AccueilOccidentalisme : l'Occident après 1945

Occidentalisme : l'Occident après 1945

Occidentalism: The west post-1945

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Publié le jeudi 10 octobre 2019 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Ce colloque se propose d’interroger la notion d’« occidentalisme », qui est défini par The Dictionary of Human Geography (5e édition, 2009) comme « la construction systématique  de  « l’Occident » comme une entité délimitée et unifiée. » Ici, le terme est envisagé comme le pendant de « l’orientalisme » tel que défini par Edward Said (1978), mais il ne s’agit pas de revenir sur les études postcoloniales ni de questionner leurs travaux et leurs tendances, riches et nombreuses. L’idée d’« Occident », par opposition à l’Orient, a une origine ancienne mais le colloque se focalisera sur la période depuis la fin de la seconde guerre mondiale en adoptant une perspective pluriculturelle, interlinguistique et interdisciplinaire.

Annonce

Argumentaire

Ce colloque se propose d’interroger la notion d’« occidentalisme », qui est défini par The Dictionary of Human Geography (5e édition, 2009) comme « la construction systématique  de « l’Occident » comme une entité délimitée et unifiée. » Ici, le terme est envisagé comme le pendant de « l’orientalisme » tel que défini par Edward Said (1978), mais il ne s’agit pas de revenir sur les études postcoloniales ni de questionner leurs travaux et leurs tendances, riches et nombreuses. L’idée d’« Occident », par opposition à l’Orient, a une origine ancienne mais le colloque se focalisera sur la période depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en adoptant une perspective pluriculturelle, interlinguistique et interdisciplinaire.

Un des objectifs principaux de ce colloque est d’analyser certains termes clés et leur pertinence actuelle. Pour commencer, la définition citée ci-dessus parle d’un « Occident qui est « délimité » mais les frontières exactes ne sont pas claires. On considère souvent que l’Occident comprend l’Europe occidentale et les pays où la majorité de la population est originaire d’Europe occidentale (notamment les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande). La situation de l’Amérique latine, en revanche, est différente. Les pays sociétés qui composent cet ensemble font-ils pleinement partie de « l’Occident » ? Comment les pays sociétés d’Amérique latine voient-ils « l’Occident » et comment se considèrent-ils eux-mêmes par rapport à cet « Occident » ?

Il se peut que l’ambiguïté de leur place soit liée au lien souvent établi entre le statut de nation « occidentale » et le développement économique. Quelle est, par exemple, la situation de pays comme le Japon, la Corée du Sud et Taiwan qui sont similaires sur le plan économique et partagent des valeurs démocratiques ? Comment sont-ils perçus et comment se perçoivent-ils ? Quels sont les traits qui les rattachent au « camp occidental » ? Qu’est-ce qui fait qu’un pays est perçu comme partiellement ou majoritairement « occidental » ? Par qui est-il perçu comme tel ?

Une considération supplémentaire est d’examiner à quel point on peut voir « l’Occident » comme unifié. Ces perceptions varient-elles selon les régions et les pays ? Quelle est la place de la tradition judéo-chrétienne dans cette définition ? Quelle est la place et le rôle joué par l’immigration et les diasporas ? Comment des « non-Occidentaux », vivant en « Occident », définissent-ils leur identité et leur appartenance ? Quelles sont leurs attitudes vis-à-vis de « l’occidentalisation » en tant que phénomène global ?

A quel point peut-on dire que la dichotomie historique entre Est/Ouest devient une division Nord/Sud ? « L’Occident » va-t-il rester une notion pertinente ?

Une partie particulièrement importante de ce colloque consistera à explorer la manière dont « l’Occident » est perçu par ceux qui s’identifient comme appartenant à d’autres cultures. Said a mis en évidence la fréquence des stéréotypes dans la façon dont les « Occidentaux » voient l’Orient. L’inverse se vérifie-t-il également ? Sur quoi fondent-ils leur perception ? Comment définissent-ils « l’Occident » et quelles sont leurs attitudes vis-à-vis de « l’occidentalisation » de leur propre pays ? Vis-à-vis du pouvoir colonial, ancien ou non ? La situation varie-t-elle selon les régions ou les nations ? Dans plusieurs pays certains régimes sont perçus comme « pro-occidentaux » et d’autres comme « anti-Occident ». De plus, dans la presse et les médias, il n’est pas rare de voir certaines personnes qualifiées d’« occidentalisées » en raison soit de leur mode de vie, soit de leur manière de pensée.

Enfin, comment les « narrations » peuvent-elles être liées à des représentations populaires ? Comment les médias, réels ou virtuels, participent-ils à la construction de ces représentations ?

Nous serons heureux de recevoir des propositions de communications sur les sujets suivants (cette liste n’est pas exhaustive) :

  • L’occidentalisme comme contre-discours à l’orientalisme, y compris la critique par Saïd de l’occidentalisme
  • -Les géographies des cultures non-occidentales
  • L’idée populiste de l’occidentalisme qui est paru après les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et du 7 juillet 2005 en Grande-Bretagne et la représentation de l’Occident et de la modernité mondiale dans ces descriptions
  • Les analyses de la représentation de l’Occident dans des genres spécifiques au cinéma, à la télévision ou dans les jeux vidéo
  • Le point de vue des élites de la politique étrangère (aussi bien celles qui se considèrent comme Occidentaux que celles du Sud)
  • La représentation des élites et des citoyens ordinaires
  • Les mouvements politiques et sociaux qui traversent l’Occident et les pays du Sud (par exemple, le Parti Communiste ou le mouvement LGBTQ)
  • Représentation de race, genre, religion, âge ou classe sociale
  • Impact de la censure, officielle ou auto-imposée
  • La publicité, la communication des institutions publiques ou les documentaires
  • Réception, et utilisation, par le public des séries télévisées, de la musique, des jeux vidéo et des films occidentaux par les régions du Sud, y compris ceux pour les enfants
  • Changements dans les discours et les stéréotypes de l’Occident

Keynotes

  • Manuel Burga Dìaz, Professeur émérite d’histoire et ancien recteur de la Universidad Nacional Mayor de San Marcos au Pérou
  • Alastair Bonnett, Professeur de la géographie sociale à l’Université de Newcastle et auteur du livre, The Idea of the West : Culture, Politics and History

Comité scientifique

  • Susan Ball, Université de Paris 8
  • Juliette Bourdin, Université de Paris 8
  • Frank Gerits, Université d’Utrecht
  • Mathieu Guidère, Université de Paris 8
  • Andreï Kozovoi, Université de Lille
  • Sébastien Lefait, Université d’Aix-Marseille
  • Lori Maguire, Université de Paris 8
  • Vicente Romero, Université de Paris 8

Informations

La conférence se tiendra du 10 au 12 juin 2020 à l’Université Paris 8 – Vincennes – Saint Denis. Les langues du colloque sont l’anglais et le français. Merci d’envoyer un résumé de 250 à 300 mots ainsi qu’une courte biographie avant le 15 décembre 2019 à  https://easychair.org/conferences/?conf=occ2020

Catégories

Lieux

  • 2 rue de la Liberté
    Saint-Denis, France (93)

Dates

  • dimanche 15 décembre 2019

Mots-clés

  • the West, geography, immigration, international relations, minorities, social history, cultural history

Contacts

  • Lori Maguire
    courriel : lori [dot] maguire [at] univ-paris8 [dot] fr

Source de l'information

  • Lori Maguire
    courriel : lori [dot] maguire [at] univ-paris8 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Occidentalisme : l'Occident après 1945 », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 10 octobre 2019, https://calenda.org/683058

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