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The notion of "culture" and studying the facts of war

La notion de « culture » et l'étude du fait guerrier

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Published on Tuesday, February 04, 2020 by Anastasia Giardinelli

Summary

La journée d'études portera sur la notion de « culture » et l'étude du fait guerrier. Elle s'adresse aux doctorants et jeunes chercheurs de toutes les disciplines de sciences humaines et sociales. Le programme est articulé autour de trois axes. Un premier sera consacrée aux cultures politiques et stratégiques et à l'influence des idéologies et des perceptions sur l'élaboration des stratégies. Un deuxième s'intéressera à la culture militaire au sens large, à travers la culture des corps et des métiers de l'armée. La dernière partie élargira l'étude de la culture militaire, au-delà de la seule institution militaire, pour embrasser d'autres types de sociétés ou groupes en armes.

 

Announcement

Argumentaire

L’idée générale selon laquelle les spécificités « culturelles » des communautés politiques peuvent influencer la conduite de la guerre ou façonner l’institution militaire a traversé l’histoire. Toutefois, dans la période contemporaine, la notion de culture a fait l’objet d’usages et d’interprétations variés sur le plan scientifique. La notion de « culture stratégique » est ainsi utilisée pour caractériser l’influence des facteurs culturels et immatériels sur les choix stratégiques d’un pays ou d’un groupe armé. L’expression apparaît sous la plume de Jack L. Snyder à propos de la stratégie nucléaire soviétique. Elle est particulièrement mobilisée dans les approches constructivistes des relations internationales qui tendent à compléter l’analyse des facteurs « matériels » par la prise en compte des « cultures » et des « structures intersubjectives ». Ce type d’approche vise à mettre en lumière les « préférences stratégiques » des États en isolant des variables telles que le poids de l’histoire, la culture politique, l’idéologie ou encore la situation géopolitique. Récemment, des travaux sur des cultures stratégiques transnationales ou régionales, comme la culture stratégique européenne, ont mis en évidence les circulations, emprunts et phénomènes d’intégration et de convergence entre les États. La notion de culture est aussi mobilisée pour étudier les dynamiques internes dans les sociétés en guerre, à travers les notions de « culture militaire » ou « culture de guerre ». Ces perspectives sociologiques et anthropologiques ont permis de décloisonner l’étude du fait guerrier et d’ouvrir les études stratégiques à l’ensemble des sciences sociales. Sont ainsi interrogées les normes, les valeurs et les influences au sein des différentes composantes de l’institution militaire comme dans la société civile. La notion de culture permet alors de questionner le degré de porosité entre les deux mondes, civil et militaire. À travers la notion de culture se posent aussi les questions d’appartenance, de consentement, de transmission, d’engagement ou de mémoire au sein des organisations.

Dans cette perspective, plusieurs axes pourront orienter la réflexion et les propositions de communication :

1. Cultures politiques, cultures stratégiques

On examinera notamment le rôle des idéologies (marxisme-léninisme dans la stratégie soviétique ; national-socialisme dans la stratégie allemande), le poids et la perception de l’histoire nationale ou de la géographie dans l’élaboration des stratégies. De plus, la perception (parfois faussée) des textes, discours et intentions de l’adversaire est susceptible de mener le stratège à négliger les facteurs « matériels » de l’adversaire dans l’élaboration des stratégies. Cet axe permettra égalementd’explorer des cultures stratégiques nationales ou transnationales à l’échelle d’une aire culturelle ou régionale.

2. Cultures militaires 

Si la culture militaire est « l’expression de la singularité des armées et de leur finalité », il convient de ne pas faire de ce concept l’apanage des forces armées. Il concerne les acteurs du monde militaire au sens large. On s’intéressera à la culture des corps ou des métiers de l’armée et à leurs spécificités, afin de mieux comprendre l’articulation entre culture, valeurs, pratiques et savoir-faire. Plusieurs questions pourront être abordées, telles que l’esprit de corps, la transmission des valeurs, des symboles et des compétences, les rites ou les épreuves au sein du groupe étudié. Les analyses de la culture du corps et des pratiques sportives ou martiales sont également les bienvenues, tout comme les travaux sur les relations de genre, les relations avec le monde civil, le rôle de la professionnalisation dans l’évolution des cultures militaires ou bien l’influence de la culture populaire.

3. Culture de guerre, culture en armes, cultures des armes 

L’idée ici n’est pas d’étudier seulement l’institution militaire des États mais également d’autres types de sociétés ou de groupes comme les sociétés ou les classes traditionnelles guerrières, comme les Sikhs, les Cosaques, les Highlanders, les Chevaliers, les Samouraïs, les Janissaires, etc., les groupes armés, les forces paramilitaires et milices armées, les mercenaires, les anciens combattants ou les combattants irréguliers, les personnes engagées dans l’éducation militaro-patriotique des jeunes, etc. La question du rôle de certains groupes armés ou sociétés guerrières dans la formation des États, des empires ou des nations pourra être examinée.

Modalités de participation

Toutes les propositions (2 pages maximum) seront étudiées par un Conseil scientifique.

La date limite de réception des propositions de communications est fixée au 13 mars 2020.

Les textes sont à envoyer à : culture.guerreje@gmail.com. Les interventions des participants sont prévues pour la journée doctorale du 23 juin 2020 à l’École militaire. La journée fera l'objet d'une publication.

Comité d’organisation

  • Pierre LABRUNIE (EHESS)
  • Dimitri MINIC (Sorbonne Université)
  • Charza SHAHABUDDIN (EHESS)

Comité scientifique

  • Camille BOUTRON (genre et conflictualité)
  • Fatiha DAZI-HÉNI (Golfe/Moyen-Orient)
  • Juliette GENEVAZ (Chine)
  • Jean-Vincent HOLEINDRE (études stratégiques)
  • Édouard JOLLY (théorie des conflits armés)
  • Raphaëlle KHAN (Inde/Asie du Sud)
  • Christophe LAFAYE (défense et société)
  • Céline MARANGÉ (Russie/Ukraine/Asiecentrale)
  • Océane ZUBELDIA (innovation, drones)

Places

  • 1, Place Joffre
    Paris, France (75007)

Date(s)

  • Friday, March 13, 2020

Keywords

  • culture politique, culture stratégique, idéologie, perception des menaces, culture militaire, culture des corps et métiers de l'armée, culture de guerre, culture en armes, cultures des armes, institution militaire, groupes armés, combattants irrégul

Contact(s)

  • Dimitri Minic
    courriel : dimitri [dot] minic [at] gmail [dot] com

Information source

  • Dimitri Minic
    courriel : dimitri [dot] minic [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« The notion of "culture" and studying the facts of war », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, February 04, 2020, https://calenda.org/741300

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