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Moderne / modernisme. Qu'est-ce que la modernité en art ?

Modern and modernism. What is modernity in art?

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Publicado el martes 10 de septiembre de 2019 por Anastasia Giardinelli

Resumen

Ce colloque international et interdisciplinaire qui réunit des chercheurs en philosophie, histoire de l’art, littérature et musicologie entend explorer les réseaux sémantiques dans lesquels « le moderne » est pris afin de mieux cerner la façon dont se construit un concept moins descriptif que normatif. Si la question de la datation historique est pertinente, c’est plutôt au sens où chaque positionnement d’un début engage une certaine conception de ce que devrait être l’art. Au centre de la réflexion initiée se trouve donc un repérage des stratégies lexicales de la modernité. Par quels termes l’écart, la rupture, le changement, voire le révolutionnaire sont-ils à chaque fois exprimés ? Dans quel tissu d’oppositions et d’associations la modernité est-elle successivement placée ? 

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Argumentaire

Ce colloque international et interdisciplinaire qui réunit des chercheurs en philosophie, histoire de l’art, littérature et musicologie entend explorer les réseaux sémantiques dans lesquels « le moderne » est pris afin de mieux cerner la façon dont se construit un concept moins descriptif que normatif. De ce point de vue, la question de savoir quand commence la modernité artistique est assez secondaire. Vouloir repérer une origine historique, une œuvre incarnant la rupture, conduit à une régression : s’il existe de bons arguments pour soutenir que Manet a introduit la modernité en peinture (notamment depuis Michael Fried, La Place du spectateur, 1990), il y en a également en faveur de Courbet… et de Turner avant lui. Si la question de la datation historique est pertinente, c’est plutôt au sens où chaque positionnement d’un début engage une certaine conception de ce que devrait être l’art. Faire du Déjeuner sur l’herbe le premier tableau moderne, c’est juger de la réussite d’une œuvre en fonction d’un traitement précis de la spatialité ou du motif et, plus généralement, en fonction d’une certaine définition de l’art érigée en norme – à savoir ici une « peinture sans autre signification que peindre » (Bataille, Manet, 1955). Que le moderne soit une valeur apparaît en toute clarté avec le « modernisme » définissant l’art en termes de pureté, comme adéquation à son médium (Clement Greenberg, « Vers un nouveau Laocoon », 1940).

Au centre de la réflexion initiée se trouve donc un repérage des stratégies lexicales de la modernité. Par quels termes l’écart, la rupture, le changement, voire le révolutionnaire sont-ils à chaque fois exprimés ? Dans quel tissu d’oppositions et d’associations la modernité est-elle successivement placée ? Un double corpus peut être considéré : les écrits d’artistes (discours académiques, correspondances, manifestes) et ceux de leurs contemporains (notamment les critiques d’art) ainsi que ceux des générations qui suivent (historiens de l’art, philosophes) et qui insèrent doublement les œuvres dans un devenir de l’art et une esthétique. Mais ce sont aussi les œuvres elles-mêmes qui constituent une part du débat, un artiste pouvant répondre le pinceau ou le burin à la main ! – pensons à Manet, par exemple, construisant une pensée de la modernité dans Olympia qui est une citation déformante du topos de la femme couchée (Giorgione, Titien).

Si ce travail de repérage est nécessaire, c’est parce que définir la modernité comme ce qui rompt avec l’ancien ou au moins s’en distingue reste problématique. On pourrait soutenir en première intention que la modernité brise avec la tradition, les écoles, les académies, le « pompier », qu’elle succède à l’antique, à l’archaïque. Mais la fascination pour le primitivisme exprimée par des artistes modernes – archi-modernes même au sens où, comme Matisse, Gauguin, Klee ou Picasso, ils sont les icônes de la Modernité – indique que le moderne ne rompt pas mais rencontre le plus ancien. Inversement, un musée d’art de Boston échangeait en 1948 le nom de « Boston Museum of Art » pour celui d’« Institue of Contemporary Art » : le moderne était jugé comme trop élitiste, dépassé – ce qui révèle bien la dimension idéologique et politique qui s’accroche à ce terme. Et que penser de l’oxymore « klassiche Moderne » désignant une période des arts dont la modernité… est devenue classique ? Enfin, on peut d’autant moins se contenter des oppositions entre ancien et moderne que certains antonymes sont complexes et mouvants. Alors que pour Vasari, le gothique est synonyme de barbare, à partir de Goethe, les historiens de l’art allemands et français se querellent pour s’attribuer la paternité d’un style considéré comme un emblème national. On pourrait en dire autant de « maniériste », « baroque », « romantique », « impressionniste » (E. H. Gombrich, « The Stylistic Categories of Art History and Their Origins in Renaissance Ideals », 1966). L’exemple du gothique montre qu’appréhender la modernité en art à partir d’un réseau changeant de termes a aussi pour effet d’ouvrir l’éventail des époques considérées (non limitées donc à la période dite… « moderne »). Si le modernisme est un courant artistique bien identifié par les historiens de l’art, moment où l’art prendrait conscience de lui-même, s’interrogerait sur les propriétés de son médium et romprait avec les contraintes qui lui sont extérieures, les revendications de la modernité, entendue comme rupture avec le passé et apport de nouveauté, s’inscrivent dans une histoire du goût et de la réception esthétique bien plus ancienne. D’une part, le mot n’est pas neuf : il attesté depuis la fin du Vsiècle (où, comme le rappelle Jauss, il n’a « d’abord que le sens technique impliqué par son étymologie : il marque la frontière de l’actualité » (Pour une esthétique de la réception, 1978). Modernus vient du latin hodiernus (d’aujourd’hui) et de modo(adverbe qui signifie récemment). D’autre part, on peut raisonnablement faire l’hypothèse que la perception et l’évaluation d’une rupture par le public contemporain et postérieur, ne sont pas un phénomène récent – Platon ne notait-il pas déjà, pour la critiquer, l’introduction d’un certain perspectivisme auquel il préfèrerait l’immobilisme de l’art égyptien ? En bref, une étude lexicale du « topos » moderne doit permettre de clarifier la fonction de la revendication de modernité ou de sa dénonciation/condamnation et des mots d’ordre apparentés (avant-gardiste, « jung », à la mode !), moins donc pour caractériser un style moderne que pour dégager un certain argumentaire des conflits. Et l’œuvre d’art, qui engage la sensibilité et la passion, semble être un objet propre à susciter de telles querelles. Une telle étude collective, faite avec rigueur plus qu’à coups de manifestes, doit ouvrir à un essai de rétrospection cernant ce que, vues d’aujourd’hui, les diverses revendications de modernité ont en commun : une expérience spécifique du temps et une construction de l’historicité, un souci d’interpénétration des arts, une remise en cause de l’idée traditionnelle du beau, de l’art, de l’idéal, un lien ravivé entre art et politique, ou entre l’art et la vie. Enfin, si l’on veut bien tenir pour remarquable le fait que l’article d’histoire des concepts de R. Piepmeier « Modern, die Moderne » pour le Dictionnaire historique de philosophie de J. Ritter et K. Gründer, traite de la seule modernité artistique, on peut se demander si la prise en compte du champ de l’art permet de tirer des conclusions originales quant à la modernité, différentes de celles amenées par une réflexion sur la modernité technique ou sociale par exemple.

Programme

25 et 26 septembre 2019

à l’ENS de Lyon, 15 Parvis Descartes, 69742 Lyon,Site Buisson, D8-006

Mercredi 25 septembre 2019

14h00 – 14h20h Mots introductifs des organisateurs.

Section 1 : Le moderne avant la modernité

Modération : Audrey Rieber

  • 14h20 – 15h00 Marina Seretti : « Ce que peut une œuvre d’art », la maniera moderna : liberté de l’artiste et fascination du spectateur à l’époque de la Renaissance.
  • 15h00 – 15h40 Pierre-Henri Frangne : Artusi/Monterverdi ou la querelle de la musique moderne (1600-1638).

15h40 – 16h00 Pause

  • 16h00 – 16h40 Gerald Wildgruber : Sous le masque d’Ossianhle programme herderien d’une antiquité non classique ou la découverte de la modernité picturale.
  • 16h40 – 17h20 Clemens Pornschlegel : Le problème de la modernité dans le Faust de Goethe.

17h20 – 17h40 Pause

Section 2 : Du moderne au modernisme

Modération : Pierre-François Moreau

  • 17h40 – 18h20 Stéphanie Borel-Giraud : L’œuvre graphique de Grandville (1803-1847) : le manifeste esthétique d’un artiste industriel.
  • 18h20 – 19h00 Michael Zimmermann : Manet et le self-fashioning. Le présent qui aura été.

Jeudi 26 septembre 2019

Modération : Luisa Sampugnaro

  • 9h00 – 9h40 Sarah Troche : L’œil innocent : un mythe fondateur de la modernité.
  • 9h40 – 10h20 Matilde Manara « Pressing back against the pressure of reality ». La pensée lyrique à l’épreuve de la modernité.
  • 10h20 – 11h00 Yann Frémy : « Il faut être absolument moderne » : une formule ambivalente ?   
  • 11h00 – 11h20 Pause
  • 11h20 – 12h00 Fleur Thaury : Repenser la distinction entre « modernité » et « avant-garde » : le problème de la temporalité dans le Futurisme italien.
  • 12h00 – 12h40 Anne Boissière : Prendre soin de la régression.

Pause déjeuner

Section 3 : Le moderne, et après ?

Modération : Baptiste Tochon-Danguy

  • 14h20 – 15h00 François Demont, Entre littérature et peinture : la modernité comme effet de discours chez Ponge et Paulhan.
  • 15h00 – 15h00 Pierre Fargeton Le poète et le bûcheron : la modernité et le politique chez deux figures de la critique de jazz en France : Hugues Panassié (1912-1974) et André Hodeir (1921-2011).

15h40 – 16h00 Pause

  • 16h00 – 16h40 Jean-Philippe Narboux L’œuvre d’art au stade moderniste. De Greenberg à Cavell.
  • 16h40 – 17h20 Alice Dupas, De l’art moderne à l’art néo-avant-gardiste conceptualisé dans le champ des arts visuels plastiques.

17h30 Fin du colloque

Organisateur

  • Pierre-François Moreau
  • Audrey Rieber 
  • Baptiste Tochon-Danguy

Dans le cadre du Labex Comod (« Constitution de la modernité »), avec le soutien de l’Université de Lyon, de l’ENS de Lyon et du laboratoire IHRIM.

Programmation complète et détaillée disponible sur le site de l’IHRIM : http://ihrim.ens-lyon.fr/evenement/moderne-modernisme-qu-est-ce-que-la-modernite-en-art

Pour toute demande d’information, écrire à cette adresse : baptiste.tochon-danguy@ens-lyon.fr.

Lugares

  • Site Buisson, D8-006 - 15 Parvis Descartes
    Lyon, Francia (69007)

Fecha(s)

  • miércoles 25 de septiembre de 2019
  • jueves 26 de septiembre de 2019

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Palabras claves

  • modernité, art, esthétique, histoire de l'art, philosophie

Contactos

  • Baptiste Tochon-Danguy
    courriel : baptiste [dot] tochon-danguy [at] ens-lyon [dot] fr

URLs de referencia

Fuente de la información

  • Baptiste Tochon-Danguy
    courriel : baptiste [dot] tochon-danguy [at] ens-lyon [dot] fr

Para citar este anuncio

« Moderne / modernisme. Qu'est-ce que la modernité en art ? », Coloquio, Calenda, Publicado el martes 10 de septiembre de 2019, https://calenda.org/665958

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