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Le doctorat : une expérience en questions

The doctorate - an experience in questions

Le doctorant : chercheur·e, professionnel·le, étudiant·e

Doctoral students - researchers, professionals and students

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Publié le jeudi 28 février 2019 par Céline Guilleux

Résumé

Chacun d’entre nous, au sein de l’école doctorale, peut se reconnaître dans le thème du doctorat en tant qu’expérience à interroger. Les doctorants se posent d’ailleurs sans doute plus de questions qu’ils n’en posent. Cela tient à la volonté de faire au mieux et de ne pas faire d’impair. Un petit florilège d’exemples en donne une idée : quelle attitude adopter ? Comment tenir le temps ? Ne pas se noyer dans les données ? Tenir le fil de son cadre théorique ? Prendre des risques ? Publier ? Communiquer ? De quelle façon ? L’objectif n’est pas ici de définir une liste de bonnes pratiques, mais plutôt de rendre possible une mise en lumière de cette face cachée des hésitations, des expériences, bonnes ou mauvaises, afin d’en faire un levier pour la formation et l’action des doctorant·e·s.

Annonce

Argumentaire

Chacun d’entre nous, au sein de l’école doctorale, peut se reconnaître dans le thème du doctorat en tant qu’expérience à interroger. Les doctorants se posent d’ailleurs sans doute plus de questions qu’ils n’en posent. Cela tient à la volonté de faire au mieux et de ne pas faire d’impair. Un petit florilège d’exemples en donne une idée : quelle attitude adopter ? Comment tenir le temps ? Ne pas se noyer dans les données ? Tenir le fil de son cadre théorique ? Prendre des risques ? Publier ? Communiquer ? De quelle façon ? L’objectif n’est pas ici de définir une liste de bonnes pratiques, mais plutôt de rendre possible une mise en lumière de cette face cachée des hésitations, des expériences, bonnes ou mauvaises, afin d’en faire un levier pour la formation et l’action des doctorant.e.s. Prendre de la distance et penser l’expérience du doctorat peut aussi aider à le réussir, c’est du moins le présupposé de cet appel à communications. Nous souhaitons alors, à l’occasion de cette journée, interroger le doctorat en tant que processus de professionnalisation à la recherche.

Axe 1 : Faire sa thèse, quelles expériences ?

Rapport entre doctorat et « professionnalisations » au pluriel

Cet axe interroge le rapport aux expériences supposément plurielles de professionnalisation que peuvent connaître les doctorants durant leur thèse. L’exercice d’une activité professionnelle pendant la thèse peut être questionnée au regard de leur contribution réciproque, dans un rapport plus ou moins dynamique selon la perspective de professionnalisation qui est celle du/de la doctorant.e.

Ce lien pourra notamment être étudié sous l’angle d’un rapport de nature financière, avec toutes ses implications (thèse en CIFRE, reprise d’études).

Cet angle pourra être étudié sous l’angle de la posture du chercheur dans le cadre d’une thèse en CIFRE, questionnant par exemple le rapport à l’objet de recherche et au terrain

Direction, accompagnement, socialisation académique et interactions au service de la thèse

D’une part, les relations avec la direction de thèse et plus généralement, le cadre de sociabilité vécue au sein du laboratoire dans les interactions avec des personnels expérimentés constitue un cadre singulier de réalisation de la thèse. Les effets de ce contexte sur la professionnalisation du doctorant pourront être appréhendés en terme de déplacements de postures et de sentiment de légitimité du/de la doctorant.e.

D’autre part, il s’agira d’interroger la relation avec les pairs et l’appartenance à un « collectif » doctorant. Apprendre à passer du statut d’étudiant.e à celui de chercheur.e, se situer par rapport à ses pairs, situer son discours dans la production discursive quotidienne qu’elle  soit académique ou non, voilà un aperçu loin d’être exhaustif des questionnements  susceptibles d’être vécus par les doctorant.e.s.  De nouveau, le problème de la légitimité se pose très vite. Par quoi suis-je autorisé.e à émettre un avis sur le travail de mes pairs, pour quelles  raisons le faire ? Comment se situer entre éthique, empowerment et remise en question ?

La question de la place du service d’enseignement vis-à-vis de la conduite du doctorat pourra également être problématisée au regard des enjeux de légitimation et d’organisation qu’elle pose.

Axe 2 : Produire du savoir

Le cadre épistémologique de la thèse

Il s’agit de questionner la relation du doctorant.e aux théories, aux auteurs et aux concepts. De quelle manière sont-ils convoqués dans le travail de thèse, selon quelles postures critiques de distanciation ou de filiation? Comment dialoguer avec des auteurs, prendre de la distance, critiquer, étirer, dépasser et finalement se positionner comme producteur de savoir ?

Par ailleurs, dans un univers de ressources caractérisé par un degré élevé d’abondance et d’accessibilité du matériau, quels sont les nouveaux chemins de découverte empruntés par les doctorant.e.s pour se repérer parmi la diversité de statut de source plus ou moins académiques (littérature grise ou de vulgarisation, etc) ?

Faire des choix méthodologiques

Les propositions de communications s’intégrant dans cet axe pourront interroger les méthodologies de recherche utilisées au cours du doctorat. Comment s’assurer d’une cohérence entre cadre épistémologique, méthodologie et questions de recherche ? Quelle méthode sera la plus pertinente ?

Les choix méthodologiques peuvent d’ailleurs, selon les conditions de réalisation de la thèse et les disciplines, être plus ou moins opérés par le doctorant. Il semble alors intéressant d’interroger le rapport entre les choix méthodologiques (ou l’absence de choix) et ces conditions.

Il s’agira également de questionner le rapport entre le jeune chercheur et ses données. De nouveau, la nature des données et les moyens de recueil varient d’une discipline à l’autre et d’une méthode à l’autre. Nous souhaiterions dans cet axe aborder des problématiques liées à l’exploration d’un terrain ou du travail d’archives, de l’introduction du chercheur dans un train déjà en marche. Comment accéder à un terrain ? À des données ?

Axe 3 : Diffuser la recherche

La communication scientifique

L’enjeu des communications qui s’inscriront dans cet axe est d’interroger trois dimensions complémentaires et intriquées de la prise de parole en colloque, séminaire doctoral ou de recherche. Il s’agira de questionner la prise de parole ordonnée selon les règles académiques : présupposés, chausse-trappes, prise de risques, contributions à l’avance de la thèse et de la socialisation professionnelle.

« Parler », tout d’abord, comme prise en compte des spécificités du discours oral et de la gestion des contraintes (temporelles, par exemple) en contexte académique. 

« En parler », ensuite, autrement dit parler d’un sujet de recherche, connu parce qu’il est le nôtre, à des personnes qui sont pour la plupart extérieures à cet objet.

« Leur parler », enfin, comme impératif de parler devant ses pairs (doctorants) mais aussi devant des étudiants de licence et de master, et/ou, des enseignants chercheurs titulaires, qui peuvent être par exemple des futurs membres de jurys. À savoir, rendre le propos suffisamment clair et intelligible pour une lecture du champ, non spécialiste, et suffisamment rigoureux et solide pour les spécialistes du champ et de l’objet. 

Écrire, rédiger, mettre en mots

  • La thèse

Il s’agit du texte de recherche à produire « a minima » au cours du doctorat. Comment rédiger une thèse ? Voilà une question à laquelle sont confrontés tous les doctorants. Comment mettre en mots des idées ? Comment respecter les critères attendus tout en produisant une recherche qui soit personnelle ? Rédiger sa thèse est l’expérience dans laquelle chacun découvre à l’épreuve de ses facilités et ses lacunes, qui peuvent être des plus variées (difficulté à commencer les phrases ou à les terminer, à articuler différentes parties, à construire un récit respectant les critères scientifiques, à surmonter les délicatesses syntaxiques et orthographiques…).

La construction de la rédaction de thèse, interroge les processus individuels d’organisation du travail intellectuel et les modalités de capitalisation progressive de l’information accumulée, long travail de mise en ordre aboutissant in fine au format de la thèse. Par quoi commence t-on ? Les communications s’insérant dans cet axe auront pour but de « mettre les mains dans la machine » et de problématiser les approches organisationnelles du travail de thèse.

  • Les articles dans les revues scientifiques

De plus en plus, les jeunes chercheur.e.s sont encouragé.e.s à publier au cours de leur doctorat. De nombreuses questions se posent alors : comment mettre en mots ses idées tout en étant conforme aux attendus des revues scientifiques ou de vulgarisation ? comment écrire de façon condensée ce qu’on développera plus longuement dans la thèse ?

À cela peut s’ajouter, à diverses intensités selon les spécialités, la contrainte d’écrire dans une langue qui n’est pas la sienne.

  • Enjeux linguistiques

La contrainte d’écrire dans une langue qui n’est pas la sienne est une expérience à la fois commune et plurielle pour de nombreux doctorants dont le français n’est pas la langue maternelle.

Les communications proposées exploreront les enjeux inhérents à l’entreprise de rédaction de travaux de recherche dans une langue non-maternelle.

Quel(s) choix linguistiques pour des thèses en co-tutelle entre deux pays et/ou directeurs (trices) de langues différentes) ? Comment accueillir une politique de composante visant à privilégier explicitement une langue pour la soutenance ? Quelles attitudes adopter face aux problématiques de traduction (des sources, des écrits du doctorant…) ? Quid de la révision linguistique de la thèse dans un tel cas, qui peut représenter un cout en cas d’appel à un professionnel extérieur où mettre en position de sollicitations récurrentes des autres doctorants et/ou enseignants du laboratoire ?

Enfin, certaines disciplines et logiques de recherche peuvent exiger de rédiger et de publier en anglais, ce qui peut aussi représenter un enjeu.

De la thèse à sa valorisation : conditions nécessaires, conditions suffisantes 

Les communications qui s’inscriront dans cet axe auront pour objectif de mettre en rapport les problématiques actuelles de valorisation des travaux entrepris durant la thèse et les divers facteurs d’insertion professionnelle post-doctorat. Elles pourront adopter un regard critique sur les « injonctions à la publication » (publish or perish), détailler les impondérables de la valorisation (quantité, qualité…) ou encore interroger le fonctionnement et la dynamique de la valorisation du travail de thèse.

Un second point à prendre en compte dans ces communications concernera la prise en compte des possibles tensions entre les objectifs de la thèse et les prérequis de la professionnalisation académique

Format de la communication

Les communications scientifiques seront d’une durée de 20 minutes de présentation et de 10 minutes de discussion au sein d’une table-ronde thématique consacrée à l’un des axes de réflexion dans lequel s’inscrit votre intervention.   

Modalités de soumission

Les propositions de communications sont à envoyer avant le 3 mars 2019 

aux adresses suivantes : roelens.camillejean@orange.fr ; C.Lecomte @univ-lyon2.fr (en copie).

Les propositions de communications scientifiques auront la forme d’un résumé (3000 signes maximum, espaces compris) qui précisera la problématisation et le cadre théorique dans lequel s’inscrit le propos, ainsi que quelques éléments de résultats ou d’analyse. Il sera également attendu 4 mots-clés ainsi que 5 références bibliographiques au maximum.

Après acceptation des propositions, un résumé substantiel de la communication (entre 3000 et 6000 signes selon le format choisi) devra être envoyé pour le 30 mars pour la constitution du booklet de la journée.

Les communications en binôme et en langue anglaise sont acceptées.

Restauration

Une restauration sur place le midi sera prise en charge pour les communicants et les organisateurs. Un mail de confirmation vous sera envoyé dans la quinzaine précédent l’évènement.  

Calendrier

  • Date limite de soumission : 3 mars 2019

  • Réponse du comité scientifique : 20 mars 2019
  • Soumission du résumé définitif en cas d’acceptation : 30 mars 2019
  • Tenue de la manifestation scientifique : 3 juin 2019

Comité d’organisation

  • Jérémy Argusa, Doctorant (CIFRE) en STAPS, laboratoire L-VIS, Université Lyon 1.
  • Joris Cintero, doctorant (CDU) en sciences de l’éducation, laboratoire E.C.P., ISPEF Lyon 2.
  • Aurélie Doelrasad, doctorante (CDU) en sciences de l’éducation, laboratoire E.C.P., ISPEF Lyon 2.
  • Maryline Gachet, doctorante en sciences de l’éducation, laboratoire E.C.P., ATER à l’UJM
  • Chloé Lecomte, doctorante (CDU) en sciences de l’éducation, laboratoire E.C.P., ISPEF Lyon 2.
  • Clémentine Leroy, doctorante (CDU) en sciences de l’information et de la communication, ELICO, Lyon 2.
  • Camilia Lima De Braga, doctorante (CDU) en sciences de l’information et de la communication, ELICO, Lyon 2.
  • Xinxin Pang, doctorante, Laboratoire E.C.P, ISPEF Lyon 2.
  • Stéphanie Reyssier, doctorante (CDU) en sciences de l’éducation, laboratoire E.C.P., ISPEF Lyon 2.
  • Camille Roelens, doctorant en sciences de l’éducation, laboratoire E.C.P., ATER à l’ESPE de Valenciennes, COMUE Lille.
  • Marie Valorge, doctorante en sciences de l’éducation, laboratoire E.C.P., ISPEF Lyon 2.

Comité de lecture

  • Jérémy Argusa, Doctorant (CIFRE) en STAPS, laboratoire L-VIS, Université Lyon 1.
  • Chloé Lecomte, doctorante (CDU) en sciences de l’éducation, laboratoire E.C.P., ISPEF Lyon 2.
  • Clémentine Leroy, doctorante (CDU) en sciences de l’information et de la communication, ELICO, Lyon 2.
  • Camilia Lima De Braga, doctorante (CDU) en sciences de l’information et de la communication, ELICO, Lyon 2.
  • Camille Roelens, doctorant en sciences de l’éducation, laboratoire E.C.P., ATER à l’ESPE de Valenciennes, COMUE Lille.

Lieux

  • Amphithéâtre de la MILC
    Lyon, France (69)

Dates

  • dimanche 03 mars 2019

Mots-clés

  • doctorat, expérience, méthodologie, thèse, professionnalisation

Contacts

  • Camille Roelens
    courriel : roelens [dot] camillejean [at] orange [dot] fr
  • Chloé Lecomte
    courriel : C [dot] lecomte [at] univ-lyon2 [dot] fr

Source de l'information

  • Joris Cintero
    courriel : joris [dot] cintero [at] univ-lyon2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le doctorat : une expérience en questions », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 28 février 2019, https://calenda.org/574039

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