InicioNature, environnement et écocritique dans les littératures et cultures francophones

Nature, environnement et écocritique dans les littératures et cultures francophones

Nature, environment and ecocritique in literatures and French-speaking cultures

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Publicado el lunes 07 de octubre de 2019 por Céline Guilleux

Resumen

Depuis les années 1990, on observe un intérêt croissant pour les questions d’ordre écologique suscitées par les conséquences directes du réchauffement global et la destruction des moyens de subsistance de millions d’individus. Alors que les travaux scientifiques sur les relations entre l’individu et l’environnement se sont tout d’abord concentrés sur la région anglophone et ont émergé – sous le nom « Ecocritism » – comme un nouveau domaine de recherches interdisciplinaire des études littéraires aux États-Unis, les approches théoriques de ce champ en plein essor sont de plus en plus discutées en Europe. À ce sujet, il est étonnant de constater que les approches écocritiques n’ont jusqu’à présent guère été reçues dans la romanistique germanophone. Partant de ce désidératum, la section se propose de faire le point sur les discours écocritiques et écopoétiques actuels, d’explorer les relations historiques entre nature, environnement et individu, et de discuter le potentiel des approches écocritiques dans les littératures francophones anciennes et contemporaines.

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Coordination

Marie-Therese Mäder, Gisela Febel Universität Bremen

Argumentaire

Depuis les années 1990, on observe un intérêt croissant pour les questions d’ordre écologique suscitées par les conséquences directes du réchauffement global (conditions météorologiques extrêmes, hausse du niveau de la mer, fonte des glaciers, dérives climatique et végétative) et la destruction des moyens de subsistance de millions d’individus. Récemment, le mouvement planétaire Fridays for Future a attiré l’attention sur le fait que nous sommes à la croisée des chemins. Alors que les travaux scientifiques sur les relations entre l’individu et l’environnement se sont tout d’abord concentrés sur la région anglophone et ont émergé – sous le nom « Ecocritism » – comme un nouveau domaine de recherches interdisciplinaire des études littéraires aux États-Unis (cf. Buell 1995), les approches théoriques de ce champ en plein essor sont de plus en plus discutées en Europe. Dans le monde francophone, il convient de mentionner le caractère novateur des travaux du Belge Pierre Schoentjes (2015) et de la Canadienne Stéphanie Posthumus (2017). Schoentjes se consacre lui-même à l’écriture et a reçu, en 2015, le prix Vossaert pour son essai écopoétique Wildproject. Tenant compte de la tradition philosophique (Serres 1992, 2000; Latour 1999; Guattari 1989; Schaeffer 2011), Posthumus, quant à elle, a identifié des éléments d’une variante française d’approches écocritiques (‘French Ecocritique’) afin de les appliquer à un ensemble de romans contemporains. Enfin, les impulsions comparatistes et postcoloniales ont, elles aussi, fondamentalement contribué à élargir le champ au cours des quinze dernières années ; tant sur le plan spatial, en cela qu’elles considèrent également les littératures caribéennes, subsahariennes, canadiennes et latino-américaines, que sur le plan thématique, dans la mesure où elles mettent en évidence les liens existants entre l’oppression coloniale et la répartition inégale des ressources. Dans ce contexte, il convient également de nommer l’émergence de travaux qui s’attachent à combiner les complexes thématiques de la nature et de l’environnement avec des théories relatives à la diaspora, l’expulsion, l’hybridation ainsi qu’à la mondialisation. À ce sujet, il est étonnant de constater que – contrairement à la germanistique (Schmitt/Solte-Gresser 2017) et aux études anglo-américaines (Gersdorf/Mayer 2006) où elles sont établies – les approches écocritiques n’ont jusqu’à présent guère été reçues dans la romanistique germanophone.

Partant de ce désidératum, la section se propose de faire le point sur les discours écocritiques et écopoétiques actuels, d’explorer les relations historiques entre nature, environnement et individu, et de discuter le potentiel des approches écocritiques dans les littératures francophones anciennes et contemporaines. Dans cette perspective, les contributions sur les auteurs engagés issus des courants postcoloniaux s’avèrent particulièrement pertinentes : parmi eux, on peut nommer entre autres Raphaël Confiant et Louis Boutrin (Chronique d’un empoisonnement annoncé, 2007), Lucie Pradel (L’âme du monde. Pour une écocritique du patrimoine culturel, 2017), Jacques Roumain (Gouverneurs de la rosée, 1994) ou encore Alain Mabanckou (Verre cassé, 2005). Tout aussi appropriées seront des contributions relatives aux dystopies de la destruction de la nature (Sous béton de Karoline George, 2011), aux utopies alternatives (Afrotopia de Felwine Sarr, 2016) ou encore aux réinterprétations écocritiques de textes historiques et contemporains, des histoires naturelles (Voyage à la Martinique de Thibault de Chanvalons, 1763 ; Voyage à la Guadeloupe de Félix Longin, 1848), à la métaphore de la nature chez Maryse Condé (Traversée de la Mangrove, 1989) ou aux descriptions de paysages de J.M.G. Le Clézio (La Quarantaine, 1995). La section se focalise surtout sur des questions littéraires et culturelles. Toutefois, les contributions traitant la thématique dans une perspective linguistique ou didactique sont elles aussi les bienvenues. La publication des actes de la section est prévue.

Modalités de soumission

Les propositions de communication, d’une longueur de 300 mots maximum, accompagnées d’un aperçu biobibliographique,

sont à envoyer d’ici au 15 janvier 2020

à Marie-Therese Mäder et Gisela Febel : mmaeder@uni-bremen.de, febel@uni-bremen.de

Bibliographie

Boucher, James/Laborde, Cynthia (dir.) (2019), Alternative Francophone, vol. 2 (4), Nature, environ-nement et écologie. Pour une approche écocritique de la littérature francophone.

Buell, Lawrence (2006), The Future of Environmental Criticism. Environmental Crisis and Literary Imagination, Malden, Blackwell.

Buell, Lawrence (1995), The Environmental Imagination. Thoreau, Nature Writing, and the Formation of American Culture, Cambridge, Belknap.

Bühler, Benjamin (2016), Ecocriticism. Grundlagen – Theorien – Interpretationen, Stuttgart, Metzler.

Confiant, Raphaël/Boutrin, Louis (2007), Chronique d’un empoisonnement annoncé. Le scandale du Chlordécone aux Antilles françaises, Paris, L’Harmattan.

David, Sylvain/Vadean, Mirella (dir.) (2014), La pensée écologique et l’espace littéraire, Montréal, Université du Québec à Montréal.

Deloughrey, Elizabeth/Handley, George B. (ed.) (2011), Postcolonial Ecologies. Literatures oft he Environment, Oxford, Oxford Univ. Press.

Ferry, Luc (1992), Le nouvel ordre écologique. L’arbre, l’animal et l’homme, Paris, Grasset.

Finch-Race, Daniel/Posthumus, Stéphanie (ed.) (2017), French Ecocriticism. From the Early Modern Period to the Twenty-First Century, Frankfurt/Main, Peter Lang.

Gersdorf, Catrin/Mayer, Sylvia (ed.) (2006), Nature in Literary and Cultural Studies. Transatlantic Conversations on Ecocriticism, Amsterdam, Rodopi.

Heise, Ursula (2013), „Ecocriticism/Ökokritik”, in: Ansgar Nünning (Hg.), Metzler Lexikon Literatur- und Kulturtheorie. Ansätze – Personen – Grundbegriffe, 5. aktual. u. erw. Aufl., Stuttgart, Metzler, 128-129.

Guattari, Félix (1989), Les trois écologies, Paris, Galilée. Latour, Bruno (1999), Politiques de la nature. Comment faire entrer les sciences en démocratie, Paris, La Découverte.

Posthumus, Stéphanie (2017), French Écocritique. Reading Contemporary French Theory and Fiction ecologically, Toronto, UP Toronto.

Pradel, Lucie (2017), L’âme du monde. Pour une écocritique du patrimoine culturel, Paris, Hermann.

Schaeffer, Jean-Marie (2011), Petite écologie des études littéraires. Pourquoi et comment étudier la littérature?, Vincennes, Thierry Marchaisse.

Schmitt, Claudia/Solte-Gresser, Christiane (Hg.) (2017), Literatur und Ökologie. Neue literatur- und kulturwissenschaftliche Perspektiven, Bielefeld, Aisthesis.

Schoentjes, Pierre (2015), Ce qui a lieu. Essai d’écopoétique, Marseille, Wildproject.

Serres, Michel (2000), Retour au contrat naturel, Paris, Bibliothèque nationale de France.

Serres, Michel (1992), Le contrat naturel, Paris, Flammarion.

Suberchicot, Alain (2012), Littérature et environnement. Pour une écocritique comparée, Paris, Champion.

Trivisani-Moreau, Isabelle/Postel, Philippe (2019) (dir.), Natura in fabula. Topiques romanesques de l’environnement, Leiden/Boston, Brill Rodopi.

Zapf, Hubert (2016), Handbook of Ecocriticism and Cultural Ecology, Berlin/Boston, De Gruyter.

Lugares

  • Viena, Austria (1090)

Fecha(s)

  • miércoles 15 de enero de 2020

Palabras claves

  • écocritique, écopoétique, nature, environnement, littérature francophone

Contactos

  • Marie-Thérèse Mäder
    courriel : mmaeder [at] uni-bremen [dot] de

URLs de referencia

Fuente de la información

  • Marie-Thérèse Mäder
    courriel : mmaeder [at] uni-bremen [dot] de

Para citar este anuncio

« Nature, environnement et écocritique dans les littératures et cultures francophones », Convocatoria de ponencias, Calenda, Publicado el lunes 07 de octubre de 2019, https://calenda.org/678409

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