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Artists and royal and princely collections - France 16th-18th centuries

Artistes et collections royales et princières

France, XVIe-XVIIIe siècle

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Published on Friday, May 03, 2019 by Céline Guilleux

Summary

En proposant d’explorer le rôle polyvalent des artistes dans la construction, l’organisation et la gestion des collections royales et princières françaises (y compris celles des cardinaux-ministres), ce colloque entend développer un travail interdisciplinaire autour de l’histoire sociale et politique des collections à l’époque moderne, de la fin du XVe siècle à la fin de l’Ancien régime.

Announcement

Colloque international organisé par le laboratoire DYPAC de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines/Paris-Saclay avec le soutien du Centre de recherche du château de Versailles, de la Fondation des Sciences du Patrimoine, de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines et de l’université Inter-Âges de Versailles.

Argumentaire

Lorsque François Ier confie à Primatice, envoyé à Rome, la mission de rapporter des moulages d’antiques pour Fontainebleau, le roi de France entend bien enrichir sa collection, encore balbutiante, de sculptures témoignant de son goût pour les choses du passé, mais aussi de son rêve de voir Fontainebleau devenir « une nouvelle Rome  », selon le mot complaisant de Vasari. Quand Louis XIV confie à Adam Van der Meulen la réalisation de quatre vues de résidences royales pour le décor de sa chambre à Saint-Germain-en-Laye, l’artiste n’aurait certainement pas imaginé que ses peintures seraient présentées, quelques années plus tard, avec les chefs-d’œuvre des collections versaillaises. Enfin dans les années 1770-1780 le comte d’Angiviller organise pour Louis XVI la commande de vastes compositions peintes ou sculptées sur le thème de l’histoire du royaume, afin de doter le futur museum royal de collections « patriotiques  » mises à la disposition des artistes et du public par un souverain éclairé.

En proposant d’explorer le rôle polyvalent des artistes dans la construction, l’organisation et la gestion des collections royales et princières françaises (y compris celles des cardinaux-ministres), ce colloque entend développer un travail interdisciplinaire autour de l’histoire sociale et politique des collections à l’époque moderne, de la fin du XVe siècle à la fin de l’Ancien régime.

Nombreuses sont les études qui, depuis un demi-siècle, se sont intéressées aux rapports entre l’art et la société, en particulier à travers le prisme du collectionnisme, dans la lignée des études fondatrices de Francis Haskell et d’Antoine Schnapper. Les questions du statut de l’artiste et du «  métier de peintre  » ont connu un important renouvellement (M. Warnke, J.-M. Montias, N. Heinich) grâce à des travaux incluant le rôle des institutions académiques, l’influence du contexte politique et la question fondamentale de la transformation des publics. Le goût des amateurs et collectionneurs (Ch. Guichard), la pratique de la commande, du patronage, du mécénat, le rôle des marchands et des divers intermédiaires dans la mise en place du marché de l’art (G. Glorieux), la naissance des musées (D. Poulot) à partir des collections royales ou particulières sont autant de thématiques qui, elles aussi, ont bénéficié de l’attention de spécialistes de sciences humaines et sociales. Dans l’histoire de la production des œuvres collectionnées, l’amont (mécénat, contexte matériel et culturel) et l’aval (réception, sociologie des collectionneurs, des regards, des objets) sont des champs qui ont déjà bénéficié d’un défrichement. Mais force est de constater le très faible nombre d’études (au-delà de rares monographies) qui s’interrogent sur le rôle qu’ont pu jouer les artistes dans la construction ou la transformation des collections royales et princières françaises à l’époque moderne.

L’histoire et la sociologie récentes des objets et des acteurs du monde de l’art nous invitent à explorer la position de l’artiste employé par les souverains et les princes dans la construction des collections – d’abord royales ou privées, plus tard dans l’optique du projet de museum royal des arts – et les conséquences de ces commandes sur le statut de l’artiste, qu’il soit artiste de cour ou extérieur à celle-ci, avant le temps des académies, durant l’âge d’or de celles-ci et au siècle des Lumières. L’histoire de l’art, dans la tradition vasarienne puis grâce au renouveau français impulsé par André Chastel, la sociologie de l’art ensuite qui fait la part belle aux études sur le statut de l’artiste, les historiens ensuite, dans la lignée de l’étude fondatrice de Martin Warnke se sont emparés du personnage de l’artiste, de son affirmation, dont la Renaissance est l’acteur et le témoin jusqu’au siècle des Lumières qui voit le bouleversement de la condition artistique grâce, notamment, à l’émergence des publics. En peinture, en sculpture, en orfèvrerie, tapisserie ou numismatique, dans le domaine de l’architecture où les artistes sont invités à concevoir ou rénover les espaces accueillant les collections, la plupart des domaines artistiques sont concernés par cette création ou cette recréation : il ne faut en effet pas oublier la réalisation de copies et de moulages, d’antiques ou de modernes, visant généralement à combler les manques des collections royales, sans oublier le phénomène de la restauration. Le rôle des artistes dans l’élaboration d’un discours académique et esthétique encadrant, dans une certaine mesure, la commande royale et le processus de constitution des collections pourra également être abordé (Th. Kirchner, 2008 ; Ch. Michel, 2012).La condition d’artiste courtisan est associée, dès le XVe siècle en Italie, puis au siècle suivant en France, à des fonctions spécifiques qui se concrétisent par l’attribution de charges et de titres officiels, de plus en plus permanents, certains préfigurant l’institutionnalisation du monde des arts : « Peintre de la Sérénissime  » à Venise et «  Commissaire aux Antiquités  » à Rome, «  Surintendant des Bâtiments  » en France, jusqu’à la répartition des attributions entre fonctionnaires et artistes dans la France du XVIIe siècle. Mais ces derniers occupent toujours une place centrale dans le système des arts de la monarchie absolue (on pense au cas Charles Le Brun, récemment réévalué par Bénédicte Gady et Wolf Burchard, ou à Jules Hardouin-Mansart) et gardent la main, au XVIIIe siècle, sur l’Académie de France à Rome et les collections de tableaux et de dessins du roi. Ajoutons à ces fonctions officielles les interventions des artistes dans les acquisitions d’œuvres à l’international – depuis les voyages du Primatice à Rome pour François Ier, jusqu’au rôle de Poussin pour Richelieu, ou les missions de prospection et les reproductions confiées aux académiciens romains par Colbert – et la réalisation de copies, ainsi que, naturellement, le mécénat et les commandes royales passées aux artistes français ou étrangers. Il s’agit également d’ouvrir une réflexion sur les artistes « intermédiaires  » (Pomian et Chastel, 1987) et plus largement les réseaux au service des princes collectionneurs. À côté des diplomates, des cardinaux, des marchands, des amateurs et antiquaires, multiples acteurs des sociétés anciennes, dont la proximité avec le pouvoir souverain est à géographie variable et qui jouissent chacun d’un réseau consubstantiel à leurs fonctions, les artistes sont amenés à participer à l’enrichissement, l’organisation voire la vente des collections artistiques des souverains. Les souverains du début de l’époque moderne s’en remettent largement aux artistes, aux diplomates et aux cardinaux – en un mot : ceux qui circulent dans l’Europe des premières fouilles archéologiques et des collections italiennes – et écoutent les recommandations des humanistes et antiquaires qui, depuis le XVesiècle, compilent eux-mêmes des témoignages de l’Antiquité gréco-romaine. À l’instar de Rubens, les intermédiaires culturels à qui Marie de Médicis ou les rois d’Espagne font appel reflètent la société politique de leur époque. Si au XVIIe siècle la multiplication des ventes et des dispersions de collections a entraîné la spécialisation des intermédiaires (on songe au marchand flamand Daniel Nys qui orchestra la vente des Gonzague entre 1626 et 1628, ou à l’agent anglais Balthazar Gerbier au service des ducs de Buckingham puis de Charles Ier), au siècle des Lumières le panorama des intermédiaires se modifie sensiblement en se diversifiant, comme en témoigne l’importance prise par l’histoire du connoisseurship ces dernières années (Guichard, 2008, Glorieux, 2002). Les écrivains intéressés par l’art, à l’instar de Diderot pour Catherine II, ou les premiers professionnels de l’histoire de l’art comme Winckelmann, occupent une place de choix pour le conseil des souverains. Dans l’histoire des collections royales, quelle est la place alors laissée aux artistes dans ou en marge d’un système académique de plus en plus décrié ?

Si la liste des artistes qui se mettent au service des souverains, ainsi que les œuvres qu’ils ont réalisées sont bien connues, si le contenu des collections royales françaises a été très largement répertorié grâce à des travaux encore indépassés (A. Schnapper, J. Cox-Rearick), en revanche la place de l’artiste dans les processus complexes qui régissent l’élaboration et l’organisation des collections royales mérite un questionnement interdisciplinaire réunissant historiens, historiens de l’art, sociologues de l’art, conservateurs. À l’occasion de ce colloque, de multiples questions seront posées afin de contribuer à une histoire socio-culturelle, matérielle voire politique du collectionnisme qui s’intéresserait aussi aux producteurs (d’originaux ou de copies), aux artistes intermédiaires, aux «  gardes  » des cabinets de peinture, d’antiques ou d’objets précieux, ancêtres des professionnels de la conservation.

Programme

Jeudi 16 mai

auditorium de la Bibliothèque universitaire de l’UVSQ (Guyancourt)

  • 13h45 Accueil des participants
  • 14h-14h15 Delphine CARRANGEOT (UVSQ-DYPAC): Introduction

Session 1 : l’artiste créateur ou re-créateur.

Présidence : Laure Fagnart

  • 14h15 Manon CASTELLE (DYPAC-C2RMF) : Matériaux et savoir-faire d’un renouveau artistique : Primatice et les productions des fonderies royales éphémères de Fontainebleau
  • 14h45 Alexandra ZVEREVA (Centre Roland Mousnier) : « Speciallement en la paincture où l’expérience l’a rendu des premiers » : Etienne Dumonstier au service de Catherine de Médicis, de Charles IX et de Henri III
  • 15h15-16h Discussion et pause
  • 16h Sarah GRANDIN (Harvard University) : Jean Goyton imprimeur du Cabinet du Roi
  • 16h30 Isabelle GENSOLLEN (École du Louvre-Université de Poitiers) : L’enrichissement des collections par la commande royale : la surveillance des artistes sous la direction du marquis de Marigny
  • 17h Noémi DUPERRON (Université de Genève) : Libertas artibus restituta : le choix des sujets d’histoire sous la direction du Comte d’Angiviller
  • 17h30-18h Discussion

Vendredi 17 mai

auditorium du Château de Versailles

Session 2 : l’artiste administrateur, l’artiste intermédiaire.

Présidence : Guillaume Faroult

  • 9h30 Laura DE FUCCIA (INHA) : De Pierre Brébiette à Jean-Baptiste Forest : le rôle des artistes comme intermédiaires dans la construction des collections françaises entre Paris et Venise au 17e s.
  • 10h Benjamin RINGOT (CRCV) : Administrer les collections royales : le cas des dessins de sculpture comme outil de gestion
  • 10h30-11h Discussion et pause
  • 11h Stéphane CASTELLUCCIO (CNRS) : L’artiste garde du cabinet des tableaux à Versailles
  • 11h30 Nicolas LESUR : Jean-Baptiste Marie Pierre et les acquisitions du Museum royal des arts
  • 12h-12h30 Discussion

Vendredi 17 mai

auditorium du Château de Versailles

Session 3 : l’artiste et l’espace des collections.

Présidence : Alexandre Maral

  • 14h30 Delphine TREBOSC (UPPA-ITEM) : Le rôle des architectes dans l’exposition de la statuaire antique, de François Ier à Henri III
  • 15h Maxime BLIN (Sorbonne Université – Centre Roland Mousnier) : Rome à Versailles : les bustes des façades du château de Versailles
  • 15h30-16h Discussion et pause
  • 16h Robert WELLINGTON (The University of Sydney) : Les artistes du cabinet des médailles de Louis XIV
  • 16h30 Guillaume FAROULT (Musée du Louvre) : Les peintures de JF. de Troy et N. Lancret pour la salle à manger des Petits appartements de Louis XV à Versailles

16h30-17h Discussion

Samedi 18 mai

auditorium de l’Université Inter-Âges de Versailles

Session 4 : le Prince, l’artiste et les collections.

Présidence : Delphine Carrangeot

  • 10h Laure FAGNART (F.R.S-FNRS/Université de Liège) : Au service de Louise de Savoie et de son fils, François
  • 10h30 Pierre GATULLE (Paris-Nanterre) : Les artistes au service des collections de Gaston d’Orléans
  • 11h-11h30 Discussion et pause
  • 11h30 Mathieu DELDICQUE (Musée Condé) : Les princes de Condé collectionneurs
  • 12h Aurore CHERY (LAHRHA) : La collection de Louis XVI : repenser le rapport du roi aux artistes
  • 12h30-13h Discussion et conclusions

Direction scientifique et organisation

Delphine Carrangeot et Mathieu da Vinha

Contact scientifique : delphine.carrangeot@uvsq.fr

Informations pratiques

Entrée libre sur inscription dans la limite des places disponibles à contact.dypac@uvsq.fr jusqu'au 12 mai 2019.

Il est nécessaire de préciser les sessions souhaitées au moment de l’inscription, les différents lieux ne pouvant accueillir un nombre égal d'auditeurs (session 1 : 60 places ; sessions 2 et 3 : 138 places ; session 4 : 150 places).

Lieux

Auditorium de la bibliothèque universitaire (UVSQ, site de Guyancourt) : 45 bd Vauban 78280 Guyancourt

Auditorium du Château de Versailles : Château de Versailles, Pavillon Dufour 78000 Versailles

Université Inter-Âges de Versailles : 6 impasse des Gendarmes 78000 Versailles

Places

  • Auditorium de la Bibliothèque universitaire de l’UVSQ - 45 Boulevard Vauban
    Guyancourt, France (78280)
  • auditorium de l’Université Inter-Âges de Versailles - 6 Impasse des Gendarmes
    Versailles, France (78000)

Date(s)

  • Thursday, May 16, 2019
  • Friday, May 17, 2019
  • Saturday, May 18, 2019

Attached files

Keywords

  • artiste, collection royale, collection princière

Contact(s)

  • Laboratoire DYPAC
    courriel : contact [dot] dypac [at] uvsq [dot] fr

Information source

  • Davide Gherdevich
    courriel : davide [dot] gherdevich [at] uvsq [dot] fr

To cite this announcement

« Artists and royal and princely collections - France 16th-18th centuries », Colloquium, Calenda, Published on Friday, May 03, 2019, https://calenda.org/612926

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