AccueilComment les tensions sur l’eau conduisent-elles à en repenser la gouvernance ?

Comment les tensions sur l’eau conduisent-elles à en repenser la gouvernance ?

L’apport des sciences humaines et sociales pour répondre aux nouveaux enjeux environnementaux et climatiques

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Publié le vendredi 15 mars 2019 par Céline Guilleux

Résumé

En de nombreuses régions, et notamment l’ensemble Europe-Méditerranée, les tensions sur la ressource en eau sont de plus en plus fortes : les pays du bassin Méditerranéen sont affectés en premier lieu, mais les pays situés plus au nord ne seront pas épargnés. Elles constituent un enjeu pour toute une série d’acteurs. Ces tensions ont été quantifiées et analysées à l’occasion de nombreux travaux de recherche. Certains ont été présentés dans des séminaires précédents. Ces tensions qui s’aggravent posent la question de la gouvernance de l’eau, dans un contexte où les conséquences néfastes des prélèvements sur l’environnement et la durabilité de la ressource sont maintenant évidentes.

Annonce

Argumentaire

En de nombreuses régions, et notamment l’ensemble Europe-Méditerranée, les tensions sur la ressource en eau sont de plus en plus fortes : les pays du bassin Méditerranéen sont affectés en premier lieu, mais les pays situés plus au nord ne seront pas épargnés. Elles constituent un enjeu pour toute une série d’acteurs. Ces tensions ont été quantifiées et analysées à l’occasion de nombreux travaux de recherche. Certains ont été présentés dans des séminaires précédents[1]. Ces tensions qui s’aggravent posent la question de la gouvernance de l’eau, dans un contexte où les conséquences néfastes des prélèvements sur l’environnement et la durabilité de la ressource sont maintenant évidentes. Les formes existantes de gouvernance sont questionnées, débattues dans la mesure où s’exacerbent des rapports de force et/ou des blocages en de nombreuses régions. Repenser les modalités de gouvernance de l’eau dans ce nouveau contexte est un des enjeux majeurs de l’adaptation aux changements globaux. Le présent séminaire se donne pour objectif d’examiner comment les sciences humaines et sociales (ci-après SHS)  peuvent contribuer à répondre à ce défi.

Les organisateurs souhaitent que le séminaire réponde aux objectifs suivants : présenter des cas concrets de tensions sur l’eau (actuels et historiques) ayant conduit à des situations de réussite et d’échec en termes d’adaptation des modalités de gouvernance pour en tirer des enseignements, identifier les pistes de recherches privilégiées par les sciences humaines et sociales pour envisager d’autres façons de gouverner innovantes, encourager les réflexions pluridisciplinaires, et poursuivre la dynamique de travail du réseau « sciences humaines et sociales et les enjeux de l’eau » initié en 2017.

La confrontation de regards divers, d’angles de vue, de retours d’expérience, devrait permettre de faire émerger à terme des leviers possibles pour établir des modalités de gouvernance de l’eau partagées par les parties prenantes, et cohérentes avec les nécessités d’un développement plus équilibré entre natures et sociétés, riches et pauvres, entre régions ou pays, notamment dans des situations où divers intérêts entrent en conflit, qu’il s’agisse d’intérêts particuliers, collectifs, ou encore relevant de « l’intérêt général ».  De même il serait intéressant de présenter des cas de gouvernance, qui  ont conduit à reconfigurer les relations de pouvoir et les rapports de force autour de la ressource en eau.

Sont encouragées tant les contributions qui permettront de situer les nouvelles tendances de recherches disciplinaires dans les SHS (en lien avec le sujet de l’eau), que celles des recherches et expériences  pluridisciplinaires. Une attention particulière sera également portée aux présentations valorisant  des études de cas, des exemples et des comparaisons portant aussi bien sur des situations passées ou actuelles, en France, comme dans toute la région Europe-Méditerranée, et même toute autre région. Les communications devront s’inscrire dans l’un ou l’autre des axes de travail suivants :

Axe I : Qualifier au travers de cas concrets les tensions multiples sur l’eau

Qui qualifie les tensions ? Comment ? À quelles échelles ? Avec quels effets sur la formulation à la fois du problème et de ses solutions ? Quelles controverses autour de la qualification des tensions ?

Axe II : Comprendre les relations entre gestion et tensions sur l’eau 

Comment la gestion de l’eau prend en charge les tensions, que ce soit dans le passé, le présent ou le futur ? Quel est l’apport des études historiques ? Quel est celui des études prospectives ?

Axe III : Gouvernance de l’eau et  élaboration, mise en œuvre et évaluation des décisions  

  • Comment les sciences humaines et sociales (sciences de la communication, sociologie, science politique, anthropologie, ethnologie,  histoire,  droit, économie, etc.) appréhendent la gouvernance de l’eau, et plus particulièrement celle qui concerne le partage de l’eau ?
  • Dispositifs participatifs (information, consultation, négociation, concertation et co-construction) de l’élaboration à l’évaluation des décisions : quels sont-ils et quels sont leurs effets ?
  • Quels sont les liens entre gouvernance de l’eau et légitimité politique ? Comment se reconfigurent les relations entre les décideurs et la société ?
  • Quelles valeurs, explicites ou implicites, dans la  gouvernance de l’eau ?
  • Comment sont définies les parties-prenantes, comment se construisent les opinions, avec quels effets ?

Axe IV : Nouveaux problèmes, nouveaux courants et nouvelles approches en sciences humaines et sociales 

Quels nouveaux courants ou écoles de pensée susceptibles de mieux appréhender les tensions sur l’eau ? Quels sont leurs concepts, leurs méthodes, leurs  modalités de valorisation et de transfert vers la société civile ou l’action publique ?

Les sciences humaines et sociales sont ici prises dans leur acception la plus large (sociologie, anthropologie, ethnologie,  histoire,  droit, science politique, économie...)  sans que ne soit fait l’économie de leur lien avec d’autres savoirs scientifiques (sciences de la vie et de la terre, sciences physiques etc.). De même, la notion de gouvernance de l’eau doit ici être comprise dans un sens suffisamment large pour inclure ses articulations avec les enjeux liés à l’alimentation, à l’agriculture, à la santé, à l’énergie, à la biodiversité, aux transports, au tourisme…, et englober l’ensemble des eaux continentales (de surface et souterraines) aux échelles locales, régionales ou transfrontalières. Elle pourra être appréhendée dans ses dimensions scientifiques, techniques, économiques, environnementales, sociales, institutionnelles, juridiques, médiatiques, culturelles et  politiques, sans oublier les aspects liés à la communication.

Modalités pratiques

Des propositions de communications (deux pages) sont attendues pour le 15 mai 2019.

Ces propositions seront lues et évaluées par le comité de pilotage du séminaire, notamment pour leur contribution potentielle à éclaircir la problématique posée plus haut. Il ne sera pas demandé de papier plus détaillé.

Nous vous invitons à répondre à cet appel à communications en postant votre résumé sur le site de la SHF. Ce résumé devra respecter le modèle disponible en ligne

Il n’y aura pas de sessions parallèles pour ce séminaire, les communications seront donc présentées soit en communication orale, soit sous forme de posters.

Le séminaire sera ouvert par une communication spéciale (invitée). Il fera l’objet d’une synthèse écrite.

Comité de pilotage

  • Sylvia Becerra (CNRS- GET),
  • Mathieu Brugidou (EDF R&D),
  • Denis Cœur (ACTHYS),
  • Anna Dupond (SHF),
  • Arthur Jobeert (EDF R&D),
  • Delphine Loupsans (AFB),
  • Marc-Antoine Martin (Académie de l’Eau & Fond d’adaptation),
  • Sara Fernandez (IRSTEA),
  • Jean-Luc Redaud (PFE),
  • Pierre-Louis Viollet (SHF)*,
  • Jean Verdier (AFEID).

* animateur du comité

Le séminaire est organisé par le réseau SHF « Sciences humaines et sociales et les enjeux de l’eau », en lien avec le groupe de travail inter-associatif « Tensions sur l’eau ».

Ce séminaire sera l’une des composantes des Rencontres SHF 2019, qui se tiendront à Marne la Vallée (Ecole des Ponts et IFFSTAR) les 20-21-22 novembre 2019, et dont le thème sera : Eaux continentales et littorales : s’adapter au changement  global

[1] Voir notamment :

- Les tensions sur l’eau et Europe et dans le bassin Méditerranéen, (SHF – AFEID – Académie de l’Eau – UISF), Marne la Vallée, Ecole des Ponts, octobre 2015

- Journées « Risques de sècheresse et de déficit en eau » (AFPCN), Paris, mars et juin 2017

- Le dessalement participe-t-il aux mesures d’adaptation aux changements climatiques ?  (SHF – Académie de l’Eau – AFEID – ASTEE), Marseille, juin 2018

- Les sciences humaines et sociales et les enjeux de l’eau (SHF – Académie de l’eau), Paris, octobre 2018.

Dates

  • mercredi 15 mai 2019

Mots-clés

  • eau, tension, gouvernance, environnement, décision

Contacts

  • Pierre-Louis Viollet
    courriel : pierre-louis [dot] viollet [at] wanadoo [dot] fr
  • Mia Rozenbaum
    courriel : m [dot] rozenbaum [at] shf-hydro [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Delphine Loupsans
    courriel : delphine [dot] loupsans [at] afbiodiversite [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Comment les tensions sur l’eau conduisent-elles à en repenser la gouvernance ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 15 mars 2019, https://calenda.org/582803

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