HomeCroiser les dominations : des aspérités du terrain aux défis de l'interprétation

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Published on Tuesday, June 25, 2019 by Anastasia Giardinelli

Summary

Cette quatrième journée d'étude du laboratoire junior Altérités, Marginalités, Catégorisations de l'ENS de Lyon a pour but d'interroger la thématique du croisement des dominations sous l'angle de ses enjeux méthodologiques. Comment repérer dans l'enquête qualitative les articulations de rapports de pouvoir multiples ? Quelles difficultés d'analyse peuvent être rencontrées sur le terrain face à de telles situations et comment y faire face ? Quel appareillage théorique mobiliser pour rendre compte des différents processus de domination identifés sur le terrain ?

Announcement

Argumentaire

De Karl Marx à Pierre Bourdieu, en passant par Max Weber, l’analyse des rapports de domination est devenue un thème incontournable des sciences sociales. Si, classiquement, elle est définie par Weber comme « la chance pour des ordres spécifiques (ou pour tous les autres), de trouver obéissance de la part d’un groupedéterminé d’individus » [Weber, 1995 (1921), p. 95], les usages scientifiques de ce terme excèdent aujourd’hui cette acception. Il est plutôt devenu la pierre angulaire de différents paradigmes visant à rendre compte de rapports sociaux inégalitaires. Ces rapports de pouvoir sont saisis à travers des schèmes explicatifs sans cesse complexifiés. Ainsi, une grande partie des travaux contemporains mobilisent le triptyque « classe, genre, race » pour analyser les conditions de dominant·e·s et de dominé·e·s, afin d’affiner la caractérisation des rapports deforce qui traversent le monde social. Le champ d’étude des dominations est vaste et divers ; il peut renvoyer à des méthodologies et échelles d’observation allant de la (re)production des rapports de pouvoir [Marx 2008(1867) ; Weber 1995 (1921) ; Bourdieu, 1979], à leurs articulations [Crenshaw, 1989 ; Guillaumin, 1992 ; Balibar et Wallerstein, 1997 ; Pfefferkorn, 2007 ; Dorlin, 2009 ; Kergoat, 2012] et enfin, à celle de relations de pouvoir, de l’expérience subjective de la domination et des stratégies que les individus dominés déploient pour y échapper (résistances, émancipations, agency, etc.) [Butler, 1997 ; Poiret, 2005 ; Scott, 2009 ; Kergoat, 2012 ; Oeser,2015]. Si l’étude des dominations irrigue l’ensemble des sciences sociales, ce sont précisément les rapportsde domination imbriqués, tels qu’ils se manifestent au cours de l’enquête qualitative, qui retiendront notre attention lors de cette journée d’étude.

Si ce thème fait actuellement couler beaucoup d’encre d’un point de vue épistémologique et politique – l’on pense à la controverse scientifique sur la notion d’intersectionnalité (1) et à l’inflation du nombre d’articles et de journées d’études consacrés à la notion –, c’est du côté des difficultés et choix méthodologiques que nous plaçons le questionnement. En effet, sur leurs terrains, les chercheur·e·s en sciences sociales sont fréquemment confronté·e·s à des acteur·rice·s soumis·e·s à des dominations conjuguées et entremêlées. Cependant, au moment de les caractériser, d’évaluer les processus qui les informent, et de leur affecter un« poids » relatif, de potentielles apories émergent.

Axe 1 - Des difficultés méthodologiques…

Il convient d’abord de s’interroger sur la pertinence d’une imputation déductive de la place occupée par l’individu dans un rapport de domination, imputation qui serait fondée sur des caractéristiques socio-démographiques générales. En effet, nos présupposés sociologiques influencent notre regard sur le terrain : notre prisme d’observation peut reposer sur divers postulats à propos du positionnement des un·e·s comme dominé·e·s et des autres comme dominant·e·s. Si cette imputation est légitime du point de vue des données agrégées que les sciences sociales ont produit sur ces groupes, elle risque de conduire à une lecture simpliste des situations, voire à une occultation des variables en jeu. Car la grande difficulté réside dans l’acte même de repérage des dominations à l’oeuvre. Plus précisément : sur quels critères, sur quels indices empiriques se fonde-t-on pour décréter qu’un individu est dominé ? S’il s’agit d’un postulat à associer a priori à certains groupes (les classes populaires, les personnes racisées, les femmes, les minorités sexuelles et de genre, les personnes en situation de handicap, etc.), ne s’expose-t-on pas au risque de confiner les individus dans des catégories et les réduire ainsi à des « individu[s] métonymique[s] » [Dorlin, 2009, p. 9], reconduisant ainsi des formesd’altérisation, stigmatisation et domination ? D’ailleurs, un individu a priori dominé l’est-il toujours et en tous lieux ? Comment s’assurer de prêter suffisamment attention aux éléments des différents contextes dans lesquels évoluent les individus ? À l’inverse, si l’on adopte une posture d’inductivisme naïf, ne peut-on parler de domination que lorsque l’on observe, en contexte ethnographique, des dynamiques de pouvoir très explicites dans l’interaction, comme l’obéissance directe à un ordre ? Concrètement, il est possible de se fonder sur divers indices, tels que l’occupation de l’espace de parole (dynamique des interactions – silences, précautions autour d’un stigmate par exemple), la réaction sociale différenciée à la transgression, des manifestations de violence physique et verbale, l’interdiction récurrente d'accès à des ressources et des privilèges, ou encore la relégation spatiale. Dès lors, comment éviter l’interprétation subjectiviste, voire la surinterprétation d’un détail de l’interaction ? Comment opérer l’aller-retour entre ces grandes catégories de la domination et les petits détails surgissant au cours de l’observation, sans en faire de simples « effets de réel » [Barthes, 1968] illustratifs de ces dominations posées a priori ?

Il s’agit donc d’interroger un cela-va-de-soi souvent de mise dans les opérations d’imputation auxquelles nous procédons en tant que chercheur·e·s en sciences sociales. Cependant, et c’est là le coeur de notre questionnement, nous nous demanderons en outre comment interpréter et problématiser la discordance entre le statut supposé « dominé » et une attitude apparemment « dominante » dans l’interaction. Comment résoudre, dans la nuance, ces apparentes contradictions – ou du moins, comment les intégrer dans l’explication scientifique ? On pourra notamment s’appuyer sur Danièle Kergoat qui distingue le « rapport social » (conflit quiconstruit deux groupes sociaux à l’échelle macrosociologique) et la « relation sociale » (interaction entre individus, certes construits par ces rapports sociaux, mais qui, à l’échelle microsociologique, ne reproduit pas nécessairement les rapports sociaux inégalitaires) [Kergoat, 2012].

Par ailleurs comment renseigner empiriquement les modalités d’articulation entre les différentes variables ? Sur quels critères s’appuyer pour rapporter telle action à telle variable, et est-il seulement possible de les distinguer empiriquement ? Ce qui s’est révélé très fructueux dans la construction analytique première et/ou la formulation d’hypothèses peut laisser le ou la chercheur·e dans un certain désarroi lorsqu’il ou elle fait son terrain. Aussi les difficultés rencontrées sur le terrain, tout comme les recompositions des formulations et des analyses à l’épreuve de l’empirie, nous intéressent-elles particulièrement.

En outre, les enquêté·e·s adoptent des lectures et des stratégies différenciées vis-à-vis de leur position dans l’espace social, et leur perception de leur place dans le monde diverge parfois des conclusions qu’en tirent les chercheur·e·s. Que faire, donc, de la parole des dominé·e·s dans l’appréhension des dominations ? S’intéresser aux processus de dominations supposerait-il une certaine méthodologie, éminemment qualitative, attentive à la « parole minoritaire » [Poiret, 2005] autant qu’à des situations d’interactions ? Dans quelle mesure peut-on valider une interprétation d’une situation de domination qui serait à l’exact opposé de l’expérience subjective des enquêté·e·s ? Il est possible de traiter ces divergences en termes de rationalisation, d’illusion ou de pragmatisme de la part des intéressé·e·s, mais la question reste entière de savoir comment on l’intègre dans l’explication. Plutôt que de conclure à un « déni de domination » de la part des individus, dans quelle mesure peut-on prolonger l’analyse en appréhendant les conditions de possibilité d’une telle représentation de la domination, en amont de la situation observée ? La réinscription dans une trajectoire biographique permet-elle de donner des éléments de compréhension, lorsque la situation d’arrivée constitue une promotion objective et subjective par rapport à l’ancienne [Avril, 2014] par exemple ? En somme, les interventions pourront interroger la dialectique entre analytique et phénoménologie de la domination [Dorlin, 2009].

Axe 2 - … aux constructions analytiques et appareillages théoriques

L’analyse de l’articulation des rapports de domination ne peut faire l’économie d’une réflexion sur le cadre conceptuel permettant de la penser. Si le concept d’intersectionnalité apparaît aujourd’hui comme un outil majeur pour penser ces articulations, il fait l’objet de vives discussions. Celles-ci peuvent concerner la portée et l’intérêt théorique du concept, conduisant parfois à lui dénier le statut de « grande théorie » (auquel il n’a pourtant jamais prétendu [Crenshaw, 2016]), ou au contraire ses prétendus mésusages. De plus, certains usages en seraient venus à galvauder ce terme, diluant une acception originelle qui recouvrait les imbrications des rapports de pouvoir ; il s’avérerait ainsi faussement fédérateur [Galerand et Kergoat 2014, à partir de Collins 2012]. Il nous paraît dès lors important de dénouer les significations attribuées au concept, ainsi que les emplois qui en sont faits, pour comprendre au mieux les situations qu’il permet de saisir. Par ailleurs, il serait intéressant de revenir sur les motifs d’une préférence pour d’autres concepts propres à appréhender les rapports de pouvoir. En effet, d’autres notions peuvent être employées, entre autres : interconnectivité des oppressions de sexe, de race et de classe [Hooks, 1984], consubstantialité et co-extensivité [Kergoat, 2012], imbrication, articulation, coproduction [Fassa, Lépinard, Escoda, 2016], co-formation [Bacchetta, 2015] ou encore circulation [Guénif-Souilamas, 2000]. Il s’agirait ici de discuter ces notions pour en dégager les apports heuristiques spécifiques, sans pour autant les mettre en concurrence. En ce sens, ce sont plutôt les (re)positionnements théoriques au regard des objets et situations analysés qui sont attendus.

L’un de ces repositionnements peut relever du choix même des variables à articuler ; en effet, celles-ci peuvent excéder le triptyque « classe, genre, race ». Ainsi, non seulement les rapports sociaux qui produisent ces trois catégories varient en fonction des contextes [Yuval-Davis, 2015] (2), et l’analogie entre ceux-ci est à manier avec prudence, mais on peut envisager d’ériger d’autres variables comme décisives dans l’explication scientifique : âge, lieu de résidence, handicap physique, mental ou psychique, sexualité, morphologie, etc. Helma Lutz et Norbert Wenning [2001] ont distingué jusqu’à treize catégories auxquelles prêter attention en fonction des contextes. Il s’agit donc d’interroger des questions-clés, dans un aller-retour entre terrain et théorie : lorsqu’on fait la sociographie d’un groupe au carrefour de ces catégories, les rapports sociaux les plus structurants s’exercentils sur les individus de manière analogique ou additionnelle ? Au contraire, leurs effets s’annulent-ils entre eux, se contredisent-ils, sont-ils hiérarchisés – et comment le renseigner empiriquement ? Par ailleurs, comment rendre compte très concrètement des recompositions de ces appartenances multiples au fil d’une trajectoire individuelle ou d’une génération à l’autre ? Enfin, puisque la domination est un phénomène complexe et multiforme, on pourra par exemple se demander si le fait d’investir une domination au détriment d’une autre ne peut pas être une forme de résistance, de stratégie ou d’adaptation de la part des individus dominés. Ces derniers ne tendent-ils pas à compenser les dominations qu’ils subissent en devenant eux-mêmes dominants dans d’autres champs ?

Axe 3 : Penser les dominant·e·s, spécifier l’universel

Si l’étude multifocale des rapports de pouvoir est au centre de nombreux écrits des sciences sociales, une rapide revue de la littérature permet de voir que les textes centrés sur des « sujets “hyper-opprimés” »[Carastathis, 2008] sont prédominants (et que des individus « majorisés » ne sont, la plupart du temps, pas étudiés en tant que tels). Le classique triptyque « classe - genre - race » tend à se confondre avec « pauvre - femme - personne non-blanche ». Au bout du compte, on aurait donc formé un sujet intersectionnel, alors même que la notion d’intersectionnalité visait à une dés-essentialisation et un affinement des outils critiques des dynamiques plurielles de domination. Ce faisant, on « reprodui[rai]t l’impensé » [Dorlin, 2009] : les catégories « homme », « blanc » et « élite » sont comparativement délaissées en sciences humaines et sociales, et restent hors du champ de pensée des scientifiques comme des enquêté·e·s. À quelques exceptions près, la « transparence sociale » [Dorlin, 2009] dont jouissent certains groupes se perpétuerait donc malgré l’apport de ce nouveau cadre méthodologique.

En France, les travaux sur les dominants sont rares mais ont marqué les esprits, qu’il s’agisse de ceux de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, spécialistes de la grande bourgeoisie et de l’oligarchie française – qui se qualifient eux-mêmes de « moines bénédictins » (3) pour pointer leur situation marginale dans le champ des études sociologiques des dominations –, ou de Pierre Lascoumes étudiant la délinquance en col blanc contemporaine [Lascoumes, 2014]. Cependant, ces populations sont souvent saisies à travers le prisme unique de la classe (incluant la profession, le patrimoine, les capitaux économiques et culturels afférents). D’autres travaux ont quant eux interrogé la masculinité [Gourarier, 2017 ; Connell, 2012 (1995)], l’hétérosexualité [Wittig, 2007], la « blanchité » ou la « condition blanche » [Cervulle, 2013 ; Laurent et Leclère, 2013] (4), développant une analyse en termes de privilèges ou avantages. Le décentrement du « pôle dominé » permet ainsi d’élargir le champ d’étude de la domination, au-delà d’une mise en évidence des discriminations.

Par ailleurs, on pourrait s’interroger sur les formes que prendraient des dominations multiples du côté des dominant·e·s : comment en objectiver les manifestations ? Une sociologue américaine a par exemple récemment analysé des socialisations d’enfants de 10 à 13 ans appartenant à des familles américaines blanches aisées du Midwest pour comprendre ce qui mène ou non à la prise de conscience de leur double privilège de race et declasse [Hagerman, 2018]. Selon elle, l’expression du privilège se caractérisait par le déni de celui-ci (le racisme n’existerait plus depuis l’abolition de la ségrégation), et serait marqué par un implicite présent dans le choix des écoles (mixtes ou non-mixtes racialement et socialement), des loisirs et des camarades invité·e·s aux anniversaires. Là où l’implicite règne en maître dans les discours, l’analyse ethnographique ne constitue-t-elle pas l’outil privilégié pour identifier « par le haut » les mécanismes de domination ? Plus généralement, on pourrait interroger la figure des « superdominant·e·s » : jouent-ils et elles dans différents contextes sur différentes variables de dominations, ou bien est-ce le cumul de variables qui donne lieu à des dominations spécifiques et /ou plus fortes dans la mesure où elles se renforcent entre elles ?

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Pour conclure, nous partons du principe que, si les possibles discordances entre les postulats du ou de la chercheur·e et les réalités du terrain interpellent au premier abord, elles ne doivent pas être occultées parce qu’incompatibles avec les grilles d’analyse préexistantes. Au contraire, elles questionnent tout aussi bien l’évolution des structures sociales que la complexité des parcours individuels. Les contributions proposées devront ainsi décrire des situations rencontrées sur le terrain (lors d’observations ou d’entretiens), puis exposer les interrogations qu’elles ont suscitées et les éventuels bricolages réalisés pour y faire face. Elles permettront d’évaluer, à l’appui d’anecdotes empiriques, dans quelle mesure les sciences sociales peuvent expliciter les tensions au coeur des processus de domination croisés.

Notes :

(1). Pour un aperçu du débat et de ses enjeux, voir le dossier « Intersectionnalité », coordonné par Abdellali Hajjat etSilyane Larcher dans la revue Mouvement [2019].

(2). Nira Yuval-Davis rappelle ainsi avec son concept d’ « intersectionnalité située » l’importance majeure de la prise encompte des contextes géographiques, sociaux et temporels dans l’étude des rapports sociaux, pointant la manièredont des catégories particulières de division sociale ont des significations et des conséquences différentes selonles espaces (translocality), les échelles (transcalarity) et les périodes (transtemporality) considérés.

(3). Monique Pinçon-Charlot, « Le Facteur temps », émission animée par Fabrice Drouelle, vendredi 29 mars 2019,deuxième épisode, 54 minutes (https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-29-mars-2019)

(4). On peut aussi mentionner la journée d’études « La condition blanche. Réflexion sur une majorité française », quis’est tenue le 29 juin 2018 à l’EHESS.

Modalités de soumission

Les propositions, pour des communications de 20 minutes, devront comporter un titre, un résumé qui mentionnera explicitement le matériel empirique mobilisé (3000 caractères maximum) ainsi qu’une rapide présentation de l’auteur·e, le tout ne devant pas dépasser une page.

Elles sont à envoyer jusqu’au 31 juillet inclus

à :

  • h.galiby@gmail.com
  • marlene.bouvet@ens-lyon.fr
  • theoxane.camara@ens-lyon.fr 
  • florent.chossiere@u-pem.fr.

Le retour sur les propositions sera notifié dans la dernière semaine d’août. Les propositions de toutes les disciplines des sciences sociales sont les bienvenues.

Comité d’organisation

  • Marlène Bouvet, doctorante en sociologie, ENS de Lyon, Centre Max Weber
  • Théoxane Camara, doctorante en sociologie, Université de Poitiers, Gresco
  • Florent Chossière, doctorant en géographie, Université Paris-Est Marne-la-Vallée, laboratoire Analyse Comparéedes Pouvoirs
  • Laurie-Anne Galiby, diplômée du Master Inégalités et Discriminations en sociologie, Université Lyon 2 et IETL

Bibliographie

AVRIL Christelle, Les Aides à domicile. Un autre monde populaire, Paris, La Dispute, 2014.

BACCHETTA Paola, « Décoloniser le féminisme : intersectionnalité, assemblages, co-formations, co-productions », Les cahiers du CEDREF, n° 20, 2015.

BALIBAR Étienne et WALLERSTEIN Immanuel, Race, nation, classe. Les identités ambiguës, La Découverte, 1997 (1988).

BARTHES Roland, « L'effet de réel », Communications, n°11, « Recherches sémiologiques. Le vraisemblable », p. 84-89, 1968.

BOURDIEU Pierre, La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Éditions de Minuit, 1979.

BUTLER Judith, The Psychic Life of Power: Theories in Subjection, Stanford, Stanford University Press, 1997.

CARASTATHIS Anna, « The invisibility of privilege. A critique of intersectional models of identity » , Les Ateliersde l’éthique/The Ethics Forum, n°2, p. 23 - 36, 2008.

CERVULLE Maxime, Dans le blanc des yeux : diversité, racisme et médias, Paris, Éditions Amsterdam, 2013.

COLLINS Patricia Hill, "Lost in translation. Black Feminism, intersectionnalité et justice", conférence présentée au 6ème Congrès international des recherches féministes francophones, Université de Lausanne, 28 août 2012.

CONNELL R. W., Masculinities: Knowledge, Power and Social Change, Berkeley, University of California Press, 2012 (1995).

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CRENSHAW Kimberlé, « Les “voyages de l’intersectionnalité” », trad. Aurélie Cailleaud, in ESCODA Marta Roca, FASSA Farinaz et LÉPINARD Éléonore (dir.), L’intersectionnalité : enjeux théoriques et politiques, Paris, La Dispute, p. 29-51, 2016.

DORLIN Elsa (dir.), Sexe, race, classe. Pour une épistémologie de la domination, PUF, 2009.

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GALERAND Elsa et KERGOAT Danièle, « Consubstantialité vs intersectionnalité ? À propos de l’imbrication desrapports sociaux », Nouvelles pratiques sociales, vol. 26, no 2, p. 44-61, 2014.

GOURARIER Mélanie, Alpha mâle. Séduire les femmes pour s’apprécier entre hommes, Paris, Seuil, 2017.

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HAGERMAN Margaret, White Kids: Growing Up with Privilege in Racially Divided America, New York, New York University Press, 2018.

HAJJAT Abdellali et LARCHER Silyane (coord.), « Intersectionnalité », Mouvements, 2019.

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YUVAL-DAVIS Nira, « Situated Intersectionality and Social Inequality », Raisons politiques, n°58, p. 91-100,2015.

Places

  • ENS de Lyon
    Lyon, France (69342 CEDEX 07)

Date(s)

  • Wednesday, July 31, 2019

Keywords

  • rapports de domination, rapports sociaux, inégalités, intersectionnalité, méthodes qualitatives, ethnographie

Contact(s)

  • Florent Chossière
    courriel : florent [dot] chossiere [at] u-pem [dot] fr

Information source

  • Florent Chossière
    courriel : florent [dot] chossiere [at] u-pem [dot] fr

To cite this announcement

« Croiser les dominations : des aspérités du terrain aux défis de l'interprétation », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, June 25, 2019, https://calenda.org/640854

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