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Screens: case studies

Les dossiers de l'écran

Controversy, moral panic and the educative uses of screens

Controverses, paniques morales et usages éducatifs des écrans

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Published on Tuesday, May 28, 2019 by Céline Guilleux

Summary

Les usages éducatifs du numérique reposent sur une multitude d’artefacts technologiques. Parmi eux, les outils dotés d’un écran (ordinateurs, tablettes et smartphones) occupent une place centrale, mais ambivalente. De nombreux prescripteurs, qu’ils soient enseignants, chercheurs ou développeurs, cherchent à définir les bons et les mauvais usages des écrans. Les termes mêmes de ces débats et de ces définitions, dont les enjeux sont à la fois éducatifs, scientifiques, politiques et économiques, sont fortement disputés et seront interrogés lors de cette journée.

Announcement

Argumentaire

Les usages éducatifs du numérique reposent sur une multitude d’artefacts technologiques. Parmi eux, les outils dotés d’un écran (ordinateurs, tablettes et smartphones) occupent une place centrale, mais ambivalente. Que ce soit en France ou dans d’autres contextes nationaux, les institutions éducatives sont sommées de développer les usages de ces écrans, afin de préparer efficacement les futurs citoyens à un monde de plus en plus « visuel » et « connecté » (Chaptal, 2003 ; Bourgatte, 2017). Apprendre à rechercher de l’information sur les moteurs de recherche, à communiquer avec ses camarades sur un forum, à analyser des images ou encore créer un blog sont autant de compétences qu’il semble aujourd’hui impératif d’acquérir et qui induisent de se confronter épisodiquement à un écran en classe (Bach et alii, 2013). L’usage du terme englobant d'écran pose lui-même question et pourra être interrogé. Il charrie en effet un ensemble de présuppositions et de décalages par rapport à des catégories telles que médias, technologies, TIC ou numérique, qui s’appuient sur des approches en psychologie cognitive, mais aussi en ergonomie, design et HCI (Human-Computer Interaction), pour lesquelles, par exemple, la luminosité des écrans et la “lumière bleue” constituerait une forme inédite de risque.

Dans le même temps, des critiques déjà anciennes qui s’étaient posées face à la consommation d’images cinématographiques (Forman, 1970 [1933]) puis télévisuelles (Watkins, 2015) par le jeune public ressurgissent. Les enfants passeraient trop de temps devant une multitude d’écrans et ces usages comporteraient des dangers, indépendamment du type de contenus (Bach et alii, 2013 ; Stiegler & Tisseron, 2009 ; Tisseron, 2017). Ainsi, d’après l’enquête « Common Sense Census » (2015), aux Etats-Unis, un adolescent consacrerait plus d’un quart de sa journée (6h40) aux écrans (ordinateur, tablette, smartphone, TV, liseuse). Les détracteurs de ces technologies avancent notamment le risque que ces usages prennent la place d’autres activités : socialisation, lecture papier, etc. (Dagiral & Tessier, 2018). Ces discours peuvent même aller jusqu’à une interdiction pure et simple des écrans à l’école (Bihouix & Mauvilly, 2016).

Les controverses autour de l’usage des écrans placent les professionnels de l’éducation aussi bien que les parents dans une situation délicate. Doivent-ils favoriser l’usage des écrans ou au contraire lutter contre ? De nombreux prescripteurs, qu’ils soient enseignants, chercheurs, développeurs informatique ou autre, cherchent à définir les bons et les mauvais usages des écrans. Les termes mêmes de ces débats et de ces définitions, dont les enjeux sont à la fois éducatifs, scientifiques, politiques et économiques, sont fortement disputés.

En s’appuyant notamment sur les outils de la sociologie des sciences et des techniques, de la sociologie de l’enfance, des childhood studies et des sciences de l’information et de la communication, les participants seront invités à investiguer ces questions sous différents angles : cartographies des controverses et des positionnements scientifiques (Selwyn & Facer, 2013) ; diffusion, viralité, et phénomènes de “panique morale” (Cohen, 1972) ; description et analyse de pratiques éducatives mises en oeuvre par des acteurs éducatifs pour réguler, limiter ou au contraire favoriser les usages des écrans par les enfants à la maison ou dans le cadre scolaire (Fish, 2008, Guernsey, 2012, Béguin-Verbrugge & Kovacs, 2011) ; étude des mésusages et addictions (Selwyn, 2003) présumées ou reconnues des écrans sur les enfants et leurs parents.

Programme 

  • 9h : Accueil
  • 9h30 : Introduction de la journée : « Autour des usages éducatifs des écrans : controverse scientifique ou panique morale ? », Arnaud Saint-Martin, CESSP-EHESS & Laurent Tessier, ICP.

10h : Session 1. Discours, controverses, paniques

Présidence : Virginie Trémion, ICP

  • « Médias, parents, médiateurs : Analyse croisée des discours sur les jeunes et les écrans, de redondances en paradoxes », Catherine Dessinges, Université Lyon 3 & Orélie Desfriches Doria, Université Paris 8.
  • « Rapports de forces et enjeux de la production des discours autour des écrans, leur dangerosité et leurs usages juvéniles dans la presse française des années 2010 », Marie-Laurence Niedda, ESPE Bretagne.
  • « “L’autisme virtuel”, provoqué par la surexposition aux écrans, relève-t-il d’une panique morale ? », Stéphanie de Vanssay, UNSA-Education.
  • « Injonctions et résistances paradoxales : de la place incertaine des écrans en éducation », Matthieu Demory, Université Aix-Marseille.
  • « Vers une école du risque numérique ? », Jean-François Céci, Université de Pau.

12h30 : Déjeuner libre

14h : Session 2. Pratiques et usages éducatifs des écrans

Présidence : Eric Dagiral, Paris Descartes

  • « Le corps au coeur de l'apprentissage grâce au numérique. Un nouveau paradigme pour l'éducation à la petite enfance », Marion Voillot, CRI,  Joel Chevrier, Université Grenoble-Alpes & Frédéric Bevilacqua, IRCAM.
  • « Enregistrez les super enseignants sur une cartouche ! Les enseignants et leurs appropriations du jeu vidéo », Romain Vincent, Université Paris 13.
  • « Injonctions institutionnelles à l'innovation, stratégies d'acteurs et logiques disciplinaires dans un projet de recherche appliquée entre contextes scolaire et muséal », Lisa Marx, Institut Français de l’Education, ENS Lyon.
  • « Le cinéma n’a plus de secret pour nous. Quand un logiciel d’analyse de films entre à l’école », Michael Bourgatte, ICP.

16h : Conclusion de la journée : « Paniquez ! Nous agissons. », Anne Cordier, Université de Rouen-Normandie.

17h : Fin de la journée

Places

  • Maison des Sciences de l'Homme - Salle BS1_05 - 54, boulevard Raspail
    Paris, France (75)

Date(s)

  • Wednesday, June 05, 2019

Keywords

  • écran, controverse, panique morale, numérique, technologie

Contact(s)

  • Laurent Tessier
    courriel : l [dot] tessier [at] icp [dot] fr

Information source

  • Laurent Tessier
    courriel : l [dot] tessier [at] icp [dot] fr

To cite this announcement

« Screens: case studies », Study days, Calenda, Published on Tuesday, May 28, 2019, https://calenda.org/628196

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