Accueil« Bavardes et écrivassières ? » Femmes en revues (1918-1968-2018)

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« Bavardes et écrivassières ? » Femmes en revues (1918-1968-2018)

"Chatterbox scribblers"? Women in journals (1918-1968-2018)

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Publié le mercredi 08 janvier 2020 par Elsa Zotian

Résumé

« Il est connu que la femme est bavarde et écrivassière ; elle s’épanche en conversations, en lettres, en journaux intimes. Il suffit qu’elle ait un peu d’ambition, la voilà rédigeant ses mémoires, transposant sa biographie en roman, exhalant ses sentiments dans des poèmes [...] « Les femmes ne dépassent jamais le prétexte », me disait un écrivain. C’est assez vrai. Encore toutes émerveillées d’avoir reçu la permission d’explorer ce monde, elles en font l’inventaire sans chercher à en découvrir le sens ». Le jugement quelque peu sévère que Simone de Beauvoir émet dans Le Deuxième Sexe contredit ce qui s’est passé en réalité, et cela a été souligné à maintes reprises : les femmes ont beaucoup écrit et, parmi les formes d’expression qu’elles ont investies, il y a l’écriture dans les revues. « Je parlerai de l’écriture féminine : de ce qu’elle fera », écrit Cixous dans Le rire de la Méduse, et c’est bien de ce qu’a fait l’écriture féminine dans et de la presse périodique (journaux, brochures, revues, etc) que nous entendons parler et faire parler dans ce colloque, en nous intéressant aussi bien à l’analyse des formes de créations artistiques, qu’à l’appréhension du discours médiatique permettant par exemple de saisir les modes de construction du genre.

Annonce

Le colloque « Femmes en revues  (1918-1968-2018) » aura lieu à Nice, les 28-29 mai 2020.

Argumentaire

« Il est connu que la femme est bavarde et écrivassière ; elle s’épanche en conversations, en lettres, en journaux intimes. Il suffit qu’elle ait un peu d’ambition, la voilà rédigeant ses mémoires, transposant sa biographie en roman, exhalant ses sentiments dans des poèmes [...] “Les femmes ne dépassent jamais le prétexte”, me disait un écrivain. C’est assez vrai. Encore toutes émerveillées d’avoir reçu la permission d’explorer ce monde, elles en font l’inventaire sans chercher à en découvrir le sens ». Le jugement quelque peu sévère que Simone de Beauvoir émet dans Le Deuxième Sexe contredit ce qui s’est passé en réalité, et cela a été souligné à maintes reprises : les femmes ont beaucoup écrit et, parmi les formes d’expression qu’elles ont investies, il y a l’écriture dans les revues. Songeons à La Fronde : « Grand Journal Quotidien Politique et Littéraire, Dirigé, Administré, Rédigé, Composé exclusivement par des Femmes », affirme-t-on dans l’oreille du périodique fondé par Marguerite Durand en 1897. « Les femmes – lit-on encore, dans un encart publicitaire publié dans la dernière page – paient les impôts qu’elles ne votent pas, contribuent par leur travail manuel ou intellectuel à la richesse nationale et prétendent avoir le droit de donner officiellement leur avis sur toutes les questions intéressant la société et l’humanité dont elles sont membres comme les hommes. LA FRONDE est l’écho fidèle de leurs approbations, de leurs critiques, de leurs justes revendications ». 

Ce premier journal quotidien français conçu par des femmes pour les femmes ouvre la voie à une forme d’expression écrite, en France et plus généralement en Europe, qu’elles s’approprient sous différentes formes, en fonction des époques. Dès la fin du XIXe siècle, certaines revues et certains journaux deviennent effectivement un espace particulier d’expression des femmes qui leur permet de « se mettre au texte », laissant libre voix à leurs imaginaires : « L’imaginaire des femmes est inépuisable, comme la musique, la peinture, l’écriture : leurs coulées de fantasmes sont inouïes » (H. Cixous, Le rire de la Méduse, 1975, p. 37-38). Ainsi, qu’il s’agisse de presse féminine proposant de nouveaux modèles de vêtements et dispensant des conseils pour la bonne éducation des enfants, ou bien qu’il s’agisse de presse engagée, les journaux pour les femmes s’ouvrent résolument à leurs expressions. 

« Je parlerai de l’écriture féminine : de ce qu’elle fera », écrit encore Cixous dans Le rire de la Méduse, et c’est bien de ce qu’a fait l’écriture féminine dans et de la presse périodique (journaux, brochures, revues, etc) que nous entendons parler et faire parler dans ce colloque, en nous intéressant aussi bien à l’analyse des formes de créations artistiques, qu’à l’appréhension du discours médiatique permettant par exemple de saisir les modes de construction du genre. Faut-il penser ces expressions, passant par des périodiques, systématiquement comme des écritures féminines luttant contre l’oppression des femmes ? Comment considérer les revues féminines récusant le mot « féminisme » - notamment au début du XXe siècle – tout en défendant l’accès des femmes au suffrage ou bien à davantage d’éducation ? Réciproquement, l’attention de ce colloque se portera sur les revues explicitement désignées comme féministes. Comment les actrices des mouvements des femmes se sont-elles saisies de ce dispositif d’action et de réflexion pour faire et penser l’émancipation ?

Nous souhaitons que l’accent puisse être mis tout particulièrement sur trois périodes : 

  • 1900-1918 (par exemple : DonnaLa difesa delle lavoratriciLa donna socialistaEvaLa donna libertariaLa donna e il lavoroMujeres libresLa vie heureuseFeminaLes Parisiennes, La Française, La voix des femmes) ; 
  • 1968-1977 et la deuxième vague du féminisme (SorcièresLe torchon brûleEffeNoi Donne) ; 
  • 2011-2018, de « Se non ora, quando ? » aux mouvements « #MeToo », ayant emprunté des formes d’expression différentes (les réseaux sociaux, les blogs et les lit-blogs). 

Nous nous intéresserons aux périodiques qui se sont publiées en France, en Italie et en Espagne ; seront appréciées des interventions sur les revues ouvertes au dialogue entre groupes de femmes de différents pays : en ce sens, l’axe franco-italien sera particulièrement privilégié.

Conditions de soumission

Les propositions devront être adressées à projet.exfem@gmail.com en français, en italien, en espagnol ou en anglais

avant le 30 janvier 2020.

Elles devront comporter un titre, un bref résumé de la communication (5000 caractères espaces compris) et une bio-bibliographie (7 lignes maximum).

Les réponses seront données le 20 février 2020 au plus tard.

Les langues de travail seront le français, l’italien, l’espagnol et l’anglais.

Le colloque sera suivi d’une publication.

L’organisation prendra en charge une ou deux nuits d’hôtel à Nice.

Comité scientifique 

  • Marie-Joseph BERTINI, Université Côte d’Azur, LIRCES
  • Antonella CAGNOLATI, Università di Foggia
  • Odile GANNIER, Université Côte d’Azur, CTEL
  • Magali GUARESI, Université Libre de Bruxelles/Université Côte d’Azur, CMMC
  • Milagro MARTÍN CLAVIJO, Universitad de Salamanca
  • Barbara MEAZZI, Université Côte d’Azur, CMMC
  • Lea MELANDRI, Libera Università delle Donne, Milano
  • Francesca Romana RECCHIA LUCIANI, Università di Bari Aldo Moro
  • Maria Grazia SCRIMIERI, Université Côte d’Azur, CMMC
  • Francesca Irene SENSINI, Université Côte d’Azur, CMMC

Organisation

  • M.-J. Bertini
  • O. Gannier
  • M. Guaresi
  • B. Meazzi
  • M.G. Scrimieri
  • F.I. Sensini

Lieux

  • Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines 98, Bd Herriot
    Nice, France (06)

Dates

  • lundi 20 janvier 2020

Fichiers attachés

Mots-clés

  • femmes, écriture, revue, revue féminine, féminisme

Contacts

  • Maria Grazia Scrimieri
    courriel : mariagrazia [dot] scrimieri [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Maria Grazia Scrimieri
    courriel : mariagrazia [dot] scrimieri [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« « Bavardes et écrivassières ? » Femmes en revues (1918-1968-2018) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 08 janvier 2020, https://calenda.org/724955

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