtièmeSiècle. Revue d'histoire, vol. no92, no. 4, pp. 33-45, 2006.

Le Guern. Philippe, Frith S. (dir.), « Sociologie des musiques populaires », Réseaux, vol. 25, n° 141-142, 2007.

Maisonneuve, Sophie. « L'industrie phonographique et la patrimonialisation de la musique dans lapremière moitié du XXe siècle », Le Temps des médias, vol. 22, no. 1, pp. 77-91, 2014.

Parent. Emmanuel, « Vybz Kartel : un révolutionnaire conservateur ? Mutations contemporaines de lafigure de l’intellectuel organique dans l’Atlantique noir », Volume!, vol. 13:2, no. 1, pp. 99-115, 2017.

Pecqueux. Anthony, Roueff O. (dir.), Écologie sociale de l’oreille. Enquêtes sur l’expériencemusicale, Paris, Éditions de l’EHE , 2009.

Ravet. Hyacinthe, L’observation des pratiques musicales : méthodes et en eux, Paris, niversité Paris-Sorbonne, Observatoire Musical Français, 2001.

Sterne. Jonathan, Une histoire de la modernité sonore, Paris, La Découvert, 2015.

Straw. Will, «System of Articulation and Logic of Change: Communities and Scenes in PopularMusic», Cultural Studies, vol. 5, n°3, 1991.

Stokes. Martin (dir.), Ethnicity, Identity and Music: The Musical Constrution of Place, Oxford, BergPublishers, 1997.

Szendy. Peter, Écoute, une histoire de nos oreilles, Paris, Les Éditions de Minuit (« Paradoxe »), 2001.

Théberge. Paul, Any Sound You Can Imagine : Making Music / Consuming Technology, MiddletownCl, Weslevan University Press, 1997.

Whiteley. Sheila (dir.), Sexing the Groove : Popular Music and Gender, Abingdon, Routledge, 2013.

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • mercredi 20 février 2019

Mots-clés

  • musique populaire, étudiant, interdisciplinarité, genre, espace, hybridation, politique

URLS de référence

Source de l'information

  • Colloque ACEMuP
    courriel : colloque [dot] acemup [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Interdisciplinarités étudiantes et échanges sur les musiques populaires », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 11 janvier 2019, https://calenda.org/544433

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