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Gérard Genette and Medieval Studies

Les études médiévales face à Gérard Genette

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Published on Wednesday, December 11, 2019 by Anastasia Giardinelli

Summary

Cet appel à articles propose d'évaluer l'apport de la pensée critique de Gérard Genette sur les études médiévales. L’examen se voudra la fois rétrospectif et prospectif : il s’agira aussi bien de proposer des bilans sur l’apport de Genette aux études médiévales ou sur les limites de ses approches, que d’envisager les nouveaux domaines qu’elle devrait permettre de défricher voire de réformer. Les articles pourront être rédigés en français, anglais ou italien.

Announcement

Numéro dirigé par

  • Isabelle Arseneau (Université McGill), Patrick Moran (University of British Columbia),
  • Véronique Dominguez (Université de Picardie Jules Verne), Sébastien Douchet (Aix-Marseille Université)

Présentation

Le décès de Gérard Genette en mai 2018 a donné lieu à de nombreuses rétrospectives sur son œuvre critique, toutes confrontées à un paradoxe : celui d’une œuvre ayant eu la chance et le malheur de devenir une doxa. Elle incarne, aux yeux de nombreux chercheurs, dans le monde francophone et au-delà, une norme poétique et formaliste, offrant à qui veut commenter la littérature dans ses fonctionnements et ses mécanismes internes une grammaire à la typologie aussi précise qu’exhaustive. Cependant, depuis la fin des années 1980, la recrudescence des études contextuelles et le renouveau de l’historicisme ont provoqué une perte de vitesse des approches formalistes ; et l’œuvre de Genette en est venue, pour certains, à symboliser des décennies structuralistes perçues comme froides et desséchantes. « Genette » est ainsi devenu un enjeu épistémologique, pratiquement synonyme du mot « poétique », voire du mot « théorie » ; c’est une étiquette assumée ou rejetée, et qui entraine dans son sillage un ensemble de significations, de parti-pris et de présupposés sur le fait littéraire.

Le prochain numéro de Perspectives Médiévales se propose de prendre place parmi ces rétrospectives, paradoxes compris. Il offrira un examen du rapport que les études médiévales ont entretenu et entretiennent encore avec l’œuvre de Gérard Genette, en partant d’un premier paradoxe, qui leur est propre : comme la plupart des théoriciens de sa génération, Genette néglige presque entièrement la période médiévale, contribuant à perpétuer l’idée tenace que le Moyen Âge ne peut être traité avec l’apparat théorique approprié aux autres textes littéraires – peut-être parce que la littérature médiévale n’est pas vraiment une littérature. La réflexion paraît pourtant bienvenue, tant les travaux de Genette ont trouvé des échos multiples dans la médiévistique, et ce, bien au-delà de la période structuraliste : ainsi, le Discours du récit dans Figures III a profondément influencé l’approche narratologique des œuvres médiévales, tandis que Palimpsestes modifiait la réflexion autour de l’intertextualité et de la parodie, sans oublier l’apport de Seuils pour l’étude des œuvres dans leur contexte codicologique. Quels ont été les choix opérés par la médiévistique, parmi les théories et outils offerts par cette œuvre critique ? Ont-ils été revendiqués comme tels, ou fondus dans un rapport au formalisme ou au structuralisme qui ne dirait pas forcément son nom ?

Ce numéro de Perspectives médiévales souhaite aborder la question du rapport des études médiévales avec les travaux de Genette sous tous ses angles, de la réflexion méthodologique et épistémologique aux études de cas. Ainsi, il s’agira moins d’appliquer les théories, méthodes ou concepts de Gérard Genette à un texte médiéval que de s’emparer de l’apparat théorique élaboré par l’auteur des Figures, et d’interroger ses conséquences pour les études médiévales, au plan de la compréhension des textes aussi bien que des outils utilisés pour les lire.

Plusieurs axes de réflexion pourront être envisagés, à partir des principaux points et catégories mis en place dans les ouvrages de Genette :

  • Discours du récit (1972) dans Figures III (sans oublier Nouveau Discours du récit, 1983) et la narratologie dite « classique » fondée sur l’étude des temporalités du récit, des effets de focalisation, et du concept de narrateur ; sont-elles applicables au texte médiéval ? En quoi celui-ci leur résiste-t-il ?
  • Introduction à l’architexte (1979) et la question du genre comme phénomène contingent et historique ; comment les catégories génériques ont-elles été mises au point à l’époque classique et romantique, puis essentialisées, comme seules possibilités de classement des œuvres littéraires ? Quelles sont les conséquences de ce processus sur les études médiévales ?
  • La littérature au second degré (1982) et les mécanismes d’intertextualité, de parodie et de réinvention ; comment saisi la question de la réécriture, dans une période marquée par l’instabilité textuelle et la variation voire l’absence de l’instance auctoriale ? Comment et pourquoi appliquer aux textes médiévaux les notions hypertextuelles d’ironie, de parodie, de pastiche, ou de plagiat ?
  • Seuils (1987) et la question du péritexte et du paratexte, du hors-texte et du quasi-texte ; seront interrogées l’utilité et les limites des notions développées par Genette pour les études médiévales ; mais aussi la question du titre, des limites entre les œuvres, du discours d’auteur le discours du scribe, etc., dans un environnement manuscrit.
  • Fiction et diction (1991) et le débat sur la littérarité, particulièrement pertinent pour les études médiévales : le Moyen Âge remet-il en question la littérarité comme attribut constitutif de certains textes ? Que faire de la notion de « littérature » lorsqu’on traite des productions médiévales ?
  • L’œuvre de l’art (1994-1997) et la question des rapports entre littérature et arts visuels ; la relation entre texte et image se pose de manière particulièrement aiguë, et de manière très spécifique, pour la période médiévale.

Il va sans dire que des travaux autour des autres volumes de la série Figures, de Mimologiques, ou encore de Métalepse seraient bienvenus.

L’examen se voudra la fois rétrospectif et prospectif : il s’agira aussi bien de proposer des bilans sur l’apport de Genette aux études médiévales ou sur les limites de ses approches, que d’envisager les nouveaux domaines qu’elle devrait permettre de défricher voire de réformer.

Modalités de proposition

Perspectives médiévales accepte les propositions en français, en anglais et en italien.

Les propositions d’articles (avant-projet d’une page et bibliographie) doivent être envoyées conjointement à isabelle.arseneau@mcgill.ca, patrick.moran@ubc.ca, veronique.dominguez@u-picardie.fr, sebastien.douchet@univ-amu.fr

avant le 1 octobre 2020.

Calendrier 

  • 1er octobre 2020 : remise du projet.

  • 1er décembre 2020 : avis du comité scientifique de la revue.
  • 1er mars 2021 : remise de l’article qui sera soumis au comité scientifique pour correction.
  • 1er mai 2021 : retour de l’article par le Comité scientifique
  • 1er juin 2021 : remise de la version définitive de l’article.
  • 1er juillet 2021 : publication du numéro en ligne (journals.openedition.org/peme).

Issue editors

  • Isabelle Arseneau (McGill University), Patrick Moran (University of British Columbia),
  • Véronique Dominguez (Université de Picardie Jules Verne), Sébastien Douchet (Aix-Marseille Université)

Argument

Gérard Genette’s passing in May 2018 has led to several retrospectives of his critical work, all faced with the same paradox – that of a corpus that has had both the fortune and the misfortune of becoming an orthodoxy. In the eyes of many scholars in the Francophone world and beyond, Genette’s work embodies a poeticist and formalist norm that offers an exhaustively precise grammar to those seeking to study literature’s inner mechanisms and devices. Since the late 1980’s, however, the increase in contextual studies and the renewal of historicism have overshadowed the formalist approach; to his critics, Genette’s production has come to symbolize the desiccating coldness of the structuralist era. “Genette” has therefore turned into an epistemological issue, a synonym of “poetics” or even “theory”: a label to be claimed or rejected, burdened with a series of expectations, biases and presuppositions about literature.

The upcoming issue of Perspectives médiévales seeks to provide such a retrospective, paradoxes included, by focusing on the ways in which medieval studies have dealt, and still deal, with Genette’s body of work. This involves an additional paradox: like most theoreticians of his generation, Genette neglected the Middle Ages, perpetuating the notion that medieval texts cannot be analyzed through the same theoretical lens as other literary works – perhaps because medieval literature isn’t quite literature. Yet Genette’s theories were widely influential in the field of medieval studies and have echoed throughout it well beyond the structuralist period: his Narrative Discourse has had a profound impact on the narratological study of medieval works, while Palimpsests shifted our views on intertextuality and parody; the influence of Paratexts on the study of texts in their codicological context has been just as important. How did medievalists choose among the many theories and analytical tools devised by Genette? Did they (and do they still) openly acknowledge his influence, or is it blended into a more generic style of formalism or structuralism that dare not speak its name?

This issue of Perspectives médiévales will tackle the question of the uses of Genette’s works by medieval studies through a wide-ranging series of articles, covering as many aspects as possible, from methodology and epistemology to case studies. Rather than applying Gérard Genette’s theories, methods or concepts to specific texts, the aim is to examine Genette’s theoretical apparatus and question its consequences for medieval studies. How does it help or hinder our approach of medieval texts? What is the relevance of Genette’s toolbox to our corpus?

Based on Genette’s major works, several key questions are particularly worthy of interest:

  • Narrative Discourse: An Essay in Method (1972) (in Figures III) and Narrative Discourse Revisited (1983) helped found classical narratology, based on the study of textual temporality and focalization, as well as on the role of the narrator. Are these notions applicable to medieval narratives? What are their limits?
  • The Architext: An Introduction (1979) posits genre as a contingent and historical phenomenon. How were generic categories developed and essentialized in the Early Modern and Romantic period, leaving little room for alternative categorizations of literature, such as medieval textual classes? What was the impact of this process on the development of medieval studies and of their discourse on vernacular genres?
  • Palimpsests: Literature in the Second Degree (1982) studies mechanisms of intertextuality, parody and reinvention. How might we envisage the act of rewriting in a period defined by textual instability and a variable – or even nonexistent – authorial presence? How can we apply hypertextual notions of irony, parody, pastiche or plagiarism to medieval texts?
  • Paratexts: Thresholds of Interpretation (1987) deals with the limits of the text, its boundaries and borders. How relevant are Genette’s categories to medieval culture, where notions of titles, the limits between works, and authorial vs. scribal discourse are complicated by a manuscript environment?
  • Fiction & Diction (1991) raises the question of literarity, which specialists of the Middle Ages deal with on a daily basis: are some medieval texts intrinsically literary, or is it entirely anachronistic to apply the notion of “literature” to the Middle Ages?

The Work of Art (1994-1997) raises the question of the interplay between literature and visual arts. The relation between text and image is of particular interest to specialists of the medieval era, where it was articulated in specific terms that do not necessarily apply to subsequent periods of production.

It goes without saying that articles on other volumes of the Figures series, on Mimologics or on Metalepsis would also be welcome.

This issue will strive to look both backward and forward: retrospective articles offering appraisals of Genette’s contributions to medieval studies are welcome, as are prospective ones focusing on new areas of investigation that Genette’s concepts might help identify or renovate.

Submission guidelines

Perspectives médiévales accepts proposals in French, English and Italian.

Article proposals (one-page project + a bibliography) should be sent conjointly to isabelle.arseneau@mcgill.ca, patrick.moran@ubc.ca, veronique.dominguez@u-picardie.fr and sebastien.douchet@univ-amu.fr

before October 1st, 2020.

Calendar

The calendar is as follows:

  • October 1st, 2020: Proposal submission.

  • December 1st, 2020: Reply from the journal’s scientific committee.
  • March 1st, 2021: Article submission for peer review.
  • May 1st, 2021: Peer review reply.
  • June 1st, 2021: Submission of final version.
  • July 1st, 2021: Online publication (journals.openedition.org/peme).

Date(s)

  • Thursday, October 01, 2020

Attached files

Keywords

  • études médiévales, Genette

Contact(s)

  • Sébastien Douchet
    courriel : sebastien [dot] douceht [at] gmail [dot] com
  • Isabelle Arseneau
    courriel : isabelle [dot] arseneau [at] mcgill [dot] ca
  • Patrick Moran
    courriel : pmoran01 [at] mail [dot] ubc [dot] ca
  • Véronique Dominguez
    courriel : veronique [dot] dominguez [at] u-picardie [dot] fr

Information source

  • Sébastiebn Douchet
    courriel : sebastien [dot] douchet [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Gérard Genette and Medieval Studies », Call for papers, Calenda, Published on Wednesday, December 11, 2019, https://calenda.org/717680

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