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Art public, sites et cultures numériques : flux d’images et vie(s) des œuvres

Public Art, Sites, and Digital Cultures: Image Streams and the Lives of Artworks

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Publié le mercredi 06 février 2019 par Céline Guilleux

Résumé

Le groupe de recherche Art et site lance un appel à communications pour son colloque intitulé Art public, sites et cultures numériques : flux d’images et vie(s) des œuvres qui se tiendra à l'université de Montréal du 29 au 30 mai 2019. Lors de cet événement, nous examinerons divers phénomènes artistiques, mettant en relation les œuvres d’art, l’image au sens large – image des villes, image des institutions, etc. –, la photographie au sens plus strict et l’espace public dans sa diversité.

The research group Art & Site is launching a call for proposals for its conference entitled Public Art, Sites, and Digital Cultures: Image Streams and the Lives of Artworks which will be held at the University of Montreal from May 29 to 30, 2019. The conference will aim to interrogate various artistic phenomena, connecting works of art, the image in its broadest sense (image of cities, image of institutions, etc.), photography in the strictest sense, and public space in all its diversity.

Annonce

29-31 mai 2019

Université de Montréal, Montréal

Argumentaire

Les interactions entre les différentes déclinaisons de l’espace public, lieux physiques et situés ou cyberespace, sont désormais abondantes et incontournables; à tel point que ces espaces doivent se comprendre comme étant en prolongement les uns des autres, comme les parties communicantes d’une même réalité. Suivant ce modèle, celui de la connexion et de la circulation, les liens entre l’art et les images photographiques se font abondants et absolument cruciaux. Grâce à des chaines formées par l’action conjuguée des technologies numériques (les images autant que tout ce qui assure leur circulation) et du travail d’un certain nombre d’agents humains, n’importe quelle œuvre (même la plus mineure ou anonyme) peut donner lieu à des cascades d’images, par lesquelles l’objet (premier, original) conserverait son individualité mais serait tout à la fois sans cesse défini et redéfini par ses relations multiples[1], ce qui serait susceptible de lui assurer la notoriété. Les images en effet s’enchainent les unes aux autres, conduisent les unes aux autres, en des flux constants et constamment renouvelés et c’est par elles que le monde s’assemble, dans la «relation profonde et inextricable qu’entretient chaque image avec toutes les images déjà produites, la relation complexe de kidnapping, d’allusion, de destruction, de distance, de citation, de parodie et de lutte»[2]. Ainsi des connexions se forment, par les images, entre œuvres et acteurs, sites et situations des œuvres, espace public urbain et cyberespace; tout cela composant des trajectoires qu’il importe d’examiner : « se demander ce qu’est une chose, c’est se demander quel chemin elle a parcouru hors d’elle-même »[3].

La reproduction photographique d’œuvres d’art n’est pas un phénomène nouveau et l’on réfléchit son action depuis Benjamin, voire depuis les chroniqueurs du 19e siècle, mais l’accélération apportée par le web participatif engage à en discuter encore, à partir de trois perspectives convergentes, et c’est ce que nous proposons pour ce colloque : celle du «public» – les publics et ce qui est public –, celle du site et celle de l’image (photographique). Les œuvres d’art à l’étude, produisant une vaste activité dans le web, seront celles qui prennent place – s’y ancrent, à demeure – ou qui ont lieu – (s’)y passent, s’y présentent – dans l’espace public (urbain).

Partant du constat d’une absolue interdépendance, à l’ère numérique, entre les œuvres d’art et la photographie, ce colloque propose de vérifier jusqu’à quel point l’image en circulation est devenue un élément significatif pour la visibilité, la (sur)vie et la notoriété des œuvres, en analysant la faculté d’activation de correspondances entre espace urbain et cyberespace qu’elle possède, et aussi d’évaluer si cette réciprocité qui trace, pour les œuvres d’art, une géographie inédite, signale une démocratisation ou une forme singulière de rapprochement entre art légitime et publics peu spécialisés. De même, considérant l’importance de la propagation de leurs images, il faut reconsidérer les régimes spatio-temporels des œuvres d’art. Il est également pertinent d’interroger les pratiques des communautés de photographes-amateurs-internautes, afin de voir si elles permettent ou facilitent l’éclosion d’un certain activisme artistique

Les liens, passant par l’image, entre espace public urbain et cyber-réseaux sont au fondement d’un jeu d’échanges public-artistes qu’il reste à décrire. Il s’agira donc d’examiner divers phénomènes artistiques, mettant en relation les œuvres d’art, l’image au sens large – image des villes, image des institutions, etc. –, la photographie au sens plus strict et l’espace public dans sa diversité.

Les approches :

  • L’art public et l’image des villes
  • #publicart, #artpublic : les œuvres d’art public et leurs vies numériques
  • Emplacement/déplacement : les pratiques furtives, les micro-interventions et leur nécessaire documentation photographique
  • Amateurs : l’importance de la pratique photographique dans la formation des publics de l’art aujourd’hui
  • Domaine(s) et objet(s) public(s) : les réciprocités artistes/amateurs et l’usage de photographies d’amateurs par les artistes

Ces objets de réflexion correspondront aux axes du colloque.

Chercheurs, professeurs-chercheurs, doctorants, et artistes, professionnels de l’art public et de l’aménagement, sont invités à soumettre une proposition. Les communications, d’une durée de 20 minutes, pourront se faire en français ou en anglais.

Modalités pour soumettre une proposition

  • Les propositions doivent inclure les éléments suivants : un résumé de la communication d’environ 300 mots, une brève bibliographie, une note biographique d’environ 150 mots. Veuillez également indiquer dans quel axe s’inscrit la proposition.
  • Date limite pour soumettre une proposition : 15 février 2019

  • Les propositions, rédigées en français ou en anglais, doivent être transmise à l’adresse artphotosites@gmail.com.
  • Les avis du comité de sélection seront transmis aux auteurs à la mi-mars.

Comité scientifique

  • Ruth Fazakerley, University of South Australia
  • Pauline Guinard, École Normale Supérieure, Paris
  • Suzanne Paquet, Université de Montréal
  • Josianne Poirier, Université de Montréal
  • Laurent Vernet, chargé de projet, collections, Lune Rouge

Références

[1] Pierre-Michel Menger (2013). « Une analytique de l’action en horizon incertain. Une lecture de la sociologie pragmatique et interactionniste » dans Pierre-Jean Benghozi & Thomas Paris (dir.), Howard Becker et les mondes de l’art, Paris : Les éditions de l’École polytechnique, p. 154.

[2] Bruno Latour (1989), «Iconoclash», Sur le culte moderne des dieux faitiches suivi de Iconoclash, Paris : La Découverte, p. 189.

[3] Alessandro Baricco (2014) Les barbares. Essai sur la mutation, Paris : Gallimard, p. 117.

29-31 May 2019

University of Montreal, Canada

Argument

Starting from the observation of the absolute interdependence between artworks and photography in the digital era, this conference will delve into the phenomenon by questioning whether and how the circulating image has become a significant element of the visibility, life, survival, and notoriety of artworks, by analyzing the capacity of activating correspondences between urban space and cyberspace. We seek to assess whether that reciprocity (which traces, for artworks, an unprecedented geography) indicates a democratization or a unique form of reconciliation between legitimate art and unspecialized public. Likewise, we invite a rethink of the spatio-temporal regime of artworks, considering the importance of the propagation of their images. It is also relevant to question the practices of internet users-amateurs-photographers communities, to see if they allow or facilitate the emergence of a certain artistic activism.

The photographic reproduction of works of art is not a new phenomenon and its action has been studied since Benjamin, and even before by 19th century commentators. However, the acceleration brought about by the participative web initiates new discussion. This conference explores this conversation from three convergent perspectives, that of: the "public" – different types of public and what is public – the site, and the (photographic) image. Artworks are responsible for producing extensive activity on the web, particularly those which take place in (are anchored or remain in), are passing by, or are presented in (urban) public space.

Interactions between different versions of public space – physical and located places, cyberspace... – are now abundant and unavoidable; so much so that these spaces must be understood as an extension of each other, as communicating parts of the same reality. Following this pattern of connection and circulation, the relations between art and photographic images are plentiful and crucial. Thanks to connections formed by the combined action of digital technologies (such as images and every device that ensures their circulation) and the work of human agents, any artwork (even the most trivial) can lead to cascades of images, by which the object (the first, the original) retains its individuality but is at the same time constantly defined and redefined by its multiple relationships,[1] which are likely to ensure its notoriety. In fact, images lead to and follow each other in continuous and constantly renewed flows. It is through them that the world is assembled, in the "thick entangled connection that each image has with all the others that have been produced, the complex relation of kidnapping, allusion, destruction, distance, quotation, parody, and struggle".[2] Thus, connections are formed, through images, between artworks and actors, sites and status of artworks, urban public space and cyberspace; all of which constitute paths which should be studied: "asking oneself what a thing is means asking oneself what road it has traveled outside of itself".[3]

The connections, running through the image, between urban public space and cyber-networks are at the base of a game of public-artist exchanges that remains to be described. Therefore, this conference will aim to interrogate various artistic phenomena, connecting works of art, the image in its broadest sense (image of cities, image of institutions, etc.), photography in the strictest sense, and public space in all its diversity.

The conference themes will be shaped around these core issues.

Themes:

  • Public art and image(s) of the city
  • #publicart, #artpublic: public works of art and their digital lives
  • Place/displacement: furtive practices, micro-interventions and their compulsory photographic documentation
  • Amateurs: the importance of photographic practice in the formation of art audiences today
  • Public domain(s) and object(s): the interplay of artists/amateurs and artists’ uses of amateur photography

Researchers, academics, PhD students and artists, public art and landscape design professionals are invited to submit a proposal. Presentations should not exceed 20 minutes and may be given either in French or in English.

Proposal Submission Guidelines

  • Proposals should include the following: an abstract of 300 words, a short bibliography, along with a biography not exceeding 150 words. Please indicate under which theme the proposal should be considered.
  • Deadline for submission of proposals: February 15, 2019

  • Proposals, written in French or in English, should be sent to artphotosites@gmail.com.
  • The selection committee will send the notifications of acceptance by mid-March.

Scientific Committee

  • Ruth Fazakerley, University of South Australia;
  • Pauline Guinard, École Normale Supérieure, Paris;
  • Suzanne Paquet, Université de Montréal;
  • Josianne Poirier, Université de Montréal;
  • Laurent Vernet, chargé de projet, collections, Lune Rouge.

Bibliography

[1] Pierre-Michel Menger (2013). «Une analytique de l’action en horizon incertain. Une lecture de la sociologie pragmatique et interactionniste » dans Pierre-Jean Benghozi & Thomas Paris (dir.), Howard Becker et les mondes de l’art, Paris : Les éditions de l’École polytechnique, p. 154.

[2] Bruno Latour (2001), «What is Iconoclash? or Is there a world beyond the image wars?», Peter Weibel and Bruno Latour (ed.) Iconoclash, Beyond the image-wars in science, religion and art, ZKM and MIT Press, p. 35-36.

[3] Alessandro Baricco (2014) The barbarians an essay on the mutation of culture, New York: Rizzoli Ex Libris, p. 73-74.

Lieux

  • Montréal, Canada

Dates

  • vendredi 15 février 2019

Mots-clés

  • art public, image, ville, numérique, photographie, public

Contacts

  • Alexandrine Théorêt
    courriel : artphotosites [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Alexandrine Théorêt
    courriel : artphotosites [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Art public, sites et cultures numériques : flux d’images et vie(s) des œuvres », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 06 février 2019, https://calenda.org/554591

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