AccueilÉducation et prévention en santé : quels liens avec les inégalités sociales, l’équité, la citoyenneté et les solidarités ?

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Publié le mardi 12 février 2019 par Céline Guilleux

Résumé

La revue scientifique semestrielle Éducation, Santé, Sociétés est indexée depuis 2016 par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur – HCERES, et le Conseil national des universités - CNU, dans la liste des revues qualifiantes en sciences de l’éducation. Ce numéro coordonné par Julien Masson et Emily Darlington, vise à proposer une réflexion critique sur différentes possibilités d’articuler l’éducation à la santé, la prévention et la promotion de la santé avec les notions d’équité, de citoyenneté et de solidarité, en perspective d’une réduction des inégalités sociales de santé. Tout en s’ouvrant à l’ensemble de la communauté scientifique, ce projet s’inscrit dans le prolongement de réflexions largement mises en débats lors de la septième édition du colloque international du réseau UNIRéS à Paris, en octobre 2018.

Annonce

Vol.6, n°1, à paraître fin 2019

Coordination

Coordonné par 

  • Julien Masson, Maître de conférences, Université Claude Bernard Lyon 1, Laboratoire HESPER EA 7425. Réseau Unirés
  • Emily Darlington, Maitre de conférences, Université Claude Bernard Lyon 1, Laboratoire HESPER EA 7425. Réseau Unirés

Argumentaire

Ce numéro de la revue Education, Santé, Sociétés vise à proposer une réflexion critique sur différentes possibilités d’articuler l’éducation à la santé, la prévention et la promotion de la santé avec les notions d’équité, de citoyenneté et de solidarité, en perspective d’une réduction des inégalités sociales de santé. Tout en s’ouvrant à l’ensemble de la communauté scientifique, ce projet s’inscrit dans le prolongement de réflexions largement mises en débats lors de la 7ème édition du colloque international du réseau Unirés à Paris, en octobre 2018.

Les stratégies à visée promotrice de santé prennent leurs racines dans la définition globale de la santé de la Charte d’Ottawa de 1986. Dans la littérature internationale, deux leviers d’action ont été identifiés :

1- la réduction des inégalités sociales de santé, définies comme des écarts d’état de santé socialement stratifiés, via les stratégies internationales de politiques publiques ;

2- l’action sur les divers déterminants de santé qui comptent également les conditions de vie et les contextes socio-économiques.

Permettre aux individus d’acquérir un plus grand contrôle sur leur santé, d’améliorer leur santé et d’atteindre un état de bien-être physique, psychique et social va donc de pair avec les problématiques environnementales et sociétales actuelles, dans différents pays.

En France, la Stratégie Nationale de Santé positionne la santé au cœur de toutes les politiques publiques actuelles, ce qui questionne les enjeux d’éducation et de prévention à la lumière des déterminants de santé. La politique de santé a vocation à réduire les inégalités sociales de santé selon des processus démocratiques fondés sur l’équité et la solidarité, en visant différentes formes de transformation sociale. Promouvoir la démocratie en santé implique dès lors d’articuler des savoirs pluriels et de reconnaître à chaque acteur - citoyen/usager/ bénéficiaire ou professionnel-, la légitimité et le pouvoir d’agir pour eux-mêmes et pour la collectivité. Dans cette perspective, de nombreux dispositifs promoteurs de santé permettent de déployer les politiques sociales, éducatives et de santé à tous les niveaux décisionnels et de mise en œuvre, et selon différents types de dynamiques impliquant les citoyens et les professionnels concernés.

Cette pluralité d’approches et de pratiques autorise à considérer que l’intégration des dimensions éducatives, de prévention et de protection répond plus ou moins bien à des besoins individuels et collectifs complexes.

Dans ce numéro, les contributions scientifiques interrogeront donc les fondements théoriques et conceptuels des stratégies d’éducation à la santé et de prévention, jusqu’à leurs articulations respectives et leur mise en œuvre. Les articles analyseront les visions différenciées des stratégies développées (globale, parcellaire, territoriale… / individuelle, groupale, collectivement partagée…) ainsi que les types de mobilisation des professionnels de la santé, de l’éducation et du social. Ils envisageront également le développement de compétences professionnelles dans un continuum dynamique, transdisciplinaire et interprofessionnel mobilisant ou non des « intelligences multiples » et des savoirs collectifs diversifiés. En perspective d’une réduction des inégalités sociales de santé, l’équité et la solidarité, sous toutes leurs formes, seront questionnées au niveau des enjeux de santé individuels, mais également populationnels. En effet, le caractère individuel ou collectif pose la question de la place du sujet, de son pouvoir d’agir, de son rôle dans la construction des savoirs et donc, de son influence dans les possibles transformations de la société.

Les différentes expériences seront analysées, selon un prisme scientifique, selon qu’elles mettent l’accent ou non sur les outils de développement de l’autonomie, sur le renforcement des connaissances du sujet ou sur les dynamiques sociales développées en faveur d’accès optimisés aux soins ou aux savoirs. Quels qu’ils soient, les différents modèles nourriront, ici, une réflexion épistémologique et méthodologique transversale mettant en exergue l’intérêt de composer entre les approches éducatives et sanitaires, dans et hors l’école. La place du sujet en lien avec le collectif, la production et l’articulation de savoirs diffusés auprès des populations, de même que les modes de réception et /ou de participation aux interventions éducatives, sanitaires et sociales seront donc largement questionnés ici. Enfin, les places et les rôles des différents professionnels (décideurs, chercheurs, responsables…) seront analysés en lien avec la construction et l’utilisation de leurs savoirs, notamment dans le cadre de formations qui développent plus ou moins l’interprofessionnalité et/ou la mutualisation d’intelligences et de savoirs diversifiés.

Les contributions porteront sur un ou plusieurs axes :

AXE 1 : Théories et modèles mobilisés.

Ce premier axe se centre sur les divers appuis théoriques qui président aux conceptions, interventions et formations dans les champs de l’éducation et de la promotion de la santé, en interrogeant les incidences des choix qui sont opérés. Quels sont les modèles théoriques qui sous-tendent les stratégies de promotion de la santé dans et hors l’école ? Comment ces différents modèles questionnent-ils les perspectives d’équité, de solidarité et de citoyenneté ? Quelles sont les possibles articulations entre les approches éducatives et sanitaires et selon quelles formes ces approches sont-elles investies au niveau des pratiques de terrain ? Quels sont enjeux, les écueils et les atouts des différents modèles théoriques dans la conception de recherches transdisciplinaires ? Comment intégrer les citoyens dans la conception de recherches pensées selon une perspective contextualisée, participative et translationnelle, et quels en sont les résultats ?

AXE 2 : Démocratie en santé et construction collective des savoirs.

Ce second axe s’intéresse aux voies selon lesquelles il est possible d’élaborer collectivement (ou non) des savoirs, des expériences, des transformations sociales. Comment sont construits les savoirs collectifs mobilisés dans les approches d’éducation, de prévention et de promotion de la santé ? La place des citoyens / des professionnels est-elle toujours identique lorsqu’il s’agit de la conception, la diffusion ou la réception des savoirs ? Comment permettre aux citoyens de réinvestir des savoirs complexes pour devenir « acteurs » de leur santé ? Quels outils mobiliser pour faire émerger ces savoirs et comment réinvestir les savoirs co-construits dans l’élaboration de politiques de santé équitables et solidaires ?

AXE 3 : Interprofessionnalité et réduction des inégalités sociales de santé.

Ce troisième axe se centre sur les professionnels et sur la diversité des acteurs pressentis dans le projet de réduction des inégalités de santé. Comment mobiliser les professionnels de différents secteurs autour de problématiques de santé individuelles et collectives ? Quelles compétences prioriser et comment les développer en formation initiale et continue ? Comment se positionnent les formateurs (professionnels de santé, enseignants, conseillers principaux d’éducation, infirmiers scolaires, formateurs d’adultes…) sur ces questions de santé, de solidarité et d’équité : se sentent-ils légitimes, compétents, référents, associés ou exclus ? Quelles conceptions ont-ils de leur rôle selon les différentes problématiques de santé visées ? Quelles places conçoivent-ils / donnent-ils aux citoyens dans leurs pratiques professionnelles ?

Calendrier

  • réception des articles : 6 mai 2019 au plus tard

  • avis sur les articles suite aux expertises : 1er juillet 2019
  • envoi du texte terminal révisé, si besoin : 2 septembre 2019
  • dernière révision des textes avant publication : 30 septembre 2019
  • parution du numéro thématique : novembre 2019

adresse de contact : delphine.ballet@univ-reunion.fr

Catégories

Dates

  • lundi 06 mai 2019

Fichiers attachés

Mots-clés

  • éducation, prévention, inégalité sociale, équité, citoyenneté, solidarité

Contacts

  • Delphine Ballet
    courriel : delphine [dot] ballet [at] univ-reunion [dot] fr

Source de l'information

  • Anne-Sophie Pignol
    courriel : anne-sophie [dot] pignol [at] univ-lyon1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Éducation et prévention en santé : quels liens avec les inégalités sociales, l’équité, la citoyenneté et les solidarités ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 12 février 2019, https://calenda.org/565582

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