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Writing workshops at university: teaching practices between constraint and experience

Les ateliers d’écriture à l’université : une pratique pédagogique entre contrainte et expérience

Synergies Italie journal no. 16/2020

N°16/2020 de la revue « Synergies Italie »

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Published on Monday, October 07, 2019 by Céline Guilleux

Summary

Ce numéro de la revue Synergies Italie sera l’occasion d’interroger les conceptions qui sous-tendent les ateliers d'écriture mis en place dans les universités. Car si les types d’écriture créative sont variés, il nous semble que deux tendances majeures se dégagent : l’une, que l’on pourrait nommer écriture contrainte, s’appuie sur des règles formelles tenant lieu d’élan pour la production (à titre d’exemple, on peut citer le lipogramme, et plus généralement l’ensemble des exercices oulipiens) ; l’autre, que l’on pourrait nommer écriture expérientielle, fait appel au vécu ou à la perception individuelle (que l’on pense par exemple au laboratorio di scrittura di esperienza di Lea Melandri).

Announcement

La revue Synergies Italie, revue francophone indexée dans de nombreuses bases de revues scientifiques dont ERIH PLUS, Scopus et Anvur, lance un appel à contributions pour la publication du n°16/2020 sur le thème suivant :

Coordination

Numéro coordonné par Benoît Monginot et Sybille Orlandi

Argumentaire

Comment expliquer la relative rareté des pratiques pédagogiques créatives à l’université ? S’il existe depuis les années 2000 un mouvement qui a conduit, en France, à la création de différentes formations universitaires en écriture créative, si sont apparues, en Italie, des écoles qui proposent des formations aux métiers de l’écriture, il semble que l’intérêt de ces pratiques peine à apparaître dans des cursus qui n’ont pas spécifiquement pour but l’écriture elle-même. Plusieurs pistes de réponses peuvent être proposées. Tout d’abord, une rupture assez forte semble se jouer au niveau du baccalauréat, qui marque un véritable tournant : alors qu’il y a dans l’enseignement primaire et secondaire un intense effort de réflexion pédagogique, les pratiques universitaires sont plus rarement questionnées. Malgré l’existence de travaux dirigés et autres ateliers au cours desquels les étudiants sont souvent formés à accomplir des tâches selon un protocole déterminé (résumés, dissertation, argumentation), à l’université l’enseignement magistral continue d’être la norme. L’idée qu’il s’agit de transmettre un savoir dont l’enseignant est un éminent spécialiste conditionne de fait les pratiques pédagogiques. De plus, l’intérêt et l’investissement des étudiants adultes est souvent considéré comme acquis, ce qui relègue au second plan la question de la relation et de l’événement pédagogiques qui adviennent en cours.

Si dans les universités françaises (où domine un rapport à la littérature fondé sur la fréquentation assidue d’extraits et une « culture du commentaire » (Michel Charles, 1985, Violaine Houdart-Merot, 2015) et italiennes (où l’enseignement de la littérature est souvent abordé depuis une perspective historique), il semble qu’on hésite à accorder une place substantielle à la fabrique – collective ou individuelle – de textes, il existe pourtant, sous la forme d’initiatives ponctuelles plus ou moins institutionnalisées (ateliers parallèles, voire pleinement intégrés dans les maquettes), des approches résolument tournées vers le « faire », qui envisagent l’écriture créative comme un levier dans la formation des étudiants, que ce soit dans des parcours littéraires stricto sensu ou au sein de cursus relevant plus largement des sciences humaines.

Ce numéro sera l’occasion d’interroger les conceptions qui sous-tendent les ateliers mis en place. Car si les types d’écriture créative sont variés, il nous semble que deux tendances majeures se dégagent : l’une, que l’on pourrait nommer écriture contrainte, s’appuie sur des règles formelles tenant lieu d’élan pour la production (à titre d’exemple, on peut citer le lipogramme, et plus généralement l’ensemble des exercices oulipiens) ; l’autre, que l’on pourrait nommer écriture expérientielle, fait appel au vécu ou à la perception individuelle (que l’on pense par exemple au « laboratorio di scrittura di esperienza » di Lea Melandri).

Ce ne sont là bien évidemment que les pôles d’un même continuum, sur lequel on pourrait imaginer de nombreuses saisies intermédiaires. En effet, les ateliers de nature expérientielle s’appuient souvent sur des contraintes linguistiques précisément définies comme en témoigne par exemple le travail de François Bon (Bon, 2015). Et réciproquement, la pratique montre que les ateliers fondés sur des contraintes arbitraires conduisent fréquemment à une remotivation de la contrainte de la part du participant ou qu’ils produisent à tout le moins des textes porteurs d’une subjectivation, d’une appropriation du discours malgré l’altérité arbitraire de la consigne (voir Maizonniaux, 2015).

Cette tension entre l’altérité d’une contrainte qui accompagne le participant et le guide dans son entrée en écriture et l’investissement de l’apprenant dans le texte qu’il produit constitue sans doute un des principaux intérêts pédagogiques de ces pratiques. S’il est vrai qu’apprendre signifie s’approprier l’altérité d’un savoir ou d’un savoir-faire, la dialectique entre l’altérité de la consigne et l’appropriation de ce qui en résulte rejoue de manière ludique l’intrigue de tout apprentissage et permet de dédramatiser le rapport au savoir tout en le vivifiant. On comprend alors que les ateliers d’écriture puissent représenter une précieuse ressource y compris hors des parcours strictement littéraires, que ce soit dans l’apprentissage d’une langue ou plus généralement pour l’ensemble des études en sciences humaines.

Les grands axes autour desquels pourront s’organiser les propositions sont les suivants :

  1. Dans le cadre de l’atelier, comment penser la dialectique entre écriture contrainte et écriture expérientielle ? Comment celle-ci est-elle lisible dans les textes produits par les participants ? Comment guide-t-elle les protocoles pédagogiques adoptés par l’enseignant ?

  2. Quelles sont les inspirations littéraires qui nourrissent chacun des deux types d’approches dans la pratique des ateliers d’écriture ?

  3. Comment la théorie littéraire nourrit-elle celle des ateliers d’écriture ? Comment permet-elle de penser ou de dépasser la polarisation proposée entre contrainte et expérience ?

Bien sûr ces axes ne sont pas limitatifs. En outre, les propositions pourront être de différentes natures. Les auteurs pourront présenter de manière réflexive leurs pratiques pédagogiques ou celles qu’ils auront pu observer mais des approches plus théoriques seront également prises en considération. Enfin, précisons que les articles peuvent porter sur toutes les aires géographiques sans restriction.

Consignes, format de soumission et sélection

L’auteur de la proposition, avant tout engagement, devra consulter directement en ligne :

Les propositions d’articles seront présentées sous forme d’un résumé de deux pages maximum (format A4, police Times taille 10), incluant 5 mots-clés et les éléments essentiels de bibliographie, et envoyées par courriel à l'adresse suivante : synergies.italie@gmail.comElles seront transférées pour évaluation au comité scientifique de la revue.

NB : Les doctorants et chercheurs francophones italiens menant leurs travaux dans un autre domaine couvert par la revue (Ensemble des Sciences Humaines et Sociales, culture et communication internationales, sciences du langage, littératures francophones, didactique des langues-cultures, éthique et théorie de la complexité) sont également invités à participer dans la limite de l’espace éditorial disponible et selon les étapes d’évaluation décrites dans les consignes aux auteurs.

Calendrier

  • Date limite de l’envoi des résumés : 07 janvier 2020

  • Retour des avis aux auteurs : 31 janvier 2020
  • Envoi des articles : Avant le 01 avril 2020.

Contact: synergies.italie@gmail.com

Quelques références bibliographiques

Philippe Berthaut, La chaufferie de la langue – Dispositifs pour ateliers d'écriture, Eres, 2005

Bisenius-Penin, Carole. « Écriture d’invention au lycée et écriture à contraintes ». Pratiques, no 1, 2005, p.209‐229.

François Bon, Tous les mots sont adultes, Fayard, 2005.

François Bon, Le Tiers-livre, site internet.

Michel Charles, L’Arbre et la source, Seuil, 1985.

Violaine Houdart-Merot, « Atelier de réécriture et critique littéraire en acte à l’université », Recherches et travaux, n°73, 2008, p.125-137.

Violaine Houdart-Merot, La création littéraire à l’université, Presses universitaires de Vincennes, 2018.

Laura Lepri (cur.), Panta. Scrittura creativa, Bompiani, 2000.

Christèle Maizonniaux, « Exercice d’écriture sous contrainte et engagement du lecteur-scripteur de FLE » in Filippo Fonio et Monica Masperi (dir.), Revue de linguistique et de didactique des langues, 52 | 2015, Les pratiques artistiques dans l’apprentissage des langues, Éditions littéraires et linguistiques de l'université de Grenoble, 2015.

Bruno Munari, Fantasia, Laterza, 1977.

Anne Roche, Andrée Guiguet, Nicole Voltz, L’Atelier d’écriture, Armand Colin, 2005.

Gianni Rodari, Grammatica della fantasia. Introduzione all'arte di inventare storie, Giulio Einaudi Editore, 1973.

Date(s)

  • Tuesday, January 07, 2020

Keywords

  • écriture créative, didactique des langues

Contact(s)

  • Rachele Raus
    courriel : rachele [dot] raus [at] unito [dot] it

Reference Urls

Information source

  • Raus Rachele
    courriel : rachele [dot] raus [at] unito [dot] it

To cite this announcement

« Writing workshops at university: teaching practices between constraint and experience », Call for papers, Calenda, Published on Monday, October 07, 2019, https://calenda.org/678429

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