HomeEnseigner la civilisation française à l’université : état des lieux et perspectives

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Published on Wednesday, June 26, 2019 by Anastasia Giardinelli

Summary

Quelle(s) relation(s) existe-t-il entre culture et littérature, culture et civilisation ? S’agit-il de rapports d’inclusion (englobant-englobé) ou bien de champs de connaissances nettement circonscrits ? Si l’on applique l’une des typologies des cultures établie par certains chercheurs en sciences humaines, cette culture invoquée ici correspondrait-elle à ce que l’on appelle la « culture cultivée » ? En même temps, n’a-t-on pas le sentiment que la notion de « civilisation » est plutôt  du côté de ce que la même typologie désigne par « culture ordinaire » ?

Announcement

Sousse, les 11, 12 et 13 décembre2019

Université de Sousse (Tunisie) Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sousse Ecole Doctorale de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sousse Unité de Recherche : Ecole et Littérature (UREL)

Argumentaire

L’acquisition d’une langue étrangère implique un certain degré de maîtrise des faits civilisationnels et culturels véhiculés par ladite langue. Relation d’inhérence que Louis Porcher, dans un article sur l’enseignement de la civilisation, présente comme évidente : «  Que la langue et la culture se présupposent l'une l'autre, personne ne le conteste plus sérieusement » (Revue française de pédagogie, année 194, 108, pp. 5-12).

Quelle(s) relation(s) existe-t-il, cependant, entre culture et littérature, culture et civilisation ? S’agit-il de rapports d’inclusion (englobant-englobé) ou bien de champs de connaissances nettement circonscrits? Si l’on applique l’une des  typologies des cultures établie par certains chercheurs en sciences humaines, cette culture invoquée ici correspondrait-elle à ce que l’on appelle la “culture cultivée” ? En même temps, n’a-t-on pas le sentiment que la notion de « civilisation » est plutôt  du côté de ce que la même typologie désigne par « culture ordinaire » ?

S’agissant, précisément, d’enseignement de la civilisation, il nous semble donc que la conception d’un savoir « civilisationnel » enseignable est une opération délicate et ardue. Il existe bien une didactique du culturel et de l’interculturel (dans l’article de Louis Porcher, le mot “civilisation” employé dans le titre est remplacé par celui de “culture”). Mais il n’empêche qu’on opère sur un champ de connaissances foisonnant, équivoque et mouvant. Le questionnement qui porte sur l’identité de ce savoir est d’autant plus utile qu’il implique une réflexion sur ses fondements théoriques. Lesdits fondements devraient permettre, en principe, de saisir la logique ainsi que les enjeux qui sous-tendent l’élaboration éventuelle de contenus didactisables.  

Mais, outre cette question des soubassements  théoriques, la programmation d’un quelconque savoir civilisationnel au profit des apprenants  ne devrait-elle pas être clairement finalisée, et selon quels objectifs ? A l’université tunisienne, la civilisation fait partie des fondamentaux de la formation diplômante, mais en baignant jusque-là dans une sorte de « flou artistique » qui entoure son statut et ses visées, et en n’étant perçue dans le meilleur des cas que comme un cours d’encadrement, un auxiliaire du cours de littérature proprement dit. De fait,   dans le cursus des études de lettres françaises, l’enseignement de la civilisation n’a été introduit que sur le tard, et avec l’objectif, précisément,  de redresser le niveau des étudiants en littérature. 

Dans l’esprit des fondateurs, ce découpage se base en fait sur un apriori : que l’entrée en littérature nécessite le passage par la civilisation, que l’enseignement de celle-ci est seulement, pour ainsi dire, la voie d’accès à celle-là (ce qui explique qu’on a tout le temps proposé dans le module dit de civilisation un cours d’histoire littéraire, sans se soucier du paradoxe !). Bien sûr, l’histoire littéraire est sans conteste un fait de civilisation, mais la littérature l’est  aussi, au même titre que son histoire, sinon plus encore ! Le problème ne manque donc pas de complexité, loin s’en faut, mais dans le contexte pédagogique local, certaines données sont assez claires : on considère que des connaissances préalables en civilisation sont indispensables pour l’abord de la littérature de la même façon qu’on considère, consensuellement, qu’un certain niveau de langue est requis avant toute approche des textes littéraires  – raison pour laquelle d’ailleurs la littérature est réservée aux niveaux avancés et, généralement, aux seules sections de Lettres, à l’exclusion de toutes les autres dans lesquelles le français est enseigné – sous le motif fallacieux de Langue Etrangère – sans sa littérature, et souvent même sans sa culture. On ne tient évidemment aucun compte du discours didactique qui a depuis un certain temps remis en cause ce type de dispositions pédagogiques (voir les travaux de Daniel Coste, d’Henri Besse, etc. qui appellent à l’introduction de la littérature dès les débuts d’apprentissage, y compris en FLE),. La question est pour nous maintenant : si cette théorie de la « langue d’abord » n’a pas résisté au progrès de la pensée didactique, celle de « la civilisation d’abord » tiendra-t-elle davantage ? 

Il est certain qu’aujourd’hui dans l’enseignement du français, les rapports langue, littérature et civilisation, en tant qu’objets des trois modules curriculaires de la Licence de français, doivent être complètement repensés, et sans doute tant dans le contexte du français langue étrangère que dans le contexte du français langue maternelle. Cela suppose qu’entretemps le concept ou la notion de « civilisation » soient soumis à examen, réinterrogés. La question est aussi de savoir, au moment où la « pédagogie convergente » gagne du terrain, si on ne doit pas sérieusement imaginer que le cap à fixer, pour ce qui concerne l’enseignement du français, est celui de la « pédagogie intégrée » ?

Modalités de soumission

Les enseignants-chercheurs et les doctorants désireux de contribuer à ce colloque international devraient adresser un descriptif d’une vingtaine de lignes de leur proposition de communication et un bref C.V. à l’adresse suivante :

naimameftahtl@gmail.com

Date limite des envois de propositions : 30 juin 2019

Retour aux auteurs : 30 Juillet 2019

Comité scientifique

  • Amor Séoud, Professeur d’Enseignement Supérieur
  • Annie Rouxel Professeur d’Enseignement Supérieur
  • Arbi Dhifaoui, Professeur d’Enseignement Supérieur
  • Christophe Martin, Professeur d’Enseignement Supérieur
  • Domingo Pujante González, Professeur d’Enseignement Supérieur
  • Hedia Abdelkefi, Professeur d’Enseignement Supérieur
  • Mohamed Miled, Professeur d’Enseignement Supérieur
  • Mustapha Trabelsi, Professeur d’Enseignement Supérieur
  • Ridha Bourkhis, Professeur d’Enseignement Supérieur
  • Ibtissem Bouslama, Maître de Conférences (HDR)
  • Kamel Skander, Maître de Conférences (HDR)
  • Mohamed Chagraoui, Maître de Conférences (HDR)
  • Naima Meftah Tlili, Maître de Conférences(HDR)
  • Yosr Rezgui,  Coordinatrice de la Commission de Civilisation

Comité d’organisation 

Enseignants

  • Lamia Braham
  • Mohamed Amine Jaballah
  • Mohamed Maalej
  • Mouna Ben Ahmed
  • Najeh Ladjimi

Doctorants

  • Chiraz Chahed
  • Hana Guitari
  • Hanene Nouir,
  • Marwa Jedidi
  • Naira Saafi
  • Nesrine Negla
  • Sameh Soltani

Places

  • Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sousse
    Sousse, Tunisia

Date(s)

  • Sunday, June 30, 2019

Keywords

  • enseignement, civilisation, université

Contact(s)

  • Mohamed Amine Jaballah
    courriel : ilfaraonebrutto [at] yahoo [dot] fr

Information source

  • Mohamed Amine Jaballah
    courriel : ilfaraonebrutto [at] yahoo [dot] fr

To cite this announcement

« Enseigner la civilisation française à l’université : état des lieux et perspectives », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, June 26, 2019, https://calenda.org/648119

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