Calenda - The calendar for arts, humanities and social sciences

Circulations in the global South: Ethnographic explorations of globalized exchanges

Les circulations dans le Sud global : ethnographies des échanges mondialisés

15th Association for the anthropology of social change and development (APAD) Conference

15ème Colloque de l'Association pour l'anthropologie du changement social et du développement (APAD)

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Published on Friday, October 04, 2019 by Anastasia Giardinelli

Summary

L’édition 2020 du colloque international de l'Association pour l'anthropologie du changement social et du développement (APAD) portera sur les multiples formes de circulation à grande échelle de marchandises, idées, techniques, informations, modèles qui traversent de manière croissante les pays du Sud et les relient au reste du monde. Des panels ou des communications s’intéressant à des circulations à échelle plus limitée, régionale ou entre pays voisins, ou montrant des effets de changement d’échelle dans les circulations, sont aussi bienvenus. Nous invitons également les anthropologues visuels et les cinéastes à proposer des panels ou à soumettre des films pour des projections publiques.

The 2020 edition of the  Association for the anthropology of social change and development (APAD) conference will focus on the multiple forms of large-scale circulation of goods, ideas, techniques, information and models that increasingly cross the global South and link it to the rest of the world. Panels or papers focusing on smaller-scale, regional or neighbouring countries’ circulations, or showing the consequences of scale change in circulations, are also welcome. We also invite visual anthropologists and filmmakers to propose panels or submit films for public screenings.

Announcement

Lomé, 23-26 juin 2020

Argumentaire

L’édition 2020 du colloque international de l'APAD, co-organisée avec le Département d’Anthropologie et d’Études Africaines de la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS) de l’Université de Lomé (Togo), se tiendra à Lomé du 23 au 26 juin 2020. Elle portera sur les multiples formes de circulation à grande échelle de marchandises, idées, techniques, informations, modèles qui traversent de manière croissante les pays du Sud et les relient au reste du monde.

Une circulation accrue de personnes, mais aussi d’objets, de marchandises, de modèles, de normes, de répertoires d’action

Les objets, les personnes et les idées se déplacent entre les continents depuis des siècles. L’Afrique était intégrée dans des échanges lointains bien avant la « première mondialisation » du XVème siècle, mais ces flux ont connu une accélération sans précédents depuis la fin de la guerre froide, à la faveur de l’amélioration des technologies de transport et de communication, de la libéralisation du commerce, de la prolifération d’accords économiques multilatéraux. Les interactions et les interconnexions au sein du Sud global s’étoffent, se complexifient et se déploient en relation à des pôles politiques et économiques émergents. Sur le plan macropolitique, le nouveau millénaire voit des pays comme la Chine, l’Inde, la Turquie ou le Brésil investir durablement le paysage économique, politique et culturel du continent africain. A l’échelle des individus, l’ouverture des pays africains aux marchés globalisés et notamment l’importance de leurs échanges économiques avec l’Asie transforme profondément les modes de consommation, les styles culturels, les manières d’entreprendre et les modèles de développement. A partir de cette toile de fond, la littérature s’accorde à distinguer deux formes de globalisation.

La première renvoie au monde de la haute finance, des multinationales, des institutions internationales de l’aide publique au développement, des tribunaux internationaux, des ONG, think tanks et fondations transnationales. Cette globalisation « par le haut », « high end » ou « hégémonique », se traduit dans les États du Sud, en particulier les pays « sous régime d’aide », par le transfert et la circulation de techniques de gouvernance, instruments d’action publique, modèles gestionnaires, normes internationales et flux financiers, au service d’une ingénierie sociale globalisée véhiculée par les institutions de l’aide ou de régulation internationales. Elle englobe également les nouvelles formes de coopération économique et industrielle au sein du Sud global. Le vif intérêt que suscitent les « nouvelles routes de la soie » sur le continent africain et le processus concomitant de modernisation des grandes infrastructures de transport et communication (ports, aéroports, routes, chemins de fer) n’en sont que la dimension la plus visible.

La deuxième forme de globalisation, vécue par la majorité de la population mondiale, est souvent associée aux mobilités transnationales des personnes. Migrants, réfugiés, entrepreneurs « nomades », commerçants, intermédiaires et démarcheurs : ils seraient les principaux acteurs d’une mondialisation « par le bas », « low-end », « non-hégémonique », « grassroots »  ou « discrète », évoluant dans les interstices ou aux marges de l’économie de marché, mobilisant des investissements financiers modestes, privilégiant les transactions informelles ou semi-légales, basées sur la confiance mutuelle et structurées autour de réseaux ethniques et d’interconnaissances. Si l’importation massive de produits industriels ou de grande consommation chinois représente l’exemple le plus visible des processus susmentionnés, l’intensification des interconnexions « par le bas » ne se limite pas aux échanges commerciaux stricto sensu. Des productions culturelles voyagent aussi, à l’instar des vidéos nollywoodiennes, qui ont essaimé dans toute l’Afrique subsaharienne, puis en Europe et aux États-Unis. La démocratisation de l’Internet à haut débit et de la téléphonie mobile 4G permettent également la diffusion rapide, massive et incontrôlée d’informations – mais aussi de rumeurs – bien au-delà des frontières nationales.

Comme toute dichotomie, juxtaposer – et parfois même opposer – la globalisation des puissants et celle des subalternes contient cependant le risque de les penser séparément, perdant ainsi de vue leur interdépendance et les dynamiques qu’elle génère. En dépit et au-delà de ses variantes, cette posture est étroitement liée aux terrains des premiers théoriciens de la globalisation et des chercheurs qu’ils ont inspirés, centrés sur les mobilités humaines.  

Et si, à côté des approches qui abordent les processus de mondialisation par le biais de la circulation des personnes, on s’intéressait aussi à la circulation des « choses » ? Des ethnographies de « ce qui circule » permettent en effet de ne pas préjuger de la nature des canaux et des circuits empruntés (routes, hubs, nœuds, dispositifs de régulation, infrastructures), ni des acteurs qui font circuler (entrepreneurs, hommes et femmes d’affaires, experts, fonctionnaires, personnel humanitaire, artistes, touristes, migrants, etc.), ni des échelles d’observation de ces phénomènes. Derrière une marchandise, une norme, un modèle, il y a en effet des institutions de régulation et de gouvernance, des acteurs politiques et économiques, des formes spécifiques de conception, production, diffusion et de réception/consommation, enchâssées dans des modèles culturels ou d’organisation sociale. En adoptant cette perspective, le haut et le bas, l’hégémonique et le subalterne, le high end et le low end n’apparaissent plus comme des mondes séparés, mais des dimensions à la fois incontestables et inextricablement liées au sein d’une chaine globale d’approvisionnement ou de valeur ou tout au long du voyage intercontinental d’un modèle standardisé d’intervention sociale.

Ce renversement de perspective n’est certes pas inédit. Mais sa traduction en recherches empiriques est beaucoup plus récente, surtout en ce qui concerne les Suds.

Ethnographier les formes de circulation à de multiples échelles : le colloque 2020 de l’APAD

Depuis sa fondation en 1991, l’APAD (Association pour l’anthropologie du changement social et du développement) promeut des recherches qualitatives approfondies sur les dynamiques de changement social et les tentatives de changement impulsé par les États ou l’aide internationale.

Après le colloque de Roskilde, en 2018, consacré aux mobilités et aux migrations, l’APAD propose pour l’édition 2020 de ses colloques internationaux, co-organisée avec le Département d’Anthropologie et d’Études Africaines de la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS) de l’Université de Lomé (Togo), de centrer ses travaux sur les multiples formes de circulation à grande échelle de marchandises, idées, techniques, informations, modèles qui traversent de manière croissante les pays du Sud et les relient au reste du monde. Des panels ou des communications s’intéressant à des circulations à échelle plus limitée, régionale ou entre pays voisins, ou montrant des effets de changement d’échelle dans les circulations, sont aussi bienvenus.

Il s’agit de revisiter des terrains et des thématiques qui sont au cœur du « tournant global » ayant investi les sciences sociales depuis deux décennies, de discuter de la place qu’y tient l’anthropologie du développement et inversement, de la manière dont elle prend en compte les dynamiques de mondialisation.

De l’étude initiale des interactions localisées entre développeurs et développés, l’anthropologie du développement a incontestablement diversifié ses objets et élargi son champ d’observation. Elle a interrogé « les interfaces empiriques de la mondialisation » (colloque de l’APAD 2007). Elle s’est engagée dans l’ethnographie des bureaucraties internationales de l’aide et des réseaux transnationaux d’experts, consultants et personnels humanitaires, apportant une contribution originale à l’étude des processus de globalisation. Son cadre conceptuel et ses matériaux empiriques restent cependant largement tributaires d’une dialectique Nord-Sud. La focale porte plutôt sur les transferts unidirectionnels – de normes, ressources financières, modèles institutionnels vers le Sud, de richesses naturelles et de flux de migrants vers le Nord – que sur les dynamiques d’échange et de connexion globalisées. Or, la globalisation des pratiques de l’aide et la transnationalisation de ses institutions ne sont qu’une des dimensions de l’inscription des Suds dans les processus de mondialisation. Ces sont les multiples facettes de la globalisation observée à travers les circulations dans les Suds que ce colloque incite à explorer, avec un accent délibéré sur leur dimension matérielle et spatiale.

Pistes de réflexion

Nous sollicitons des contributions qui retracent l’itinéraire, la carrière, la vie sociale et politique de « choses » en circulation de différente nature. Les « biographies » de marchandises sont un exemple désormais classique et bien représenté des « thing-following studies », à l’instar des travaux récents sur le wax, le khat, les voitures d’occasion, le champignon matsutake, les médicaments, les motos chinoises, les tongs ou le vin français en Chine. La circulation des produits africains, dans le continent ou ailleurs, comme la diffusion du gari ou du fonio en Afrique de l’ouest ou les exportations de produits alimentaires vers l’Europe ou l’Asie, ou encore le rap ou les souvenirs pour touristes pourront aussi être étudiés. Mais on pourra retracer les circulations d’une innovation ou de savoir-faire technologiques (comme les rickshaws motorisés ou les multiples exemples d’« innovation frugale » dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’eau et à l’électricité, de l’agriculture ou de la microfinance), d’un instrument d’action publique ou d’un travelling model (comme le partogramme, les méthodes contraceptives ou le système des cash transfers). Ou s’intéresser aux productions culturelles, comme la mode, la danse, la vidéo mais aussi à des « objets » plus immatériels, comme les répertoires d’action collective – la notion d’émancipation féminine, le concept de genre et sa transposition dans les cadres du développement – ou les stratégies de mobilisation, ou encore des rumeurs transnationales, etc.

Des papiers pourront se focaliser sur une phase précise de la circulation d’un « objet », d’autres en tenter une analyse compréhensive ; dans tous les cas, dans la tradition de l’APAD, les communications devront reposer sur des matériaux empiriques solides.

Le colloque sera organisé sous forme de panels. Ceux-ci pourront s’articuler autour des axes suivants :

Circuits, lieux et acteurs des circulations

Quelles sont les routes, les circuits, les itinéraires des circulations globalisées ? Quels réseaux transnationaux les supportent ? Quelles sont les lieux de connexion, qui jouent le rôle de hubs, de nœuds de confluence et de rayonnement de flux de marchandises, savoirs technologiques, visions entrepreneuriales, modèles de développement, représentations, normes ? Dans quelle mesure ces nœuds d’échange s’imposent-ils aussi comme des nouveaux lieux de pouvoir ? Quels sont les acteurs de ces circulations à grande échelle, aussi bien ceux qui les animent que ceux qui les alimentent ou tentent de les contrôler, de les réguler ou de s’y opposer ? Comment s’insèrent-ils dans ces circulations ? Quels entrelacements d’histoires personnelles ou collectives se créent tout au long des circulations transnationales ? Quelles sont les ambivalences observables dans ces flux et reflux induits par les trajectoires des idées, des choses ? A rebours de l’image du flux sanguin évoquée par le terme de circulation, les circulations n’irriguent pas uniformément et sans discontinuités les territoires et les sociétés. Des connexions sont bloquées, des ruptures interviennent dans les chaines d’approvisionnement ou dans les flux de l’aide, des régions ou des groupes sociaux sont durablement « déconnectés ». Certaines routes ou circuits disparaissent ou tombent en désuétude, d’autres émergent pour pallier des blocages ou des ruptures. Quels sont les lieux, les groupes sociaux, ou même les biens matériels ou immatériels restés ou tenus à l’écart des circulations ? Quels facteurs, géopolitiques, économiques, sociaux ou historiques déterminent ces exclusions ?

Régulations et recompositions (géo)politiques

Un questionnement commun émerge autour du rôle que jouent les organisations internationales de gouvernance dans l’uniformisation et la diffusion à l’échelle globale de normes et de régulations (en matière de commerce international, de protection de l’environnement, de bonne gouvernance, de droits humains, d’émancipation féminine, de production industrielle, de propriété intellectuelle, de politiques de santé publique ou d’éducation, de lutte contre les fraudes, etc.), et leur articulation avec les agendas des acteurs politiques et économiques nationaux (autorités politiques, administrations publiques, syndicats, lobbies économiques, ONG, etc.). Quels sont les effets de l’accélération des circulations de biens, idées et normes globalisés sur les équilibres politiques locaux et nationaux ? Quels facteurs politiques ou légaux favorisent les circulations ? Quels autres les ralentissent ou les entravent ? Dans quelle mesure et par quels processus l’insertion dans les circulations mondialisées transforme l’influence politique des acteurs (qu’ils soient importateurs, consultants, activistes politiques ou artistes) ? Les nouveaux acteurs transnationaux entretiennent-ils un rapport à l’État et au politique différent de celui des élites économiques locales qu’ils viennent concurrencer ? Enfin, que se joue-t-il dans le renforcement actuel des partenariats, officiels et/ou privés, entre pays du Sud ?

Que fait la circulation aux choses ?

Contrairement à celle de transfert, la notion de circulation permet de caractériser des déplacements non linéaires, heurtés, aux mutations de trajectoires et de parcours. Elle évoque aussi des temporalités et des processus non-planifiés. Cet axe se focalisera sur les processus complexes de transformation, adaptation voire transfiguration se produisant au cours de la circulation des « objets » étudiés. On se penchera sur les significations ou valeurs inédites acquises selon les usages qu’on leur assigne dans les différents « lieux » de transit. Alors que les pays du Sud sont confrontés à l’afflux massif de produits standardisés et à vocation universelle (qu’il s’agisse d’un téléphone portable ou d’un instrument d’action publique), quels sont les mécanismes sociaux qui en déterminent l’appropriation, la domestication, la vernacularisation ou au contraire, le rejet ? Des réflexions empiriquement fondées sur les processus de métissage, brassage, hybridation complèteront les questionnements de cet axe.

Les conséquences locales des circulations mondialisées

Il s’agira de réfléchir à l’impact des processus liés à l’intensification des connexions et des échanges à grande échelle sur le quotidien des groupes sociaux et des territoires mis en relation. Quels effets produit localement la forte disponibilité en Afrique de produits manufacturés de faible valeur et de grande consommation d’origine asiatique ? Quelles répercussions sur les systèmes de production et de consommation locaux ? Quelles sont les visions et les pratiques sociales associées à l’entrée de pans importants des populations urbaines dans l’ère de la consommation de masse ? Quels changements dans les modes et les styles de vie ? Quelles sont les pratiques et les imaginaires politiques et économiques dont sont porteurs les acteurs arrimés aux circulations transnationales ? Leurs expériences de voyage et d’échange ont-elles des effets sur leurs visions du développement économique et leurs pratiques entrepreneuriales ? Et inversement, que produit l’insertion dans des circulations lointaines de produits jusqu’ici « de terroir », localisés ? Assiste-t-on à des formes de mobilisation exprimant de la résistance, de la contestation, de la critique, des inquiétudes par rapport aux nouvelles inégalités engendrées par le capitalisme globalisé ?

Les terrains des circulations

La pratique des terrains transnationaux suscite des questions, transversales à l’ensemble des panels, sur leurs implications épistémologiques et méthodologiques. Le suivi d’une marchandise, d’une technique, d’un modèle, d’une vision, d’un répertoire d’action collective morcelle le terrain entre un vaste répertoire d’acteurs, d’actants et de situations appartenant à des espaces sociaux, culturels et politiques transculturels et transnationaux. A côté de la question souvent évoquée des échelles d’observation, des enquêtes multisituées sur des phénomènes globalisés incitent de ce fait à repenser la place des aires culturelles, les formes du comparatisme et l’exigence d’érudition et de spécialisation qui leur est étroitement associée. En outre, l’éclatement des lieux d’observation propre à une ethnographie des circulations conduit inévitablement à questionner son propre regard – d’où porte-t-il ? – et les modes de restitution de la recherche.

Le colloque et les panels

Le comité d’organisation encourage les panels thématiques, les ateliers et les tables rondes sur les questions abordées ci-dessus. A côté des panels consacrés au thème du colloque, quelques panels pourront être dédiés aux thèmes classiques de l’APAD, dans une logique de rencontre des membres et de progression des thèmes de recherche.

Nous invitons également les anthropologues visuels et les cinéastes à proposer des panels ou à soumettre des films pour des projections publiques.

Les travaux du colloque seront valorisés dans un ou plusieurs numéros de la revue Anthropologie & développement, revue bilingue à comité de lecture de l’APAD, dans des numéros spéciaux d’autres revues académiques, et/ou dans un ouvrage collectif.

Les panels seront constitués de 4 communications.

Modalités de soumission et calendrier

Tous les organisateurs de panel doivent soumettre une problématique et un appel à communications de maximum 600 mots. La proposition doit préciser les noms et prénoms, les adresses e-mail, l’affiliation et la position institutionnelle des organisateurs du panel. Elle peut intégrer des orientations bibliographiques. Elle doit être envoyée par courrier électronique

au plus tard le 1er novembre 2019

au comité d’organisation : colloque2020@apad-association.org.

Les proposants seront informés des résultats de la sélection le 1er décembre 2019. Les appels à communications pour les différents panels seront lancés par le comité d’organisation et les responsables de panels le 10 décembre 2019.

La date limite de soumission des résumés des communications est le 15 février 2020. Les organisateurs de panels sélectionneront les résumés et proposeront un programme complet du panel pour le 5 mars 2020 au comité scientifique pour validation. La liste définitive des panels sera publiée le 15 mars 2020.

Le texte complet des communications est attendu pour le 15 mai 2020, pour inclusion sur le site internet du colloque.

Informations pratiques

Une page web dédiée au colloque sera prochainement ouverte sur le site web de l’APAD : http://apad-association.org/colloque-2020/

Les langues de travail sont le français et l’anglais.

Le colloque se déroulera à l’Université de Lomé du 23 au 26 juin 2020. Lomé est un hub aérien, facilitant l’arrivée des participants. Une liste d’hôtels à des tarifs préférentiels pour le colloque sera affichée à l’avance pour les réservations.

Les frais d’inscription au colloque incluent la documentation, les pauses-café, les repas de midi à la cafétéria de l’Université, la soirée de gala et l’adhésion à l’APAD pour l’année 2020. Celle-ci donne droit à la réception des news de l’association et aux numéros de la revue Anthropologie & développement édités pendant l’année d’adhésion.

  • Le tarif normal est de 120€ (78 000FCFA) = 70€ (45 000 FCFA) de frais d’inscription au colloque + 50€ (33 000 FCFA) de cotisation à l’APAD.

Deux tarifs réduits sont possibles :

  • 95 € (62 000FCFA) = 70 € de frais d’inscription au colloque + 25 € de cotisation à l’APAD pour les personnes ayant un revenu moyen inférieur à 1000€ (660 000 FCFA) /mois.
  • 70 € (45 000 FCFA) = pour les membres de l’APAD à jour de leur cotisation 2020.

Quelques bourses seront disponibles pour des jeunes chercheurs ou des doctorants qui ne pourraient pas financer leur venue. L’acceptation d’une candidature supposera une communication acceptée au panel et la fourniture, à l’avance, du texte de la communication. Les modalités seront précisées sur le site du colloque.

A la suite du colloque, l’APAD organisera un atelier d’écriture à destination des jeunes chercheurs africains, sur la base d’une sélection des communications reçues.

Comité d’organisation

  • Akakpo-Ahianyo Jean-Paul, URD, UL
  • Amouzou-Glikpa Amevor, Département de Sociologie, FSHS, UL
  • Apeti Saturnin, Département de Sociologie, FSHS, UL
  • Awesso Charles, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Blundo Giorgio, IRD/EHESS
  • Boutinot Laurence, CIRAD
  • Deridder Marie, Université Catholique de Louvain
  • Douti Mireille, EHESS
  • Elieth Eyebiyi, LASDEL Bénin
  • Gogoli Ablavi Julie Esseyram, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Hountondji Roland, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Koumi Abel, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Lavigne Delville Philippe, IRD
  • Lawani Ayemi, Université de Kara
  • N'Djambara Mohamoudou, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Ouattara Fatoumata, IRD
  • Palassi Konga, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Passinda Laurent, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Toudeka Marie-Reine, URD, UL
  • Vampo Charlotte, IRD
  • Waharé Jules, Département d’Anthropologie, FSHS, UL

Lomé, 23-26 June 2020

Argument

The 2020 edition of the APAD Conference, co-organized with the Department of Anthropology and African Studies of the Faculty of Human and Social Sciences (FSHS) of the University of Lomé (Togo), will be held in Lomé (23-26 June 2020). The conference will focus on the multiple forms of large-scale circulation of goods, ideas, techniques, information and models that increasingly cross the global South and link it to the rest of the world.

Increased circulation of people, but also of objects, commodities, models, norms, action repertoires

Objects, people and ideas have been moving between continents for centuries. Africa was connected to these flows long before the "first globalization" of the 15th century but these movements have since accelerated at an unprecedented rate since the end of the Cold War, thanks to improved transport and communication technologies, trade liberalization, and the proliferation of multilateral economic agreements. Interactions and interconnections within the global South are also growing, becoming more complex and expanding in relation to emerging political and economic poles. At the macro-political level, the new millennium has seen the growing involvement of China, India, Turkey and Brazil in the economic, political and cultural landscape of the African continent. At the individual level, the opening of African countries to globalized markets, and, in particular, the importance of their economic exchanges with Asia, is profoundly transforming consumption patterns, cultural styles, forms of entrepreneurship and development models. From this background, scholars agree to distinguish between two forms of globalization.

The first refers to the world of high finance, multinational corporations, aid institutions, international tribunals, NGOs, think tanks and transnational foundations. This "high end", "hegemonic", or "from above" type of globalization is reflected in the global South - particularly for aid-dependent countries - through the transfer and circulation of governance techniques, public action tools, management models, international norms and financial flows, supporting a form of global social engineering conveyed by international aid or regulatory institutions. It also includes new forms of economic and industrial cooperation within the global South. The strong interest in the "Belt and Road Initiative" on the African continent, and the concomitant process of modernizing major transport and communication infrastructure (ports, airports, roads, railways), are but one of the most visible dimensions of these trends.

The second form of globalization, experienced by the majority of the world's population, is often associated with the transnational mobility of people. Evolving in the interstices or at the margins of the market economy, mobilizing modest financial investments, preferring informal or semi-legal transactions, based on mutual trust and structured around ethnic and interknowledge networks, people like migrants, refugees, entrepreneurs, traders, brokers, would be the main actors of a "from below", "low-end", "non-hegemonic", "grassroots" or "inconspicuous" form of globalization. While the most visible example of the above processes is the massive import of Chinese industrial or consumer goods, the intensification of such interconnections “from below” is not limited to trade in the strict sense. Cultural productions also travel, such as Nollywood videos, which have spread throughout sub-Saharan Africa, then to Europe and to the United States. The democratization of high-speed Internet and 4G mobile telephony also allows for the rapid, massive and uncontrolled dissemination of information - but also rumors - well beyond national borders.

Like any dichotomy, juxtaposing - and sometimes even opposing - the globalization of the powerful and that of the subaltern groups poses the risk of thinking of them separately, thus losing sight of their interdependence and ensuing dynamics. Despite and beyond its variants, this way of thinking about globalization is closely linked to the work of the first theorists of globalization and the researchers they later inspired, who focused predominantly on human mobility. 

What if, in addition to approaches that study the processes of globalization through the circulation of people, we also focused on the circulation of "things"? Ethnographies of "what circulates" make it possible not to prejudge the nature of the channels and circuits used (roads, hubs, nodes, regulatory mechanisms, infrastructures), nor the actors who circulate (entrepreneurs, businessmen, experts, civil servants, humanitarian personnel, migrants, etc.), nor the scales of observation of these phenomena. Behind a commodity, a norm or a model, there are indeed regulatory and governance institutions, political and economic actors, specific forms of design, production, distribution and reception/consumption, embedded in cultural or social organizational models. By adopting this perspective, the top and the bottom, the hegemonic and the subordinate, the high end and the low end no longer appear as separate worlds, but dimensions that are both indisputably and inextricably linked within a global supply chain or a travelling model.

This reversal of perspective is certainly not new. But its translation into empirical research is much more recent, especially as concerns the South.

Ethnographies of multi-scalar circulations: the APAD 2020 Conference

Since its foundation in 1991, APAD (Association for the Anthropology of Social Change and Development) has been promoting in-depth qualitative research on the dynamics of social change and development policies driven by states or international aid.

After the Roskilde conference in 2018, devoted to mobility and migration, APAD proposes for its 2020 edition, co-organized with the Department of Anthropology and African Studies of the Faculty of Human and Social Sciences (FSHS) of the University of Lomé (Togo), to focus on the multiple forms of large-scale circulation of goods, ideas, techniques, information and models that increasingly cross the global South and link it to the rest of the world. Panels or papers focusing on smaller-scale, regional or neighbouring countries' circulations, or showing the consequences of scale change in circulations, are also welcome.

We want to discuss the contribution of the anthropology of development to the fields and themes that are at the heart of the "global turn" in the social sciences. How does the anthropology of development take into account the dynamics of globalization?

From the initial study of localized interactions between developers and developed, anthropology of development has undoubtedly diversified its objects of study and broadened its field of observation. From the study of "the empirical interfaces of globalization" (APAD Conference 2007), to the ethnography of international aid bureaucracies and transnational networks of experts and humanitarians, anthropology of development is making an original contribution to the study of globalization processes. However, its conceptual framework and empirical materials remain largely dependent on a North-South dialectic. The focus is more on unidirectional transfers - of norms, financial resources, institutional models to the South, and raw materials and migrant flows to the North - rather than on globalized exchange and connection dynamics. However, the globalization of aid practices and the transnationalization of its institutions are only one of the dimensions of the inclusion of the South in the processes of globalization. The 2020 APAD conference goes further; focusing on the multiple facets of globalization observed through the material and spatial dimensions of circulations in the global South.

Some ideas for panel contributions

Papers that trace the itinerary, career, social or political biography of different types of "things" in circulation are welcomed. Commodity "biographies" are now a classic and well represented example of "thing-following studies", such as recent works on wax, khat, used cars, matsutake mushrooms, medicines, Chinese motorcycles, flip flops or French wine in China. The circulation of African products, in the continent or elsewhere, such as the spread of gari or fonio in West Africa, or food exports to Europe or Asia, or rap, or souvenirs for tourists, could also be studied. It will also be possible to trace the circulation of a technological innovation or know-how (such as motorized rickshaws or the multiple examples of "frugal innovation" in the fields of health, education, access to water and electricity, agriculture or microfinance), or of a public action tool or a travelling model (such as the partogram, contraceptive methods or the cash transfer system). Alternatively, papers could focus on cultural productions, such as fashion, dance, video, but also on more intangible "objects", such as collective action repertoires - the notion of female emancipation, the concept of gender and its transposition into development policies – as well as on mobilization strategies or transnational rumors, etc.

Some papers may focus on a specific phase of the circulation of an "object", others may attempt a comprehensive analysis; in any case, in the APAD tradition, papers should be based on solid empirical data.

The conference will be organized in the form of panels. These can be structured around the following axes:

Paths, places and actors of circulations

What are the paths, circuits or routes of globalized circulations? Which transnational networks support them? What are the connection points, which play the role of hubs, nodes of confluence and distribution of flows of goods, technological knowledge, entrepreneurial visions, development models, representations, or norms? To what extent do these connection points also become new places of power? Who are the actors of these large-scale circulations; organizing, feeding, controlling, regulating or opposing them? How do they fit into these flows? What intertwining of personal or collective histories is created throughout transnational circulations? What are the ambivalences observable in the ebb and flow induced by the trajectories of ideas and things? Circulations do not permeate territories and societies uniformly and without discontinuities. Connections are blocked; disruptions occur in supply chains or aid flows; regions or social groups are permanently "disconnected". Some roads or circuits are disappearing or falling into disuse, others are emerging to overcome blockages or disruptions. What are the places, social groups, or even tangible or intangible goods that have remained or are kept away from circulation? What geopolitical, economic, social or historical factors determine these exclusions?

Regulations and (geo)political reshaping

A common question emerges about the role played by international governance organizations in the standardization and global dissemination of norms and regulations (in international trade, environmental protection, good governance, human rights, women's empowerment, industrial production, intellectual property, public health or education policies, the combating of fraud, etc.), and their articulation with the agendas of national political and economic actors (political authorities, public administrations, trade unions, economic lobbies, NGOs, etc.). What are the effects of the acceleration of the circulation of globalized goods, ideas and norms on local and national political (im)balances? What political or legal factors favor circulations? Which others slow them down or hinder them? To what extent and through what processes does inclusion in global connections transform the political influence of actors (whether they be importers, consultants, political activists or artists)? Do the new transnational actors have a different relationship with the State and politics than the local economic elites they compete with? Finally, what is at stake in the current strengthening of partnerships, official and/or private, between countries of the Global South?

What happens to things in circulation?

Unlike the notion of transfer, that of circulation makes it possible to characterize non-linear, colliding movements, and mutations of trajectories and paths. It also refers to unplanned temporalities and processes. Some panels may focus on the complex processes of transformation, adaptation and even transfiguration that occur during the circulation of "things”. What new meanings or values do they acquire according to the uses assigned to them during their journey? While the countries of the South are confronted with a massive influx of mass-consumption products and universal models (whether mobile phones or public policy instruments); what are the social mechanisms that determine their appropriation, domestication, vernacularization or, on the contrary, rejection? Empirical reflections based on the processes of mixing and hybridization might also feed into the panels.

The local consequences of global circulations

What impacts have the intensification of connections and large-scale exchanges on the daily lives of the social groups and territories which are implicated? What are the local effects of the arrival on African markets of a wide range of accessible manufactured products from Asia? What are the implications for local production and consumption systems? What are the visions and social practices associated with the entry of large segments of urban populations into the era of mass consumption? What are the changes in lifestyles? What are the political and economic practices and imaginaries of the actors linked to transnational circulations? Do their travel and trade experiences have an impact on their visions of economic development and entrepreneurial practices? And conversely, what does the insertion in distant circulations of “typical home-grown products” produce? Are there forms of mobilization expressing resistance, contestation, criticism, or concern about the new inequalities created by globalized capitalism?

The fieldwork of circulations

Fieldwork in transnational settings raises questions about its epistemological and methodological implications of relevance to all potential panels. The tracking of a commodity - or a technique, a model, a vision, or a repertoire of collective action - fragments the field into a vast repertoire of actors, actants and situations belonging to transcultural and transnational social, cultural and political spaces. In addition to debates about multi-scalar studies, the multi-sited ethnography of global phenomena asks for a critical rethinking of the place of cultural areas, and forms of comparison, and the need for scholarship and specialization that is closely associated with it. The fragmentation of fieldwork specific to an ethnography of circulation inevitably leads researchers to question their own viewpoint – to ask oneself where does it come from? - and the modes of analysis and presentation of research.

The conference and panels

The organizing committee welcomes thematic panels, workshops and round tables on the issues discussed above. In addition to panels devoted to the theme of the conference, a few panels may be dedicated to the classic APAD themes, with a view to meeting members and advancing research themes.

We also invite visual anthropologists and filmmakers to propose panels or submit films for public screenings.

The conference proceedings will be highlighted in one or more issues of Anthropologie & développement / Anthropology & Development, APAD's bilingual peer-reviewed journal, in special issues of other academic journals, and/or in a collective book.

The panels will consist of 4 papers each.

Submission Guidelines and Calendar

All panel organizers must submit an outline and a call for papers of maximum 600 words. The proposal must specify the full names, email, affiliation and institutional position of the panel organizers. It may include a short bibliography. It must be sent by e-mail

no later than 1 November 2019

to the organizing committee at colloque2020@apad-association.org  

Proposers will be informed of the results of the selection on 1 December 2019. The calls for papers for the various panels will be launched by the organizing committee and the panel organizers on 10 December 2019.

The deadline for submission of abstracts is 15 February 2020. The panel organizers will select the abstracts and propose a full panel program to the Scientific Committee by 5 March 2020. The final list of panels will be published on 15 March 2020.

The full text of the papers is expected by 15 May 2020, for inclusion on the conference website.

Practical information

A web page dedicated to the conference will soon be opened on the APAD website: http://apad-association.org/colloque-2020/

The working languages are French and English.

The conference will take place at the University of Lomé from 23 to 26 June 2020. Lomé is an air hub, facilitating the arrival of participants. A list of hotels, where special conference rates have been negotiated, will be posted in advance for reservations.

The registration fee includes documentation, coffee breaks, lunch in the University cafeteria, cocktail and APAD membership for the year 2020 (including the APAD newsletter and the issues of Anthropology & development, APAD journal).

  • The standard fee is €120 (FCFA 78 0000) = €70 (FCFA 45 000) for conference registration fee + €50 (FCFA 33 000) for APAD membership.

Two reduced rates are possible:

  •  €95 (FCFA 62 000) = €70 for conference registration + €25 for people with an average income of less than 1000 euros/month.
  • €70 (FCFA 45 000) = for APAD members who have paid their 2020 membership fees.

Some grants will be available for young researchers or doctoral candidates who struggle to finance their participation. Applications will be successful if applicants’ papers have been accepted on to a panel, and the provision, in advance, of the text of the paper. The application procedures will be specified shortly.

After the conference, APAD will organize a writing workshop for young African researchers, based on a selection of the papers received.

Organizing Committee

  • Akakpo-Ahianyo Jean-Paul, URD, UL
  • Amouzou-Glikpa Amevor, Département de Sociologie, FSHS, UL
  • Apeti Saturnin, Département de Sociologie, FSHS, UL
  • Awesso Charles, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Blundo Giorgio, IRD/EHESS
  • Boutinot Laurence, CIRAD
  • Deridder Marie, Université Catholique de Louvain
  • Douti Mireille, EHESS
  • Elieth Eyebiyi, LASDEL Bénin
  • Gogoli Ablavi Julie Esseyram, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Hountondji Roland, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Koumi Abel, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Lavigne Delville Philippe, IRD
  • Lawani Ayemi, Université de Kara
  • N'Djambara Mahamondou, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Ouattara Fatoumata, IRD
  • Palassi Konga, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Passinda Laurent, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
  • Toudeka Marie-Reine, URD, UL
  • Vampo Charlotte, IRD
  • Waharé Jules, Département d’Anthropologie, FSHS, UL

Places

  • Campus de l'Université de Lomé
    Lomé, Togo

Date(s)

  • Friday, November 01, 2019

Keywords

  • circulations, sud global, anthropologie du développement, Afrique, Asie, Amérique du Sud

Contact(s)

  • Giorgio Blundo
    courriel : giorgio [dot] blundo [at] ehess [dot] fr
  • Fatoumata Ouattara
    courriel : Fatou [dot] Ouattara [at] ird [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Giorgio Blundo
    courriel : giorgio [dot] blundo [at] ehess [dot] fr

To cite this announcement

« Circulations in the global South: Ethnographic explorations of globalized exchanges », Call for papers, Calenda, Published on Friday, October 04, 2019, https://calenda.org/682077

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