AccueilUn dossier pour se (re)construire ? Archives et enjeux d'identités

Un dossier pour se (re)construire ? Archives et enjeux d'identités

A dossier for reconstruction? Archives and identity issues

XVIIIe journées des archives

18th archive days

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Publié le lundi 07 octobre 2019 par Anastasia Giardinelli

Résumé

L'accès au dossier personnel d'archives constitue une étape essentielle pour nombre de personnes en quête d'information sur leur propre vie. Riche et fascinant pour le chercheur, le dossier d'archives revêt, lorsqu'il est consulté par les personnes qu'il concerne ou leurs descendants, une dimension identitaire forte, donnant un accès à leur propre histoire, celle de leur famille ou de leur communauté. Tant pour les usagers que pour les archivistes, cette démarche spécifique pose de multiples questions et défis que ce colloque entend interroger selon une double perspective, entre partage d'expérience et dialogue interdisciplinaire.

Annonce

Colloque : 14-15 mai 2020

Argumentaire

L'accès au dossier personnel d'archives constitue une étape essentielle pour nombre d'acteurs en quête d'information sur leur propre vie (Mc Carthy, Swain et O'Neill,  2012). Riche et fascinant pour le chercheur, le dossier d'archives revêt, lorsqu'il est consulté par les personnes qu'il concerne ou leurs descendants, une dimension identitaire forte, donnant un accès à leur propre histoire, celle de leur famille ou de leur communauté. Dans certaines situations de rupture, les archives offrent un éclairage sur un événement douloureux du passé (emprisonnement, suicide...) ou constituent une donnée essentielle à la reconnaissance d'un préjudice ou de la violation des droits humains, à l'image des enfermements abusifs ou des mauvais traitements en institution. Pour d'autres acteurs (enfants placés, orphelins devenus adultes...), le dossier d'archives se présente comme une source d'information importante, voire un palliatif à l'absence de transmission, telle qu'elle s'opère typiquement au sein de la famille via l'histoire orale, les albums photographiques et les souvenirs partagés. Sa consultation offre alors l'espoir de se réinscrire dans la continuité d'une histoire plus longue (Murray et al.) et, ce faisant, de favoriser une certaine compréhension de soi (Horrocks et Goddard, 2006).

Dans l'histoire récente de plusieurs pays tels que l'Australie, le Canada ou encore la Suède et plus récemment la Belgique, une demande sociale forte, émanant notamment d'anciens enfants placés, a abouti à des enquêtes d'envergure, se concluant souvent par des excuses des autorités ou la mise en place de dispositifs de reconnaissance, voire de réparation. La plupart du temps, les acteurs soutenant ces initiatives ont souligné la nécessité de favoriser un accès aux archives, entrainant de multiples réflexions tant au niveau de la spécificité de ces documents et de leur mise en accès que des publics qu'ils concernent.

Les dépôts d'archives peuvent être des endroits étranges et confus pour des visiteurs inexpérimentés (Jones et O'Neill, 2018) ; la localisation des dossiers et la compréhension des procédures administratives et de leur justification juridique constituent autant d'obstacles pour ces nouveaux usagers, tandis que nombre d'archivistes s'interrogent sur les pratiques à mettre en oeuvre pour faciliter l'accès et la compréhension des dossiers mais aussi sur leurs propres attitudes et comportements face à des démarches empreintes d'espoir, d'émotion, mais aussi parfois de déceptions. En effet, l'accès à ces dossiers, qui à l'origine n'avaient pas été constitués dans cette optique, nécessite un travail de réinterprétation et de critique, qu'il s'agisse de l'évolution du vocabulaire et des repères moraux, de leur propension à s'attarder surtout sur les événements négatifs ou encore de la perspective parfois très différente qu'ils suggèrent, en comparaison avec les souvenirs des acteurs concernés (Frings-Hessami, 2018 ; Swain & Musgrove, 2012 ; Swain, 2014).

Ces 18e journées des archives, organisées conjointement par l'UCLouvain (Archives de l'Universitéet Laboratoire de Recherches Historiques) et l'UNamur (Centre Vulnérabilités & Sociétés), envisageront cette question de l'accès aux archives au prisme des enjeux de construction et reconstruction d'identités, ou encore de la réalisation d'une forme de "justice archivistique" ("Archival Justice" - Jones et O'Neill). Rassemblant praticiens et chercheurs, elles visent surtout le partage d'expérience et le dialogue interdisciplinaire. Ainsi, les propositions de communications abordant les thèmes suivants seront particulièrement bienvenues :

  • retours d'expérience sur la mise en communication de ces dossiers, des défis et des difficultés qu'elle pose tant pour les usagers que pour les archivistes, aussi bien en termes politiques, juridiques et administratifs que du point de vue de la gestion des émotions ;
  • l'impact de ces mises en accès sur les stratégies de conservation, mais aussi, plus en amont, sur la construction de ces dossiers par des acteurs (droit, travail social...) qui, de plus en plus, intègrent le fait que les documents qu'ils produisent ne seront plus lus exclusivement par des professionnels du secteur ou des historiens, mais aussi par les personnes directement concernées. Une réflexion plus prospective pourrait également concerner les enjeux liés au numérique et à la dématérialisation de certains dossiers ;
  • le rôle des archives, des archivistes et des historiens quant à ces démarches spécifiques, qu'elles soient individuelles (accès à sa propre histoire, compréhension du contexte historique) ou collectives (processus de reconnaissance et de réparation), mais également leur inscription dans des logiques interdisciplinaires (droit, psychologie...).

Modalités de soumission

Les propositions de contributions (titre, résumé de 300 mots), avec affiliation institutionnelle des auteurs, devront être envoyées aux organisatrices

avant le 1er novembre 2019

aux adresses suivantes : aurore.francois@uclouvain.be ; veronique.fillieux@uclouvain.be ; geraldine.mathieu@unamur.be.

Les auteurs des contributions sélectionnées seront avertis fin novembre 2019. Les contributions retenues feront l’objet d’une publication.

Notification aux intervenants repris dans le programme : fin novembre 2019

Comité organisateur

  • Aurore François (UCLouvain)
  • Véronique Fillieux (UCLouvain)
  • Géraldine Mathieu (UNamur)

Comité scientifique

  • Jérôme de Brouwer (Université libre de Bruxelles)
  • Henk de Smaele (Universiteit Antwerpen)
  • Jeroen Dekker (Rijksuniversiteit Groningen)
  • Joëlle Droux (Université de Genève)
  • Anouk Dunant Gonzenbach (Archives d'État de Genève)
  • Patrice Marcilloux (Université d'Angers)
  • Silvia Mostaccio (UCLouvain)
  • Amélie Nuq (Université de Grenoble)
  • David Niget (Université d'Angers)
  • Marie Van Eeckenrode, (UCLouvain, Archives générales du Royaume)
  • Cécile Vanderpelen (Université libre de Bruxelles)
  • Laurence van Ypersele (UCLouvain)

Bibliographie indicative

De Wilde, L., & Vanobbergen, B. (2017). Puzzling history – the personal file in residential care: a source for life history and historical research. History of Education, 46(3), 384–397.

Eberhard, K. (2015). Unresolved issues: recordkeeping recommendations arising from Australian commissions of inquiry into the welfare of children in out-of-home care, 1997–2012. Archives and Manuscripts, 43(1), 4–17.

Frings-Hessami, V. (2018). Care Leavers’ records: a case for a Repurposed Archive Continuum Model. Archives and Manuscripts, 46(2), 158–173.

Goddard, J., Feast, J., & Kirton, D. (2008). A Childhood on Paper: Managing Access to Child Care Files by Post-Care Adults. Adoption & Fostering, 32(2), 50–62.

Horrocks, C., & Goddard, J. (2006). Adults who grew up in care: constructing the self and accessing care files. Child & Family Social Work, 11(3), 264–272.

Humphreys, C., & Kertesz, M. (2012). “Putting the Heart Back into the Record”: Personal Records to Support Young People in Care. Adoption & Fostering, 36(1), 27–39.

Jones, M., & O’Neill, C. (2014). Identity, records and archival evidence: exploring the needs of Forgotten Australians and Former Child Migrants. Archives and Records, 35(2), 110–125.

Kirton, D., Peltier, E., & Webb, E. (2001). After All These Years: Accessing Care Records. Adoption & Fostering, 25(4), 39–49.

McCarthy, G. J., Swain, S., & O’Neill, C. (2012). Archives, identity and survivors of out-of-home care. Archives and Manuscripts, 40(1), 1–3.

Murray, D. S., Malone, J., & Glare, J. (2008). Building a Life Story: Providing Records and Support to Former Residents of Children’s Homes. Australian Social Work, 61(3), 239–255.

Murray, S., Murphy, J., Brannigan, E., & Malone, J. (2009). After the Orphanage: Life Beyond the Children’s Home. UNSW Press.

Ranquet, M. (2015). Archiver l’enfance : la prise en compte spécifique du mineur en droit des archives (1979-2008). In Y. Denéchère & D. Niget, Droits des enfants au XXe siècle : Pour une histoire transnationale,PUR, 161–170.

Swain, S. (2014). Stakeholders as Subjects: The Role of Historians in the Development of Australia’s Find & Connect Web Resource. The Public Historian, 36(4), 38–50.

Swain, S., & Musgrove, N. (2012). We are the stories we tell about ourselves: child welfare records and the construction of identity among Australians who, as children, experienced out-of-home “care.” Archives and Manuscripts, 40(1), 4–14.

Lieux

  • Université catholique de Louvain
    Louvain-la-Neuve, Belgique (1348)

Dates

  • vendredi 01 novembre 2019

Mots-clés

  • archives, droit, données sensibles, identités, transmission, reconnaissance

Contacts

  • Aurore François
    courriel : aurore [dot] francois [at] uclouvain [dot] be

Source de l'information

  • Aurore François
    courriel : aurore [dot] francois [at] uclouvain [dot] be

Pour citer cette annonce

« Un dossier pour se (re)construire ? Archives et enjeux d'identités », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 07 octobre 2019, https://calenda.org/682849

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