HomeLa réception universitaire de Victor Hugo en France

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Published on Monday, March 25, 2019 by Céline Guilleux

Summary

Cette journée d’études se penchera sur la réception de Victor Hugo dans l'université française. Elle entre dans le cadre du projet « HumaRom » – pour « Humanités romantiques », un programme de recherche qui vise à repenser le XIXe siècle de façon interdisciplinaire, à étudier le champ large et partagé des « humanités » tel qu’il existe à l’époque romantique, afin de préparer la réouverture d’un champ commun des « humanités » aujourd’hui. 

 

Announcement

Argumentaire

Cette journée d’études, organisée le mardi 25 juin 2019 à l'université Paris-Diderot, entre dans le cadre du projet « HumaRom » – pour « Humanités romantiques », un programme de recherche qui vise à repenser le XIXe siècle de façon interdisciplinaire, à étudier le champ large et partagé des « humanités » tel qu’il existe à l’époque romantique, afin de préparer la réouverture d’un champ commun des « humanités » aujourd’hui. Elle s’inscrit plus précisément dans l’axe 1 du projet, « Humanités romantiques et champ disciplinaire », qui nourrit l’ambition d’une histoire des études dix-neuviémistes. Un colloque organisé en 2016 a ainsi porté sur l’« Histoire des études universitaires dix-neuviémistes » et une journée d’études sur la réception universitaire de George Sand a eu lieu en 2018.

Quelle a été la réception de Hugo à l’université ? Pour apprécier l’ampleur de la question, il faut mesurer la complexité de cet objet, l’université ou la vie universitaire. Trois niveaux de réalité s’y laissent discerner. Car l’université :

‒ ce sont des acteurs, des personnes, avec des statuts différents (des étudiants, des enseignants-chercheurs de divers grades), des arrière-plans, des horizons et des parcours variés ;

‒ c’est un monde d’activités, de pratiques (l’enseignement et la recherche, deux activités remplissant dans des proportions différentes les fonctions de production et de propagation du savoir) mais aussi de relations entre acteurs, activités et relations régies par une organisation, des normes, et où se marient trois ordres de préoccupations, la science (où règne par exemple une division en disciplines), les études et la profession (on a affaire à un milieu professionnel, à des carrières) ;

‒ ce sont enfin (et peut-être surtout, au regard de notre sujet) des discours, engendrés par et pour ces acteurs et ces pratiques.

À chacun de ces niveaux, des questions peuvent se poser :

‒ Place de Hugo dans les discours universitaires, qui peuvent être le discours savant du chercheur (thèse de doctorat / publications de l’universitaire chevronné, livre / article de recherche, toutes les nuances de la somme d’érudition jusqu’à l’essai… ; l’histoire de la recherche et celle de la critique sont deux histoires qui ne se recoupent pas parfaitement, d’où la question de leurs rapports), le discours savant et pédagogique de l’enseignant (cours, manuels universitaires) ou le discours exercitatif de l’étudiant (dissertations, mémoires de recherche,…). Les universitaires écrivent-ils sur Hugo, enseignent-ils Hugo, les étudiants travaillent-ils sur Hugo ? Et en glissant des discours aux travaux universitaires, on fait entrer dans le viseur, à côté des études sur Hugo et son œuvre, les chantiers de la philologie, l’édition savante des œuvres de Hugo.

‒ Hugo dans ce monde organisé d’activités et de relations qu’est l’université : comment sa réception s’inscrit-elle dans la division disciplinaire ? (est-elle la propriété exclusive des lettres, ou l’histoire et la philosophie, par exemple, en ont-elles leur part ?) Fait-on carrière comme spécialiste de Hugo ? Quel rôle jouent les institutions collectives, qu’elles soient centrales (le Groupe Hugo) ou périphériques (la Société des Amis de Victor Hugo) par rapport à la vie universitaire ? Que nous apprend la création d’une « chaire Hugo » en Sorbonne, au milieu des années 1920, sur le statut de Hugo dans le monde universitaire ?

‒ Le rapport des acteurs à Hugo : comment viennent-ils à Hugo, vivent-ils avec lui, par exemple selon leur horizon idéologique, politique, religieux ? selon leur horizon intellectuel et méthodologique ? Car il y eut, jadis, un Hugo des disciples de Lanson (Paul Berret, Joseph Vianey…), puis un Hugo de l’école de Genève (Albert Béguin, Marcel Raymond…), puis, après la Seconde Guerre mondiale, un Hugo des universitaires communistes (Pierre Albouy, Anne Ubersfeld, Jacques Seebacher…), etc.

Toutes ces questions portent avec elles leurs problèmes de sources : dispose-t-on d’archives suffisamment riches et complètes pour avoir une vision exacte de la place de Hugo dans l’enseignement universitaire du passé ? Comment reconstituer le rapport des acteurs à Hugo quand il n’a pas laissé d’indices clairs ou de traces durables ? Une partie de la réception est irrémédiablement immergée dans l’ombre.

À cette grille de questions, une autre doit être combinée, qui émane désormais de l’objet Hugo (si l’on peut ainsi parler) :

‒ L’évaluation de la place de Hugo peut être quantitative (Hugo est-il très présent dans la vie universitaire, comparativement aux autres écrivains ? Lui donne-t-on l’importance que laisse attendre sa stature nationale et patrimoniale ? Ou bien y a-t-il des oublis, des refus, des occultations, des contournements de Hugo ?) et qualitative (Que dit-on de lui ? À quelle axiologie a-t-il droit ? Hugophobie, hugophilie, hugolâtrie ?)

‒ L’objet Hugo est un objet à mille facettes : lesquelles retiennent l’attention, et qu’en dit-on ?

  • Sa vie (biographies,…) / son œuvre ?
  • Sa place dans l’histoire littéraire ? Comment le situe-t-on par rapport à d’autres écrivains ? La critique universitaire, selon les périodes, s’intéresse-t-elle plutôt par exemple au couple Hugo / Lamartine, ou met-elle en scène une rivalité Hugo / Baudelaire… ?
  • Comment périodise-t-on son œuvre, et s’intéresse-t-on à certaines périodes plutôt qu’à d’autres (avant l’exil / pendant et après l’exil) ?
  • Privilégie-t-on chez lui certains genres littéraires, majore-t-on en lui le poète, le dramaturge, le romancier, l’orateur, l’essayiste, le pamphlétaire ?
  • S’attache-t-on plutôt aux aspects idéologiques / politiques / philosophiques / religieux de son œuvre, ou plutôt à des aspects esthétiques et formels (sa poétique, sa versification, son style) ?

Reste à plonger tout cela dans le mouvement de l’histoire.

Les communications, d’une durée de vingt minutes, pourront porter sur l’une, l’autre ou plusieurs des problématiques évoquées ci-dessus ; elles pourront porter sur n’importe quelle période de la réception universitaire de Hugo (ou proposer des survols transhistoriques) ; elles se focaliseront sur la réception française, mais pourront envisager également les marges de la francophonie et n’excluront pas nécessairement les comparaisons fertiles avec la situation de Hugo dans les universités étrangères.

Modalités de soumission

Merci d’adresser vos propositions (environ 300 mots) à Guillaume Peynet (guillaumepeynet@free.fr) et à Jordi Brahamcha-Marin (jordi.brahamcha-marin@univ-rennes2.fr,

avant le 21 avril 2019.

Une réponse définitive vous parviendra avant la fin du mois d’avril.

Organisateurs

  • Guillaume Peynet (Le Mans Université),
  • Jordi Brahamcha-Marin (université Rennes 2).

Places

  • Bibliothèque Jacques-Seebacher, Université Paris-Diderot - 5 rue Thomas Mann
    Paris, France (75013)

Date(s)

  • Sunday, April 21, 2019

Keywords

  • Victor Hugo, réception, université, critique littéraire, recherche

Contact(s)

  • Jordi Brahamcha-Marin
    courriel : jordi [dot] brahamcha-marin [at] univ-rennes2 [dot] fr
  • Guillaume Peynet
    courriel : guillaumepeynet [at] free [dot] fr

Information source

  • Jordi Brahamcha-Marin
    courriel : jordi [dot] brahamcha-marin [at] univ-rennes2 [dot] fr

To cite this announcement

« La réception universitaire de Victor Hugo en France », Call for papers, Calenda, Published on Monday, March 25, 2019, https://calenda.org/587734

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