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For a materialist sociology of race and sex. Colette Guillaumin today

Pour une sociologie matérialiste de la race et du sexe. Actualité de Colette Guillaumin

Cahiers de recherche sociologique journal

Revue « Cahiers de recherche sociologique »

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Published on Wednesday, October 23, 2019 by Céline Guilleux

Summary

Ce numéro des Cahiers de Recherche Sociologique s’inscrit dans la foulée d’autres initiatives collectives qui s’organisent autour du travail de Colette Guillaumin qui sont l’occasion de redécouvrir la puissance critique d’une analyse matérialiste de la race et du sexe ; une analyse politiquement située (Guillaumin, 1981) rendant non seulement compte de leur parenté structurelle et de leur lien organique (Guillaumin [1998], 2017) mais aussi et surtout de leur caractère transitoire : une percée incommensurable pour les sciences sociales restée largement ignorée et encore non dépassée.

Announcement

Argumentaire

Ce numéro des Cahiers de Recherche Sociologique s’inscrit dans la foulée d’autres initiatives collectives qui s’organisent autour du travail de Colette Guillaumin qui sont l’occasion de redécouvrir la puissance critique d’une analyse matérialiste de la Race et du Sexe ; une analyse politiquement située (Guillaumin, 1981) rendant non seulement compte de leur parenté structurelle et de leur lien organique (Guillaumin [1998], 2017) mais aussi et surtout de leur caractère transitoire : une percée incommensurable pour les sciences sociales restée largement ignorée et encore non dépassée. Du thème du travail à celui des corps, en passant par le langage, les processus de catégorisation sociale, les consciences et les idéologies, les sciences et les systèmes d’idées, les contributions de Colette Guillaumin à la sociologie ont été nombreuses et décisives. Dans le champ de la critique de l’économie politique, on lui doit notamment d’avoir théorisé les rapports d’appropriation (servage, esclavage, sexage) analytiquement distincts du capitalisme ; les systèmes de marque et l’hétérogénéité interne aux classes qu’ils produisent. Au plan de la méthode, à partir "de la considération première des faits matériels", Guillaumin a dégagé l’une des approches les plus innovantes pour l’étude de la domination forçant le déplacement du regard sur les seules minorités vers la saisie conceptuelle de l’ensemble social majoritaire/minoritaire, impensé jusqu’alors. Son approche sémantique des rapports sociaux, et des discours (institutionnel/scientifique et banal) qui les accompagnent, a également ouvert des avenues de recherche non balisées avant elle pour l’étude de leur articulation. À cet égard, l’identification d’un troisième terme à tout rapport de pouvoir, l’Ego de chacun de ces rapports, les contours du sujet social qu’ils instituent, constituent des legs majeurs et une dimension des rapports sociaux encore peu explorée (Pietrantonio, 2018 ; Pietrantonio, Bouthillier, 2015 ; Pietrantonio 2002). Aussi, les relectures fines de ses travaux offrent-elles des prospectives de recherche précieuses pour l’épistémologie des rapports de pouvoir. 

Si les textes que Colette Guillaumin a produits au cours des cinquante dernières années font désormais école, tant du côté du féminisme matérialiste que de la littérature sur le racisme, l’actualité de sa pensée est, elle, largement sous-estimée, quand elle n’est pas contestée. Ses analyses continuent pourtant d’irriguer nombre de recherches aujourd’hui. Ce numéro voudrait contribuer à les rassembler et à poursuivre la « conversation ininterrompue »[4] qui alimentait ses travaux, dans une perspective de prolongement, d’actualisation et de renouvellement.

Ce projet de numéro intervient plus de 40 ans après la parution de L’idéologie raciste (1972), alors que les racismes ne s’épuisent pas et que la mise en concurrence des luttes (de classe, de sexe et de race) (Benveniste, Falquet et Quiminal, 2017) a notamment pour effet de réactiver les postulats de « hiérarchie non prouvée [1]», soit le paradigme de la lutte principale avec ses ennemis secondaires.

C’est néanmoins dans ce contexte, et dans un élan critique notamment féministe sur la question de la race et du rapport colonial, que l’on semble redécouvrir Guillaumin aujourd’hui et son travail pionnier sur le racisme. Si ce dernier a incontestablement nourri sa réflexion sur le sexisme, il est lui-même ancré dans les rapports de sexe (Juteau, 1995).

Véritable « tournant dans l’histoire des idées » (Juteau, 1998), L’idéologie raciste marque cependant « l’histoire d’un tournant qui ne s’opérera pas : celui de l’étude des rapports sociaux de race en France. Il faudra trente ans pour que réémerge ce livre (…) » (Naudier et Soriano, 2010 : 193). Au moment de sa parution, il inaugure une rupture majeure avec la définition raciste du racisme (Guillaumin, 1992 : 92) qui le comprend pour l’essentiel comme une « conduite hostile », moralement réprouvable, vis-à-vis d’un groupe déjà désigné et perçu comme absolument autre et particulier dans l’univers social. Tandis que l’idéologie raciste est ainsi communément appréhendée comme une doctrine qui hiérarchise « des races » comprises comme des unités déjà-là, Guillaumin démontre que c’est justement la croyance en l’existence de catégories naturelles, closes sur elles-mêmes et dotées d’un déterminisme interne, qui constitue l’idéologie raciste. Spécifique au racisme tel que nous le connaissons en Occident, cette idéologie prend forme avec le développement des sciences modernes, au moment même où la prolétarisation et la colonisation « présentent un caractère systématique » (Guillaumin, 1992 : 46). Loin de constituer un phénomène autonome, elle est la forme mentale du rapport spécifique d’appropriation du travail qui caractérise « l’esclavage des XVIIIe et XIXe siècles dans les États de la première accumulation industrielle » (1978b : 13). Dans et par ce rapport, les corps sont appropriés, réduits à l’état de choses, d’outils, dans les faits comme dans la pensée.

Cette déconstruction de la notion de race dans sa forme moderne, qui procède de l’examen minutieux de son avènement et d’une inversion du rapport entre race et racisme (la race suit le rapport : il la précède et la produit, contrairement à l’entendement populaire et scientifique d’alors) informe le raisonnement de Colette Guillaumin sur le sexe. Tous deux impliquent l’Idée de Nature (Colette Guillaumin, 1978b), laquelle exprime un rapport de propriétaire à objet ; tous deux constituent des systèmes de marques qui appellent des « descriptions parentes (…) sur le plan théorique » (Guillaumin, 2017 [1998] : 156). Si la sociologie de Colette Guillaumin les lie ainsi d’emblée l’un à l’autre, les lectures qui en ont été faites l’ont cependant dichotomisée (Juteau, 1995) : les rapports sociaux de race d’un côté, le genre ou les rapports de sexe de l’autre. Cette dissociation pourrait notamment participer à expliquer le peu d’attention portée à l’originalité de ses contributions au travail collectif de construction du féminisme matérialiste[2] comme à la sociologie du racisme. Sauf exception, l’investissement de l’idéologie naturaliste commun à la sémantique des catégories de sexe et de race aura finalement été peu saisi en tant qu’objet d’étude.

C’est d’abord « Race et nature : système de marques, idée de groupe naturel et rapports sociaux » (1977) qui met en relation race et sexe de manière inédite à partir d’une réflexion sur les marquages des corps dérivés de leurs usages. Colette Guillaumin montre alors que sexe et race sont des produits sociaux au même titre que la classe et qu’ils sont empiriquement liés.

Elle développe ensuite le concept « de sexage » (1978a), dans un geste critique vis-à-vis de la lecture marxiste, y compris féministe, qui cherche à penser « les femmes » (appréhendées comme un groupe homogène et allant de soi) face au capital. À rebours de celles des théoriciennes qui prennent alors le mode de production capitaliste pour modèle à partir duquel elles envisagent le rapport de sexe, Guillaumin dévoile ce qui justement distingue le rapport d'exploitation de la force de travail des rapports d'appropriation. Centré sur le sexage, ses moyens et ses expressions collectives et privées, cet article est aussi l’occasion de pointer l’existence de « formes transitionnelles d’exploitation » (Galerand et Kergoat, 2014 ; Galerand, 2015). Il ouvre finalement sur un programme de recherche qui vise à faire porter l’analyse sur deux contradictions latentes ou potentielles internes au sexage pour cerner ses transformations – entre ses formes collectives et privées d’une part ; entre la « libre vente récente de la force de travail » et l’appropriation d’autre part. Peu suivie en France, cette piste sera en revanche retravaillée par Danielle Juteau et Nicole Laurin (1988) au sujet du contexte québécois. À partir du cas des religieuses et de leur position excentrique, elles feront valoir deux nécessités : celle de considérer la « variété des modes particuliers de l’appropriation » (aussi bien dans sa forme collective que dans sa forme privée) - soit la variété des usages concrets qui sont faits des femmes et des fractions de classe qu’ils produisent (religieuses, mères porteuses, prostituées, épouses, ouvrières) ; celle d’interroger la cohérence et la cohésion entre ces divers modes d’actualisation de l’appropriation. On peut alors distinguer différents systèmes ou « rapports de sexage » (Guillaumin, 1978b : 12 ; Falquet, 2016).

Depuis la parution de « Pratique du pouvoir et idée de Nature » (1978), le mouvement de pensée féministe s’est recomposé et les conditions de réception des travaux de Colette Guillaumin se sont modifiées. Avec un succès inédit dans l’histoire des savoirs féministes, les théories queer sont venues incontestablement renouveler la critique du naturalisme et la réflexion sur la fabrique des corps à partir de nouveaux outils, sans pourtant connaître ou reconnaître, en tout cas sans reprendre le travail de Colette Guillaumin.

La diffusion accrue des théories issues des franges les plus radicales du Black Feminism états-unien et du paradigme de l’intersectionnalité aura de son côté stimulé la réflexion sur l’articulation du genre aux contradictions entre femmes, non seulement aux contradictions de classe, fortement débattues dès le début des années 70, mais aussi aux contradictions de race, héritées de l’esclavage, du rapport colonial et de leurs transformations. Pour des raisons différentes, et paradoxalement, la réception de cette littérature (queer d’une part et intersectionnelle d’autre part) dans le monde francophone, s’y est accompagnée d’une mise en question des théorisations matérialistes des catégories de sexe en général, de la conceptualisation de Colette Guillaumin en particulier. La portée politique de l’idée même de classes de sexe se voit de nouveau[3] contestée, lorsque toutefois (rarement) elle est discutée. Et sur le plan épistémologique, le soupçon est jeté sur les étapes de théorisation qui distinguent analytiquement les différents rapports de pouvoir empiriquement imbriqués, pour penser leurs spécificités comme ce qu’ils ont de commun. C’est dans le cadre de cette critique qu’un raisonnement analogique est attribué à Colette Guillaumin aujourd’hui. S’il s’agit d’en préciser les vertus, il est aussi question de ses limites, l’analogie apparaissant alors comme l’envers d’une démarche intersectionnelle : « ce dispositif où esclavage – et plus généralement production de la race – et sexage entretiennent une familiarité comparable à une parenté, certes, mais sans filiation, c’est-à-dire sans cogénération » (Bentouhami et Guénif, 2017 : 218).

Avec Marguerite Cognet, Fabrice Dhume et Aude Rabaud (2017 : 56), on peut cependant penser que les différences de traitement toujours observables « entre les catégories de classe, de sexe et de race témoignent d’une problématique de l’intersectionnalité qui n’a pas poussé jusqu’à son terme la question des équivalences (ou des différences ?) » non pas entre groupes minoritaires mais entre rapports sociaux. « Pourquoi les catégorisations de la race font-elles l’objet d’une plus grande mise à distance que les autres ? » (Idem, 2017 : 56). Et comment expliquer que les critiques d’essentialisme concernant la définition matérialiste des catégories de sexe – la conceptualisation en termes de classes de sexe – prolifèrent « alors qu’on ne rencontre pas de semblables inquiétudes pour les classes » dont on admet pourtant qu’elles ne sont ni fixes, ni homogènes et toujours spécifiques à une formation sociale donnée (Juteau, 2016, p. 29) ? Ce partage des inquiétudes et des termes (formes mentales ?) ne nous dit-il pas quelque chose des rapports sociaux en présence ?

En dépit du succès de l’intersectionnalité, force est de constater la persistance d’une « particularisation indue de l’oppression de classe » qui empêche de l’articuler à égalité avec les autres systèmes d’oppression (Delphy, 2003), comme celle des diverses formes de réductionnisme (horizontales et verticales) qui obscurcissent précisément les processus de production des « femmes les plus femmes », soit des fractions de classe les plus dominées (Juteau, 2016).

Finalement, dans un article initialement publié dans les bulletins de l’ANEF en 1998 et réédité au Québec (revue Sociologie et Société) il y a deux ans (2017), Colette Guillaumin se penche sur le rapport que le féminisme entretient au racisme de ses sociétés. Elle y précise le lien organique qui unit nécessairement le sexisme au racisme à partir de ses propres conceptualisations. Il nous semble que ce texte, comme ses travaux antérieurs sur les différents régimes d’exploitation et d’appropriation, ainsi que ses pratiques d’analyse discursives qui consistent à penser « l’ensemble social » (Guillaumin, 1972) à partir de rapports sociaux affectant tous les groupes offrent des pistes de réflexion peu explorées jusque-là sur les dynamiques de co-construction des rapports de pouvoir. Ces dynamiques sont aujourd’hui au cœur des débats internes aux études féministes, antiracistes et décoloniales.

Ce sont précisément ces débats que nous proposons de pousser et d’examiner dans le cadre de ce numéro, dans l’optique de faire valoir l’actualité des contributions de Colette Guillaumin, tout en assumant le caractère partiel, partial et toujours inachevé des savoirs (Juteau 1981).

Les contributions sollicitées pourraient notamment se retrouver dans l’un des trois axes qui suivent :

  1. Un premier axe consiste à faire retour sur la démarche de Colette Guillaumin en mettant à profit l’une ou plusieurs des considérations suivantes : le contexte politique auquel il faut la rapporter ; les points d’appuis théoriques et méthodes de travail dont procèdent ses analyses, en particulier discursives ; les implications épistémologiques de son matérialisme ; sa manière de mettre en rapport les dimensions idéelles et matérielles des rapports de pouvoir et ce qui la distingue ou la rapproche d’autres « matérialismes féministes » aujourd’hui défendus. Cet axe voudrait par ailleurs rassembler des analyses critiques et réflexives sur les conditions initiales et actuelles de réception des travaux de Guillaumin tant du côté de la sociologie féministe ou du genre que du côté des sociologies du racisme et de l’ethnicité. Des réflexions sur la méconnaissance de son œuvre dans la littérature anglophone, comme sur les lectures partielles qui en ont été faites dans la sociologie francophone – séparant son analyse du racisme de sa sociologie du sexisme (Juteau 1995) – seraient ici utiles.
  2. Un deuxième axe concerne les débats épistémologiques qui sous-tendent les différentes conceptualisations constructivistes du sexe et de la race aujourd’hui, leurs distances ou leurs proximités vis-à-vis de l’héritage marxien. Il s’agirait par-là de réfléchir aux inflexions ou aux déplacements de la réflexion sociologique sur l’Idée de Nature, le substantialisme, le fondationalisme biologique ou l’essentialisme, comme sur les opérations de catégorisation, les manières d’appréhender les « catégories imaginaires » et les « groupes concrets ». Sur cet axe, intervient aussi la question du partage des sciences « naturelles » et « sociales » et des coupures d’objet qu’elles induisent. Les analyses qui croisent les travaux de C. Guillaumin avec d’autres, comme celles qui s’intéressent à l’histoire des sciences, à l’évolution des rapports entre sciences biologiques, biomédicales et sciences sociales seraient pertinentes sur ce thème.
  3. Le dernier axe concerne les relations qu’entretiennent les rapports de pouvoir (de distance, de similitudes ou de parenté structurale, de différence de traitement, d’irréductibilité, de contradiction potentielle, de co-construction ou de lien organique). Il s’agirait d’interroger les différentes manières de penser ces relations et leurs implications respectives, de mettre en discussion les travaux de Guillaumin avec les différentes théories de l’articulation des oppressions (intersectionnalité, co-formation, matrice, consubstantialité, imbrication) actuellement repérables. Axe où les apports de Colette Guillaumin nous semblent à la fois précieux, méconnus, mal compris, en tout cas trop peu discutés et pourtant susceptibles de nourrir les réflexions sur les dynamiques de recomposition des rapports sociaux d’appropriation et d’exploitation, leurs variations et leurs périodisations. Cet axe voudrait notamment rassembler des travaux sur l’articulation entre formes d’esclavage et de sexage, articulation peu documentée jusqu’ici, de même que sur les transformations du travail et des modalités de son appropriation.

 Modalités de soumission

La date limite de réception des propositions d’article est fixée au 18 novembre 2019.

Elles doivent être adressées à : galerand.elsa@uqam.ca

Les propositions devront comporter :

  • un titre ;
  • un résumé d’environ 5000 signes ;
  • les informations sur le ou les auteurs : nom, affiliation institutionnelle, fonction, adresse professionnelle, numéro de téléphone et courriel.

Le comité de rédaction sélectionnera les propositions et en informera les auteur.es au plus tard le 20 décembre 2019. Les auteur.es recevront alors le détail des consignes de publication.

Les articles attendus sont d’un format d’environ 8000 mots (note de bas de pages comprises) et devront être remis au plus tard le 6 avril 2020 pour une publication du numéro en septembre 2020.

Les articles seront évalués en double-aveugle.

Coordination

Elsa Galerand, Danielle Juteau et Linda Pietrantonio

Références

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Bentouhami, H. et Guénif-Souilamas, N. (2017). « Avec Colette Guillaumin : penser les rapports de sexe, race, classe. Les paradoxes de l’analogie ». Cahiers du Genre, vol. 63, no. 2, p. 205-219.

Benveniste, A., Falquet, J. et Quiminal, C. (2017). « En femmage à Véronique De Rudder, Nicole-Claude Mathieu et Colette Guillaumin, précurseures de la dénaturalisation de la race et du sexe ». Journal des anthropologues, no. 150-151, p. 25-42.

Delphy, C. (2013). L’ennemi principal. Économie politique du patriarcat, Paris, Syllepse

Delphy, C. (2003). « Pour une théorie générale de l’exploitation (I) : en finir avec la théorie de la plus-value ». Mouvements, 26 : 69-78.

Falquet, J. (2016). « Entretien avec Jules Falquet : Matérialisme féministe, crise du travail salarié et imbrication des rapports sociaux », Cahiers du GRM [Online], 10 | 2016 http://journals.openedition.org/grm/839 ; DOI : 10.4000/grm.839

Galerand, E. et D. Kergoat. (2014). « Consubstantialité vs intersectionnalité? À propos de l’imbrication des rapports sociaux. » Nouvelles pratiques sociales, volume 26, numéro 2 : 44–61.

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Pietrantonio, L., Bouthillier, G. (2015), « Comprendre l’hétérogénéité sociale pour faire valoir la diversité », Recherches féministes, 28 (2), 163-178.

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Wirth, L. (1945), “The Problem of Minority Groups”, in The Science of Men in the World in Crisis, New York: Morningside Heights-Columbia University Press.

Notes

[1] Selon l’expression de Christine Delphy (2013 : 51). 

[2] Notamment avec Christine Delphy, Nicole-Claude Mathieu, Monique Wittig et Paola Tabet, auxquelles Colette Guillaumin se réfère dans l’introduction de son livre Sexe, race et pratique du pouvoir (1992, réédition 2016, Éditions iXe).

[3] Sur les critiques adressées à cette conceptualisation des catégories de sexe en termes de classe, nous renvoyons notamment aux travaux des féministes marxistes des années 70.

Date(s)

  • Monday, November 18, 2019

Keywords

  • race, sexe

Information source

  • Elsa Galerand
    courriel : galerand [dot] elsa [at] uqam [dot] ca

To cite this announcement

« For a materialist sociology of race and sex. Colette Guillaumin today », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, October 23, 2019, https://calenda.org/689677

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