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Des histoires de familles, alliances, filiations et récits de soi en Asie du Sud-Est

Rencontres de l'Association française pour la recherche sur l’Asie du Sud-Est (Afrase)

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Published on Tuesday, November 26, 2019 by Céline Guilleux

Summary

Les rencontres de l'Association française pour la recherche sur l’Asie du Sud-Est (Afrase) 2020 proposent de partager des histoires de familles en Asie du Sud-Est et de s'interroger sur la relation entre récits de soi et récits de parenté, Quelle que soit la nature de la famille alors considérée, famille réelle, étendue, reconstruite ou imaginée. Cet appel concerne tous ceux qui voudraient partager une réflexion sur ces récits, particulièrement sur les formes de ces histoires, leur conservation et leur transmission. Tous les supports de ces récits de famille sont mis à l'honneur, qu'il s'agisse de récits oraux, de textes, de dessins, de photographies ou de films. La question du dialogue au sein des groupes de parenté en Asie du Sud-Est et entre l'Asie et le monde est mise à l'honneur à travers les thèmes de la communication, notamment dans le cadre des réseaux sociaux.

Announcement

Rencontres de l'Afrase, 24 janvier 2020, Salons de l'EFEO, Paris

Argumentaire

Dans les sociétés d’Asie du Sud-Est, la famille - au sens de groupe de parenté - demeure le premier espace de sociabilité et la principale ressource d’entraide des personnes. Parfois tentaculaires, les réseaux de parents participent voire encadrent les hiérarchies sociales, la structuration des territoires et les systèmes économiques. La famille sud-est asiatique dépasse en effet les limites de la filiation et de l’alliance réelles en reconnaissant de nombreuses formes de parenté symbolique. Le modèle individualiste libéral progresse en Asie du Sud-Est et tend à souligner les contraintes que l’adhésion à cette collectivité peut faire peser sur les personnes. Cependant la famille conserve une valeur positive, espace privilégié de l’affection, de la confiance et de la protection. Les individus peuvent s’y accomplir en se revendiquant de son identité et en s’impliquant dans sa perpétuation. Les limites à la liberté individuelle induites par les logiques d’appartenances sont ainsi compensées par les opportunités sociales permises par la logique d’entraide dans la collectivité. Les évolutions parfois brutales et l’instabilité politique de certaines des sociétés d’Asie du Sud-Est ont d’ailleurs tendance à renforcer le recours aux logiques familiales en tant qu’elles seraient des instruments de résilience des communautés. Contraintes à la séparation du fait des nombreux types de migrations pratiquées par les sociétés sud-est asiatiques, les familles se sont parfois construites en tant qu’entités transnationales : elles témoignent aujourd’hui de l’existence de multiples relations entre les identités régionales et internationales.

Les chercheurs ont démontré la nécessité de comprendre les structures familiales pour envisager d’étudier les sociétés sud-est asiatiques. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de ne pas distinguer sphères publiques et privées mais de considérer un même espace social hiérarchisé par les relations de parenté et de parentalité. Ils ont cherché à recueillir les récits généalogiques ou les biographies familiales. Ce faisant, ils se sont confrontés aux stratégies d’évitement mis en place par leurs informateurs. Car si la référence au milieu familial est permanente, la description de ce milieu fait parfois l’objet d’un tabou. Nombre d’individus souhaitent en effet conserver cachées leurs histoires de famille. Certains ignorent, volontairement ou involontairement, d’autres dissimulent ces récits. Tous mettent en évidence les ruptures dans la chaîne de transmission généalogique et valorisent alors la mémoire familiale comme une donnée majeure de leur identité.

L’objet des Rencontres de l’Afrase 2020 est donc de considérer comment les individus expriment leurs relations à leurs parents et au groupe qui les réunit, quelle que soit la nature de la famille ainsi considérée : famille réelle, famille étendue, famille reconstruite ou famille imaginée. Nous nous intéressons à la manière dont on parle de la notion de famille, comment on raconte l’histoire de sa parenté et comment on construit son récit biographique par rapport au groupe en Asie du Sud-Est. On s’interroge alors sur les logiques de conservation, de transmission, de dévoilement ou bien de dissimulation du savoir familial et de ses ressources ainsi qu’aux usages que les descendants font de celles-ci.

Les supports de ces récits et leur mode de transmission sont multiples : on s’intéresse en particulier aux conditions de la transmission du savoir généalogique à travers l’oralité, mais également à la production de textes manuscrits, typographiés, imprimés, de dessins ou d’œuvres d’art, comme à la production de témoignages photographiques et filmés voire de documentaires qui peuvent mettre en lumière le patrimoine familial. L’emploi généralisé des médias et réseaux sociaux dans les sociétés asiatiques nous intéressent particulièrement. Nous souhaitons notamment aborder la nature transnationale des familles sud-est asiatiques à travers les thèmes de la reconstitution des groupes de parents, de la communication et des échanges à échelle internationale. On s’intéresse enfin à l’expression de l’absence, de la perte ou de la rupture avec la famille dans le récit biographique et à leurs conséquences dans la représentation de la collectivité.  

Modalités de participation

L’Afrase propose à tous de participer à ces Rencontres. Cette participation peut prendre la forme d’une communication, d’une exposition commentée, d’une représentation ou d’un visionnage. L’Afrase invite tous ceux qui souhaitent participer à se signaler

avant le 15/12/2020

à : marie.aberdam@hotmail.fr ;  afrasebureau@gmail.com

Comité de sélection

Les membres du comité sont les membres du Bureau de l'association :

  • Louise Pichard-Bertaux (CNRS Irasia)
  • Paul Sorrentino (Case Ehess)
  • Rémi Desmoulière (Cessma Inalco)
  • Marie Aberdam (Paris 1)
  • Mathilde Lefebvre (CNRS AMU Irasia)
  • Christophe Caudron (CNRS Amu Irasia)
  • Hélène Poitevin Blanchard (Case Ehess)
  • Amandine Dabat (Case Ehess)
  • François Guillemot (CNRS IAO)

Bibliographie indicative

Collectif, La fabrique de l’hérédité en politique, Critique internationale, 2016/4, n°73, 192 p.

Collectif, Parenté, alliance et filiation, Péninsule, 2011/1, n°62, 218 p.

Collectif, Auto-biographie, ethno-biographie, L’Homme, 2010, n°195-196, 583 p.

Anglès, Valérie, Justine Romolacci, (dir.), Paysages biographiques du migrant asiatique, Moussons n°26, 2015/2, 178 p.

Berman, Laine, Speaking through the Silence, Narratives, Social Conventions and Power in Java, New York, Oxford University Press, 1998, 256 p. 

Condominas, Georges, « Aînés, anciens et ancêtres en Asie du Sud-Est, entretien avec Georges Condominas », Communication, 1983, n°37, pp. 55-67.

Places

  • 22 avenue du Président Wilson
    Paris, France (75016)

Date(s)

  • Sunday, December 15, 2019

Keywords

  • asie du sud-est, asie, famille, parenté, récit, filiation, alliance, généalogie

Contact(s)

  • marie Aberdam
    courriel : marie [dot] aberdam [at] hotmail [dot] fr
  • Secrétarat Afrase
    courriel : afrasebureau [at] gmail [dot] com

Reference Urls

Information source

  • marie Aberdam
    courriel : marie [dot] aberdam [at] hotmail [dot] fr

To cite this announcement

« Des histoires de familles, alliances, filiations et récits de soi en Asie du Sud-Est », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, November 26, 2019, https://calenda.org/707207

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