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Social science and expertise in the political and political contemporary worlds

Sciences sociales et expertises dans les mondes politiques et sociaux contemporains

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Published on Wednesday, September 25, 2019 by Anastasia Giardinelli

Summary

Les sciences sociales et politiques sont traversées par des tensions entre un impératif de diffusion à d’autres mondes sociaux et un risque lié à leur possible instrumentalisation ou détournement. La réflexion autour de la scientificité et de l’utilité sociale de ces disciplines s’accompagne ainsi d’une interrogation renouvelée sur l’engagement du chercheur dans les différentes mondes sociaux auquel il est confronté. Ce colloque pluridisciplinaire interrogera la production des savoirs académiques dans différents contextes notamment en situation d’expertise, dans un cadre militant ou encore dans la posture épistémique particulière que constitue le contrat Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche).

Announcement

Argumentaire

L’espace scientifique peut être conçu comme un espace de lutte où les disciplines cohabitent et se disputent des profits de légitimité. Les sciences sociales cherchent constamment à réinventer leurs objets et faire montre de leur utilité en « collant au réel », en prétendant l’expliquer, tout en adoptant une prudence à l’égard d’autres types de postures décrivant le monde (art, journalisme). La vie des savoirs en sciences sociales constitue un champ d’étude à la fois spécialisé et transversal auquel les chercheurs-euses de tous horizons contribuent bien souvent au terme de leur recherche, en partageant leur retour d’expérience ou en analysant les difficultés rencontrées dans la production du savoir.

Le regard peut être porté sur les transformations contemporaines des conditions de production des savoirs (« recherche-action » ou collaborative, modalités de financement, thèses Cifre...). La diffusion se raccroche à d’autres enjeux (démocratisation, vulgarisation, médiatisation etc.) qui sont autant de dynamiques visant à « rendre accessible » le travail des chercheurs-euses. Ces derniers veulent éviter d’être considéré-e-s comme dans « une tour d’ivoire », au risque parfois d’être désavoué par les pairs. De même, les liens entre sociologues-politistes et décideurs publics existent, et mettent parfois les premiers dans une position complexe : produire du savoir pouvant « éclairer » l’action publique tout en se gardant de devenir « expert » ou au contraire en endossant consciemment cette étiquette. Alors même que l’impératif de valorisation scientifique s’alourdit, comment les chercheurs-euses adoptent-ils/elles des stratégies et modes de diffusion nouveaux ? Comment jouer entre le renforcement d’un impératif de valorisation hors du champ académique et les risques possibles liés aux contre-usages et instrumentalisations des savoirs ?

Pour répondre aux difficultés internes au champ scientifique, quelles stratégies de valorisation, d’évitement, de contournement les chercheurs-euses mettent-ils/elles en place vers l’extérieur du champ et pour quelles formes de profits ? Comment les impératifs de valorisation pour la reconnaissance influent-ils sur les modes de diffusion à l'extérieur du champ scientifique ?

Ce colloque vise avant tout à interroger des expériences originales de recherche, en prenant cette dernière au sens large de la phase d’élaboration et d’enquête jusqu’aux moments de diffusion, restitution, voire valorisation des travaux. Nous proposons une approche qui resitue les acteurs et leur position dans le champ scientifique, nouveaux entrants ou chercheurs-euses établi-e-s, en partant de l’hypothèse que cette variable joue sur les stratégies de valorisation des savoirs. Nous interrogerons en outre les rapports qu’entretiennent les disciplines des sciences sociales et politiques aux mondes sociaux. Ces disciplines induisent nécessairement un rapport aux acteurs, militants et politiques, sur lesquels elles produisent du savoir mais aussi avec qui elles entretiennent des liens. Le chercheur n’est pas extérieur à ces configurations. Dans un contexte où les mondes sociaux sont en mesure de produire des savoirs indigènes, quels sont les apports spécifiques de la réflexivité scientifique ?

Comité d’organisation

  • Antoine Police (Sciences Po Rennes, Arènes) 
  • Patrice Diatta (Sciences Po Rennes, Chaire TMAP) 

(étudiant-e-s de masters GMT et APP de Sciences Po Rennes)

  • Faustine Godefroy
  • Valentin Goujon
  • Angèle Le Prigent
  • Jeanne Thomas
  • Francois de Souza

Comité scientifique

  • Corinne Delmas (Université de Nantes, CENS) 
  • Anne-Cécile Hoyez (CNRS, ESO)
 
  • Dominique Marchetti (CNRS, CSE, EHESS) 
  • Eugénie Saitta (Université Rennes 1, ARENES)
  • Julien Weisbein (Sciences Po Toulouse, LASSP)
  • Thomas Aguilera (Sciences Po Rennes, ARENES) 
  • Benoit Giry (Sciences Po Rennes, ARENES)
  • Erik Neveu (Sciences Po Rennes, ARENES)
  • Christian Le Bart (Sciences Po Rennes, ARENES)
 
  • Sylvie Ollitrault (CNRS, ARENES)

  • Romain Pasquier (CNRS, ARENES, Chaire TMAP) 

  • Marc Rouzeau (Chaire TMAP, Sciences Po Rennes, ARENES, Askoria)

Invitée d’honneur : Corinne Delmas (Université de Nantes, CENS)

Programme de la journée - Vendredi 4 octobre 2019

Café d’accueil - 8h30-9h

Mots d’accueil - 9h-9h30

  • Mot d’accueil des organisateurs-rices
  • Mot d’accueil du laboratoire : Sylvie Ollitrault (CNRS, Directrice de l’UMR 6051 Arènes)

** Sessions parallèles - 9h30-12h **

Session 1 : Savoirs académiques en contexte militant

Les liens entre sociologie et militantisme sont au cœur de l’interrogation des tensions entre posture heuristique et posture critique. Les sciences sociales et politiques constituent une entreprise de déconstruction des idéologies ou des discours vus comme « dominants », mais aussi de dévoilement de processus cachés, en toute autonomie des agendas propres aux acteurs. Dès lors comment aborder les situations de production des savoirs en milieu militant, les usages et mésusages des sciences pour “la cause” ? Quelles frontières, mais aussi quelle passerelles entre posture de neutralité et engagement du chercheur ?

Présidence : Erik Neveu (Sciences Po Rennes, Arènes)

Discussion : Guillaume Sabin (Université Rennes 1, Arènes)

  • Naila BEDRANI (Réseau Agricole des Îles Atlantiques, ESO-Université Rennes 2) : Quand des acteurs militants appellent la recherche à la rescousse : de l’efficacité réelle à la dimension symbolique, entre construction de connaissances et publicisation
  • Antoine LALANDE (CELSA-GRIPIC) : Le Lieu-Dit : terrain d’exploration des situations de vulgarisation des sciences sociales en milieu militant.
  • Jérôme MICHALON (CNRS, CID 53), Antoine DORÉ (INRA, UMR Agir, Toulouse) et Fabien CARRIÉ (FNRS, Louvain : Rendre (in)visible la cause animale.
  • Sarah PERRET (ENS Paris, Chaire de géopolitique du risque, conseillère parlementaire et consultante), Julien FRAGNON (chargé de mission à la Mairie de Villeurbann et chercheur associé à Sciences Po Lyon, Triangle) et Willy BEAUVALET (MCF en science politique, Université Lumière Lyon 2, Triangle) : Qu’est-ce que le fait d’être un.e acteur/trice politique fait à la/les politiques publiques ? Retours réflexifs.

Session 2 : Savoirs académiques en situation(s) d'expertise

L’expertise constitue un mode à part entière de socialisation des savoirs académiques, à l’intersection entre monde scientifique et action publique. Les objets et les terrains d’enquête en sciences sociales et politiques amènent les chercheurs à se retrouver de plus en plus fréquemment dans ces “situations d’expertise”. Dans quelle mesure l’activité de recherche est-elle compatible avec les activités de l'expert que sont le conseil au politique, la préconisation et l’évaluation en matière de politiques publiques ? En retour, comment la science se nourrit-elle de ces expériences, sont-elles seulement légitimes en milieu académique ? Quelle(s) place(s) accorder aux savoirs experts dans leur diversité, qu’ils émanent de l’expert de métier, de l’usager ou de l’habitant ?

Présidence : Marc Rouzeau (Sciences Po Rennes, Chaire TMAP, Arènes, Askoria)

Discussion : Thomas Aguilera (Sciences Po Rennes, Chaire TMPA, Arènes)

  • Rémy CAVENG (Curapp-ESS, UMR 7319, UPJV-CNRS ; SFR Condorcet, FR 3417, CNRS-UPJV-URCA) et Sylvain THINE (CURAPP-ESS, UMR 7319, UPJV-CNRS) : Rendre le devenir du monde acceptable ? Entre sciences, action publique et acteurs privés, des sociologues embarqués dans la transition écologique.
  • Jeanne CHAUVEL (Arènes UMR 6051, Chaire TMAP/Sciences Po Rennes) : Peut on faire de la recherche et "préconiser" ? Perspectives pratiques, épistémologiques et théoriques des New Policy sciences.
  • Marine LE CALVEZ (2L2S, Université de Lorraine) : Impliquer les aînés dans l’adaptation des territoires au vieillissement : retour sur une recherche participative.
  • Lison LENEVELER (Centre de Recherches Juridiques - Résidence au Rize) : Mener une recherche empirique dans le cadre d’une thèse CIFRE au sein d’une collectivité territoriale, l’étude du cas villeurbannais pour l’accueil des migrant.e.s.
  • Conférence “Grand témoin” (13h30-15h) Corinne DELMAS, professeure de sociologie à l'Université de Nantes et membre du Centre nantais de sociologie (CENS, UMR 6025)

Animation : Antoine Police (Sciences Po Rennes, Arènes)

** Sessions parallèles - 15h-17h30 **

Session 3 : Des chercheur.euses en action

Postures d'énonciation, indépendance et engagement

Depuis plusieurs décennies désormais, les chercheurs se sont attaqués à la question de leur posture épistémique vis- à-vis de l’action publique et politique. Il s’agira, à partir de retours d'expériences de chercheurs, de se poser un ensemble de questions autour des différentes postures endossées par les chercheurs face aux décideurs publics. Comment la perception de ce qu’est un lien vertueux et fécond entre monde académique et monde politique a t-elle évolué avec le temps ? Dans quelle mesure les SHS sont-elles vues comme utiles à la décision politique ? Une recherche se voulant “dépolitisée” est-elle synonyme d’une plus grande efficacité ou pousse-t-elle au contraire à une certaine inaction?

Présidence : Jean-François Polo (Sciences Po Rennes, Arènes)

Discussion : Eugénie Saitta (Université Rennes 1, Arènes)

Eric BRUN (CURAPP-ESS, Université de Picardie) : Les SHS en campagne, entre expertise et prophétie. Les interventions de chercheurs et universitaires durant les élections européennes de 2014 (Le Monde, Libération, Le Figaro).

François CATHELINEAU et Aubin DODARD (Agence Phare) : Rendez-vous en terrain connu : Quelle place pour les sciences humaines et sociales dans l’évaluation des politiques publiques ?

Emmanuel KLIMIS (Université Saint-Louis, Bruxelles) : 20 ans de recherche en appui aux politiques belges de coopération au développement : l’evidence-based research comme stratégie de dépolitisation.

Claude MARTIN, (CNRS, Chaire CNAF-EHESP, Arènes) : Recherches et demandes sociales : témoignages et réflexions sur un parcours.

Session 4 : La production de savoirs en thèse Cifre

Les contrats Cifre constituent une modalité en expansion dans la production des savoirs en sciences sociales et politiques. Ce dispositif émergent donne lieu à des situations épistémiques particulières pour le chercheur. En dépassant l’interrogation, voire l’inquiétude latente, concernant les conflits d’intérêts face à l’organisation ou la menace sur l’indépendance du scientifique, il faut interroger la fécondité de cette posture. Comment contribue-elle à réinventer des modes de production des savoirs scientifiques ?

Présidence : Benoit Giry (Sciences Po Rennes, Arènes, Chaire TMAP)

Discussion : Flavie Ferchaud (Lab’urba, Université Paris-Est Marne-la-Vallée)

  • Tatiana DE FERAUDY (Université Paris I Panthéon Sorbonne, CESSP) : Être chercheur et acteur de son terrain : stratégies, contournements et « bricolages » pour la réalisation d’une enquête de terrain dans le cadre d’une thèse en Cifre.
  • Marianne LE GAGNEUR (IRIS, EHESS) : Quelles méthodologies pour une thèse Cifre en entreprise ? La nécessité d'une enquête tournée vers l'action.
  • Mathilde MARCHAND (Ecole des Ponts Paris Tech, LATTS et coopérative conseil ACADIE) : Allier postures de doctorante et de consultante en thèse Cifre : disqualification ou légitimation ?
  • Antonin THYRARD, (Ehess ; CEMS) : Penser la commande plutôt que la subir ? Réflexions autour d’une CIFRE en évaluation des politiques publiques.

Information générale

Le colloque sera suivi d’un Forum des Territoires qui se tiendra le samedi 5 octobre à Sciences Po Rennes. Cet événement, ouvert à tout.e.s, marquera les 15 ans des masters recherche (APP) et expertise (GMT) de Sciences Po Rennes. Le programme détaillé de cette journée, proposant conférences et tables rondes sur les enjeux de la formation et des métiers de l’expertise de l’action publique, est disponible à l’adresse suivante sur le site du laboratoire Arènes.

Pour toute demande de renseignements, veuillez adresser un email à l’adresse suivante colloqueiep2019@gmail.com

Places

  • Sciences Po Rennes - 104 boulevard de la Duchesse Anne
    Rennes, France (35700)

Date(s)

  • Friday, October 04, 2019

Keywords

  • expertise, militantisme, savoirs académiques, médias

Contact(s)

  • Antoine Police
    courriel : colloqueiep2019 [at] gmail [dot] com

Reference Urls

Information source

  • Antoine Police
    courriel : colloqueiep2019 [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Social science and expertise in the political and political contemporary worlds », Conference, symposium, Calenda, Published on Wednesday, September 25, 2019, https://calenda.org/673050

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