AccueilDEA - design d'espace : méthodes, enjeux, glissements conceptuels

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Publié le jeudi 14 février 2019 par Céline Guilleux

Résumé

Aujourd’hui, à un moment où le design d’espace est appelé à répondre à la complexité de multiples réalités sociales, il nous paraît urgent de revenir à l’interrogation du potentiel heuristique d’une telle discipline. À l’égard de lectures interdisciplinaires, qui insistent sur la transversalité des langages hétérogènes, et sur l’exploration de nouvelles définitions spatiales, ce colloque vise une mise en perspective, historique et contemporaine, de divers cas d’études, capable de mobiliser une relecture critique des modalités de mise en espace contemporaines.

Annonce

1ère édition du Colloque International 2019 DEA-design d’espace et allestimento

13-15 JUIN 2019

Paris, Université paris 8 Vincennes-Saint Denis, ENSA Paris-Malaquais

Argumentaire

En 1937, Herbert Bayer définissait le design d’espace comme un langage visuel complexe, structuré autour de la dialectique entre des éléments hétérogènes (Fundamentals of Exhibition Design, 1937) et, plus en général, autour du traitement de l’espace et de sa narration. En 1982, avec l’essai « Allestimenti/Exhibit Design », et successivement en 1988, avec l’ouvrage Mostrare. Allestimento in Italia dagli anni Venti agli anni Ottanta, Sergio Polano suggérait ensuite une définition claire de la pratique du design d’espace. Tout en visant à articuler une histoire des allestimentiexpographiques en rapport à leur conception et production, le théoricien italien considère alors le terme comme « l’art d’architecturer des intérieurs afin d’accueillir des objets recueillis temporairement dans un tout qui devrait être l’exposition » (Polano, 1988). Dans la même période, à Paris, le Cabinet d’Arts Graphiques du Centre Pompidou insistait, à son tour, sur le potentiel créatif du design d’espace et sur son rôle à l’intérieur du processus de constitution d’une œuvre, en organisant notamment une exposition sur le thème de L’œuvre et son accrochage(1986).

Au fil des années, la problématique du design d’espace a été interprétée à l’intérieur d’articulations théoriques souvent controversées qui ont étudié la pratique du design d’espace tantôt comme un résultat, à savoir comme le produit d’une construction et d’une conception, tantôt comme un véritable processus créatif. L’état de la recherche actuel montre un changement de focalisation en rapport à cette approche traditionnelle ; le design d’espace n’est plus seulement sondé dans ses déclinations essentielles, c’est-à-dire comme paradigme d’exposition, mais il est également articulé en rapport à l’environnement construit, à l’espace urbain, à l’architecture exposée, aux installations et aux arts visuels, au curatingcontemporain, et à l’idée d’habitat comme expression des lieux de la vie collective. C’est ainsi qu’une nouvelle image de l’écriture d’espace semble apparaître, entendue comme une forme d’expérimentation esthétique, un processus intellectif qui réunit diverses formules de monstration à l’intérieur de processus d’interrelation spectatorielle.

Aujourd’hui, à un moment où le design d’espace est appelé à répondre à la complexité de multiples réalités sociales, il nous paraît ainsi urgent de revenir à l’interrogation du potentiel heuristique d’une telle discipline. À l’égard de lectures interdisciplinaires, qui insistent sur la transversalité des langages hétérogènes, et sur l’exploration de nouvelles définitions spatiales, nous visons ainsi une mise en perspective, historique et contemporaine, de divers cas d’études, capable de mobiliser une relecture critique des modalités de mise en espace contemporaines.

De la conception à la réalisation, en passant par l’expérience, il s’agit alors de sonder la « culture » du projet en tant que tel, et d’interroger également les discours, les rôles et les synergies qui ont permis et permettent, aujourd’hui, à l’allestimento-expographique et événementiel de devenir arbitrairement un procédé de représentation visuelle, le produit d’un geste architectural, un processus créatif à part entière et enfin un outil électif pour la communication et l’immersion de l’individu.

Le présent colloque s’intéresse ainsi à ces problématiques, et il est particulièrement sensible aux recherches rentrantes dans l’un des axes d’études suivants :

Architectures éphémères et espaces urbains

«Les allestimenti s’offrent comme des moments d’expérimentation et de mise au point du langage architectural, des matériaux et des technologies. Ces sont des exercices de composition oùs’accomplit la vocation de l’architecte au projet global.»(Flaguières, 2014)

Dans cette première session, le langage architectural est étudié en relation aux composants expographiques de l’allestimento, et à la dialectique entre les structures installées et l’espace d’exposition. De l’intégration à l’invention, en passant par la superposition ou la juxtaposition de formules permanentes ou temporaires, cet axe veut interroger la complexité (contemporaine ou historique) du traitement de l’espace, orientée vers « […] l’exploration de nouvelles définitions spatiales qui permettent à l’architecture d’exposition de se faire un outil électif de communication » (Migliore, Servetto, 2000). En sondant les solutions urbaines, expérimentales ou éphémères, ce contexte d’études considère le design d’espace plus comme un « produit technique » que comme un processus créatif, et insiste alors sur l’articulation architectonique d’une production dialectique, à partir de l’étude d’un projet (expérimentations de nouveaux supports, display, formules, structures).

Espace, expérience, esthétique

« […] An aesthetic experience of an artwork involves contemplation, valued for its own sake, of the artwork. That is, aesthetic experiences are self-rewarding. » (Carroll, 2001)

La pratique de l’organisation spatiale, en tant que discipline de l’exposition, est directement connectée à l’idée d’espace « de l’intérieur », à savoir un espace qui, tel que le suggère Giulio Carlo Argan, représente « une dimension et un environnement du vivre et de l’agir humain » (Argan, 1956). Dans ce contexte, l’idée de « dramaturgie de l’espace » (Vesco, 2010), en insistant sur l’impulsion scénographique à la théâtralisation de l’espace, a ensuitefait de la conception de l’espacele résultat d’un processus créatif. À l’intérieur d’une articulation qui ne distingue plus entre design, objet, architecture et exhibit, le lieu d’une immersion corporelle et intellectuelle apparaît ainsi. Cette session s’intéresse à la relation entre espace organisé et expérience spectatorielle, et notamment aux cas d’études qui, entendus comme de véritables lieux potentiels d’action, élargissent la réflexion à l’expérience esthétique et phénoménologique du design d’espace.

Espace numérique

« L’allestimento è qualcosa che non è più pensabile come solo architettura, ma piuttosto una invenzione, una enorme macchina giocattolo, un oggetto in mutazione[…]. Una fenomenologia dello spettacolo, dall’antico imbonimento fieristico fino alle più moderne tecniche di persuasione. » (Eco, 1983)

Cette dernière ligne de recherche pose la question de la relation entre l’écriture de l’espace et les technologies numériques. Dans un monde où l’interaction humaine est médiatisée par des appareils électroniques et connectés, les solutions numériques capables d’impliquer activement l’attention du public sont nombreuses et se développent rapidement à l’échelle mondiale (jeux de pose-matching, vidéos interactives panoramiques, conversion 3D, visualisation numérique de données, hologrammes, plateformes de réalité virtuelle et augmentée). En revanche, alors que la technologie offre de possibilités infinies d’interactivité, l’étude analytique des méthodes de création et de développement des contenus numériques est loin d’être achevée. Cette session aborde ainsi les formes numériques du design d’espace, intégrées à l’intérieur d’un parcours d’exposition. En particulier, il s’intéresse à la relation avec : la réception du public (sa position et son interaction), la qualité des espaces (musées, galeries, espaces urbains, foires, salons, etc.), le temps d’utilisation des appareils, et leur intégration sociale.

Ce colloque se veut l’occasion d’une rencontre entre professionnels, professeurs et chercheurs issus de divers champs disciplinaires (études architecturales, muséales, scénographie, histoire de l’art, design, médiation culturelle, sciences humaines et sociales, etc.).

Modalités de soumission

Chaque intervention, de 20 minutes environ, sera accompagnée par une présentation PowerPoint, et suivie par une discussion finale. Une sélection d’articles fera l’objet d’une publication.

Les propositions, en français ou italien, doivent comprendre :

  • La thématique choisie
  • Nome de l’auteur/auteurs
  • Titre
  • Résumé d’environ 300 mots
  • Une courte bio-bibliographie (150 mots)
  • 5 mots-clés
  • 5 références bibliographiques

Les propositions de communication en format PDF doivent être envoyées au comité organisateur à l’adresse suivante:  

deaparis19@gmail.com

Date limite d’envoi des propositions :7 avril 2019.

Notification d’acceptation des propositions : 7 mai 2019.

Comité d’organisation

  • Pamela Bianchi (chercheuse rattachée Université Paris 8 Denis lab.AI/AC-Equipe EPHA),
  • Chiara Rubessi (chercheuse rattachée lab. Cinesthea, Université Grenoble Alpes).

https://deaparis19.wordpress.com/

Avec le soutien de :

  • Université Paris 8 – AIAC, Laboratoires Arts des images et art contemporain
  • ENSA Paris-Malaquais.

Comité scientifique

  • Martine Bouchier (ENSA Paris-Val de Seine) 
  • Marco Borsotti (Politecnico di Milano)
  • Alessandro Colombo (Architetto, IDEA Associazione Italiana Exhibition Designers) 
  • Luciano Crespi (Politecnico di Milano)
  • Mariabruna Fabrizi (École d’architecture Marne-la-Vallée) 
  • Adrien Gardère studio (Muséographe, Paris)
  • Pierre Hyppolite (Paris X Nanterre)
  • Anne Roqueplo (ESA Paris)
  • Raffaella Trocchianesi (Politecnico di Milano)
  • Jean-Pierre Vallier (ENSA Paris-Malaquais) 

Bibliographie indicative

ottolini, Gianni. (2017). Architettura degli allestimenti. Milan : Altralinea Edizioni.

sompairac, Arnaud. (2016). Scénographie d’exposition : Six perspectives critiques. Genève : MétisPresses.

falguières,Patricia. (2014). « L’arte della mostra. Pour une généalogie du White Cube ». In DUBOŸ, Philippe. (2014). Carlo Scarpa. L’art d’exposer. Zurich, JRP|Ringier.

crespi, Luciano. (2013). Da spazio nasce spazio. L’interior design nella trasformazione degli ambienti contemporanei. Milan: Postmedia Books.

massin, Marianne. (2013). Expérience esthétique et art contemporain. Rennes: PUR.

mckenna-cressPolly,kamienJanet A. (2013). Creating exhibitions: collaboration in the planning, development, and design of innovative experiences, New Jersey, Hoboken.

dziekan Vince. (2012). Virtuality and the Art of Exhibition, Chicago: The University of Chicago Press.

vesco, Isabella M. (2010). « Teatro non a teatro: luoghi e spazi ». In Donini G. (Eds), L’architettura degli  allestimenti. Rome : Kappa.

glicenstein, Jérôme. (2009). L’art : une histoire d’expositions. Paris: PUF.

altshuler, Bruce. (2008). From Salon to Biennial-Exhibitions that Made Arts History-Volume I: 1863–1959. Phaidon: New York.

cimoli, Anna Chiara. (2007). Musei effimeri. Allestimenti di mostre in Italia (1949-1963). Milan: Il Saggiatore.

freydefont, Marcel. (2007). Petit traité de scénographieReprésentation de lieu/Lieu de représentation, Joca Seria: Nantes.

dernie,David. (2006). Exhibition Design, London: Laurence King Publishing.

basso peressut, Luca. (2005).Il museo moderno. Architettura e museografia da Perret a Kahn. Milan: Lybra Immagine.

carroll, Noël. (2001). « Four Concepts of Aesthetic Experience », in Beyond Aesthetics, Cambridge: Cambridge U.P.

migliore, Ico. servetto, Mara. (2000), « Sceneggiature per nuovi luoghi », in New exhibits 2 made in Italy, Milano: l’Archivolto.

staniszewski, Mary Anne. (1998). The power of display: a history of exhibition installations at the Museum of Modern Art, Cambridge, Mass : MIT Press.

couvert, Fabienne. (1997). Exposer l’architecture. Rome: Diagonale.

mastropietro, Mario (a cura di). (1997). Nuovo Allestimento Italiano, Milan: Lybra Immagine.

falk, John Howard. dierking, Lynn. (1992). The Museum Experience. Washington : Whalesback Books.

desvallées, Andrée. (1991). « Àpropos de scénographie et de muséographie », in Danielle Benassayag, Le Futur antérieur des musées, Paris : Éditions du Renard.

polano, Sergio. (1988). Mostrare. Allestimento in Italia dagli anni Venti agli anni Ottanta, Milan, Edizioni Lybra.

eco, Umberto. (1983). « Catottrica versus semiotica ». In Rassegna, n° 13.

davallon, Jean. (1983). Histoires d’expo : un thème, un lieu, un parcours. Paris : éd. Centre Pompidou-CCI Peuple et Culture.

polano, Sergio. plaisantPasquale,(1982). « Allestimenti/Exhibit Design », in Rassegna, Milan, n° 10.

aloi, Roberto. (1960). Esposizioni. Architetture – Allestimenti. Milan: Hoepli.

bayer, Herbert. (1961). « Aspects of Design of Exhibitions and Museums ». In Curator4, n°3.

argan, Giulio Carlo. (1956). « Il problema dell’arredamento », in La casa. Quaderni d’architettura e critica, n°2.

lohse, Richard P. (1953). Neue Ausstellungsgestaltung. Nouvelle conceptions de l’exposition. New Design in Exhibitions,Verlag für Architektur/Les Éditions d’Architecture, Erlenbach-Zürich.

Lieux

  • Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis| ENSA Paris-Malaquais
    Paris, France (75)

Dates

  • dimanche 07 avril 2019

Mots-clés

  • exposition, design, espace, architecture, scénographie

Contacts

  • Pamela Bianchi
    courriel : deaparis19 [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Pamela Bianchi
    courriel : deaparis19 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« DEA - design d'espace : méthodes, enjeux, glissements conceptuels », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 14 février 2019, https://calenda.org/574793

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