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Winners and losers from Antiquity to the present day

Vainqueurs et vaincus de l'Antiquité à nos jours

Saint Mihiel, 13th winter university

XIIIe université d'hiver de Saint Mihiel

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Published on Thursday, February 13, 2020 by Anastasia Giardinelli

Summary

C’est un lieu commun de dire, en parlant notamment des conflits, que l’histoire est écrite par les vainqueurs et que les vaincus sont, en quelque sorte, les oubliés de cette histoire pour ne servir que de faire-valoir aux premiers. Or, dans le contexte politique et historiographique récents - voire plus ancien, par exemple avec La vision des vaincus de Nathan Wachtel (1971) -, force est de constater que l’importance prise par le discours mémoriel, reposant notamment sur une lecture souvent victimaire, a progressivement remis les « vaincus » au cœur du discours et du questionnement scientifique. Par ailleurs, l’évolution des médias et tout particulièrement l’importance prise par internet montrent un brouillage de cette dichotomie en donnant plus facilement la voix aux vaincus eux-mêmes ou parfois à leurs descendants. Cette dynamique sociétale d’ensemble remet en cause, explicitement ou implicitement, l’écriture d’une histoire considérée comme construite « par le haut », officiellement, pour la confronter à un discours pluriel et dont les fondements scientifiques ne sont pas toujours étayés. 

Announcement

Argumentaire

C’est un lieu commun de dire, en parlant notamment des conflits, que l’Histoire est écrite par les vainqueurs et que les vaincus sont, en quelque sorte, les oubliés de cette histoire pour ne servir que de faire-valoir aux premiers. Or, dans le contexte politique et historiographique récents - voire plus ancien, par exemple avec La vision des vaincus de Nathan Wachtel (1971) -, force est de constater que l’importance prise par le discours mémoriel, reposant notamment sur une lecture souvent victimaire, a progressivement remis les « vaincus » au cœur du discours et du questionnement scientifique. Par ailleurs, l’évolution des médias et tout particulièrement l’importance prise par internet montrent un brouillage de cette dichotomie en donnant plus facilement la voix aux vaincus eux-mêmes ou parfois à leurs descendants. Cette dynamique sociétale d’ensemble remet en cause, explicitement ou implicitement, l’écriture d’une histoire considérée comme construite « par le haut », officiellement, pour la confronter à un discours pluriel et dont les fondements scientifiques ne sont pas toujours étayés. 

Les pistes de travail sont multiples et peuvent être déclinées dans toutes les périodes historiques, au gré des sources et de la documentation disponibles. La terminologie elle-même appelle à des précisions sémantiques et à l’exploration des usages. Qu’est-ce qu’un vaincu/vainqueur ? Quelle est la réalité de l’emploi de ces termes selon les époques et événements (champ guerrier, champ politique, champ culturel) ? Le vaincu d’un champ de bataille du Moyen Âge, selon son rang, n’a pas le même devenir qu’un vaincu des batailles contemporaines. Il faut certainement dépasser l’idée d’une équation simpliste voulant que vainqueurs équivaut à gagnants et vaincus à perdants. Les « vaincus » de la lutte contre le nazisme en Allemagne n’ont-ils pas remporté la bataille de l’histoire et de la mémoire ? Ce constat rapide appelle à dépasser la simple lecture de l’événement pour en scruter les usages sur un temps plus long, tant dans le récit historique que dans les médias, afin de saisir d’éventuelles évolutions de perception. Pour ce faire, il convient de s’attacher à la construction du discours autour des vainqueurs et des vaincus. Celle-ci amène certainement à explorer la question de la médiatisation de la victoire – et par voie de conséquence de la défaite – et sur le plus long terme de l’écriture du récit historique. Après une défaite, papiers et archives sont parfois saisis, donnant au vainqueur un outil supplémentaire de domination, parfois sur un temps assez long dans la mesure où il peut s’en servir pour écrire « son » histoire et s'efforcer d'empêcher le vaincu d’écrire la sienne. Le vainqueur peut aussi imposer, directement ou indirectement, sa vision en occupant pleinement le champ médiatique. L’usage des images, qu’elles soient nombreuses ou rares, joue sur l’élaboration et la perception que l’on peut avoir d’un événement impliquant la défaite d’une des parties. D’ailleurs, partant du discours ou en association avec lui, on peut explorer l’imaginaire et les représentations autour de ce couple vainqueur/vaincu. Peut-on, par exemple, définir des stéréotypes ? L’essor des idéologies et des vecteurs médiatiques nouveaux (photographie, etc) favorisent-ils l’émergence de nouvelles représentations imagées, dans le discours, de ce couple ? On connaît la pratique du Te Deum pour célébrer des victoires sous l’Ancien régime, mais dans quelle mesure la musique peut-elle exprimer certes la victoire mais aussi la défaite, le sentiment des vaincus ?

Il n’y a pas que le territoire des mots, des images et des sons qui peut être envisagé. Celui des espaces et des individus doit l’être également. C’est pourquoi l’approche choisie veut prendre en compte les conséquences des victoires/défaites pour en mesurer les implications, parfois sur le long terme. Le centenaire des traités qui marquent la fin de la Première Guerre mondiale nous appelle d’ailleurs à envisager notamment les conséquences du tracé de nouvelles frontières, qui font par exemple de « vaincus » de l’histoire – comme les Polonais depuis la fin du XVIIIsiècle – parfois des « vainqueurs », ici avec la création d’un nouvel État. La portée sur les populations, groupes ou individus, doit dès lors être observée à travers le prisme des espaces.

Modalités de proposition

Merci d’adresser vos propositions accompagnées d’un résumé ainsi que d’un bref CV,

au plus tard pour le 31 mars 2020 à :

  • jean.el-gammal@univ-lorraine.fr
  • laurent.jalabert@univ-lorraine.fr

Comité scientifique

  • Laurent Jalabert: Maître de conférence habilité (Université de Lorraine)
  • Jean El Gammal : Professeur d'histoire (Université de Lorraine)
  • Gérard Diwo: directeur des Archives départementales de Meuse (CD 55)
  • Stefano Simiz: Professeur d'histoire (Université de Lorraine)

Subjects

Places

  • Abbaye bénédictine
    Saint-Mihiel, France (55)

Date(s)

  • Tuesday, March 31, 2020

Keywords

  • vainqueurs, vaincus

Contact(s)

  • Laurent JALABERT
    courriel : laurent [dot] jalabert [at] univ-lorraine [dot] fr
  • Jean EL GAMMAL
    courriel : jean [dot] el-gammal [at] univ-lorraine [dot] fr

Information source

  • Laurent JALABERT
    courriel : laurent [dot] jalabert [at] univ-lorraine [dot] fr

To cite this announcement

« Winners and losers from Antiquity to the present day », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, February 13, 2020, https://calenda.org/740715

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