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General Jean Delmas seminar in military history

Séminaire d'histoire militaire général Jean Delmas

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Published on Wednesday, February 13, 2019 by Céline Guilleux

Summary

Le séminaire d'histoire militaire général Jean Delmas, organisé par la CFHM et la DELPAT, se tient chaque mois aux Invalides, à Paris. De niveau master 2, il vise à faire connaître les plus récentes évolutions de l'histoire militaire tout en réévaluant, sur le plan historiographique et épistémologique, l'apport des générations passées. Ce séminaire offre un cadre de réflexion et d'échanges principalement destiné aux étudiant(e)s intéressés par les questions de défense. Il est un espace privilégié d'échanges entre militaires et civils ; témoins, acteurs et historiens ; universitaires et simples passionnés d'histoire.

Announcement

Argumentaire

L'histoire militaire française connaît un regain d'intérêt ainsi qu'un renouveau historiographique qui, sans cesse annoncé depuis les années 1970, est devenu tangible depuis une vingtaine d'années (Martel, 1971 ; Corvisier, 1973 ; Corvisier et alii, 1992 ; Drévillon et alii, 2018). Les sujets de la recherche dans ce domaine se sont considérablement diversifiés tandis que l'approche pluridisciplinaire, croisant notamment les sciences humaines et sociales, s'est grandement répandue (Henninger, 1999). Dans le même temps, on a vu éclore, tout d'abord dans le milieu de la recherche anglo-saxonne (Keegan, 1993), un grand nombre de travaux, mémoires, thèses et publications allant dans le sens d'une approche transpériode décloisonnant les domaines d'investigation privilégiés des antiquisants, des médiévistes, des modernistes et des contemporanéistes. Les horizons géographiques se sont aussi étendus, notamment dans une perspective d'histoire globale ou connectée, à travers la prise en compte des processus de mondialisation des conflits, et notamment de leur dimension impériale et ultramarine (Frémeaux, 2010 ; Champeaux et Deroo, 2006 ; Buton et Michel, 2018). De nouvelles méthodologies et protocoles de recherche se sont développés à l'image de la prosopogaphie (étude des groupes par les données biographiques de ceux qui les composent), de l'articulation entre une histoire « par le haut » et « par le bas », ou encore de la montée en puissance de la collecte et du traitement des sources orales.

En bref, l'histoire militaire s'est largement adaptée aux récentes évolutions de la discipline historique en général ; elle a contribué à les soutenir, voire même à les initier (Offenstadt, 2010). Le fait militaire et guerrier est ainsi entré dans une perspective de fait social et historique « total » dont la compréhension convoque aussi bien l'histoire stratégique et tactique que politique, économique, sociale ou encore des mentalités, la liste n'étant pas exhaustive (Cochet, Porte, 2017). Dans le même temps, l'histoire militaire française n'a pas tiré un trait définitif sur son passé plus lointain. En témoignent le foisonnement des biographies consacrées à d'importantes figures militaires ainsi que l'intérêt toujours vif pour l'histoire des matériels et des techniques de guerre, sans oublier l'uniformologie et la symbolique.

De grandes figures ont favorisé et encouragé ce regain d'intérêt pour l'histoire militaire et ses inflexions méthodologiques et épistémologiques. Les officiers-historiens n'ont pas été en reste, et le général Jean Delmas, récemment disparu, en a été l'un des meilleurs représentants en France. Au service de l'armée de Terre, celui-ci a notamment occupé les fonctions de directeur du Service historique de l'armée de Terre (SHAT), et de chargé de cours à l'École supérieure de Guerre. Son travail, s'ouvrant essentiellement sur des thématiques contemporaines liées à la Seconde Guerre mondiale ou à la guerre d'Algérie, fait le lien entre une production répondant à la fois aux critères scientifiques définis dans le milieu de la recherche et les attentes plus opérationnelles et pragmatiques des décideurs et des chefs de nos armées.

Précisément, Jean Delmas était à la tête d'une Commission française d'histoire militaire (CFHM), créée en 1938, qui a été l'un des grands acteurs de cette rencontre entre deux conceptions de l'histoire qui, par le passé, à l'heure où se développait la « nouvelle histoire » autour des animateurs de la revue des Annales ESC (Bourdé et Martin, 1997), avait en grande partie conduit le monde de l'université à se détourner de l'histoire militaire qu'il considérait volontiers comme une « histoire-bataille » dépassée, peu objective, orientée et réductrice, situation qui n'était d'ailleurs pas propre à la France (Ralf, 2009).

De son côté, la création en 1993 de la Délégation au Patrimoine de l'armée de Terre (DELPAT), et sa récente évolution, rappellent le vif intérêt porté ces dernières années par le Ministère des Armées, l'état-major des armées ainsi que celui de l'armée de Terre aux questions historiques entendues comme un moyen privilégié de nourrir une pensée opérationnelle ; d'effectuer un retour d'expérience le plus pertinent possible ; de donner du sens à l'engagement et l'action de nos militaire ; de renforcer leur identification à leur armée, leur arme ou leur régiment. Un officier référent « histoire » a ainsi été nommé en 2015 qui, placé sous l'autorité du général délégué au Patrimoine de l'armée de Terre, par ailleurs président de la CFHM depuis 2015, s'est vu confier la mise en œuvre de la « fonction histoire » telle qu'elle a été définie au sein de l'armée de Terre.

Celle-ci pose un défi de taille pour les membres du réseau des historiens militaires animé par la DELPAT : en quoi le passé peut-il éclairer le présent et permettre d'envisager l'avenir dans un monde dont le sol semble se dérober sans cesse sous nos pieds ? Les ressorts fondamentaux des guerres et conflits, des sociétés militaires, du fait guerrier, du rapport à la violence et à la mort demeurent-ils toujours les mêmes ? L'histoire militaire peut-elle fonctionner comme cette historia magistra vitae que Cicéron envisageait comme un réservoir d'exemples à méditer pour régler la conduite de ses contemporains ? En somme, comment savoir en quoi une étude historique conduite aujourd'hui sera encore pertinente et « utile » pour nos armées dans les décennies futures ? Autant dire que si l'histoire est la science de ce qui s'est passé, elle n'en est pas moins une discipline essentiellement tournée vers… l'avenir !

Ce séminaire Jean Delmas, mensuel, de niveau Master 2, sera un cadre privilégié de réflexion autour de ces problématiques. En effet, accueilli aux Invalides, il se veut être le point de jonction entre civils et militaires ; universitaires et passionnés d'histoire ; étudiants, enseignants-chercheurs et anciens combattants ou grands témoins. Au cours de cette année de lancement (de janvier à mai 2019), il aura pour vocation de présenter et de mettre en discussion les développements de la recherche en histoire militaire, et, sans exclusive, de saisir la façon dont les historiens militaires se positionnent face à l'héritage historiographique de leurs prédécesseurs. Il s'intéressera aussi tout particulièrement à la façon de faire une histoire en toute rigueur sans perdre de vue les attentes inscrites dans le présent et le futur de nos forces armées, en particulier celles de l'armée de Terre dont sont issus nos intervenants.

Programme

Le premier cycle de ce séminaire s'ouvrira le 22 janvier 2019 par une séance inaugurale assurée par le lieutenant-colonel Gué, professeur d'histoire militaire à l'École de Guerre-Terre (CDEC), intitulée « l'histoire militaire, pour quoi faire ? ». Les 5 séances qui suivront porteront sur les sujets suivants :

26 février 2019

  • Commandant Yvan Cadeau (officier historien, SHD/DRH), « Écrire la biographie d'un grand chef : l'exemple du maréchal de Lattre » ;

26 mars 2019 

  • Lieutenant-colonel Philippe Guyot (conservateur du musée de Artillerie à Draguignan), « Étude comparée du système d'artillerie Gribeauval et du canon de 75 » ;

30 avril 2019

  • Capitaine Jean-Baptiste Pétrequin (officier historien, CIRFA-Terre de Paris), « Le char Renault FT et la construction du mythe du char de la Victoire » ;

28 mai 2019

  • Lieutenant-colonel Jean Bourcart (officier historien, SHD/DHS/DREE), « L'approche prosopographique appliquée à l'étude d'un réseau de la Résistance » ; 

25 juin 2019

  • Lieutenant Christophe Lafaye (officier référent histoire orale de la DELPAT), « Les sources orales et le recueil des expériences combattantes dans le contexte des OPEX ».

Informations pratiques

Hôtel national des Invalides

Salle Gouraud, entrée B, 2e étage

contact : seminaire.jeandelmas@yahoo.com

Bibliographie sélective

Bourdé Guy, Martin Hervé, Les Écoles historiques, Paris, Éd. du Seuil, 1997 (2e éd.).

Buton Philippe, Michel Marc, Combattants de l'Empire. Les troupes coloniales dans la Grande Guerre, Paris, Vendémiaire, 2018.

Cochet François, Porte Rémy (lieutenant-colonel), Histoire de l'armée française. 1914-1918, Paris, Tallandier, 2017.

Corvisier André, « Aspects divers de l'histoire militaire », in Revue d'histoire moderne et contemporaine, tome 20, n° 21, janvier-mars 1973, pp. 1-9.

Corvisier André, et alii (dir.), Histoire militaire de la France, 4 vol., Paris, PUF, 1992, dont le vol. 2, de 1715 à 1871, dirigé par Jean Delmas.

Delmas Jean (général), Mai-Juin 1940. Les combattants de l'honneur, Copernic, 1980.

Delmas Jean (général), La Bataille d'Alger, Paris, Larousse, 2007.

Delmas Jean (général), Officier et historien, études, articles et cours, Paris, Economica/Institut de stratégie comparée, 2001.

Deroo Éric et Champeaux Antoine, La Force Noire : gloire et infortune d’une légende coloniale, Paris, Tallandier, 2006.

Drévillon Hervé et alii, Histoire militaire de la France, 2 vol., Paris, Perrin, 2018.

Frémeaux Jacques, De quoi fut fait l’empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle, Paris, CNRS Éditions, 2010.

Henninger Laurent, « La nouvelle histoire-bataille », in Espaces Temps, n° 71-73, 1999, pp. 35-46.

Keegan John, A History of Warfare, 1993 [2014 chez Perrin pour l'édition française sous le titre : Histoire de la guerre].

Martel André, «  Aspect divers de l'histoire militaire », in Revue historique des armées, tome XX, janv.-mars 1971, pp. 1-9.

Offenstadt Nicolas, « Histoire-bataille », in Delacroix et alii, Historiographies, I. Concepts et débats, Paris, Folio histoire, 2010, pp. 162-169.

Ralf Pröve, « La nouvelle histoire militaire de l'époque moderne en Allemagne »,in Revue historique des armées, n° 257, 2009, pp. 14-26.

Places

  • Entrée B, 2e étage, salle Gouraud - 129 rue de Grenelle Hôtel National des Invalides
    Paris, France (75007)

Date(s)

  • Tuesday, February 26, 2019
  • Tuesday, March 26, 2019
  • Tuesday, April 30, 2019
  • Tuesday, May 28, 2019
  • Tuesday, June 25, 2019

Keywords

  • histoire militaire, armée, officier, soldat, guerre, conflit, stratégie, tactique, doctrine, bataille, guérilla, historiographie

Contact(s)

  • Benoit Beucher
    courriel : benoit [dot] beucher [at] intradef [dot] gouv [dot] fr

Information source

  • Benoit Beucher
    courriel : benoit [dot] beucher [at] intradef [dot] gouv [dot] fr

To cite this announcement

« General Jean Delmas seminar in military history », Seminar, Calenda, Published on Wednesday, February 13, 2019, https://calenda.org/565445

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