AccueilArchivistique et mondialisation : vers une archivistique-monde ?

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Publié le mardi 12 février 2019 par Céline Guilleux

Résumé

Le programme de la XVIIe journée d’archivistique d’Angers s’articule autour du thème suivant : « Archivistique et mondialisation : vers une archivistique monde ? ». Cette année, les étudiants et étudiantes de la promotion 2018-2019 du master 2 « Archives » ont réfléchi à comment les pratiques professionnelles des archivistes sont influencées et évoluent au regard de la mondialisation. Depuis plusieurs décennies, la pratique archivistique tend vers la mise en place d’outils et de référentiels communs internationaux. Aujourd’hui il est essentiel de se demander si l’archivistique tend à une logique d’harmonisation des pratiques avec une logique descendante d’influenceur et d'influencés, ou si elle permet tout de même la survivance de pratiques nationales et de particularismes ?

Annonce

Argumentaire

Le programme de la XVIIe journée d’archivistique d’Angers s’articule autour du thème suivant : « Archivistique et mondialisation : vers une archivistique monde ? ». Cette année, les étudiants et étudiantes de la promotion 2018-2019 du master 2 Archives ont réfléchi à comment les pratiques professionnelles des archivistes sont influencées et évoluent au regard de la mondialisation. Depuis plusieurs décennies, la pratique archivistique tend vers la mise en place d’outils et de référentiels communs internationaux. Aujourd’hui il est essentiel de se demander si l’archivistique tend à une logique d’harmonisation des pratiques avec une logique descendante d’influenceur et d'influencés, ou si elle permet tout de même la survivance de pratiques nationales et de particularismes ?

Inscription

Les places étant limitées merci de vous inscrire par mail à jeaangers2019@gmail.com

Programme

  • 8 h 30 Accueil du public
  • 9 h 00 Ouverture Cyril Fleurant, doyen de l’UFR des lettres, langues, et sciences humaines à l’université d’Angers, et Tomy Lemoine, vice-président de l’Association des étudiants et des diplômés en archivistique d’Angers (AEDAA)
  • 9 h 20 Introduction - Aurore François (professeure en méthodologies de l’histoire et directrice du service des Archives de l'université Catholique de Louvain) 

I – Mondialisation et pratiques professionnelles

  • 9 h 40 Didier Devriese (conservateur des archives, du patrimoine et des collections spéciales à l'université Libre de Bruxelles) Universalité des archives, universalité de l’archivistique ?

Les archives à l’aune des demandes sociétales contemporaines La confusion entre « archives » et « archivistique » entretient l’idée d’une archivistique sous-tendue uniformément par des besoins inhérents aux et constitutifs des archives ellesmêmes : cette confusion aurait pour conséquence mécanique un souci uniforme des archives, à l’aide de techniques comparables voire similaires. À cet égard, les premières normalisations telles l’ISAD(G) et l’EAD ont pu renforcer cette croyance. Ce point de vue néglige plusieurs points essentiels qui vont à l’encontre d’une archivistique globale: en premier lieu, elle est battue en brèche par la formation des théories archivistiques dans des environnements culturels différents et les pratiques techniques qui en découlent ; ensuite le rapport à l’archive lui-même est variable selon les environnements culturels précités mais envisagés cette fois du point de vue de l’usager ; ensuite toujours, vient la question des priorités sociétales, qui en situation de crise démocratique, politique, de conflit armé peuvent par exemple accentuer l’effet « greffe » au détriment d’une archivistique plus globale. Enfin, la notion d’archives globales et donc d’archivistique-monde pose la question du statut des producteurs : nombres de producteurs sont aujourd’hui polymorphes et insaisissables, qu’on songe simplement aux sociétés de rang mondial, aux organismes européens et internationaux, à l’extension des réseaux internet et aux big data. Se pose encore la question de l’existence d’une législation archivistique internationale, qui définirait aussi celle applicable à un patrimoine commun et inaliénable. Face à cet ensemble complexe de variables, peut-on imaginer un corpus de théories reposant sur un dénominateur consensuel et une application de celles-ci faisant unanimité ? Mais plus encore, cette archivistique-monde fait-elle sens aujourd’hui, et n’est-elle pas l’avatar fantasmatique d’une mondialisation écrite comme toujours heureuse ? 

  • 10 h 00 Florence Alibert (maîtresse de conférences en humanités numériques à l’université d’Angers, conservatrice des bibliothèques) A mundo condito, la bibliothèque comme reflet du monde globalisé. Mythes et réalités des Alexandries contemporaines

La mondialisation semble uniformiser les pratiques culturelles mais qu’en est-il des lieux de culture que sont les bibliothèques ? Les structures, les collections et les usages professionnels sont-ils influencés par la mise en place de « bonnes pratiques » globalisantes ? Si certaines associations de bibliothécaires semblent effectivement relayer et favoriser l’émergence de réseaux internationaux et de procédures standardisées, si la qualité gyrovague des étudiants évoluant volontiers dans un contexte international favorise l’observation mutuelle des bibliothèques universitaires ou de recherche, la question de l’intrication réelle entre mondialisation et bibliothèques reste toutefois complexe à évaluer. En passant au crible différents secteurs traditionnels de la bibliothéconomie, nous discuterons de la portée de cette mondialisation et nous fonderons notre analyse sur quelques exemples emblématiques de bibliothèques visant à l’universalisme, comme celui de la nouvelle Bibliotheca Alexandrina.

  • 10 h 20 Marie Maunand, Sébastien Zonghero (chargés de mission « expertise patrimoniale à l'international » à la Direction générale des patrimoines, Ministère de la Culture) La valorisation de l'expertise patrimoniale à l'international : perspectives et enjeux

À l’instar d’autres champs de l’action publique, les savoir-faire patrimoniaux se trouvent depuis quelques années au cœur d’un nouveau secteur de l’expertise technique dont le volume d’activité au niveau international est en constante progression. L’apparition de ce paysage s’explique tant par l’intérêt des bailleurs de fonds (AFD, Banque mondiale…) que par la croissance des pays émergents qui disposent de capacités d’investissement dans des projets d’envergure ayant une composante patrimoniale (urbanisme, tourisme culturel…). Face à ce défi, la direction générale des patrimoines du ministère de la Culture a lancé un vaste chantier de valorisation des savoir-faire patrimoniaux de l’administration centrale et des opérateurs.

  • 10 h 40 Discussion
  • 11 h 00 Pause

II – Archivistiques influencées, influences archivistiques

  • 11 h 20 Charly Jollivet (docteur en archivistique, TEMOS, université d’Angers) Madagascar, Comores : aux marges de la mondialisation, des systèmes archivistiques sous influences ?

En queue de classement depuis de nombreuses années si l’on se réfère aux indicateurs traditionnels de suivi de l’activité économique ou du développement, Madagascar et les Comores souffrent de nombreux maux. Bien qu’ouverts aux échanges et que participant aux organes de coopération internationaux, ces États insulaires voisins demeurent aux marges de la mondialisation. Héritées pour partie de la période coloniale, leurs structures archivistiques ont depuis évolué et des systèmes archivistiques originaux ont vu le jour : arsenal juridique, locaux, formation des archivistes, pratique professionnelle, relations avec les producteurs, usages des archives, etc. Comment se sont construits ces systèmes ? Sont-ils ou ont-ils été perméables aux influences étrangères, notamment française et de de la communauté archivistique internationale ? Sont-ils en train de se fondre dans une archivistique-monde ? Quelles sont leurs originalités ? Peuvent-ils servir de modèles ?

  • 11 h 40 Bénédicte Grailles (maîtresse de conférences en archivistique à l’université d’Angers) Normalisations, standardisations, modélisations : cheval de Troie commercial, acculturations professionnelles ou uniformisations identitaires ?

L’objet de cette intervention est de s’interroger sur le rôle joué par la diffusion des normes et des standards au plan international dans les évolutions des pratiques professionnelles. Leur domaine d’influence est-il essentiellement technique ? Amènent-ils à une reconfigurationdes identités professionnelles ? Si le Conseil international des archives (Ica) a développé depuis trente ans une action continue afin de normaliser la pratique archivistique dans un objectif conjoint de reconnaissance de la spécificité des compétences de l’archiviste, celui-ci doit, dans son univers professionnel, surnager dans une marée normative dont les modèles initiaux peuvent provenir d’autres environnements culturels (les normes sur le Records management ou celle sur l’EAD) ou professionnels (norme OAIS). Outre ces normes dûment enregistrées à l’Iso, l’Afnor ou l’Ica, la normalisation passe aussi par la diffusion de standards ou de modèles proposés voire imposés dans le cadre par exemple d’appels à projet. Ces cadres d’élaboration et de réponse commandent le vocabulaire et les méthodologies et tendent à uniformiser dans le but d’évaluer avec des critères non exclusivement archivistiques. Ainsi la norme qui vise à obtenir un niveau de qualité minimal peut aussi être un levier de glissement progressif des professionnalités entendues comme la somme des connaissances, capacités et expériences.

12 h 00 Discussion

12 h 20 Remise du prix Valérie-Poinsotte

12 h 40 Déjeuner

III – Traditions archivistiques nationales contre archivistique globalisée

  • 14 h 20 Étudiants du master 2 Archives de l’université d’Angers, Terminologie archivistique : vers une internationalisation du vocabulaire professionnel ?

Étude de cas L'internationalisation de la pratique archivistique passe par des échanges. Ce constat pose une première limite à une archivistique mondiale et à sa diffusion : la barrière linguistique. En effet, l'évolution des pratiques professionnelles a permis de renforcer la coopération et faciliter les échanges internationaux, cependant, l'archiviste fait usage d'un vocabulaire professionnel spécifique qui varie selon les nations, des traditions et langues, que ce soit au niveau du terme, de sa définition et de ce qu'elle englobe. Comment une pratique qui tend à l'internationalisation est alors appréhendée dans le cadre de la terminologie ? Un vocabulaire commun peut et se met-il en place ? Est-il accepté ? Voici les questions auxquelles les étudiants de Master 2 Archives ont tenté de répondre à travers l'étude de trois termes : respect des fonds, records management et registratur.

  • 14 h 40 Margaret Turner (Secrétaire principale et conseillère pour les traductions et les publications au Conseil International des Archives) La politique de l'ICA en matière de langue et de traduction : aide-t-elle à répondre aux besoins de nos membres dans le monde ?

Ce document décrira la politique linguistique de l'ICA et expliquera pourquoi elle est considérée comme nécessaire. Il donnera également un aperçu des ressources / publications disponibles pour les membres et dans quelles langues elles peuvent être trouvées. Il examinera ce qui a été traduit et pourquoi, en discutant qui a décidé quoi traduire et si cela a été fait pour répondre au besoin évident des membres. Enfin, nous examinerons les futurs développements possibles à une époque de grands bouleversements dans le secteur des archives dans le monde entier.

  • 15 h 00 Didier Grange (Archiviste de la Ville de Genève et Conseiller spécial au Conseil International des Archives) Vers une archivistique mondialisée ?

L'archivistique n'est pas une discipline figée ; elle évolue avec le temps et à travers l'espace. De nos jours, au gré des publications, de la mobilité des professionnel-le-s, des réseaux sociaux, des enseignements, des colloques et congrès, de la normalisation, fondements comme pratiques circulent à travers la planète, ils sont repris ou adaptés. Assistons-nous à l'émergence d'une archivistique que l'on pourrait qualifier de « mondialisée », soit une archivistique sans frontières, dont les fondements et les principes seraient partagés au niveau international ? L'exposé tentera de répondre à cette question en proposant quatre axes de réflexion.

  • 15 h 20 Discussion
  • 15 h 40 Pause 
  • 16 h 00 Conclusion - Damien Hamard (Docteur en archivistique, directeur du cabinet du président de l’université d’Angers)
  • 16 h 20 Fin de la journée d’archivistique

Catégories

Lieux

  • Maison de la recherche Germaine Tillon, Université d'Angers, Campus Belle - 5 bis boulevard Lavoisier
    Angers, France (49000)

Dates

  • vendredi 15 février 2019

Fichiers attachés

Mots-clés

  • archivistique, mondialisation, archive

Contacts

  • Etudiants du M2 Angers Groupe Communication
    courriel : jeaangers2019 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Marie Pérot
    courriel : jeaangers [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Archivistique et mondialisation : vers une archivistique-monde ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 12 février 2019, https://calenda.org/569259

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