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Insularités / archipels

Insularities and archipelagos

Appel à contributions du n° 25 de la revue « TRANS- »

TRANS- journal issue 25, call for articles

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Publié le mardi 02 avril 2019 par Céline Guilleux

Résumé

Dans ce dossier de la revue TRANS-, il ne s’agira pas tant d’étudier les archipels glissantiens dans leurs dimensions thématiques et symboliques, que de considérer ce que le concept de relation archipélique fait à la discipline de la littérature comparée, en analysant les ramifications et les devenirs de ce concept dans les textes et nos postures. Les contributeurs de ce numéro sont ainsi invités à nouer et à dénouer les interrogations que soulèvent les notions d’insularité et d’archipel, moins comme donnée thématique et métaphorique dans les œuvres littéraires, que comme outil d’analyse et de méthodologie critique pour notre discipline. Nous nous efforcerons ainsi de penser de quelle manière l’image de l’/des insularité/s peut informer la posture du chercheur en littérature comparée.

Annonce

Argumentaire

Dans sa Philosophie de la relation, Édouard Glissant définit la pensée archipélique comme pensée de l’essai, de la tentation intuitive, qu’on pourrait opposer à des pensées continentales, qui seraient avant tout de système :

"Par la pensée continentale, l’esprit court avec audace, mais nous estimons alors que nous voyons le monde d’un bloc, ou d’un gros, ou d’un jet, comme une sorte de synthèse imposante, tout à fait comme nous pouvons voir défiler par des saisies aériennes les vues générales des configurations des paysages et des reliefs. Par la pensée archipélique, nous connaissons les roches des rivières, les plus petites assurément, roches et rivières".[1]

Au sein d’un contexte mondialisé, le « Tout-monde » d’Edouard-Glissant ne peut être que le réseau de ses mondes[2] : la mise en relation archipélique ne peut donc se faire sans reconfiguration narrative du monde, et cette reconfiguration passe nécessairement par l’éthique d’une relation à l’autre. L’opposition entre « le continent » (figure de la totalité) et « l’île » (figure ouverte de la fragmentation) implique une pensée totale de la relation, aussi bien physique que linguistique, qu’intellectuelle ou culturelle. Entre distance avec l’autre (et mise en valeur de cette distance comme constitutive d’une identité radicale) et mise en lien, la métaphore de l’insularité peut-elle alors aussi permettre de construire une éthique d’une relation comparatiste ?

En effet, dans une dynamique à la fois diachronique et synchronique, le comparatisme est véritablement une « herméneutique de la défamiliarisation » – selon les mots de Françoise Lavocat à la suite de la parution du Death of a Discipline de Gayatri Chakravorty Spivak[3]. Les insularités constituent un enjeu majeur de notre discipline, fortement influencée à la fois par les questions d’hétéroglossie et de subalternités. Considérer l’insularité, c’est penser la distance, le regard que l’on porte sur l’isolement – démarche critique de notre propre position réflexive – ; mais aussi interroger les statuts métaphoriques des bandes de mer qui entourent l’île et les ensembles insulaires : quels mouvements ? Quels statismes ? Peut-on encore mettre en relation les îles ?

Cet appel de la Revue Trans- se propose donc de dépasser l’échelle de l’analyse des oeuvres d’Edouard Glissant, et d’envisager les notions d’insularités et d’archipels en tant qu’outils d’analyse et méthodologie critique en littérature comparée. Si Édouard Glissant a posé la notion d’archipel comme refus de toute « pensée de système »[4], c’est parce qu’elle permet la pensée d’une pluralité du divers et la saisie des différentes insularités. C’est parce que la métaphore de l’insularité chez Édouard Glissant fonctionne comme la mise en contact d’une pluralité des mondes que la pensée archipélique peut aussi participer d’une réflexion épistémologique sur les enjeux du comparatisme.

Dans ce dossier de la revue TRANS-, il ne s’agira donc pas tant d’étudier les archipels glissantiens dans leurs dimensions thématiques et symboliques, que de considérer ce que le concept de relation archipélique fait à la discipline de la littérature comparée, en analysant les ramifications et les devenirs de ce concept dans les textes et nos postures. Les contributeurs de ce numéro sont ainsi invités à nouer et à dénouer les interrogations que soulèvent les notions d’insularité et d’archipel, moins comme donnée thématique et métaphorique dans les œuvres littéraires, que comme outil d’analyse et de méthodologie critique pour notre discipline. Nous nous efforcerons ainsi de penser de quelle manière l’image de l’/des insularité/s peut informer la posture du chercheur en littérature comparée.

Modalités de soumission

Les propositions d’article (3000 signes), accompagnées d’une brève bibliographie et d’une courte présentation du rédacteur doivent être envoyées

avant le 19 mai 2019 

en fichier .DOC ou .RTF à l’adresse lgcrevue@gmail.com. Les articles retenus seront à envoyer pour le 15 septembre 2019. Nous rappelons que la revue de littérature générale et comparée TRANS- accepte les articles rédigés en français, anglais, italien et espagnol.

Comité scientifique

Le comité scientifique, composé de chercheurs de l’université Paris 3, est le garant de la spécificité disciplinaire de la revue et de la qualité des contributions. Il définit les orientations de la revue, lui assure une cohérence et un caractère proprement comparatiste.

Le comité de rédaction publie sur le site de la revue et sur différentes listes de diffusion internationales (Fabula, MLA, etc.) un appel à communication correspondant à chaque nouveau numéro : les propositions de communication (3000 signes environ), accompagnées d’une brève bibliographie et d’une courte présentation du rédacteur, sont à envoyer à l’adresse lgcrevue@gmail.com. L’appel à contribution précise les délais d’envoi de la proposition de communication, et de l’article rédigé en cas de sélection. Les propositions comme les articles peuvent être rédigés dans les quatre langues acceptées par la revue : le français, l’anglais, l’espagnol et l’italien.

Le comité de lecture (auquel participent les membres du comité de rédaction) se réunit une première fois pour présélectionner les propositions de communication les plus intéressantes. Un courriel est alors envoyé aux rédacteurs afin de les informer de l’acceptation ou du refus de leur proposition. Le refus n’est pas nécessairement argumenté. Les rédacteurs dont la proposition a été retenue disposent d’environ deux mois pour rédiger l’article et l’envoyer à l’adresse lgcrevue@gmail.com. Les articles doivent respecter la feuille de style de la revue, indiquée dans un courriel au contributeur, et comporter deux résumés dans deux des langues acceptées par la revue, ainsi qu’une brève présentation du rédacteur. Le comité de lecture se réunit une seconde fois afin de sélectionner les articles qui seront publiés. La sélection de la proposition de communication n’entraîne donc pas automatiquement la publication de l’article, soumis au comité de lecture. Les rédacteurs reçoivent un courriel les informant de la publication ou du refus de leur article.

Membres du Comité scientifique

  • Yen-Mai TRAN-GERVAT, maître de conférences en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Philippe DAROS, professeur de Littérature générale et comparée, directeur de l’Ecole Doctorale 120 – Littérature française et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Florence OLIVIER, professeur de Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Tiphaine SAMOYAULT, professeur de Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Membres du Comité de lecture

  • Philippe DAROS, professeur de Littérature générale et comparée, directeur de l’Ecole Doctorale 120 – Littérature française et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Nadja DJURIC, enseignante à l’Université de Belgrade, doctorante en Littérature générale et comparée à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Marcos EYMAR, maître de conférences au département d’Espagnol de l’université d’Orléans
  • Fiona MCINTOSH VARJABEDIAN, Professeur des universités, université Lille 3
  • Julia PESLIER, maître de conférences en Littérature comparée à l’université de Franche-Comté.
  • Yen-Mai TRAN-GERVAT, maître de conférences en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Membres du Comité de rédaction et du Comité de lecture
  • Rédacteur en chef : Iván SALINAS ESCOBAR, docteur en Littérature générale et comparée de l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, enseignant au Lycée Claude Monet
  • Ninon CHAVOZ, ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure et agrégée de lettres modernes, doctorante contractuelle en Littérature francophone et chargée de cours à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Antoine DUCOUX, ancien élève de l’ENS de Lyon, agrégé de lettres modernes et doctorant contractuel en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Guillermo HECTOR, doctorant en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • A’icha KATHRADA, doctorante et chargée de cours en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris  3
  • Marie KONDRAT, doctorante en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, en cotutelle avec l’Université de Genève
  • Adeline LIEBERT, docteur en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, enseignante en CPGE au lycée Thuilliers à Amiens
  • Francesca MAMBELLI, doctorante à l'EHESS, Centre de Recherche sur les Arts et le Langage (CRAL)
  • Matilde MANARA, doctorante contractuelle en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Amanda MURPHY, doctorante et chargée de cours en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, et lectrice d’anglais à l’université Panthéon Sorbonne – Paris 1
  • Sana M’SELMI, doctorante en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Naomi NICOLAS KAUFMAN, doctorante en Littérature générale et comparée, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
  • Cécile ROUSSELET : doctorante en Littérature générale et comparée, dont la thèse est financée par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
  • Victor TOUBERT, doctorant contractuel en Littérature générale et comparé, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Notes

[1] GLISSANT, Édouard, Philosophie de la relation : poésie en étendue, Paris, Gallimard, 2009, p. 45.

[2] GLISSANT, Édouard, Tout-monde, Paris, Gallimard, 1995.

[3] SPIVAK, Gayatri Chakravorty, Death of a Discipline, New York, Columbia University Press, 2003.

[4] GLISSANT, Édouard, Introduction à une poétique du divers, Paris, Gallimard, 1996.

Catégories

Dates

  • dimanche 19 mai 2019

Mots-clés

  • Edouard Glissant, archipel, relation, postcolonial, littérature comparée, comparatisme, insularité

Contacts

  • TRANS- Revue de littérature générale et comparée
    courriel : lgcrevue [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Antoine Ducoux
    courriel : lgcrevue [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Insularités / archipels », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 02 avril 2019, https://calenda.org/590710

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