AccueilHistoire populaire de la France : des « croquants » aux « gilets jaunes »

Histoire populaire de la France : des « croquants » aux « gilets jaunes »

The popular history of France - from "les croquants" to the "gilets jaunes"

Chaire Marcel Liebman 2019

Marcel Liebman Chair 2019

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Publié le mardi 19 février 2019 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Au cours de quatre leçons, Gérard Noiriel nous proposera une analyse historique des définitions et des représentations du peuple et du « populaire » et de l’importance des luttes antifiscales dans les résistances populaires, depuis les Croquants du XVIIe siècle jusqu’aux « gilets jaunes » d’aujourd’hui. Il se penchera également sur les conceptions « bourgeoise » et « prolétaire » de la citoyenneté, montrant que depuis les Sans-Culottes jusqu’aux « gilets jaunes », toutes les grandes révoltes sociales ont défendu un idéal fondé sur l’action directe contre la conception bourgeoise de la démocratie, fondée sur la délégation de pouvoir. Enfin, il abordera -toujours pour le cas français- les difficultés des organisations se donnent pour mission de défendre les classes populaires, à dépasser le cadre national, alors que le capitalisme, lui, s’est mondialisé.

Annonce

Programme de la Chaire

Gérard Noiriel (directeur d’études à l’EHESS, spécialiste de l’histoire de l’immigration et de l’histoire de classe ouvrière)

  • Lundi 25 février 2019 (auditoire K.1.105), conférence inaugurale : Le «populaire», dans l’histoire de la France :des «croquants» jusqu’aux «gilets jaunes» 
  • Mardi 26 février (auditoire H.2.215) : « Un peuple fabriqué par l’Etat »
  • Mercredi 27 février (auditoire H.2.215) : « Citoyenneté bourgeoise/citoyenneté populaire »
  • Jeudi 28 février (auditoire UD2.118A) : « La nationalisation du peuple français et ses conséquences »

Détail du contenu des quatre leçons :  

Leçon 1 : Le « populaire » dans l’histoire de la France. Des Croquants jusqu’aux gilets jaunes Cette première séance sera centrée sur les définitions et les représentations du peuple et du « populaire » depuis le Moyen Age. Je montrerai pourquoi il ne faut pas confondre le « populaire » et les « classes populaires », ce qui me permettra de développer l’approche relationnelle que j’ai privilégiée dans mes travaux pour renouer avec une dialectique qui s’efforce de combiner les apports de Karl Marx et de Pierre Bourdieu.  

Leçon 2 : Un peuple fabriqué par l’Etat Dans cette deuxième séance, je montrerai, en m’appuyant sur la perspective socio-historique développée par Norbert Elias, qu’il n’existe pas de « peuple » sans Etat. J’insisterai sur la spécificité française qui tient à l’ancienneté et à la continuité d’un Etat centralisé qui a formaté un peuple composé d’abord de sujets, puis de citoyens liés entre eux par l’assujettissement à l’impôt. C’est la raison pour laquelle, depuis les Croquants du XVIIe siècle jusqu’aux « gilets jaunes » d’aujourd’hui, les luttes antifiscales ont toujours joué un rôle essentiel dans les résistances populaires.  

Leçon 3 : Citoyenneté bourgeoise/citoyenneté populaire La Révolution française a imposé un concept de citoyenneté emprunté au Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau. A la différence de la définition juridique anglo-saxonne (être citoyen c’est avoir des droits), la définition républicaine française privilégie le critère politique (pour Rousseau, le citoyen est celui qui participe à l’élaboration des lois auxquelles il obéit). Je montrerai, dans cette troisième séance, que ce point de départ a ouvert la voie à la contestation populaire du monopole exercé par les élites bourgeoises sur la direction de l’Etat. Depuis les Sans-Culottes jusqu’aux « gilets jaunes », toutes les grandes révoltes sociales ont défendu un idéal fondé sur l’action directe contre la conception bourgeoise de la démocratie, fondée sur la délégation de pouvoir.  

Leçon 4 : La nationalisation du peuple français et ses conséquences Cette dernière séance sera focalisée sur la question nationale. Je montrerai que les réformes institutionnelles imposées par la IIIe République dans les années 1880 (lois sur l’école, sur la liberté de la presse, sur la nationalité, etc) ont profondément affecté la société française toute entière. Le mouvement ouvrier qui avait été conçu au départ comme un mouvement universel (« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » avaient écrit Marx et Engels en conclusion du Manifeste du parti communiste de 1848) a été lui aussi affecté par ce processus de « nationalisation », ce qui a conduit tous les partis socialistes européens à rejoindre leur « union sacrée » en 1914. Je terminerai en montrant que la crise actuelle des organisations qui se donnent pour mission de défendre les classes populaires tient au fait qu’elles sont incapables de dépasser le cadre national, alors que le capitalisme, lui, s’est mondialisé. Cette conclusion me permettra d’aborder la question de l’Union européenne et des problèmes qu’elle traverse aujourd’hui.

Lieux

  • Lundi 25 février (auditoire K.1.105) ; Mardi 26 et mercredi 27 février (auditoire H.2.215) ; Jeudi 28 février (auditoire UD2.118A) : - Université libre de Bruxelles, Campus du Solbosch, avenue Franklin D. Roosevelt, 50
    Bruxelles (Ixelles), Belgique (1050)

Dates

  • lundi 25 février 2019
  • mardi 26 février 2019
  • mercredi 27 février 2019
  • jeudi 28 février 2019

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Noiriel, populaire, classes sociales, révolutions, révoltes, démocratie

Contacts

  • Francine Bolle
    courriel : institut [dot] liebman [at] ulb [dot] ac [dot] be

URLS de référence

Source de l'information

  • Francine Bolle
    courriel : institut [dot] liebman [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Histoire populaire de la France : des « croquants » aux « gilets jaunes » », Cycle de conférences, Calenda, Publié le mardi 19 février 2019, https://calenda.org/571551

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