Calenda - The calendar for arts, humanities and social sciences

Gender Dynamics and Practices in Architecture, Urbanism and Landscape Architecture

Dynamiques de genre et métiers de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage

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Published on Tuesday, September 10, 2019 by Céline Guilleux

Summary

En France, comme dans plusieurs pays, les professions d’architecte, d’urbaniste et de paysagiste franchissent un seuil historique, du point de vue de leur féminisation. Néanmoins, la parité numérique ne signifie pas l’égalité des chances professionnelles entre hommes et femmes : nombre de revendications des associations féministes restent insatisfaites. Elles font le constat de nombreuses inégalités professionnelles : en termes de revenus, en termes de difficultés d’accès à la commande rémunératrice et de précarité professionnelle, en termes de visibilité et en termes de reconnaissance. Cet appel à communications vise à réunir des contributions pour un bilan des avancées et des limites de la féminisation et des dynamiques de genre à l’œuvre dans les mondes professionnels de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage en France, cinquante ans après l’entrée « massive » des femmes dans les écoles d’architecture en 1968.

In France, as in several other countries, the professions of architect, urban planner and landscape architect have crossed a historic threshold in terms of feminization. However, numerical parity does not mean men and women have equal professional opportunities: numerous demands of feminist associations remain unsatisfied. They note the persistence of many professional inequalities: in terms of income, in terms of financial control and job insecurity, in terms of visibility, and in terms of recognition. This call for papers aims to gather contributions for an assessment of the gains and limits of feminization and gender dynamics at work in the professional worlds of architecture, urban planning and landscape architecture in France, fifty years after the "massive" entry of women into architecture schools in 1968. 

Announcement

Paris, 4-5 juin 2020

Argumentaire

En France, comme dans plusieurs pays, les professions d’architecte, d’urbaniste et de paysagiste franchissent un seuil historique, du point de vue de leur féminisation. Les femmes sont majoritaires parmi les étudiant.e.s des écoles d’architecture depuis 2004[1] et elles représentent à l’heure actuelle 50% des nouvelles et nouveaux inscrit.e.s à l’Ordre des Architectes à l’échelle nationale[2] - contre 29% de l’ensemble des inscrit.e.s. Il aura fallu près d’un siècle pour atteindre cette situation proche de l’équilibre, en termes de genre. Les formations en urbanisme ont connu une évolution genrée similaire, bien qu'on ne puisse pas la suivre avec autant de précision. D'après le Conseil National des Jeunes Urbanistes, les femmes représentent aujourd'hui 64% des diplômé.e.s[3]. Si l’on regarde à titre d’exemple l’évolution des effectifs des étudiant.e.s de l’École des Ingénieurs de la Ville de Paris, on peut observer que la féminisation a été légère jusqu'au milieu des années 1990, puis de plus en plus constante et importante par la suite. Entre 2005 et 2016, les femmes ont représenté 40% des effectifs, ce qui est supérieur de plus de dix points à la moyenne des écoles d'ingénieur.e.s[4]. Chez les paysagistes, peu d’informations rendent compte de la situation française mais les données provenant de l’étranger sont assez similaires : en Australie par exemple, le nombre de femmes dans la profession croît - de 42% en 2001 à 47% en 2016 - tandis que le pourcentage de femmes diplômées au cours de cette période a également augmenté pour atteindre les 60%[5].

Néanmoins, la parité numérique ne signifie pas l’égalité des chances professionnelles entre hommes et femmes : nombre de revendications des associations féministes (en France, on peut citer : Architectuelles Hauts-de-France, Arvha, Mémo, Women in architecture France) restent insatisfaites. Elles font le constat de nombreuses inégalités professionnelles : en termes de revenus (l’écart de revenu entre hommes et femmes architectes est de 41 % en moyenne[6]), en termes de difficultés d’accès à la commande rémunératrice et de précarité professionnelle, en termes de visibilité (au sein des médias, des lieux de diffusion de la culture urbaine) et en termes de reconnaissance (prix…).

Cet appel à communications vise à réunir des contributions pour un bilan des avancées et des limites de la féminisation et des dynamiques de genre à l’œuvre dans les mondes professionnels de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage en France, cinquante ans après l’entrée « massive » des femmes dans les écoles d’architecture en 1968. Il invite à scruter, discuter, partager les données et les analyses sur les modalités, les temporalités et les effets de ce processus social et historique de transformation des rapports de genre et, plus largement, des rapports de domination (race, classe sociale, etc.) dans une perspective intersectionnelle.

Émanant d’historien.ne.s ou de sociologues et principalement développées depuis le début des années 2000, des recherches ont amorcé l’étude des étudiantes des écoles d’architecture et identifié quelques « figures » de l’architecture. Elles ont également développé des premières approches genrées des parcours professionnels et des conditions d’exercice.

Toutefois, les recherches concernant la France demeurent disparates et peu visibles, si on les compare aux riches productions dont ce domaine professionnel a fait l’objet à l’étranger. Depuis la parution de l’ouvrage collectif Women in American architecture: a historic and contemporary perspective, en 1977, à l’occasion de l’exposition éponyme aux États-Unis, jusqu’aux parutions plus  récentes, provenant notamment de la Grande-Bretagne et du Canada, de nombreux travaux et événements scientifiques ont permis depuis 40 ans l’émergence d’une abondante littérature scientifique. Des programmes incitatifs tels que MoMoWo (Women’s creativity since the Modern Movement) ont lancé des dynamiques de recherche à l’échelle européenne.

Ce colloque, centré sur la période 2000-2020 et la situation française, se propose de prendre place dans cette dynamique internationale. Il est ouvert aux diverses disciplines (architecture, histoire, ingénierie, paysage, sociologie, ethnologie, urbanisme…) à l’international, susceptibles d’apporter un éclairage sur les problématiques du genre dans ces mondes professionnels. Il pourra déboucher sur la définition d’un projet collectif de recherche et se décline selon trois lignes d’approche :

Axe 1 : l’enseignement de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage au prisme du genre

Le premier axe de réflexion porte sur l’enseignement, en France, de l’architecture, de l’urbanisme, du paysage mais aussi des disciplines liées à ces métiers telles que l’architecture intérieure ou l’ingénierie de la construction, pour ne citer que ces deux exemples.

Il s’agit d’interroger aussi bien les profils et motivations des étudiant.es, les pratiques des enseignant.es et les politiques des établissements (écoles d’architecture, écoles du paysage, instituts d’urbanisme, …).

On pourra s’intéresser à des questions telles que l’accueil réservé aux femmes, leurs manières d’investir la formation et les changements apportés par leur présence ou par la modification des sex - ratio, les contenus explicitement ou implicitement genrés de l’enseignement, l’organisation des études, les attentes des enseignant.e.s.

Axe 2 : Effets de la féminisation sur les pratiques professionnelles

Le deuxième axe propose d’interroger la répartition genrée des modes d’exercice (libéral.e/associé.e/fonctionnaire/salarié.e…) et des pratiques professionnelles développées dans les métiers de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage, depuis la fin du XXe siècle, en France.

Les femmes ont-elles investi des sphères d’activité particulières sur cette période ?

Assiste-t-on, au XXIe siècle, à une homogénéisation des modes d’exercice entre hommes et femmes ?

Quelles sont les activités développées par les architectes inscrites et par les architectes non-inscrites (auprès de l’Ordre des architectes) ?

Les femmes ont-elles été, sur cette période, des actrices importantes de la « diversification des métiers de l’architecture » et de l’aménagement ? Comment la relecture de ces professions avec les lunettes de genre permet-elle d’en questionner les contours ?

Pourront être discutés les facteurs agissant sur la détermination des carrières professionnelles, ainsi que les questions liées à l’articulation des vies privées et professionnelles, notamment du point de vue des contraintes domestiques et de la division sexuelle du travail dans la sphère familiale.

La réflexion pourra inclure des études sur une pratique professionnelle spécifique.

Axe 3 : État des savoirs et cadres d’analyse

Ce troisième axe propose de développer un regard réflexif sur des travaux de recherche existants, en France et à l’étranger et d’interroger des notions ou concepts développés en socio - histoire de la féminisation de différents métiers. Ce faisant, il s’agit de rendre compte des approches et méthodes mises en place pour remettre en question « l’unité de la catégorie « femmes » » et « de saisir ses lignes de fracture et d’initier une approche par les différences de sexe et les constructions sociales qui les font exister. » (Maruani, 2001, p.51).

Quels sont les travaux de recherche en la matière ? Sur quels métiers portent-ils ? Quelles sont les difficultés historiographiques communes (rareté ou défaillance des archives, femmes mariées actives non comptabilisées en tant que travailleuses, changements des patronymes, pseudonymat...) ?

Dans quelle mesure ces cadres d’analyse nous permettent-ils d’éclairer les processus que nous étudions ? Quelles sont les nouvelles articulations conceptuelles à imaginer pour décrypter les situations contemporaines ? Quels sont les lieux communs des inégalités et disparités permettant une compréhension globale des mécanismes de domination ?

Dans quelle mesure les études de cas étrangères sur les dimensions genrées de l'architecture, de l’urbanisme, sont-elles transposables ou adaptables aux conditions et évolutions d'exercice dans le cadre français ?

Modalités de participation

Les réponses à l’appel à communications doivent comporter :

  • Nom et prénom de.s auteur.e.s
  • Statut(s)
  • Discipline(s)
  • Établissement(s) et laboratoire(s) de rattachement
  • Adresse(s) électronique(s)
  • Titre de la communication - Proposition de numéro(s) d’axe(s)
  • Résumé (entre 3 000 et 5 000 signes espaces compris) dont la présentation claire détaillée de la méthodologie employée et des sources/documents mobilisé.e.s.
  • Principales références bibliographiques

La langue est soit l’anglais soit le français, au choix libre de la personne qui propose une communication.

Les propositions doivent être envoyées dans un fichier texte (.doc, .docx ou .rtf) et s’intituler « NOM DE FAMILLE ».

Les propositions de doctorant.e.s et de jeunes chercheur.e.s sont encouragées et feront l’objet d’une attention particulière.

Adresse de correspondance et d’envoi des propositions de communication : isabelle.grudet@paris-lavillette.archi.fr (copie à envoyer à let.secretariat@gmail.com)

Comité d’organisation

  • Stéphanie Bouysse-Mesnage, architecte, MCFA à l’Ensa de Nantes, doctorante à l’équipe d’accueil ARCHE de l’Université de Strasbourg et membre associée de l’équipe AHTTEP (UMR Ausser) de l’Ensa Paris-La Villette.
  • Stéphanie Dadour, docteure en architecture, MCF à l’Ensa de Grenoble et chercheure au laboratoire MHAevt, associée au laboratoire ACS (UMR Ausser) de l’Ensa Paris-Malaquais.
  • Isabelle Grudet, architecte DPLG, docteure en architecture, IR du Ministère de la culture, responsable scientifique du Let (UMR Lavue) de l’Ensa de Paris-La Villette (HESAM-Université).
  • Anne Labroille, architecte DPLG, urbaniste, MCFA du Master urbanisme et aménagement de Paris Nanterre, associée au Let et co-fondatrice de MéMO.
  • Elise Macaire, architecte DPLG et sociologue, docteure en architecture, MCF à l’Ensa de Paris-La Villette et membre du Let, co-responsable du réseau RAMAU.

Comité scientifique

  • Lucile Biarrotte, doctorante en urbanisme, Lab'Urba, Université Paris Est, membre du groupe transversal JEDI, cofondatrice de l'atelier de jeunes chercheur.e.s GenrEspace et créatrice de la liste de diffusion UrbaGenre. Membre du GenderHub d'ONU Habitat.
  • Véronique Biau, architecte-urbaniste en chef de l’État, HDR en aménagement-urbanisme, Let (UMR Lavue) Ensa Paris-La Villette, HESAM-Université, co-responsable du réseau RAMAU.
  • Karen Bowie, historienne de l’architecture et de la ville, professeure Ensa Paris-La-Villette, AHTTEP (UMR Ausser).
  • Pierre Chabard, architecte, historien, critique d’architecture, MCF Ensa Paris-La-Villette, chercheur AHTTEP (UMR Ausser).
  • Olivier Chadoin, sociologue, MCF Ensap Bordeaux, HDR, chercheur au CED et au laboratoire PAVE.
  • Anne-Marie Châtelet, professeure d'histoire et de culture architecturales Ensa Strasbourg, membre EA3400-ARCHE Université de Strasbourg.
  • Caterina Franchini, docteure en Histoire et Critique du Patrimoine architectural, maître en Conservation (RLICC), qualifiée aux fonctions de professeur associé, chargée de recherche et d’enseignement (Politecnico di Torino), coordinatrice du projet européen MoMoWo (2014-18, Project Leader E. Garda), advisor editor de la Global Encyclopedia of Women in Architecture.
  • Charles Gadea, professeur de sociologie, Université Paris Nanterre, membre de l'IDHES (UMR 8533), responsable du réseau thématique 1 (Travail, savoirs et professions) de l’AFS, co-responsable du comité de recherche 32 de l’AISLF, co-animateur du groupe transversal "Métiers de la ville" du Labex Futurs urbains, membre du bureau du MAGE et ancien président du RC 52 (Sociology of Professional groups) de l’ISA. 
  • Elise Koering, MCFA à l’Ensa Strasbourg, chercheure au LACTH (Ensap Lille), assistante de recherche à l'USIAS.
  • Nathalie Lapeyre, sociologue, professeure des universités, Université Toulouse Jean Jaurès, CERTOP CNRS UMR 5044, co-directrice du MAGE et du Réseau de recherche ARPEGE/Genre-Toulouse.
  • Nicky Le Feuvre, professeure de sociologie du travail à l’Université de Lausanne (Vice-doyenne en charge de l’égalité à la Faculté des Sciences sociales et politiques), co - directrice du programme Gender, Mobility & Occupations du Pôle national de recherche LIVES et pilote du projet DAISIE (Dynamics of Accumulated Inequality for Seniors in Employment) du programme européen NORFACE-DIAL.
  • Catherine Marry, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS, Centre Maurice Halbwachs, Paris.
  • Delphine Naudier, sociologue, directrice de recherche au CNRS, CSU-Cresppa/CNRS-Paris 8 (UMR 7217).
  • Frédérique Patureau, chargée d’études au Département des études, de la prospective et des statistiques (Deps) du Ministère de la Culture.
  • Rebecca Rogers, historienne, professeure, Université de Paris, UMR 8070 Cerlis, membre du comité de pilotage de la Cité du Genre-USPC, membre des comités de rédaction de Femmes, Genre, Histoire et Histoire de l’éducation.
  • Corinne Sadokh, architecte DPLG, MCF, chercheuse au LRA (Laboratoire de Recherche en Architecture, Ensa Toulouse), Membre du Conseil scientifique du RAMAU.

Calendrier

  • 15 octobre 2019 : date limite pour l’envoi des propositions de communication

  • 15 décembre 2019 : communication du résultat de la sélection après évaluation par le comité scientifique
  • 15 mars 2020 : date limite pour l’envoi des textes, supports des interventions (20 minutes), au comité d’organisation
  • 4-5 juin 2020 : Colloque à Paris (lieu à définir)

Des actes seront diffusés le jour du colloque, la date de rendu des textes (15 mars) permettant un échange entre les auteur.e.s et les responsables des sessions avant la tenue du colloque.

Une publication, contenant une sélection d’articles issus des présentations, est prévue postérieurement au colloque.

Notes

[1] Elles représentent aujourd’hui 57% des effectifs et, dès 2006, elles étaient majoritaires parmi les habilité.e.s HMONP.

[2] Ce seuil des 50 % des nouvelles inscriptions a été franchi en 2018.

[3] Études publiées en 2014 et 2016 sur l'insertion professionnelle des jeunes urbanistes : CNJU. 2018. « L’insertion professionnelle des jeunes urbanistes diplômés : l’intégralité des résultats de la 4ème enquête nationale du CNJU ». Collectif national des jeunes urbanistes (blog). 7 novembre 2018. www.jeunes-urbanistes.fr/?p=3289.

CNJU, et APERAU. 2014. « L’insertion professionnelle des jeunes urbanistes diplômés : état des lieux en 2014 ». Conseil National des Jeunes Urbanistes. www.jeunes-urbanistes.fr/?p=2541.

[4] Biarrotte, Lucile. En cours. « (Dé)genrer l’urbaniste. Cultures et organisations de genre dans les milieux de l’urbanisme en France (1919-2019) ». Thèse de doctorat, Paris: Université Paris Est. www.theses.fr/s142583 ; Darmon, Karine. 2017. « Ingénieur-E-s : combien êtes-vous, les filles ? » Studyrama Grandes Ecoles, 23 mars 2017. https://grandes-ecoles.studyrama.com/ecoles-d-ingenieurs/choisir-son-ecole/ingenieur-au-feminin/ingenieur-e-s-combien-etes-vous-les-filles-1787.html.

[5] https://www.aila.org.au//imis_prod/documents/Census%20Report%20-%20Women%20in%20Landscape%20Architecture_Dec%202018.pdf

[6] Ordre des architectes, Archigraphie 2018, p. 49

Bibliographie indicative

  • ADAMS Annmarie, TANCRED Peta, Designing women: gender and the architectural profession, Toronto, Canada, University of Toronto Press, 2000
  • CHADOIN Olivier, Être architecte : les vertus de l’indétermination : une sociologie du travail professionnel, Limoges, France, Pulim, 2013
  • DARLING Elizabeth, WALKER Lynne (eds.), AA women in architecture, 1917-2017, London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, AA Publications, 2017
  • DIDIER Béatrice, FOUQUE Antoinette, CALLE-GRUBER Mireille (dir.), Le dictionnaire universel des créatrices, Paris, France, Des femmes-Antoinette Fouque, 2013, 3 vol.
  • GINSBURGER Nicolas, « Les premières géographes universitaires en France : enquête sur les débuts d’une féminisation disciplinaire (1913-1928) », Cybergeo : European Journal of Geography[En ligne], Epistémologie, Histoire de la Géographie, Didactique, document 734, mis en ligne le 09 septembre 2015, consulté le 18 juillet 2019. URL : http://journals.openedition.org/cybergeo/27138 ; DOI : 10.4000/cybergeo.27138
  • GREED Clara, Women and Planning: Creating Gendered Realities, London, New York, Routledge, 1994
  • HENDLER Sue, MARKOVICH Julia, I Was the Only Woman: Women and Planning in Canada, Vancouver, Toronto, University of British Columbia Press, 2017
  • LAPEYRE Nathalie, Les professions face aux enjeux de la féminisation, Toulouse, France, Octares, 2006
  • MOUCHEL Lydie, Femmes architectes « une histoire à écrire », DEA Histoire socio-culturelle, Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines, s.l., 2000

Paris, 4-5 June 2020

Argument

In France, as in several other countries, the professions of architect, urban planner and landscape architect have crossed a historic threshold in terms of feminization. The majority of students in architectural schools have been women since 2004[1] and now account for 50% of new members[2] and 29% of all members of the national Ordre des Architectes. It took nearly a century to reach this level of gender parity. Urban planning programmes and institutions have had a similar gender evolution, although the development cannot be assessed with the same precision. According to the Conseil National des Jeunes Urbanistes, women now make up 64% of graduates[3]. A look at the trends in enrollment at the École des Ingénieurs de la Ville de Paris reveals that movement towards parity was slight until the mid-1990s, but since then has been increasingly consistent and significant. Between 2005 and 2016, women accounted for 40% of those enrolled in that institution, which is more than ten points higher than the average for all engineering schools[4]. For landscape architects, there is little information on the situation in France, but data from abroad shows a similar progression; in Australia, for example, the proportion of women in the profession has grown from 42% in 2001 to 47% in 2016, while the percentage of women graduating during this period has also increased to 60%[5].

However, numerical parity does not mean men and women have equal professional opportunities: numerous demands of feminist associations (in France, Architectuelles Hauts-de-France, Arvha, Mémo, Women in architecture France) remain unsatisfied. They note the persistence of many professional inequalities: in terms of income (the income gap between men and women architects is 41% on average[6]), in terms of financial control and job insecurity, in terms of visibility (in the media, sites of dissemination of urban culture), and in terms of recognition (awards, etc.).

This call for papers aims to gather contributions for an assessment of the gains and limits of feminization and gender dynamics at work in the professional worlds of architecture, urban planning and landscape architecture in France, fifty years after the "massive" entry of women into architecture schools in 1968. It invites contributors to scrutinize, discuss, share data and analyse the modalities, temporalities, and effects of the social and historical process of transformation of gender relations and, more broadly, of power relations (based on race, social class, etc.) with an intersectional perspective.

Research on female participation in architectural schools and about certain figures of architecture, was initiated by historians and sociologists and has advanced mainly since the beginning of the 2000s. The first gendered analyses of career paths and workplace conditions were developed at the same time. However, research concerning France remains scattered and relatively unrecognized, compared to the rich scholarship abroad that deals with the subject. Since the publication of Women in American Architecture: a Historic and Contemporary Perspective in 1977, on the occasion of the eponymous exhibition in the United States, further publications, especially from Great Britain and Canada, and numerous scholarly works and events have led to the emergence of a large body of scholarly literature. Incentive programs such as MoMoWo (Women's Creativity since the Modern Movement) have initiated a research dynamic throughout Europe.

This colloquium, focusing on the period 2000-2020 and the French situation, aims to situate itself in this international dynamic. It is open to a diversity of international disciplines (architecture, history, engineering, landscape architecture, sociology, ethnology, urbanism ...) which might shed light on issues of gender in these professional domains. It may lead to the formulation of a collective research project and is divided into three lines of approach:

Axis 1: teaching architecture, urbanism and landscape architecture and the prism of gender

The first axis of reflection concerns the teaching, in France, of architecture, urbanism, and landscape architecture, but also related disciplines, such as interior design or construction engineering.

This axis also intends to examine the profiles and motivations of students, the practices of instructors, and the policies of institutions (schools of architecture, landscape architecture, and urbanism...).

Issues that might be addressed include the reception of women, in what ways women are considered and invested in their training, and the changes brought about by their presence or the modification of sex ratios, the explicitly or implicitly gendered content of teaching, the organization of studies, and the expectations of teachers.

Axis 2: Effects of feminization on professional practices

The second axis proposes to question the gender distribution of the modes of practice (professional / associate / employee / partner / principal ...) and professional practices developed since the end of the 20th century in France in architecture, urbanism, and landscape architecture.

Have women been integrated into particular spheres of activity over this period?

Are we witnessing, in the 21st century, a homogenization of the modes of practice between men and women?

What activities are being developed by architects who are registered or not registered with the Ordre des architectes?

Were women, during this period, important agents of the "diversification of the trades of architecture" and planning? How does the re-reading of these professions through the lens of gender make it possible to question their forms?

Factors influencing the determination of professional careers, as well as issues related to the articulation of private and professional lives, can be discussed, particularly from the point of view of domestic constraints and the sexual division of work in the family sphere.

This axis of reflection may include studies on a specific professional practice.

Axis 3: State of knowledge and analytical frameworks

The third axis proposes a reflexive look at existing research, in France and abroad, and to question socio-historical notions or concepts of the feminization of different professions. In doing so, it is necessary to report on the approaches and methods put in place to problematize the unity of the category, "women", to identify its fault lines and to initiate an approach based on differences within sex and the social constructions that create them. (Maruani, 2001, p.51).

What is the research work in this area? Which professions are being studied? What are the common historiographical difficulties (rarity or weaknesses of archival sources, active married women not counted as working women, changes of surnames, pseudonyms ...)?

To what extent do these analytical frameworks allow us to inform the processes we are studying? What new conceptual articulations can be imagined to decipher contemporary situations? What are the common sites of inequalities and disparities that allow a global understanding of the mechanisms of power?

To what extent are foreign case studies on the gender dimensions of architecture and urban planning transposable or adaptable to the conditions and developments of practice in the French context?

Submission guidelines

Abstracts should include:

  • Full name of the author(s)
  • Discipline and affiliation (institution, laboratory)
  • Contact details
  • Title – n° Axis (proposal)
  • Abstract (between 3000 and 5000 signs with spaces). All proposals should include relevant citations to sources/documents and explain the methodology developed.
  • Main bibliographic references

The proposal should be written in the language of the author’s choice (English or French).

Papers must be submitted in their original file format as .doc, .docx, .rtf files and must be entitled “LAST NAME”.

PhD students and young researchers are particularly encouraged to submit a proposal: special attention will be paid to their papers.

Please send your proposals and contact details to:  isabelle.grudet@paris-lavillette.archi.fr and let.secretariat@gmail.com

Organizing committee

  • Stéphanie Bouysse-Mesnage, architecte, MCFA à l’Ensa de Nantes, doctorante à l’équipe d’accueil ARCHE de l’Université de Strasbourg et membre associée de l’équipe AHTTEP (UMR Ausser) de l’Ensa Paris-La Villette.
  • Stéphanie Dadour, docteure en architecture, MCF à l’Ensa de Grenoble et chercheure au laboratoire MHAevt, associée au laboratoire ACS (UMR Ausser) de l’Ensa Paris-Malaquais.
  • Isabelle Grudet, architecte DPLG, docteure en architecture, IR du Ministère de la culture, responsable scientifique du Let (UMR Lavue) de l’Ensa de Paris-La Villette (HESAM-Université).
  • Anne Labroille, architecte DPLG, urbaniste, MCFA du Master urbanisme et aménagement de Paris Nanterre, associée au Let et co-fondatrice de MéMO.
  • Elise Macaire, architecte DPLG et sociologue, docteure en architecture, MCF à l’Ensa de Paris-La Villette et membre du Let, co-responsable du réseau RAMAU.

Scientific committee

  • Lucile Biarrotte, doctorante en urbanisme, Lab'Urba, Université Paris Est, membre du groupe transversal JEDI, cofondatrice de l'atelier de jeunes chercheur.e.s GenrEspace et créatrice de la liste de diffusion UrbaGenre. Membre du GenderHub d'ONU Habitat.
  • Véronique Biau, architecte-urbaniste en chef de l’État, HDR en aménagement-urbanisme, Let (UMR Lavue) Ensa Paris-La Villette, HESAM-Université, co-responsable du réseau RAMAU.
  • Karen Bowie, historienne de l’architecture et de la ville, professeure Ensa Paris-La-Villette, AHTTEP (UMR Ausser).
  • Pierre Chabard, architecte, historien, critique d’architecture, MCF Ensa Paris-La-Villette, chercheur AHTTEP (UMR Ausser).
  • Olivier Chadoin, sociologue, MCF Ensap Bordeaux, HDR, chercheur au CED et au laboratoire PAVE.
  • Anne-Marie Châtelet, professeure d'histoire et de culture architecturales Ensa Strasbourg, Membre EA3400-ARCHE Université de Strasbourg.
  • Caterina Franchini, docteure en Histoire et Critique du Patrimoine architectural, maître en Conservation (RLICC), qualifiée aux fonctions de professeur associé, chargée de recherche et d’enseignement (Politecnico di Torino), coordinatrice du projet européen MoMoWo Women’s creativity since the Modern Movement (2014-18, Project Leader E. Garda), advisor editor de la Global Encyclopedia of Women in Architecture.
  • Charles Gadea, professeur de sociologie, Université Paris Nanterre, membre de l'IDHES (UMR 8533), responsable du réseau thématique 1 (Travail, savoirs et professions) de l’AFS, co-responsable du comité de recherche 32 de l’AISLF, co-animateur du groupe transversal "Métiers de la ville" du Labex Futurs urbains, membre du bureau du MAGE et ancien président du RC 52 (Sociology of Professional groups) de l’ISA. 
  • Elise Koering, MCFA à l’Ensa Strasbourg, chercheure au LACTH (Ensap Lille), assistante de recherche à l'USIAS.
  • Nathalie Lapeyre, sociologue, professeure des universités, Université Toulouse Jean Jaurès, CERTOP CNRS UMR 5044, co-directrice du MAGE et du Réseau de recherche ARPEGE/Genre-Toulouse.
  • Nicky Le Feuvre, professeure de sociologie du travail à l’Université de Lausanne (Vice-doyenne en charge de l’égalité à la Faculté des Sciences sociales et politiques), co - directrice du programme Gender, Mobility & Occupations du Pôle national de recherche LIVES et pilote du projet DAISIE (Dynamics of Accumulated Inequality for Seniors in Employment) du programme européen NORFACE-DIAL.
  • Catherine Marry, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS, Centre Maurice Halbwachs, Paris.
  • Delphine Naudier, sociologue, directrice de recherche au CNRS, CSU-Cresppa/CNRS-Paris 8 (UMR 7217).
  • Frédérique Patureau, chargée d’études au Département des études, de la prospective et des statistiques (Deps) du Ministère de la Culture.
  • Rebecca Rogers, historienne, professeure, Université de Paris, UMR 8070 Cerlis, membre du comité de pilotage de la Cité du Genre-USPC, membre des comités de rédaction de Femmes, Genre, Histoire et Histoire de l’éducation.
  • Corinne Sadokh, architecte DPLG, MCF, chercheuse au LRA (Laboratoire de Recherche en Architecture, Ensa Toulouse), Membre du Conseil scientifique du RAMAU.

Timeline

  • Deadline for submission of abstracts: 15th October 2019

  • Notification of papers acceptance: 15th December 2019
  • Deadline for submission of articles (presentations should not exceed 20min): 15th March 2020
  • International Colloquium, Paris: 4-5th June 2020

Colloquium papers (presentations) will be available during the colloquium: authors will have, before the colloquium, an exchange with session chairs.

Peer-reviewed articles, based on a selection of presentations, will be published after the colloquium.

Notes

[1] Today, women represent 57% of the student population and, since 2006, make up the majority of those who acquired a credential known as HMONP (Habilitation à la Maîtrise d’Oeuvre en Nom Propre).

[2] The threshold of new registrations was crossed in 2018.

[3] Studies published in 2014 and 2016 on the professional integration of female urban planners. CNJU. 2018. « L’insertion professionnelle des jeunes urbanistes diplômés : l’intégralité des résultats de la 4ème enquête nationale du CNJU ». Collectif national des jeunes urbanistes (blog). 7 novembre 2018. www.jeunes-urbanistes.fr/?p=3289.

CNJU, et APERAU. 2014. « L’insertion professionnelle des jeunes urbanistes diplômés : état des lieux en 2014 ». Conseil National des Jeunes Urbanistes. www.jeunes-urbanistes.fr/?p=2541.

[4] Biarrotte, Lucile. Upcoming. « (Dé)genrer l’urbaniste. Cultures et organisations de genre dans les milieux de l’urbanisme en France (1919-2019) ». Thèse de doctorat, Paris: Université Paris Est. www.theses.fr/s142583 ; Darmon, Karine. 2017. « Ingénieur-E-s : combien êtes-vous, les filles ? » Studyrama Grandes Ecoles, 23 mars 2017. https://grandes-ecoles.studyrama.com/ecoles-d-ingenieurs/choisir-son-ecole/ingenieur-au-feminin/ingenieur-e-s-combien-etes-vous-les-filles-1787.html.

[5] https://www.aila.org.au//imis_prod/documents/Census%20Report%20-%20Women%20in%20Landscape%20Architecture_Dec%202018.pdf

[6] Ordre des architectes, Archigraphie 2018, p. 49

Bibliography

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  • CHADOIN Olivier, Être architecte : les vertus de l’indétermination : une sociologie du travail professionnel, Limoges, France, Pulim, 2013
  • DARLING Elizabeth, WALKER Lynne (eds.), AA women in architecture, 1917-2017, London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, AA Publications, 2017
  • DIDIER Béatrice, FOUQUE Antoinette, CALLE-GRUBER Mireille (dir.), Le dictionnaire universel des créatrices, Paris, France, Des femmes-Antoinette Fouque, 2013, 3 vol.
  • GINSBURGER Nicolas, « Les premières géographes universitaires en France : enquête sur les débuts d’une féminisation disciplinaire (1913-1928) », Cybergeo : European Journal of Geography[En ligne], Epistémologie, Histoire de la Géographie, Didactique, document 734, mis en ligne le 09 septembre 2015, consulté le 18 juillet 2019. URL : http://journals.openedition.org/cybergeo/27138 ; DOI : 10.4000/cybergeo.27138
  • GREED Clara, Women and Planning: Creating Gendered Realities, London, New York, Routledge, 1994
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  • LAPEYRE Nathalie, Les professions face aux enjeux de la féminisation, Toulouse, France, Octares, 2006
  • MOUCHEL Lydie, Femmes architectes « une histoire à écrire », DEA Histoire socio-culturelle, Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines, s.l., 2000

Places

  • Paris, France (75)

Date(s)

  • Tuesday, October 15, 2019

Keywords

  • genre, métier, architecture, urbanisme, paysage

Contact(s)

  • Isabelle Grudet
    courriel : isabelle [dot] grudet [at] paris-lavillette [dot] archi [dot] fr
  • Secrétariat du LET
    courriel : let [dot] secretariat [at] gmail [dot] com

Information source

  • Elise Macaire
    courriel : elise [dot] macaire [at] paris-lavillette [dot] archi [dot] fr

To cite this announcement

« Gender Dynamics and Practices in Architecture, Urbanism and Landscape Architecture », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, September 10, 2019, https://calenda.org/665134

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