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Reappropriations - the paradoxes of feminist emancipation strategies

Réappropriations - Paradoxes des stratégies féministes d'émancipation

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Published on Monday, December 16, 2019 by Anastasia Giardinelli

Summary

Les cadres conceptuels et symboliques d’une relation de domination peuvent-ils être mobilisés à des fins émancipatrices ? Face aux valeurs traditionnellement associées au “féminin”, les mouvements et pensées féministes sont confrontés à un dilemme épineux. D’un côté, leur rejet perpétue la dévalorisation portée par la culture dominante, et reconduit la supériorité de l’éthos dit “masculin”. D’un autre côté, les mettre en avant et les revendiquer risque de renforcer les catégories binaires du genre, ré-assignant les femmes à des positions traditionnellement féminines. Puisqu’elles donnent un contenu normatif à la catégorie “femme”, ces réassignations peuvent exclure celles qui ne se reconnaissent pas dans les normes du “féminin” : les femmes qui ne veulent pas d’enfants, celles qui aiment les femmes, et toutes celles qui ne se retrouvent pas dans les canons de la féminité blanche. Comment, dès lors, constituer des subjectivités politiques collectives ? Peut-on faire de la source de l’oppression un lieu de lutte et un objet de fierté ?

Announcement

Présentation

“Les revendications d’égalité impliquent l’acceptation et le rejet de l’identité de groupe découlant de discriminations. Ou pour le dire d’une autre manière : les termes de l’exclusion sur lesquels se fonde la discrimination sont, en même temps, refusés et reproduits dans les revendications d’inclusion.”

(Joan Scott, « L'énigme de l'égalité », Cahiers du Genre, vol. 33, no. 2, 2002, pp. 17-41.)

Les cadres conceptuels et symboliques d’une relation de domination peuvent-ils être mobilisés à des fins émancipatrices ? Face aux valeurs traditionnellement associées au “féminin”, les mouvements et pensées féministes sont confrontés à un dilemme épineux. D’un côté, leur rejet perpétue la dévalorisation portée par la culture dominante, et reconduit la supériorité de l’éthos dit “masculin”. D’un autre côté, les mettre en avant et les revendiquer risque de renforcer les catégories binaires du genre, ré-assignant les femmes à des positions traditionnellement féminines. Puisqu’elles donnent un contenu normatif à la catégorie “femme”, ces réassignations peuvent exclure celles qui ne se reconnaissent pas dans les normes du “féminin”: les femmes qui ne veulent pas d’enfants, celles qui aiment les femmes, et toutes celles qui ne se retrouvent pas dans les canons de la féminité blanche. Dès lors, comment constituer des subjectivités politiques collectives ?

Les féminismes religieux, éco-féminismes ou encore les éthiques du care - pour ne citer que ces exemples - cherchent à réinvestir des valeurs et pratiques dévalorisées dans des sociétés modernes patriarcales. Les exemples cités enjoignent la théorie à chercher de nouveaux équilibres entre des aspirations a priori contradictoires : revaloriser le travail du soin sans y assigner toutes les femmes, réhabiliter les liens brisés avec la nature sans en appeler à une nature féminine anhistorique, revendiquer la maternité et le travail domestique sans réitérer le mythe de l’instinct maternel.  En d’autres termes, peut-on faire de la source de l’oppression un lieu de lutte et un objet de fierté ?

Au carrefour des interrogations autour du “reclaim”, de “l’essentialisme stratégique” et du “retournement du stigmate”, ces questions posent des problèmes théoriques et pratiques que cet événement propose d’explorer. En particulier, elles interrogent les possibilités pour les personnes victimes du sexisme de vivre avec les résultats d’une socialisation genrée tout en cherchant à négocier pour soi-même et pour les autres des espaces d’autonomie.

Durant cette journée d’études, chercheur-es et doctorant-es sont invitées à échanger avec notamment : 

  • Estelle Ferrarese (CURAPP, Université de Picardie Jules Verne), autrice de Vulnerability and Critical Theory (Brill 2018)
  • Manon Garcia (Harvard), autrice de On ne nait pas soumise on le devient (Climats 2018)
  • Malika Hamidi (CADIS, EHESS/CNRS, Paris), autrice de Un féminisme musulman, pourquoi pas? (L’Aube 2017)
  • Annabelle Lever (CEVIPOF, Sciences Po), autrice de On Privacy (Routledge 2012)
  • Réjane Sénac (CEVIPOF, Sciences Po), autrice de L'égalité sous conditions (Presses De Sciences Po 2015)

Nous incitons les contributeur-ices à se saisir de l’idée de réappropriation(s) à travers trois axes de réflexion, non exhaustifs ni exclusifs :

1) Fondations et enjeux théoriques autour de l’idée de réappropriation et de concepts connexes (reclaim, essentialisme stratégique, retournement du stigmate, politiques de l’identité etc.)

2) Explorations empiriques de différentes formes de réappropriations (usages politiques et détournements de l’insulte, pouvoirs de la vulnérabilité, ambivalences politiques de la condition de victime, care et sollicitude en contexte de domination, articulations entre féminité et nature, éco-féminismes, sorcières, féminismes religieux, plaisirs de la soumission, fierté des travailleuses du sexe etc.)

3) Critiques du concept de réappropriation (dangers liés aux processus de réassignation et de naturalisation, essentialismes, exclusions, reproduction des oppressions etc.)

Modalités de soumission

Merci d’envoyer vos propositions de communication à reappropriations2020@sciencespo.fr

avant le 15 février 2020

Sous la forme d’un résumé de maximum 400 mots, suivi d’une bibliographie et de cinq mots-clés. Merci d’inclure une courte présentation de l’auteur-ice (3-5 lignes).

Organisation

  • Lila Braunschweig
  • Camille Collin
  • Mathilde Duclos
  • Léna Silberzahn

Subjects

Places

  • CEVIPOF, 98 Rue de l'Université
    Paris, France (75)

Date(s)

  • Saturday, February 15, 2020

Keywords

  • Féminisme, Paradoxes, Stigmate, Essentialisation, Reclaim, Identité, Subjectivités, Emancipation, Fierté

Information source

  • Léna Silberzahn
    courriel : lena [dot] silberzahn [at] sciencespo [dot] fr

To cite this announcement

« Reappropriations - the paradoxes of feminist emancipation strategies », Call for papers, Calenda, Published on Monday, December 16, 2019, https://calenda.org/720152

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