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Post-vérité et infox : où allons-nous ?

Post-truth and infox - where are we heading?

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Publié le mercredi 30 janvier 2019 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Sommes-nous entrés dans l’ère de la post-vérité et du complotisme ? Le terme post-vérité renvoie à l’acceptation du mensonge et de sa confusion avec le réel dans la vie collective. Le complotisme relève d’un mode de fonctionnement paranoïaque où il s’agit, très différemment, de débusquer la vérité derrière les apparences. Le colloque sera l’occasion de préciser les deux notions et de marquer la spécificité des temps présents. La réflexion portera ainsi sur les sources de la post-vérité et du complotisme : crise de légitimité des élites politiques, médiatiques, intellectuelles ? Rôle de l’internet et des réseaux sociaux ? Mutation générale où se perdent les valeurs universelles et la raison ? Le colloque envisage également les réponses possibles : comment affaiblir les logiques du soupçon, de la dénonciation, du mensonge ? Suffit-il d’en appeler à la raison ? L’évocation d’expériences concrètes pourrait contribuer à alimenter la réflexion.

Annonce

Programme

Post-vérité et infox : où allons-nous

Entrée libre

Jeudi 7 février 19h

Mot de bienvenue par Bruno Maquart, président d’Universcience

Soirée d’ouverture avec notamment : Jean-Marie Cavada, journaliste et député européen.

Présentation du colloque : Michel Wieviorka, président de la FMSH et directeur d’études à l’EHESS.

Intervention pré-enregistrée d’Edgar Morin, sociologue, CNRS

Intervention de Jean-Marie Cavada, journaliste et député européen : « Périclès ou Tocqueville ? Transformation ou péril en la démocratie ? »

Suivie d’une table ronde avec

Myriam Revault d’Allonnes, philosophe, Ecole pratique des hautes études (EPHE-PSL), Collège international de philosophie, Elisabeth Roudinesco, psychanalyste, EHESS, université Paris-Diderot, Jean-Marie Cavada et Michel Wieviorka.

Vendredi 8 février

Matinée 10h

Introduction au colloque par Michel Wieviorka

Quels biais cognitifs à l’oeuvre ?

10h20 — 10h40

Vérité et modernité sorcière, entre Afrique et Occident

par Jean-Pierre Dozon, directeur de recherche émérite de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), directeur d’études à l’EHESS, vice-président de la FMSH en charge des programmes scientifiques.

La sorcellerie est loin de constituer un phénomène archaïque ou propre à une Afrique traditionnelle. Elle fournit des explications aux discontinuités de la vie ordinaire à partir d’une arrière-scène, que donnent de plus en plus à voir quantité de fictions. Par ses procédés de dédoublement du réel, elle constitue un bon modèle de théorie de complot ou de mise en cause des véritésétablies par la science ou délivrées par les autorités politiquesou les médias. Car elle est particulièrement adaptée à un monde qui génère, sans en rendre compte, des inégalités ou des écarts de mode de vie croissants entre les humains.

10h40 — 11h10 Débat

Éduquer ou légiférer ?

11h15 — 11h35 : L’éducation aux médias et à l’information numérique : le meilleur filtre ?

par Divina Frau-Meigs, professeur, sociologue des médias, membredu groupe d’experts de haut niveau de l’Union européenne sur la désinformation, co-présidente du chapitre Europe de l’Alliance globale des partenaires en éducation aux médias et à l’information (Gapmil), présidente de Savoir*Devenir.

L’éducation aux médias et à l’information (Emi) est l’une des solutions proposée par les acteurs qui se préoccupent des désordres de l’information en ligne. Elle transmettrait de nouvelles littératies indispensables aux citoyens du numérique, adossées aux sciences cognitives, aux sciences de l’information et aux humanités numériques. Toutefois, elle manque encore de contenus spécifiques, definancement dédié, de formation diplômante des professionnels, ... En bref, d’une réelle volonté politique.

11h40 — 12h Une révolution pédagogique contre la démocratie des crédules

par Gérald Bronner, professeur de sociologie, membre de l’Académiedes technologies, membre de l’Académie nationale de médecine. Les plus jeunes s’informent essentiellement sur Internet qui véhicule toute sorte d’idées fausses et joue un rôle dans les processus de radicalisation. Face à cette situation, il faut répondre parune révolution pédagogique qui s’inspirerait de ce que nous savonsde la cognition humaine afin de rendre les jeunes esprits en formationautonomes face à cet océan de données.

12h — 12h30 Débat5

Vendredi 8 février après-midi

Les sciences à l’épreuve

14h35 — 15h05

Complots et fake news sur les réseaux sociaux : le cas d’Ebola

par Laëtitia Atlani-Duault, anthropologue, directrice de recherche à l’IRD, directrice du Collège d’études mondiales de la FMSH, et Arnaud Mercier,professeur en Information-Communication à l’université Paris 2-Assas,directeur des études de l’Institut Français de Presse, président de l’association The Conversation France.

Depuis une dizaine d’années, le public préfère s’informer par les réseauxsocionumériques plutôt que par la production journalistique et médiatiquede l’information. Ces nouveaux usages, couplés aux modalités sociales d’appropriation de ces réseaux et au travail des algorithmes, favorisent la circulation de propos dénonciateurs reposant souvent sur des fakenews et des complots. Notre recherche sur l’épidémie d’Ebola lors de la crise de 2014-2015 en révèle certains mécanismes.

15h05 — 15h40 Débat

15h40 — 16h Pause

L’information au temps de la désinformation

16h — 16h20 L’impact de l’architecture du web sur la circulation des fake newspar Francesca Musiani, chargée de recherche au CNRS, Institut des sciencesde la communication associé au CNRS et à Paris-Sorbonne Université.Une réflexion sur le modèle économique des grandes plateformescentralisées, ainsi que sur les infrastructures et les architectures techniques qui les sous-tendent, est nécessaire pour lutter contre la propagationen ligne des fausses informations. Cette intervention propose un aperçude ce monde discret mais omniprésent, et propose quelques pistes de solutions possibles aux causes « systémiques » de la propagation d’infox.

16h25 — 16h 45 Aux sources de l’infox : de nouveaux métiers précaires

par Antonio Casilli, sociologue spécialiste des réseaux sociaux,maître de conférences en humanités numériques à l’EHESS. La précarisation des métiers de l’écriture pousse les aspirants journalistes à proposer leur force de travail rédactionnelle sur des plateformes numériques d’offre de services (les « moulins à contenu ») contre paiements minimes. Parallèlement, les réseaux socionumériques utilisent despetites mains pour produire trafic, clics et contenus, ces micro-tâchesn’étant rémunérées que par des micro-paiements dans les « fermesà clics ». Lorsqu’un client (entreprise, personnalité politique) a besoin de faire passer un message, il fait appel à ces deux types de services,et la propagation virale se met en branle.

16h50 — 17h10 Journalisme de données et vérification automatique :ce que l’informatique (ne) peut (pas) faire

par Ioana Manolescu, directrice de recherche à l’Institut nationalde recherche en informatique et automatique (Inria), centre deSaclay-Île-de-France, responsable de l’équipe Cedar (analyseet traitement de données complexes à grande échelle). Si elle n’est pas nouvelle, la prolifération des fausses nouvellesprésente une menace pour le bon fonctionnement démocratique. Dans ce contexte, des médias tentent d’apporter un éclairage,notamment par des techniques de vérification des affirmations avancées dans l’espace public, réel ou virtuel. Dans le projet ANR ContentCheck,des informaticiens experts en bases de données, traitement automatiquede texte et représentation de connaissances, collaborent depuisquelques années avec des journalistes spécialisés dans le fact-checking. Leur objectif est d’élaborer des outils et méthodes permettant d’automatiserune partie des vérifications.

17h15 — 17h35

Pour un Pacte sur l’information et la démocratie par Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Comment, dans la jungle informationnelle, peut-on construire un espacede la communication et de l’information où la liberté d’opinion estgarantie ? Reporters sans frontières (RSF) est à l’initiative d’un projet d’un Pacte international sur l’information et la démocratie.

17h35 — 18h Débat

Colloque organisé par la Cité des sciences et de l'industrie en partenariat avec la Fondation Maison des sciences de l’Homme (FMSH)

Lieux

  • Métro Porte de la Villette - Cité des sciences et de l'industrie 30 Avenue Corentin Cariou 75019 Paris
    Paris, France (75)

Dates

  • jeudi 07 février 2019
  • vendredi 08 février 2019

Mots-clés

  • Fake news, poste-vérité, infox

Contacts

  • Mahfoud Med Chkouri
    courriel : mahfoud [dot] chkouri [at] universcience [dot] fr

Source de l'information

  • Mohamed Mahfoud CHKOURI
    courriel : mahfoud [dot] chkouri [at] universcience [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Post-vérité et infox : où allons-nous ? », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 30 janvier 2019, https://calenda.org/552571

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