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Wars, hope, despair and peace in History

Guerres, espoirs, désespoirs et paix dans l’histoire

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Published on Wednesday, April 17, 2019 by Céline Guilleux

Summary

L’origine de la violence et des guerres constitue un thème traditionnel de controverses. Certains philosophes antiques, ainsi que Maurras ou von Moltke, voient dans la guerre une loi divine. D’autres, comme Platon, pensent qu’elle résulte des passions humaines ou qu’elle constitue une nécessité biologique (Nietzsche, Malthus). D’autres encore mettent en cause le nationalisme attisé par les despotismes. Pour les marxistes, les affrontements viennent du choc des forces économiques. Les savants, les philosophes, les moralistes quant à eux se demandent si l’agressivité constitue une constante de la nature humaine, un caractère inné ou acquis.

Announcement

Tunisian-Mediterranean Association for Historical, Social and Economic Studies & Tunisian World Center for Studies, Research, and Development organiseront le 25, 26, et 27 novembre 2019 le 12ème colloque international sur le thème : Guerres, Espoirs, Désespoirs et Paix dans l’Histoire.

Argumentaire

L’origine de la violence et des guerres constitue un thème traditionnel de controverses. Selon Ibn Khaldoun, « …les guerres et les types de confrontations  existaient  toujours parmi  les êtres vivants depuis que Dieu  les a crée. Leur origine est la volonté de certains êtres de se venger  les uns  des autres, et chacun est soutenu par ses proches (Ahl al-Asabiyya). S’ils s’entraident pour cela et si  les deux communautés s’accordent, l’une demande vengeance  et l’autre se défend, la guerre se déclenche. Cela est normal chez les êtres humains ; aucune nation ou génération n’en est épargnée… ».[1] Certains philosophes antiques, ainsi que Maurras ou von Moltke, voient dans la guerre une loi divine. D’autres, comme Platon, pensent qu’elle résulte des passions humaines ou qu’elle constitue une nécessité biologique (Nietzsche, Malthus). D’autres encore mettent en cause le nationalisme attisé par les despotismes. Pour les marxistes, les affrontements viennent du choc des forces économiques. Les savants, les philosophes, les moralistes quant à eux se demandent si l’agressivité constitue une constante de la nature humaine, un caractère inné ou acquis. Selon Thomas Hobbes, dans son célèbre ouvrage Léviathan (1651), l’homme, violent à l’état de nature et assoiffé de pouvoir, se révèle belliqueux : ainsi, « L’homme est un loup pour l’homme ». Au contraire, Jean-Jacques Rousseau pense que l’homme, « naturellement pacifique et craintif », reste bon tant qu’il ne vit pas en société (Du contrat social, 1762).

Les chercheurs ne sont pas d’accord sur la nature et la date de naissance des guerres à l’époque préhistorique. Certains pensent que les conflits sont nés avec la volonté de contrôler les régions giboyeuses ou avec la sédentarisation qui aurait suscité la convoitise des chasseurs-cueilleurs à l’égard des ressources agricoles ; pour d’autres spécialistes, les affrontements auraient été facilités par le perfectionnement de la métallurgie permettant de forger des armes efficaces ou encore stimulés par l’apparition de chefs voulant consolider leur pouvoir à la faveur de luttes. L’exhumation de squelettes percés de flèches, datant de 13 000-14 000 avant JC, marque peut-être la première trace attestée de conflits. Ceux-ci semblent plus assurés vers 10.000.[2]

En tout état de cause, la guerre peut être définie comme l’affrontement de deux forces antagonistes, étatiques ou  non, visant à faire prévaloir leurs prétentions, dans des domaines variés, ou à se défendre contre les ambitions des autres. Le théoricien Carl von Clausewitz peut ainsi dire que « la guerre est un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté ».[3] La dimension souvent politique des conflits est soulignée par Clausewitz : « La guerre est le prolongement de la politique par d’autres moyens ».[4] Il s’ensuit que la guerre s’ancre fréquemment dans la volonté impérialiste d’un belligérant. Elle peut aussi viser à souder une communauté contre un ennemi commun ; cet objectif est particulièrement mis en avant par les régimes autoritaires qui justifient ainsi l’encadrement strict des citoyens et cherchent à se couvrir de gloire pour faire oublier la discipline imposée. Pour le fascisme, la guerre constitue une règle de vie et un révélateur de la nature humaine. Dans un discours du 24 août 1924, Mussolini déclare :

 « Vivre dangereusement : je voudrais que ce fût là le mot d’ordre du fascisme italien. Vivre dangereusement, cela veut dire être prêt à tout, à quelque sacrifice, à quelque danger possible, à quelque action que ce soit quand il s’agit de défendre la patrie (…). Le credo du fascisme est l’héroïsme ».

Faire la guerre

Les conflits armés peuvent être classés en diverses catégories, étant convenu que beaucoup de celles-ci se recoupent.

Selon l’extension géographique, on distingue les guerres mondiales impliquant de nombreux participants situés sur tout le globe et les guerres régionales, de moindre ampleur.

En fonction des objectifs visés s’individualise d’abord la vaste catégorie des guerres impérialistes.[5] Celles-ci reposent sur l’espoir de conquête de territoires indépendants, parfois sous-administrés, ou de régions appartenant à des puissances rivales. Pour les marxistes, les guerres impérialistes correspondent à un stade de développement du capitalisme qui chercherait avant tout une expansion économique fondée sur l’exploitation des territoires conquis. Lénine observe que, « en régime capitaliste, et particulièrement à son stade impérialiste, les guerres sont inévitables ».[6] Annah Arendt souligne que ce type d’expansion  aboutit au totalitarisme.[7] En revanche, Joseph Schumpeter conteste l’analyse économiste des marxistes et pense que les guerres impérialistes traduisent surtout la volonté guerrière et militariste de ceux qui les déclenchent.

Parmi les affrontements impérialistes, les guerres coloniales tiennent une place particulière : elles peuvent être comprises comme la prise de contrôle de territoires par une métropole qui escompte acquérir des points d’appui stratégiques, exploiter des richesses naturelles ou une main-d’œuvre disponible, voire imposer une culture. Ces objectifs coloniaux sont parfois cachés par le conquérant qui se déclare chargé d’une mission civilisatrice. La puissance dominante impose divers statuts aux régions soumises, occupation, annexion, protectorat… ; elle peut favoriser l’émigration de ses ressortissants vers la colonie ou se contenter d’y envoyer des forces militaires  et quelques cadres civils.[8]

Parmi les objectifs visés s’individualisent les guerres révolutionnaires ou guerres de libération qui veulent abolir la domination coloniale ou l’occupation étrangère. Selon les marxistes, l’indépendance ne peut être obtenue que par une lutte armée révolutionnaire soutenue par des choix politico-idéologiques d’avant-garde. Dans ce type de conflit, les belligérants s’attachent particulièrement à contrôler les populations civiles. Lénine souligne fortement le caractère positif de ces guerres :

 « Les social-démocrates ne sauraient nier la valeur positive des guerres révolutionnaires, c’est-à-dire de guerres non impérialistes (…) ou encore de guerres éventuelles visant à sauvegarder les conquêtes d’un prolétariat victorieux dans sa lutte contre la bourgeoisie ».[9]

Au sein de la grille d’analyse fondée sur les objectifs, il faut citer les guerres religieuses, parfois appelées guerres saintes. Il s’agit de conflits opposants les adeptes de religions différentes. Les belligérants pensent agir au nom de principes divins supérieurs, se sentent souvent investis d’une mission sacrée, veulent imposer une foi, convertir ou éliminer leurs adversaires religieux.[10]

Le génocide vise à l’élimination totale ou partielle d’une communauté nationale, ethnique ou religieuse. Cet affrontement prend souvent la forme d’un  meurtre collectif programmé, plus ou moins systématique, commis contre des personnes jugées inférieures ou indésirables.

Les conflits peuvent aussi être classés en fonction de la nature des belligérants. Les guerres civiles qui se déroulent à l’intérieur d’un Etat dépassent en ampleur l’émeute, la révolte ou l’insurrection ponctuelle, comme le montrent au XV° siècle la Querelle des Armagnacs et des Bourguignons en France et la Guerre des deux Roses en Angleterre. Les origines de ces affrontements peuvent être dynastiques, idéologico-politiques, ethniques, communautaires, religieuses. Il peut s’agir de guerres tribales. Le caractère non international n’empêche pas l’intervention plus ou moins visible d’Etats étrangers, comme ce fut le cas en Espagne (1936-1939), en Grèce (1946-1949), dans divers pays d’Afrique et du Moyen Orient.

Les moyens utilisés par les adversaires permettent d’individualiser d’autres conflits. La guerre économique s’incarne selon diverses modalités. Au départ il s’agit d’affrontements entre économies concurrentes à l’échelle mondiale. L’exacerbation des ambitions  débouche en certaines occasions sur une action militaire. En temps de guerre l’un des belligérants peut chercher à étouffer son ennemi par un blocus.

La guerre psychologique ou guerre des nerfs consiste à combattre l’ennemi sur le terrain des idées, de la propagande, de la persuasion. Il faut convaincre le camp adverse qu’il se trouve dans un processus de défaite, l’effrayer, le démoraliser, voire le terroriser. Ce type de lutte implique parfois la guerre des ondes qui mobilise les moyens de la radio et de la télévision pour galvaniser un camp et amoindrir les facultés de résistance de l’autre.[11]

La guerre froide désigne stricto sensu l’affrontement qui opposa le camp occidental et le bloc soviétique de 1947 à 1989-1991. Le terme est parfois repris pour qualifier un conflit qui rappelle la lutte des deux blocs séparés par le rideau de fer. Cette guerre, fondée sur des différences idéologiques et politiques, entraîne la course aux armements conventionnels et nucléaires. Les adversaires évitent d’en venir à un affrontement direct aux conséquences incalculables, mais ils se mesurent indirectement lors de crises internationales (Berlin, Cuba, Suez…) et de guerres localisées (Corée, Indochine, Vietnam, Afghanistan…).[12]

La guerre électronique désigne les moyens par lesquels le commandement cherche à protéger son réseau de télécommunications et à entraver les transmissions de l’ennemi : écoutes, brouillage et antibrouillage, envoi de fausses instructions sur les longueurs d’onde adverses, émissions de propagande…

La guerre ABC (Atomique, Biologique, Chimique) définit une forme d’affrontement reposant sur le recours à des armes de destruction massive.

La guerre totale, théorisée par Clausewitz (Absoluter Krieg), reprise par les pangermanistes du XIX° siècle et par les nazis au XX° siècle, consiste à mobiliser toutes les ressources des belligérants, hommes et matériels, à contrôler la société, à imposer une gestion centralisée et autoritaire, la censure, le bourrage de crâne pour aboutir à l’anéantissement de l’ennemi.

Les guerres asymétriques opposent un Etat ou un groupe d’Etats à des ennemis peu nombreux mais généralement très résolus. Ces derniers développent alors une forte propagande pour compenser leur faiblesse et gagner le soutien de l’opinion. Ils recourent au terrorisme, comme les opposants antiques à l’occupation romaine, la secte des assassins à la fin du XI° siècle, les anarchistes après 1880, les nationalistes luttant contre les puissances coloniales, les groupes contemporains voulant défendre leur identité ou imposer leurs vues religieuses. Les minoritaires peuvent s’organiser et passer au stade de la guérilla menée par des partisans et francs-tireurs qui agissent par des coups de main  ciblés, des embuscades, des attaques sur les arrières des unités étatiques. Les Vendéens en France sous la Révolution, les castristes à Cuba, les groupes armés anticolonialistes offrent de bons exemples de la guérilla. Les actions menées par les organisations clandestines sont souvent appelées guerre subversive.[13]

De nouvelles formes de guerre apparaissent. Sous mandat international (ONU, Union africaine, Ligue arabe…) des pays ou des groupes de pays interviennent dans des pays tiers pour rétablir l’ordre, séparer des factions rivales, pourchasser des terroristes comme le fait la France en Afrique subsaharienne, cela à l’aide de troupes régulières, de forces spéciales, de frappes ciblées par des avions ou des drones armés, des fournitures de matériel militaire.

La conduite de la guerre conditionne les résultats des affrontements. Certains espèrent  parvenir à un  état de force décourageant les éventuels assaillants. Les Latins disaient : « Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare la guerre). C’est dans cet esprit que la France appelle son arme nucléaire « force de dissuasion ». Autre méthode : Divisare ut imperare (Diviser pour régner) ; méthode préconisée aussi par le fabuliste Jean de La Fontaine:

 « Tenez toujours divisés les méchants

La sûreté du reste de la terre

Dépend de là. Semez entre eux la guerre

Ou vous n’aurez avec eux nulle paix ».[14]

La stratégie consiste à coordonner l’action générale des armées pour atteindre les objectifs défensifs ou offensifs définis par le pouvoir politique. Napoléon Ier, Clausewitz et les généraux allemands, et aussi Foch ont posé des principes d’ensemble, mais ceux-ci sont remis en cause par l’apparition des armes de destruction massive et par les nouvelles formes de guerre.[15] La tactique est la mise en œuvre des buts stratégiques fixés préalablement ; elle consiste en grande partie dans l’art de diriger les armées sur un champ de bataille précis.

La conduite de la guerre dépend partiellement des armements mis à la disposition des combattants : armes légères, blanches ou à feu, artillerie légère ou lourde, flottes navales et aériennes, bombe atomique... Dans son appel du 18 juin 1940, le général de Gaulle souligne l’importance des équipements : « Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là ». Les fortifications tenaient jadis un rôle important dans la conduite des combats. Les nouvelles technologies et les équipements modernes bouleversent souvent la façon de se battre.

La vie des combattants attire de plus en plus l’attention des chercheurs. Le temps passé dans les casernes, les camps, les tranchées exerce une influence sur la préparation des hommes au combat, leur efficacité, leur moral, leurs espérances. Importantes se révèlent les relations entre gradés et simples soldats. Il faut étudier le  caractère de la discipline, le consentement au combat ou la résignation, les mutineries comme celles que connut l’armée française en 1917, la qualité de la nourriture distribuée au front, le régime des permissions, les loisirs, les rapports avec le civils ou entre les divers contingents nationaux, métropolitains et coloniaux se battant sous le même drapeau. Le taux de pertes humaines et ses répercussions démographiques peuvent peser lourdement sur le destin des nations.

Le droit de la guerre, appelé jadis lois de la guerre, constitue un ensemble de règles très anciennes, à l’origine coutumières, destinées à définir des modalités de guerre considérées comme justes, statut des blessés, des prisonniers, des otages, des civils en zone d’occupation… La première mise en forme semble être le Code d’Hammourabi, roi de Babylone vers 2 000 avant JC. L’Eglise catholique au Moyen-Age et le philosophe Grotius au XVI° siècle donnèrent  d’autres exemples d’organisation d’une « guerre juste », donc acceptable. Les juristes prirent le relai au XIX° siècle. Le droit international humanitaire fut mis en place par les conventions de Genève (1864, 1949, 1977, 2005) et de La Haye (1899 et 1907). La Croix-Rouge, appelée Croissant rouge dans les pays musulmans, fut fondée en 1863 par le Suisse Henri Dunant, frappé par l’abandon dans lequel étaient laissés les blessés après la bataille de Solferino (1859) ; cette organisation  humanitaire prodigue des soins aux victimes sans distinction de nationalité.[16]

La société civile et la guerre 

Pendant des siècles on a pu nettement distinguer une zone de combat et un arrière plus ou moins éloigné de l’affrontement. Certes, le déplacement des armées pouvait constamment transformer un secteur de l’arrière en zone de guerre. Aujourd’hui, avec la vitesse des moyens de transport, le progrès des armements, l’extension du terrorisme et des guérillas, il existe peu de territoires épargnés.

Il n’en reste pas moins que les civils connaissent des expériences qui leur sont propres. Dans le champ politique, les gouvernements s’attachent à contrôler les habitants de l’arrière pour que ceux-ci restent confiants et soudés derrière leurs dirigeants. La censure, le bourrage de crâne par une propagande insistante, l’encadrement des jeunes, la surveillance policière, la chasse aux espions et aux saboteurs constituent les moyens habituels utilisés par les responsables. Ceux-ci se servent parfois du levier identitaire, fondé sur le patriotisme et le nationalisme, pour resserrer la cohésion nationale. Dans ce formatage des esprits, la presse et les autres médias tiennent une place majeure. La formation d’une Union sacrée, expression  trouvée par Raymond Poincaré, président de la République française en 1914, constitue l’objectif idéal. Cependant, dans une démocratie comme l’était la France au début de la Grande Guerre, l’Union sacrée ne désigne pas une fusion des partis, mais seulement une trêve dans les luttes partisanes.

En temps de guerre, les civils se trouvent généralement confrontés à des difficultés plus ou moins graves. Les entraves mises aux déplacements perturbent la réunion des familles et les approvisionnements. La réquisition des moyens de transport, des récoltes, des troupeaux et leur mise à la disposition prioritaire des armées réduisent l’acheminement des produits énergétiques et des denrées alimentaires, entraînent souvent un rationnement, surtout dans les régions non productrices. Il devient difficile de se nourrir suffisamment et de se chauffer. Les prix augmentent. L’aggravation de la pauvreté rend précaires les conditions de vie, malgré le versement d’aides diverses et l’action des organisations humanitaires. Les salariés réclament des hausses dans  leurs revenus et, dans les démocraties, peuvent se mettre en grève s’ils n’obtiennent pas satisfaction. Une délinquance spécifique, liée à la pauvreté, est enregistrée : cambriolages, en particulier dans les logements inoccupés des célibataires partis au front ou dans les résidences secondaires des touristes absents, escroqueries sous couvert d’œuvres charitables, prostitution. La délinquance juvénile qui se développe est due au relâchement des liens familiaux, à l’absence du père parti au combat, aux soucis assaillant la mère occupant un emploi plus souvent que par le passé, au recul de l’obligation scolaire.[17]

Malgré l’éloignement du front, les habitants de l’arrière ressentent les réalités de la guerre. Le contact est indirect par la vue des blessés soignés loin des zones de combat, des réfugiés et des personnes déplacées venant du front ou des régions occupées par l’ennemi, des prisonniers mis à la disposition des employeurs. Le contact devient évidemment direct quand les affrontements arrivent dans un secteur jusque-là épargné. La guerre au sol et les bombardements entraînent des morts et des destructions matérielles. Si l’ennemi reste sur place, il peut occuper ou annexer le territoire, exercer des violences, prises d’otages, viols, massacres… Ces violences peuvent susciter chez les habitants une réaction patriotique de résistance.

L’état des esprits et le maintien de la confiance, en un mot l’espoir, représentent des enjeux importants. Or les populations civiles sont assaillies par de nombreuses craintes : évolution de la guerre et avenir de la patrie, sort des membres de la famille risquant leur vie au front ou détenus dans des camps de prisonniers, disette et parfois famine. La haine de l’ennemi, l’indignation contre les traîtres et les profiteurs enflent, les critiques contre les dirigeants politiques et militaires incapables d’amener une victoire rapide fusent. Durant la Première Guerre mondiale, en France, la confiance chute en 1917 et remonte à la fin de l’année quand un chef énergique, Georges Clemenceau, prend la direction du gouvernement et définit même les grandes orientations stratégiques ; il déclare le 20 novembre 1917 ce qui suit : « La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires ». Le général de Gaulle, sur un  ton moins sarcastique, exposa la même idée dans son livre La Discorde chez l’ennemi (1924).

La religion entretient l’espoir, sert de recours et de consolation. En effet, la pratique augmente généralement car les particuliers invoquent Dieu pour obtenir la victoire et le retour du parent parti au front. Si ce dernier est tué ou blessé, la prière peut amener un certain réconfort.

L’économie en temps de guerre 

La guerre, même brève, nécessite la mobilisation d’importantes ressources matérielles. Le financement représente une nécessité première. Aussi faut-il généralement puiser dans les réserves et les stocks d’or, réaliser les avoirs en valeurs, augmenter les impôts si la situation le permet, emprunter sur les marchés intérieurs et extérieurs, désaffecter des emprunts.  Après le conflit, certains pays se trouvent exsangues, lourdement endettés, confrontés à l’inflation, tandis que d’autres, neutres ou éloignés du champ de bataille, banquiers des belligérants, sont enrichis.

La production agricole et industrielle est souvent réduite en raison des réquisitions et de la mobilisation qui envoie les travailleurs sur le front. Les déficits en matière d’énergie, de denrées alimentaires, de produits manufacturés doivent être comblés au moyen d’onéreuses importations. Le manque de bras conduit à recourir à une main-d’œuvre de remplacement : femmes, enfants, vieillards, immigrés, prisonniers de guerre. Certains soldats, qualifiés d’affectés spéciaux, sont parfois renvoyés à l’arrière quand ils possèdent une spécialité professionnelle rare ou utile à la défense nationale. Ces spécialistes sont particulièrement utilisés dans les usines reconverties pour la fourniture d’armes et de munitions.

Le commerce subit des perturbations diverses : difficulté des approvisionnements, pénuries engendrant hausses de prix, rationnement, mauvaise humeur des consommateurs.  Certains négociants profitent de la situation pour se rendre coupables de délits : spéculation et augmentation excessive des prix, marché noir, fraudes sur la qualité des produits. A Menton, en septembre 1917, deux crémières furent condamnées pour avoir vendu lait contenant 76% d’eau. Les pouvoirs publics multiplient les contrôles, la création de commissions techniques et d’organes de régulation. Mais ils ne peuvent empêcher tous les délits, les petites et les grandes escroqueries, les quêtes de charité faites au seul profit du quêteur… Les trafics en tout genre favorisent l’enrichissement d’individus peu scrupuleux et d’intermédiaires louches. Les fournisseurs aux armées réalisent souvent des profits considérables.

Les possédants de tout niveau, épargnants, propriétaires sont touchés par diverses mesures adoptées par les gouvernements : réduction du taux d’intérêt des emprunts, moratoire sur les loyers, contrôle des changes, suspension de la convertibilité de l’or… Ainsi les revenus stagnent ou s’effondrent à l’heure où les prix montent. Le tourisme, activité réputée futile en temps de guerre, et les productions de luxe subissent des pertes considérables : les clients, craintifs ou éloignés des pays en guerre, se raréfient ; beaucoup de loisirs jugés choquants, jeux de hasard, fêtes joyeuses, certaines compétitions sportives, sont interdits. Les organisateurs de spectacles doivent se justifier en organisant des galas de bienfaisance. Les hôtels construits grâce à de lourds investissements restent vides. Les pays et les régions dont l’économie repose largement sur le tourisme appréhendent l’avenir.  

Des difficultés particulières apparaissent dans les régions occupées ou annexées. Le vainqueur, ne se souciant pas de ménager les habitants, impose des réquisitions de toute nature, des impositions spéciales et des transferts de propriété. Les occupants, contrôlant les frontières, réduisent ou interdisent le déplacement des personnes et des biens en direction du pays ennemi, ce qui empêche la réunion des familles, coupe les circuits commerciaux traditionnels, rend la vie quotidienne très compliquée. Il arrive que la puissance occupante enrôle de force les habitants dans ses propres unités. Si une résistance se forme, la répression se révèle extrêmement sévère.

Après la guerre

Les sorties de guerre, sous l’angle démographique, économique, social, politique et diplomatique, psychologique, constituent un sujet d’étude aujourd’hui très actif.[18]

Le prix de la guerre en pertes humaines et matérielles apparaît souvent dramatique. Les soldats décédés au combat ou, plus tard, des suites de leurs blessures appartiennent aux classes d’âge jeunes, ce qui prive le pays d’hommes aptes à produire et à procréer. Le problème des classes creuses, c’est-à-dire des générations décimées, peut affecter durablement l’avenir des nations. Certains survivants, ayant reçu des blessures graves, ne peuvent se réinsérer dans l’économie. Le passif démographique comprend aussi le déficit des naissances dû à l’absence des hommes partis au front. Le bilan doit évaluer les pertes par catégorie socio-professionnelle, par région d’origine, campagne et ville, métropole et colonies, belligérants principaux et alliés lointains. Il faut noter que, dans les guerres modernes, le nombre de victimes civiles se révèle beaucoup plus important que dans le passé en raison de l’extension géographique des combats et du développement des armes de destruction massive.

Les conséquences économiques et financières obèrent le destin des pays ayant combattu : endettement, inflation, disparition du stock d’or, destructions dues aux combats, aux bombardements, aux spoliations, baisse de la production agricole et industrielle, dommages infligés aux infrastructures de base, terres arables, usines, immeubles, routes, ponts, ports, canaux… Au lendemain de la Grande Guerre, la France a perdu 3 millions d’hectares de terres cultivables, 300 000 bâtiments, 62 000 kilomètres de routes. Certaines communes situées sur le front n’ont jamais été reconstruites. En revanche, les pays tiers qui ont vendu leur production aux belligérants et avancé des crédits réalisent des profits importants : la Grande Guerre a permis un important décollage économique aux Etats-Unis et au Japon.

Les anciens belligérants ou les seuls vainqueurs se réunissent pour négocier les conditions de la paix et essayer de concrétiser les espoirs qu’ils ont nourris pendant le combat. La nature de la paix varie en fonction des rapports de force et des ambitions rivales, de la puissance respective des pays concernés, des territoires libres ou occupés à l’heure des négociations. Les traités et accords divers reflètent cette situation complexe. Aussi les changements territoriaux, le nombre des personnes déplacées, le montant des éventuelles réparations, le jugement des criminels de guerre prennent-ils des formes variables. Les découpages territoriaux issus des guerres peuvent aboutir à créer des Etats multinationaux contenant des minorités hostiles au pouvoir central. Ainsi les paix engendrent parfois des motifs de guerres ultérieures. La Pologne, rayée de la carte au XVIII° siècle n’aura de cesse de redevenir un Etat,  ce qui interviendra en 1919.

Sur le plan psychologique, la guerre laisse de nombreuses plaies, voire des motifs de profond désespoir. Les  blessés survivants, les anciens combattants, les veuves, les orphelins gardent les traces physiques et morales des épreuves vécues. L’historien George L. Mosse a présenté le concept très discuté de « brutalisation » : durant la guerre, la banalisation de la violence, l’exacerbation du nationalisme, la valorisation de la virilité et de la camaraderie entre soldats, la construction d’un mythe mémoriel héroïque seraient à l’origine des mouvements de masse et des fascismes.[19] Même si cette théorie peut s’appliquer à l’extrême  droite allemande après 1919, elle ne semble pas rendre compte de toutes les situations dans le temps et dans l’espace. Certes les anciens soldats de la Grande Armée de Napoléon contribuèrent à construire la légende de l’empereur au XIX° siècle, mais il s’agissait plutôt d’une nostalgie de la grandeur, non d’un mouvement organisé, massif et agressif.[20] En fait la paix, le  pacifisme militant, l’espoir de la construction  d’une société insensible aux entraînements belliqueux, sont célébrés de longue date par d’excellents esprits. Ainsi, en 1511,  l’humaniste Erasme, dans son  Eloge de la folie, considère qu’il est « fou » de s’engager dans une guerre « d’où il ne peut résulter, pour les deux partis, plus de mal que de bien ». Fénelon, dans ses Dialogues des morts (1712), observe : « La guerre est un mal qui déshonore le genre humain ». Victor Hugo consacre quelques vers de ses Chansons des rues et des bois (1865) à une opposition entre les conflits et les merveilles de la création :

                                    « Depuis six mille ans, la guerre

                                    Plaît aux peuples querelleurs,

                                    Et Dieu perd son temps à faire

                                    Les étoiles et les fleurs ».

Albert Einstein, dans Comment je vois le monde (1949), espère que les peuples atteindront « un nouvel échelon du haut duquel la guerre nous apparaîtra comme une erreur incompréhensible de nos ancêtres ». A toutes les époques, beaucoup d’anciens soldats, traumatisés par la guerre, espèrent que leurs sacrifices permettent d’établir une paix durable.

Dans le domaine intellectuel, la guerre amène souvent de grands changements. Elle offre un immense sujet de réflexion aux philosophes et aux moralistes. Elle favorise les contacts et les échanges d’idées entre combattants de culture différente. Dans l’Antiquité, Rome conquiert la Grèce, après quoi elle est pénétrée par l’hellénisme, la langue, les formes artistiques et les valeurs du pays qu’elle a soumis, ce que le poète Horace résumait en ces termes : « Graecia capta ferum victorem cepit » (La Grèce vaincue vainquit son farouche vainqueur). Les armées de la Révolution française répandirent les idées républicaines et le principe des droits de l’homme dans toute l’Europe. Ce furent les combattants noirs américains qui introduisirent le jazz en Europe pendant la Première Guerre mondiale. Les  drames de la Grande Guerre causèrent un profond ébranlement des esprits, une lassitude que certains essayèrent de fuir en se lançant dans une vie de plaisirs et de jouissance, une perte de confiance dans le rationalisme et le progrès qui n’avaient pas empêché les horreurs et l’hécatombe, un sentiment de l’absurde conduisant au surréalisme, à la révolte communiste, à la recherche prioritaire du bonheur matériel.

Dans certains domaines bien circonscrits, la guerre peut apporter des changements positifs. Ainsi, la médecine accomplit des progrès sur les champs de bataille, particulièrement dans la chirurgie, l’orthopédie, la microbiologie. Au XVI° siècle, Ambroise Paré, chirurgien militaire, améliore la désinfection des plaies et met au point la ligature des artères lors des amputations. Larrey pendant les campagnes napoléoniennes, Letterman durant la guerre américaine de sécession, Marie Curie qui invente les ambulances radiologiques lors de la Grande Guerre sont à la racine d’autres avancées. La guerre stimule aussi le progrès des techniques industrielles militaires dont les inventions peuvent être reprises pour la production en temps de paix, l’amélioration de l’organisation du travail, de la standardisation, du taylorisme. Durant les combats, sur les champs de bataille et dans les tranchées, les hommes issus de milieux sociaux et culturels différents apprennent à se connaître. A l’arrière, les femmes, exerçant de nouvelles responsabilités, s’émancipent.

La guerre stimule la création artistique. En littérature, beaucoup d’œuvres majeures sont inspirées par les combats ; ainsi Homère narre la guerre de Troie dans l’Iliade, Jules César fait le récit de ses batailles dans La Guerre des Gaules, l’auteur anonyme de la Chanson de Roland, au XI° siècle, évoque les combats ayant opposé, trois siècles plus tôt, les troupes de Charlemagne et les Vascons, le grand roman Guerre et paix (1864-1869) de Tolstoï se déroule pendant la campagne de Russie en 1812.[21] La peinture n’est pas en reste : Rubens figure Les Horreurs de la guerre (1637), Goya Le 3 mai 1808 à Madrid (1814), Delacroix Les massacres de Scio (1824), Otto Dix La guerre (1929-1932), Picasso Guernica (1937)… En sculpture, les effigies des héros guerriers parsèment les avenues et les places ; les monuments aux morts de 1914-1918 et 1939-1945 sont présents sur le territoire de tous les belligérants et particulièrement dans chacune des 36 000 communes de France[22]. Les marches et les hymnes incarnent la dimension militaire de la musique. Beethoven compose sa 3° symphonie dite Héroïque (1805) en l’honneur de Napoléon Bonaparte qui lui paraît diffuser en Europe les idées de la Révolution ; furieux d’apprendre que son grand homme s’est proclamé empereur, il supprime sa dédicace et la remplace par la formule funèbre : « A la mémoire d’un grand homme ». C’est aussi en hommage à Napoléon que Berlioz écrit son grand Te Deum (1849). Tchaïkovski, dans son Ouverture 1812 (1880), commémore la victoire russe sur Napoléon.  L’hymne français, La Marseillaise (1792), est à l’origine un chant de guerre ; le Chant des partisans (1943) célèbre les résistants, mais la Chanson de Craonne (1917) exprime une sensibilité pacifiste, de même que Le Déserteur (1954) de Boris Vian, composée à la fin de la guerre d’Indochine. La chanson populaire s’inspire souvent des épisodes militaires. La photographie  de guerre est illustrée par de grands artistes comme Robert Capa, David Duncan, Marc Flament… La guerre est représentée dans des centaines de films dont certains sont des œuvres classiques, tels J’accuse d’Abel Gance (1919), La Grande illusion de Jean Renoir (1937) qui totalise 13 millions d’entrées malgré la censure imposée par le régime nazi, Nuit et brouillard d’Alain Resnais (1956), Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, La Bataille d’Alger de Gilles Pontecorvo (1966), Apocalypse Now de Francis Ford Coppola (1979), La Liste de Schindler de Steven Speilberg (1994)…[23]

Depuis des siècles, la guerre ponctue sinistrement la marche de l’histoire. Elle accumule les morts et les ruines. Au sortir de la Grande Guerre, Paul Valéry conclut tristement : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ».[24]

Le thème « Guerres, Espoirs, Désespoirs et Paix dans l’Histoire » pourrait être abordé selon les axes suivants :

Faire la guerre

  • Guerre et idéologie
  • Le concept de guerre, l’origine du phénomène, l’art de la guerre
  • Guerres mondiale et guerres régionales
  • Guerres impérialistes
  • Guerres coloniales
  • Guerres révolutionnaires, guerres de libération
  • Guerres religieuses, guerres saintes
  • Guerres civiles, guerres interethniques, guerres tribales
  • Guerres psychologiques
  • Guerre froide
  • Guerre électronique
  • Guerre ABC
  • Guerre totale
  • Guerres asymétriques, terrorisme, guérilla, guerres subversives
  • Génocides
  • Nouvelles formes de guerre : guerres par procuration (ex. en Syrie), opérations ponctuelles, commandos, frappes aériennes ciblées…,
  • Conduite de la guerre, stratégie, tactique, espionnage
  • Buts de la guerre, attentes des Etats et des sociétés
  • Vie et mort des combattants
  • Lois de la guerre, droit de la guerre, action  humanitaire

La société civile et la guerre

  • Contrôle de l’arrière par les gouvernements
  • Censure, propagande, presse et médias, surveillance policière
  • Chasse aux espions, aux saboteurs, aux traîtres
  • Etat des esprits, confiance ou désespoir
  • Identité nationale, Union sacrée, patriotisme, nationalisme
  • Pénuries, rationnement, difficultés de la vie quotidienne
  • Pauvreté, charité, entraide, action  sociale
  • Délinquance de droit commun en temps de guerre
  • Blessés, réfugiés, personnes déplacées, soignées et installées à l’arrière
  • Irruption des combats à l’arrière, régions occupées, annexées, violences, prises d’otages, viols
  • Résistance, collaboration, attentisme
  • Vie religieuse et intellectuelle
  • L’art face à la guerre : l’art au service de la guerre, l’art qui dénonce la guerre
  • Les médias et la guerre : photos et articles sur la guerre, conditions de travail des journalistes…,

L’économie en temps de guerre

  • Financement de la guerre, régime fiscal, emprunts, contrôle des changes, moratoires
  • Transports, chemins de fer, routes, voies aériennes et maritimes, ports, guerre sous-marine
  • Approvisionnement énergétique
  • Production agricole et industrielle
  • Main-d’œuvre de remplacement, femmes, immigrés, prisonniers de guerre
  • Commerce, pénuries, augmentation des prix
  • Fraudes, marché noir, altération de la qualité des produits, spéculation, escroqueries
  • Aventuriers et nouveaux riches
  • Difficultés des possédants, épargnants, propriétaires
  • Troubles sociaux, grèves
  • Tourisme, productions de luxe
  • Cas des régions occupées ou annexées, réquisitions, impositions, réduction des déplacements, enrôlements forcés, résistance, répression

Après la guerre

  • Prix de la guerre
  • Bilan démographique, pertes humaines, blessés, invalides, déficit des naissances
  • Pertes par catégorie socio-professionnelle et région d’origine
  • Bilan économique et financier, destructions, baisse de la production, endettement, inflation
  • Négociations de paix, traités, changements territoriaux, personnes déplacées, réparations, procès des criminels de guerre
  • Bilan psychologique
  • Brutalisation, mouvements de masse, pacifisme, fascisme, esprit de révolte
  • Réflexion philosophique et morale, espoirs nouveaux, désespoir, déclin du rationalisme, sentiment de l’absurdité du monde
  • Progrès des techniques, de l’organisation du travail, de la médecine
  • Emancipation de la femme ou non
  • Guerre et littérature, bande dessinée
  • Guerre et arts plastiques, peinture, gravure, sculpture, monuments aux morts, photographie
  • La musique dans la guerre : musique militaire, musique classique, chansons
  • Guerre, cinéma et télévision
  • Le retour dans les ruines (villes et villages) : retour ou non des habitants, conditions de vie, rétablissement de la vie administrative
  • La reconstruction : ses financements, ses modalités (à l’identique ou modernisation)
  • Les commémorations : cérémonies et monuments
  • Le tourisme de guerre dans l’immédiat après-guerre (visite des tombes et champs de bataille).

Dates importantes

30 Juin 2019 : Date limite pour les soumissions à l’adresse suivante :

tunisian.mediterranean.associ@gmail.com

  • 10 juillet 2019: La sélection des communications par le comité scientifique sera rendue publique + information sur les frais d’inscription au colloque.
  • 15 novembre 2019 : Date limite pour l’envoi du Texte Final
  • 25, 26, et 27 Novembre 2019 : 12ème Colloque international  à Béja – TUNISIE.

Modalités de soumission

  • Proposition individuelle : un sujet nouveau qui n’a pas été déjà publié ou présenté dans un colloque scientifique.
  • Résumé détaillé: une page au minimum (Police : Times New Roman 12 ; Page: Marges 2,5 cm ; Interligne : simple), avec un C.V. scientifique mis à jour.
  • Les propositions de communication pourront être soumises en Arabe, en Anglais, en Français,  ou en Espagnol.
  • Pour les résumés en Français ou en Espagnol, une traduction détaillée en Anglais est obligatoire (une page au minimum : Police : Times New Roman 12 ; Page: Marges 2,5 cm ; Interligne : simple).
  • Pour les résumés en Arabe, une traduction détaillée en Anglais ou en Français est obligatoire (une page au minimum).
  • Une publication est envisagée à l’issue du colloque après l’évaluation des textes par le comité scientifique.

Comité scientifique 

  • Ibrahim Muhammed Saadaoui (University of Tunisia / T.M.A. for HSES),
  • Abdennaser Ali Al-Fakki (International University of Africa. Sudan),
  • Adel Ben Youssef (University of Sousse. Tunisia)
  • Adel Zyada (Cairo University, Egypt),
  • Aislu B. Yunusova (Ufa Science Center. Russia),
  • Alain Hugon (University of Caen. France)
  • Ali Zidi (University of Sfax. Tunisia)
  • Ammar Fadhel Hamza (University of  Basrah, Iraq),
  • Antonio Garrido Almonacid (University of Jaén. Spain),
  • Belgacem Tababi (University of Manouba. Tunisia),
  • Boutheina Telmini (University of Tunis. Tunisia)
  • Claudia Martinez Mullen (Wits School of Governance Johannesburg. South Africa),
  • Debarati Sarkar (CLRA, Delhi, India)
  • Elizabeh Bishop (Texas State university. USA),
  • Eric R. Dursteler (Brigham Young University. USA),
  • Fatima Azzahra Guechi (University of Constantine. Algeriaà,
  • Florentine AGOH (University of Bouake, Ivory Coast),
  • Habib Belaid (University of Manouba. Tunisia),
  • Hana Younis (University of Sarajevo. Bosnia and Herzegovina)
  • Hassan Amili (University of Hassan II. Mohammedia. Morocco),
  • Hussein Ammari (University of Beni Mellel, Morocco),
  • Idrissa BA (Cheikh Anta Diop University of Dakar, Senegal),
  • Idrissa Soïba Traore (University of Bamako, Tchad),
  • Ilaboti Dipo (University of Lomé. Togo),
  • John Chircop (University of Malta),
  • Jomaa Ben Zarwal (University of Batna. Algeria)
  • Kamaran M.K. Mondal (University of Burdwan, West Bengal, India)
  • Kemal Çiçek (Yeni Türkiye Stratejik Araştırma Merkezi. Ankara, Turkey)
  • Khalifa Hammache (University of Constantine. Algeria)
  • Kimba Kapanda Vincent (University of Lubumbashi. DRC),
  • Kouadio Kouassi Kan Adolphe (Alassane University Ouattara, Bouaké. Ivory Coast)
  • Laurence Marfaing (University of Hamburg. Germany)
  • Laurence Michalak (University of California, Berkeley. USA)
  • Lisbeth Haas (University of California, Santa Cruz. USA),
  • Mabrouk Chihi (University of Jendouba. Tunisia),
  • Manel Muhammed Salih (University of Moussul. Iraq),
  • Marie-Christine Allart (University of Lille3, France),
  • Marina Bertoncin (University of Padova. Italy),
  • Martina Hacke (University of Düsseldorf. Germany),
  • Mayéda Ningui Wénssowa (University of Lomé. Togo)
  • Mbida Onambele Max Zachée Saintclair (University of Buea. Cameroon),
  • Meignan Gouedan Richard (Felix Houphouet Boigny University, Abidjan. Ivory Coast)
  • Messina Mvogo Ernest (University of Douala. Cameroon)
  • Minoti Chakravarty-Kaul (New Delhi University. India)
  • Mohammed Arnaout (Al- al Bayit University, Jordan),
  • Mohammed Bdiwi (University of Asyut, Egypt),
  • Mohammed Chadly (University of Algiers, Algeria)
  • Mohammed Ratoul (University of Hassiba ben Bouali, Chlef. Algeria)
  • Mouna Ben Aissa (University of Gabes. Tunisia)
  • Mustafa Ozturk (Fırat Üniversitesi. Elazığ. Türkiye)
  • Nawal Moutazakki (University of Hassan II. Casablanca. Morocco),
  • Nelly Hanna (American university in Cairo. Egypt)
  • Othmane Mansouri (University of Hassan II. Mohammedia. Morocco),
  • Paola Avallone (Italian National Council of Research. Napoli. Italy)
  • Pierre-Éric Fageol (University of Reunion)
  • Prisca Justine EHUI (ISAD. Abidjan. Ivory Coast),
  • Rafael Valenci (University of Seville. Spain),
  • Raffaella Salvemini (Italian National Council of Research. Napoli. Italy)
  • Ralph Schor (University of Nice-Sophia Antipolis. France),
  • Raspaud Michel (Université Grenoble Alpes. France)
  • Salah Haridy (University of Damanhour. Egypt),
  • Sami Abdelmalik al-Bayyadhi (Cairo University, Egypt),
  • Sami Madhi (Mustansiriya University, Baghdad. Iraq),
  • Sergio Luiz Cruz Aguilar (Sao Paulo State University. Brazil)
  • Talal Hmud al-Mikhlafi (University of Ataz. Yemen)
  • Tanoh Raphael Bekoin (University of Bouake, Ivory Coast).
  • Thierry Vanelslander (University of Antwerp. Begium),
  • Yves Guillermou (Toulouse University 3. France)

References

[1]. Ibn Khaldoun A., Kitab al-Mukaddima, Dar al-Kutub al-ilmiyya, Liban, 1992, p. 285.

[2]. WAR Douglas, Peace and human nature, Oxford University Press, 2013.

[3]. VON CLAUSEWITZ Carl, De la guerre, 1832-1835.

[4]. Ibid.

[5]. ZORGBIBE Charles, L’Impérialisme, PUF, Paris, 1996.

[6]. LENINE, Conférence des sections à l’étranger du POSDR, 9 mars 1915, Œuvres complètes, tome 21, Ed. du Progrès, 1976.

[7]. Annah ARENDT, Les Origines du totalitarisme, 1951.

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[9]. LENINE, Conférence des sections, op. cit.

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[12]. ARON Raymond, Paix impossible, guerre improbable. Une histoire du XX° siècle, Plon, Paris, 1996. FONTAINE André, La Guerre froide, 1917-1991, le Seuil, Paris, 2004. SOUTOU Georges-Henri, La Guerre froide, 1943-1990, Fayard, Paris, 2010.

[13]. BAUD Jacques, Les Guerres asymétriques ou la défaite du  vainqueur, Ed. du Rocher, Monte-Carlo, 2003. DELGA Jacques, Penser er repenser le terrorisme, MA-ESKA, 2016.

[14]. LA FONTAINE, Fables, livre VII, n° 8, Les Vautours et les pigeons, 1678.

[15]. BEAUFRE général André, Introduction à la stratégie, Fayard, Paris, 2012.

[16]. ARON Raymond, Paix et guerre entre les nations, Calmann-Lévy, Paris, 1984. AUDOIN-ROUZEAU Stéphane, Combattre. Une anthropologie de la guerre moderne, le Seuil, Paris, 2008. CABANES Bruno, Une histoire de la guerre du XIX° siècle à nos jours, le Seuil, 2018.

[17]. SCHOR Ralph, Un département de l’arrière. Les Alpes-Maritimes durant la Grande Guerre, 1914-1918, Serre, Nice, 2018.

[18]. Pour illustrer cette richesse et en se limitant à la Grande Guerre, on peut citer quelques études récentes de qualité. AUDOIN-ROUZEAU S. et PROCHASSON C. (dir), Sortir de la Grande Guerre : le monde et l’après 1918, Tallandier, Paris, 2008. CABANES B. et PICKETTY G. (dir), Retour à l’intime au sortir de la guerre, Tallandier, Paris, 2009. CLAISSE S. et LEMOINE T. (dir), Comment sortir de la Grande Guerre. Regards sur quelques pays vainqueurs, L’Harmattan, Paris, 2005. FARON O., Les Enfants du deuil. Orphelins et pupilles de la nation, La Découverte, Paris, 2001. FOUCHARD D., Le Poids de la guerre. Les poilus et leurs familles après 1918, Presse universitaires de Rennes, 2013. JULIEN E., Paris, Berlin : la mémoire de la guerre, 1914-1933, Presses universitaires de Rennes, 2010. MOSSE G., Fallen soldiers, Oxford University Press, 1990. PETIT S., Les Veuves de la Grande Guerre, Ed. du Cygne, 2007. TISON S., Comment sortir de la guerre ? Deuil, mémoire et traumatisme (1870-1940), Presses universitaires de Rennes, 2011.

[19]. MOSSE George, La Brutalisation des sociétés européennes, Hachette, Paris, 2000.

[20]. TULARD Jean, Le Mythe de Napoléon, Colin, Paris, 1971.

[21]. TONNET-LACROIX Eliane, La Littérature française de l’entre-deux-guerres, Nathan, Paris, 1993. SAPIRO Gisèle, La Guerre des écrivains, 1940-1953, Fayard, Paris, 1993.

[22]. BECKER Annette, Les monuments aux morts. Mémoire de la Grande Guerre, Errance, Paris, 1988.

[23]. ANDREVON Jean-Pierre, Encyclopédie de la guerre au cinéma et à la télévision, Vendémiaire, Paris, 2018.

[24]. VALERY Paul, La Crise de l’esprit, première lettre, 1919.

Places

  • Salle de réunion, ISET - Route de Tunis
    Béja, Tunisia

Date(s)

  • Sunday, June 30, 2019

Keywords

  • guerre, société, espoir, désespoir, art, crise, migration, paix, relation internationale, reconstruction

Contact(s)

  • Saadaoui Ibrahim Muhammed
    courriel : saadaoui_brahim [at] yahoo [dot] fr

Information source

  • Saadaoui Ibrahim Muhammed
    courriel : saadaoui_brahim [at] yahoo [dot] fr

To cite this announcement

« Wars, hope, despair and peace in History », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, April 17, 2019, https://calenda.org/600070

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