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Arts, cultures et activismes LGBTI et queer

LGBTI and Queer Arts, Cultures and Activisms

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Publié le jeudi 30 janvier 2020 par Céline Guilleux

Résumé

Quelques années après la loi française du « mariage pour tous », les associations LGBTQI sont animées par de nouvelles luttes, autour de la procréation médicalement assistée (PMA) ou de la conservation de leurs archives. En s’appuyant sur ces dynamiques actuelles ou passées, ce colloque souhaite interroger les liens entre arts, cultures et activismes LGBTQI et ouvrir pour ce faire un espace d’échanges, de réflexions et de dialogues tant aux universitaires qu’aux acteur-rice-s de terrain.

Annonce

Argumentaire

Quelques années après la loi française du « Mariage pour tous », les associations LGBTQI sont animées par de nouvelles luttes, autour de la PMA ou de la conservation de leurs archives. En s’appuyant sur ces dynamiques actuelles ou passées, ce colloque souhaite interroger les liens entre arts, cultures et activismes LGBTQI et ouvrir pour ce faire un espace d’échanges, de réflexions et de dialogues tant aux universitaires qu’aux acteur-rice-s de terrain.

Nous entendons « culture » en son sens sociologique, c’est-à-dire comme un ensemble d’objets, de pratiques et de traits spécifiques à un groupe social défini ; c’est pourquoi nous nous intéresserons aussi bien aux arts (théâtre, cinéma, musique, arts plastiques, etc.) qu’aux cadres festifs, associatifs, militants, médiatiques qui accompagnent l’existence de communautés LGBTI ou Queer.

Notre perspective sur la politique et le militantisme ne se limite pas aux mobilisations légalistes, visant à faire évoluer les droits des personnes LGBTIQ (Lesbiennes, Gays, Bisexuel-le-s, Trans, Intersexes et Queer) au sens strict et juridique. Il s’agira également de prendre en compte toute forme de visibilisation des questions LGBTQI ou de résistance aux discriminations, que celles-ci se développent dans un cadre visant à faire évoluer la loi, ou dans un contexte alternatif.

Bien que les expressions « Queer » et « LGBTI » soient parfois utilisées comme synonymes, certains activistes Queer appellent pourtant à se distinguer des politiques, milieux et associations institutionnels qu’ils considèrent comme assimilationnistes. Dans le champ des arts et de la culture, cette divergence se concrétise par exemple avec le mouvement musical Queercore, qui se développe aux États-Unis dans les années 1990 et se trouve à l’origine d’un manifeste intitulé « Don’t be Gay » publié dans le fanzine punk hardcore Maximum Rock’n’Roll.

D’autres termes et modes d’expression, comme le camp (Newton, 1972) ont également pu servir la réflexion sur les identités culturelles LGBTQI et leurs dimensions politiques. Harvey (1998) écrit ainsi, à propos de la pièce Angels in America de Kushner : « Angels in America présente le camp comme un signe de résistance et de solidarité gay face à un large éventail de menaces à l’encontre à la fois des individus et de la communauté homosexuels, du SIDA aux discriminations, en passant par les hypocrisies de la culture dominante. Dans le texte de Kushner, le camp est investi d’une charge politique, qui s’inscrit dans la revendication d’une différence homosexuelle irréductible et subversive » (notre traduction).

S’il faudra alors comprendre ces termes dans leurs sens multiples, il s’agira finalement surtout de nous intéresser aux différences, aux points communs, aux limites, aux mises en tension et confrontations des pratiques artistiques et culturelles qu’ils désignent.

Les recherches déjà existantes sur les mouvements LGBTI et Queer ont pu être pensées en différents termes — relevant également de disciplines différentes que nous souhaitons faire dialoguer en proposant un projet inter-laboratoires.

Duyvendak (1994) inscrit par exemple les recherches sur les mouvements LGBTQI dans la sociologie des nouveaux mouvements sociaux. Il en distingue alors deux types principaux, qui diffèrent par leur motivation et leur rapport à l’identité. Les mouvements instrumentaux opèrent ainsi une distinction importante « entre moyens et objectifs » (1994 : 66), ils agissent « pour obtenir une réaction d’une autorité ou d’un adversaire » (ibid.), tandis que les mouvements identitaires (subculturels ou contre-culturels) mêlent buts et activités : « le processus de construction de l’identité est le bien collectif et c’est le fil conducteur de leur action » (ibid.).

Dans la même lignée, Filieule (1998) distingue dans les associations LGBT du début des années 1980 une « tendance militante » — celle du CUARH (Comité d’Urgence Anti-Répression Homosexuelle) ou de Gai Pied — d’une tendance subculturelle — celle du journal Samouraï ou de la radio pirate Fréquence Gaie. Pour autant, ces deux catégories ne sont pas strictement opposées, et il arrive que certains mouvements empruntent aussi bien à l’une qu’à l’autre (Duyvendak, Op. Cit.) ; c’est pourquoi nous pourrons également nous intéresser à leurs relations.

Le géographe Gordon Brent Ingram développe quant à lui dès 1997, dans le cadre de travaux sur l’espace public, le concept du « queerscape » qu’il définit comme « un aspect du paysage social (…) incarnant un ensemble de processus s’érigeant à l’encontre de ceux qui blessent, réduisent, isolent, enferment dans des ghettos ou annihilent » les minorités sexuelles. Ce concept a depuis été adapté à des études portant sur des objets ou pratiques artistiques comme le cinéma (voir par exemple Gras-Velazquez, 2012 ; Keshti, 2009 ; Leung, 2001 ; Kim, 2017 ; Marchetti 2017), ou dans une moindre mesure la musique (voir notamment Clifford-Napoleone, 2015, 2016), ainsi qu’à des recherches sur les médias (par exemple Schwartz, 2016).

Ces références montrent une profusion d’objets et d’événements à analyser. Dans le prolongement de ces projets, nous souhaitons engager le développement d’un réseau de chercheurs et chercheuses au sein de l’Université de Lorraine et au-delà. Nous entendons de cette manière aborder les thématiques susmentionnées en dialogue avec des acteurs et actrices de terrain et proposons pour ce faire de suivre trois axes de recherches et d’intervention, développés ci-après. Nous précisons pour chacun d’eux des exemples de terrains que pourront investir les recherches portées par le réseau universitaire et associatif formé autour de ce projet, pour autant cette liste n’a vocation ni à être exhaustive ni à constituer un inventaire de thématiques devant obligatoirement être traitées.

Pour l’ensemble des axes, nous encourageons également les propositions de contributions s’inscrivant dans une perspective intersectionnelle (pour plus d’informations à ce sujet, se référer à Crenshaw, 1989). Nous accorderons une attention particulière aux interventions qui étudient la manière dont les identités LGBTQI interagissent avec la race (au sens social) ou la classe, comme l’ont par exemple fait Victor Ukaegbu (2007) lors de ses recherches sur le théâtre Queer issu de la diaspora Africaine dans la Grande-Bretagne d’après-guerre, ou encore Andreana Clay (2007) dans ses travaux sur la carrière de l’artiste hip hop, afro-américaine et bisexuelle, Me’Shell Ndegeocellos dont les œuvres ont influencé toute une génération de personnes Queer et féministes racisées.

Les liens entre arts, cultures et politiques LGBTQI

 Nous nous intéresserons tant aux politiques institutionnelles et aux cadres artistiques officiels (créations exposées dans des musées, centre d’arts, diffusées dans des théâtres nationaux ou des cinémas) qu’alternatifs (collectifs militants, squats, pratiques artistiques amateurs). Nous nous appuierons sur des travaux comme ceux de Skadi Loist (2015) qui s’intéresse dans sa thèse de doctorat aux festivals de films LGBT et Queer, ou de Xavier Lemoine (2001) qui se penche quant à lui sur le théâtre Queer aux États-Unis, ou encore de Robert Mills (2008) qui théorise le « musée queer ». Pour autant les mouvements LGBTI et Queer appellent aussi à se développer dans des espaces alternatifs et subculturels : Philipp Meinert (2018) raconte ainsi l’histoire des acteurs LGBTQI de la scène punk et Amber R. Clifford-Napoleone (2015), Florian Heesch et Niall Scott (2016) s’intéressent, dans une perspective similaire, à la musique metal. Sans se limiter à la musique, nous pourrons nous pencher sur le « Queer street art movement ». Des dynamiques semblables sont observables dans le domaine du sport, avec du côté institutionnel les Gay Games, et de l’autre des collectifs informels comme le projet Unity Queer Skateboarding qui a vocation à rassembler des personnes LGBTQI autour de la pratique du skateboard. Il s’agira de nous demander si ces objets et ces pratiques peuvent circuler d’un paradigme underground ou subculturel vers une culture mainstream, voire institutionnelle.

 Enfin, nous pourrons également nous confronter à des formes d’activismes de consommateur‑rice-s. Ces dernières années, les fans d’une série ou d’une licence se sont à plusieurs reprises mobilisé-e-s pour « sauver » des objets culturels présentant des personnages et des intrigues LGBTQI dont la production devait être arrêtée. Le cas le plus notoire est à ce titre sans doute celui de la série Sense 8, mais d’autres ont connu des formes similaires de mobilisation, comme One Day At A Time. Sans mentionner le cas d’Harry Potter, dont la question de l’homosexualité de Dumbledore a engendré de nombreux débats et polémiques.  

L’histoire des luttes LGBTQI et son actualité 

 

Au cinéma, à la télévision ou au théâtre, de Philadelphia (Demme, 1993) à 120 Battements par Minute (Campillo, 2017), l’histoire des luttes liées aux mouvements LGBTQI a fait l’objet de nombreuses représentations : citons par exemple Milk (Van Sant, 2008), Pride (Warchus, 2014), ou encore Angels in America (d’abord présentée sous forme de pièce de théâtre — Kushner, 1991 ; puis adaptée en série télévisée - Nichols, 2003). Comment certaines œuvres, créations, happenings deviennent alors patrimoine d’une culture LGBTQI ? Au-delà des objets en eux-mêmes, leurs conditions de monstration ou au contraire leur occultation soulignent des enjeux relatifs aux questions de visibilité. Dans quelles mesures certain-e-s acteurs et actrices, certain-e-s artistes ont été silencié-e-s (y compris à titre posthume) et quelles stratégies de réparation ont pu par la suite émerger ? Ceci devrait aussi nous amener à interroger le poids de la normativité (par exemple de la blanchité) au sein même des espaces LGBTQI, comme l’ont noté Carmen H. Logie et Marie-Jolie Rwigema (2014) lors de leur enquête dans les communautés de femmes lesbiennes, bisexuelles et Queer racisées à Toronto.  

En outre, bien que la problématique soit plus ancienne et récurrente dans l’histoire des mouvements LGBTQI français, la sortie de 120 Battements par Minute (Campillo) en 2017 s’est transformée en occasion pour les militant-e-s parisien-ne-s de fonder un collectif dédié à la question des archives LGBTQI. Celui-ci fait suite à des années de négociations inter-associatives avec la mairie de Paris en vue de la création d’un centre de conservation. Dans la logique de cette dynamique, devenue cruciale au sein des mouvements, collectifs et associations LGBTQI, nous nous proposons d’interroger les archives et leurs liens avec la formation de culture(s) LGBTQI et l’articulation d’une histoire militante. Il s’agit de voir les archives à la fois comme des objets culturels, constitutifs d’un patrimoine LGBTQI, mais aussi comme des sources historiques, nous renseignant sur des manières de faire, d’être, sur les revendications des mouvements, et sur leurs évolutions au fil du temps. Comment les militant-e-s des causes LGBTQI regardent-ils ces archives aujourd’hui ? Quelles connaissances les jeunes militant-e-s ont-ils de ces archives ? Quelles histoires des pratiques militantes, culturelles, associatives et de leur évolution au sein des mouvements LGBTQI ces archives peuvent-elles nous permettre de retracer ? Quel rapport les acteur-rice-s actuel-le-s des mouvements LGBTQI entretiennent-ils et elles avec l’histoire de ceux-ci ? Quelle place y occupe la question des archives, localement et nationalement ? 

Les corps LGBTQI et les corporéités militantes dans les arts et la culture 

Dans Ce que le sida m’a fait, Elisabeth Lebovici décrit la place conséquente investie par les artistes au sein de groupes activistes tels qu’ACT UP. Au-delà d’une approche singulière et affective des archives, l’autrice souligne la force intrinsèque de la représentation par et pour les minorités. Le corps de l’artiste, lorsqu’il cristallise les enjeux et l’urgence de luttes politiques, se fait vecteur d’une émancipation individuelle au potentiel néanmoins collectif. Ainsi, ces pratiques, qui ne sauraient se limiter à des esthétiques, mais qu’il convient également d’envisager comme des stratégies militantes, s’enracinent dans une histoire des luttes (Lebovici, 2017) et attestent de la place singulière de l’individu dans les mobilisations collectives comme artistiques : les trajectoires personnelles, au prisme de l’art comme de l’action militante, font corps avec la communauté. Dans La Gentrification des esprits (2018), Sarah Schulman trace des liens entre l’épidémie du sida à New-York dans les années 90, la gentrification et les conditions des pratiques artistiques (théâtrales, performatives et photographiques en particulier) des minorités touchées par ces deux crises. Le caractère profondément corporel de ces productions est manifeste et les pratiques artistiques militantes donnent la plupart du temps une place nodale au(x) corps. Les questions relatives à la posture dans l’espace public, à l’apparence et aux attitudes corporelles militantes pourront être abordées. Dans des dynamiques similaires, la charge de l’affect, tant dans les pratiques artistiques que dans l’activité de la recherche fera l’objet de discussions.

Par ailleurs, l’analyse élaborée par Renaud Bret Vitoz dans son Introduction, penser le queer avant le queer (XVIe-XVIIe siècles) (voir Plana et Sounac, 2015 : 205-211) nous conduit à percevoir dans le champ de la création artistique un corpus que nous qualifierions de proto-queer (Aliaga, 2011 : 157). En se méfiant de tout anachronisme, il est indéniable que le regard que nous portons aujourd’hui sur certaines œuvres ne peut se défaire de bagages théoriques particuliers et il pourra être pertinent d’en souligner le caractère potentiellement précurseur comme de saisir les enjeux de leurs éventuelles redécouvertes et relectures.

Enfin, la qualité trans-historique du texte de Renate Lorenz Art queer, une théorie freak (2018) témoigne quant à lui de la plasticité de sa recherche et de sa volonté d’explorer de nouvelles perspectives temporelles de l’art. La construction d’une réflexion autour des corps LGBTQI peut, au-delà d’un adossement iconographique, trouver dans des œuvres antérieures des analogies avec des sphères de revendications plus contemporaines. Ainsi, les travaux relevant d’une approche de l’histoire de l’art comme pratique émancipatrice (Lorenz, 2018 : 3) peuvent être envisagés.

Modalités de contributions

L’appel est ouvert jusqu’au 28 février 2020

aux jeunes chercheur-e-s (masterant-e-s, doctorante-s, jeunes docteur-e-s), mais également aux enseignant-e-s chercheur-e-s et chercheur-e-s de toutes disciplines.

Les propositions de communication, de 300 mots maximum et accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique, devront être envoyées conjointement à :

  • louise.barriere@univ-lorraine.fr
  • melodie.marull@live.fr

Le colloque aura lieu les 11 et 12 juin à l'Université de Lorraine, sur le campus du Saulcy (Metz)

Le colloque sera accompagné d’une exposition qui se tiendra à la galerie 0.15 // Essais Dynamiques située à Metz, du 20 Mai au 12 Juin. Celle-ci sera également intégrée au programme des Rainbow Weeks, festival des fiertés LGBTQ.

Des propositions artistiques (œuvres plastiques ou audiovisuelles, performances, etc.) en lien avec les thématiques présentées par cet appel peuvent donc être soumises également.

Dans ce cas, nous vous invitons à joindre :- un descriptif de la ou des œuvre(s) proposée(s), idéalement accompagné de photos.- une brève notice biographique.

La sélection sera réalisée par les responsables de la galerie et le comité d’organisation du colloque.

Comité d'organisation

  • Louise Barrière – Doctorante, Musiques Populaires. 2L2S – Univ. Lorraine
  • Mélodie Marull – Docteure, Arts. Chercheuse associée, CREM – Univ. Lorraine

Comité scientifique

  • Karine Espineira (Docteure en Sociologie, LEGS – Univ. Paris 8)
  • Isabelle Gavillet (MCF Info-Com, CREM — Univ. Lorraine)
  • Olivier Goetz (MCF HDR Études Théâtrales, 2L2S Univ. Lorraine)
  • Claire Lahuerta (PR Arts Plastiques, CREM Univ. Lorraine)
  • Xavier Lemoine (MCF Civilisation Américaine – LISAA – Univ. Paris-Est Marne-La-Vallée)
  • Maria Nengeh Mensah (Professeure Travail Social, Recherches et Études féministes - UQAM)
  • Muriel Plana (PR Études Théâtrales LLA CREATIS — Univ. Toulouse Jean Jaurès)
  • Massimo Prearo (Docteur Sciences Politiques EHESS)
  • Nelly Quemener (MCF Info-Com, IRMECCEN — Univ. Paris 3 Sorbonne Nouvelle)

Bibliographie indicative

Baroque, Fray & Eanelli Tegan (trad) (2016), Vers la plus queer des insurrections, Paris : Libertalia

Burk, Tara Jean-Kelly (2015). Let The Record Show: Mapping Queer Art and Activism in New York City, 1986-1995. Thèse de doctorat.

Clay, Andreana (2007). Like an Old Soul Record: Black Feminism, Queer Sexuality, and the Hip-Hop Generation. Meridians: feminism, race, transnationalism 8(1), 53-73. Duke University Press.

Clifford-Napoleone, Amber R. (2015). Queerness in heavy metal: Metal Bent. London & New York: Routledge.

Clifford-Napoleone, Amber R. (2016). Metal, masculinity and the queer subject. In Heavy Metal, Gender and Sexuality (pp. 63-76). Routledge.

Clifford-Napoleone, Amber R. (2018). Queering Kansas City Jazz: Gender, Performance, and the History of a Scene. University of Nebraska Press.

Duyvendak, Jan Willem (1994), Le poids du politique. Nouveaux mouvements sociaux en France. Paris : L'Harmattan.

Fillieule, Olivier (1998). Mobilisation gay en temps de sida. Les études gay et lesbiennes, 81-97.

Fillieule, Olivier, & Duyvendak, Jan Willem (1999). Gay and lesbian activism in France: Between integration and community-oriented movements. The global emergence of gay and lesbian politics: National imprints of a worldwide movement, 184-213.

Gras-Velázquez, Adrian (2012). Queering and De-queering the Home: Private and Public Space in Contemporary Spanish Cinema. The International Journal of the Humanities, 9, 257-68.

Harvey, Keith. (1998). Translating camp talk: Gay identities and cultural transfer. The Translator, 4(2), 295-320.

Ingram, Gordon Brent, Bouthillette, Anne-Marie, & Retter, Yolanda (Eds.). (1997). Queers in space: Communities, public places, sites of resistance. Bay Press.

Kheshti, Roshana (2009). Cross‐Dressing and Gender (Tres) Passing: The Transgender Move as a Site of Agential Potential in the New Iranian Cinema. Hypatia, 24(3), 158-177.

Kim, Ungsan (2017). Queer Korean cinema, national others, and making of queer space in Stateless Things (2011). Journal of Japanese and Korean Cinema, 9(1), 61-79.

Lebovici, Elisabeth (2017), Ce que le sida m'a fait : Arts et activisme à la fin du XXe siècle, JRP Ringier, Éditions Maison Rouge.

Leperlier, François (2006). Claude Cahun, l’exotisme intérieur, Paris : Fayard, 2006.

Leung, Helen Hok-sze (2001). Queerscapes in Contemporary Hong Kong Cinema. positions: east asia cultures critique 9(2), 423-447. Duke University Press. 

Logie Carmen H. & Rwigema Marie-Jolie (2014). “The Normative Idea of Queer is a White Person”: Understanding Perceptions of White Privilege Among Lesbian, Bisexual, and Queer Women of Color in Toronto, Canada. Journal of Lesbian Studies, 18:2, 174-191.

Loist, Skadi (2015), Queer Film Culture: Performative Aspects of LGBT/Q Film Festivals, Thèse de doctorat en philosophie, Université de Hambourg, Allemagne.

Lorenz, Renate & Bortolotti, Marie-Mathilde (2018), Art queer: une théorie freak, Paris : B42.

Marchetti, Gina (2017). Handover Bodies in a Feminist Frame: Two Hong Kong Women Filmmakers' Perspectives on Sex after 1997. Screen Bodies, 2(2), 1-24. 

Meinert, Philipp (2018). Homopunk History. Mayence: Ventil Verlag.

Plana, Muriel, & Sounac, Frédéric (dir) (2015). Esthétique(s) queer dans la littérature et les arts : sexualités et politiques du trouble. EUD-Editions Universitaires Dijon.

Rüegg, Jana (2018). From Content to Context: A Comparative Analysis of the Covers of Translated Versions of Sara Stridsberg's Beckomberga. DiGeSt, Journal of Diversity and Gender Studies , 5(2), 23-44.

Schwartz, Andi. (2016). Critical Blogging: Constructing Femmescapes Online. Ada: A Journal of Gender, New Media, and Technology, No.9.

Schulman, Sarah. (2018). La Gentrification des esprits, Paris : B42.

Summers, Claude (Ed.). (2012). The Queer Encyclopedia of Music, Dance, and Musical Theater. Cleis Press Start.

Ukaegbu, Victor (2007) Grey silhouettes: black queer theatre on the post-war British stage. In: Godiwala, D. (ed.) Alternatives Within the Mainstream II: Queer Theatres in Post-war Britain. Newcastle: Cambridge Scholars Press. pp. 322-338.

Lieux

  • Île du Saulcy
    Metz, France (57000)

Dates

  • vendredi 28 février 2020

Mots-clés

  • culture, mouvement social, identité, LGBT, queer, genre, sexualité, art, militantisme, représentations

Contacts

  • Louise Barrière
    courriel : louise [dot] barriere [at] univ-lorraine [dot] fr
  • Mélodie Marull
    courriel : melodie [dot] marull [at] live [dot] fr

Source de l'information

  • Louise Barrière
    courriel : louise [dot] barriere [at] univ-lorraine [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Arts, cultures et activismes LGBTI et queer », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 30 janvier 2020, https://calenda.org/736525

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