HomeThe multiple Antiquities of Greek modernity (19th-21st centuries)

The multiple Antiquities of Greek modernity (19th-21st centuries)

Les antiquités multiples de la modernité grecque (XIXe-XXIe siècle)

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Published on Friday, October 25, 2019 by Céline Guilleux

Summary

Dans un XIXe siècle où la discussion sur les origines nationales bat son plein dans toute l’Europe, les Grecs auraient-ils pu se dispenser d’une instance de légitimation aussi flatteuse et aussi prometteuse que l’Antiquité ? De fait, la Grèce ancienne devient d’emblée, un élément déterminant dans l’élaboration difficultueuse d’une identité néo-hellénique et d’une l’idéologie étatique. Nous voudrions explorer ce retour du passé dans le présent en questionnant la diversité et l’hétérogénéité des  « Antiquités » créées et véhiculées aux XIXe et XXe siècles, le contexte (national, culturel, politique) dans lequel les diverses, et souvent contradictoires, représentations de l’Antiquité ont été formulées en interférant les unes avec les autres,  les manières dont  le contexte dominant de l’histoire nationale a  été consolidé ou sapé par d’autres cadres de pensée projetant sur l’Antiquité des demandes alternatives.

Announcement

Athènes, 24-26 Septembre 2020

Argumentaire

« Vouloir, en raison de son prestige de jadis, redonner vie à une nation politiquement disparue de l’histoire, est aussi raisonnable que de vouloir redonner vie aux espèces animales qui ont cessé d’exister depuis longtemps et dont les traces se trouvent enfouies dans les couches paléozoïques de la terre (…).  Et pourtant, c’est dans cette absurdité que tombent chez nous tous ceux qui cherchent à fonder notre existence nationale non pas sur le développement des éléments actuels, mais sur les souvenirs de l’Antiquité classique, par ailleurs fort mal connue des Grecs modernes par le truchement d’une traduction médiocre publiée par A. R. Rangavis de l’Épitomé de l’Histoire de la Grèce de Goldsmith »,  Ἀσμοδαῖος, 22/2/1881.

Dans un XIXe siècle où la discussion sur les origines nationales bat son plein dans toute l’Europe, les Grecs auraient-ils pu se dispenser d’une instance de légitimation aussi flatteuse et aussi prometteuse que l’Antiquité ? De fait, la Grèce ancienne devient d’emblée, un élément déterminant dans l’élaboration difficultueuse d’une identité néo-hellénique et d’une l’idéologie étatique. Il n’en reste pas moins que ce mode de rapport ainsi établi entre l’État grec et le passé antique n’a cessé de soulever des réelles difficultés ainsi qu’en témoigne cette description (auto)critique de l’anticomanie néo-hellénique publiée anonymement, en 1881, dans le journal satirique de Thémos Anninos Ἀσμοδαῖος.

Ce retour massif d’une époque définitivement révolue a pu - à juste titre - être ressenti comme un poids accablant pour le présent d’une société au sein de laquelle il faudra cultiver activement les réminiscences antiques. Le hiatus créé entre la langue parlée (δημοτική) et la langue puriste (καθαρεύουσα) illustre bien l’emprise d’un passé monumental sur un présent voué à devenir archaïsant.

En même temps, un tel retour impliquait effectivement de réussir un exercice d’introduction et d’acclimatation de la tradition classique européenne et de ses savoir-faire disciplinaires.

Nous voudrions explorer ce retour du passé dans le présent en questionnant a. la diversité et l’hétérogénéité des  « Antiquités » créées et véhiculées aux XIXe et XXe siècles, b. le contexte (national, culturel, politique) dans lequel les diverses, et souvent contradictoires, représentations de l’Antiquité ont été formulées en interférant les unes avec les autres, c. les manières dont  le contexte dominant de l’histoire nationale a  été consolidé ou sapé par d’autres cadres de pensée projetant sur l’Antiquité des demandes alternatives. Nous voudrions donc encourager une perspective interdisciplinaire impliquant le dialogue avec les études culturelles, les études de réception ou la théorie littéraire

Nous avons défini dix axes de recherche dont les thématiques proposées sont bien entendu indicatives (et non pas exhaustives) : 

  • Articuler le couple Anciens/Modernes : historiographie, temporalités, représentations, imaginaires
  • Une relation triangulaire : de la Grèce moderne à la Grèce ancienne via l’Europe a.Introduire le savoir classique européen : traductions et politiques de la réception b. Le voyage en Grèce (Itinéraires, pèlerinages, guides de voyages etc.) c. Médiation et politique culturelles des écoles archéologiques « étrangères » 
  • Les institutions grecques modernes et la promotion d’un savoir classique autochtone(?) : Société archéologique, Université d’Athènes, musées etc ; Histoire nationale et « laographie » (Volkskunde, Folklore)        
  • L’Antiquité à l’épreuve des idéologies (19e – 20e s.)
  • L’Eglise orthodoxe chrétienne face à l’Antiquité
  • Le « trop » d’Antiquité : critiques et satires de l’anticomanie néo-hellénique ; la discussion sur le kitsch
  • Revivalismes a. Le parlêtre grec moderne ou l’insoluble question de la langue Civilisation matérielle et Antiquité : nommer : prénoms, rues, plans de répression politique ou de prévention face aux catastrophes naturelles ; Construire: les architectures modernes ; Symboliser : pièces, médailles, timbres ; Fabriquer : les souvenirs ;  Marquer : les tattoos ; c. S’associer : les associations sportives et culturelles (les associations néo-païennes etc) d. jeux vidéos, bandes dessinées, jeux de société
  • L’« autre » des anciens Grecs chez les Grecs Modernes : les Antiquités au-delà de  l’Antiquité grecque (les civilisations romaine, juive, égyptienne, persane,  etc)
  • Identités sexuées et Antiquité : les communautés LGBT ; le phénomène du homonationalism etc
  • L’Antiquité de la diaspora grecque: revues, associations, tavernes, écoles etc

Le colloque, se tiendra à la Fondation Hellénique de la Recherche Scientifique du 24 au 26 septembre 2020.

Modalités de participation

Les propositions de communications, rédigées en français ou en anglais, comporteront un titre et un résumé (500 mots). Elles devront parvenir aux organisateurs

avant le 10 janvier 2020.

La liste des propositions retenues sera communiquée aux intéressés début février.

Comité d’organisation 

  • Chryssanthi Avlami, avlami@panteion.gr
  • MichalisKonaris, michaelkonaris@yahoo.com
  • Sofia Matthaiou, sofmat@eie.gr
  • Alexandra Sfoini, alexsfin@eie.gr

Comité scientifique

  • Chryssanthi Avlami, Université Panteion & ANHIMA
  • Constanze Güthenke, Université d’Oxford
  • Alexandra Lianeri, Université de Thessalonique 
  • Paraskevas Matalas, Université de Crète
  • Marie-Elisabeth Mitsou, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris
  • Ourania Polycandrioti, Fondation Hellénique de la Recherche Scientifique

Places

  • Amphithéâtre
    Athens, Greece

Date(s)

  • Friday, January 10, 2020

Keywords

  • idées, études visuelles, anthropologie

Contact(s)

  • Chrys Avlami
    courriel : chrysavlami [at] gmail [dot] com

Information source

  • Chryssanthi Avlami
    courriel : chrysavlami [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« The multiple Antiquities of Greek modernity (19th-21st centuries) », Call for papers, Calenda, Published on Friday, October 25, 2019, https://calenda.org/692138

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