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Ce qui nous rassemble

What brings us together - rethinking solidarity as a means of resistance in the neo-liberal age?

Repenser la solidarité comme moyen de résistance à l'époque néolibérale ?

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Publié le mardi 28 janvier 2020 par Céline Guilleux

Résumé

Est-il possible de concevoir une solidarité généreuse en dehors d'un cadre strictement national ? Ou plutôt, peut-on penser une conception non oppressive de la communauté politique ? À quoi pourrait ressembler une critique réellement subversive, enfin émancipée des cadres normatifs qu’elle prétend pouvoir contester ? Face à cela apparaît l’urgence d’une convergence des luttes qui transformerait des révoltes trop souvent éphémères en mouvement capable d’impulser un changement global (Laclau et Mouffe,2019). Tout l’enjeu reste donc de recréer un langage et des perceptions capables de recréer un monde commun à même de stopper la désintégration croissante de la sphère politique et publique, que ce soit par la création de véritables archipels de solidarité ou d’une récupération plus radicale de l’appareil d’État.

Annonce

Argumentaire

Le néolibéralisme est le programme politique qui vise la dépolitisation globale des sociétés (Bourdieu, 1998). Il se distingue du premier libéralisme dans l’utilisation systématique des leviersde pouvoir nationaux et internationaux pour instaurer l’ordre de Marché (États, FMI, BanqueCentrale européenne). Son but est d’ériger à grande échelle une forme unique de rapport social : laconcurrence libre et loyale entre des individus parfaitement souverains dans leur vie (Dardot etLaval, 2009). Mais qu’en est-il des individus qui ne peuvent être souverains comme l’entend ladoctrine néolibérale ? Développer des liens institutionnels de solidarité semble être une réponsepossible. Cependant, comment peut-on penser une solidarité au sein d’un paradigme qui considèrel’autonomie individuelle comme une fin en soi malgré la vulnérabilité des structures auxquelles ildonne naissance ? Ainsi la solidarité néolibérale n’apparaît-elle plus de nos jours que sous la forme atomisée queveulent bien lui garantir les États-providence. À travers des systèmes aux logiques différentes -assurantiel, corporatiste, universaliste ou résiduel - les États-providence peuvent être vus commeune rationalisation à orientation utilitariste de la solidarité, dépolitisant de fait presque totalementses conceptions et pratiques. Cette vision a amené de nombreux auteurs à les considérer moinscomme un frein face aux maux de l’économie de marché que comme l’adjuvant nécessaire à sasurvie (Audier, 2012 ; Streeck, 2014). À rebours de l’objectif de souveraineté individuelle tantrevendiquée, les États-providence néolibéraux endossent parfois le rôle de gardiens duconservatisme social, valorisant certaines stratifications du vivre ensemble, entraînant l’exclusionde certaines catégories de la population (Esping-Andersen, 1990 ; Clarke et Newman, 1997). Cette conception a trouvé une forme politique temporaire dans la revendication populiste opposant à unnéo-libéralisme débridé le modèle d’un welfare chauvinism favorable à une redistribution plusstricte de la richesse sur des critères d’appartenance nationale (Kymlicka, 2015 ; Crouch, 2017).

Est-il possible de concevoir entre ces deux modèles une troisième voie, à savoir une solidaritégénéreuse en dehors d'un cadre strictement national ? Ou plutôt, peut-on penser une conception non oppressive de la communauté politique ? À quoi pourrait ressembler une critique réellementsubversive, enfin émancipée des cadres normatifs qu’elle prétend pouvoir contester?Face à cela apparaît l’urgence d’une convergence des luttes qui transformerait des révoltes tropsouvent éphémères en mouvement capable d’impulser un changement global (Laclau et Mouffe,2019). Tout l’enjeu reste donc de recréer un langage et des perceptions capables de recréer unmonde commun à même de stopper la désintégration croissante de la sphère politique et publique,que ce soit par la création de véritables archipels de solidarité ou d’une récupération plus radicalede l’appareil d’État.

Les modalités pratiques de soumission des propositions

La soumission se fait via la plateforme FourWaves : https://www.fourwav.es/view/1682/customtab1405/

avant le 31 janvier 2020.

Un abstract de 300 mots est demandé

Coordinateurs

  • Tristan Boursier (Sciences Po Paris et Université de Montréal)
  • Dimitri M'Bama (Université de Montréal)

Évaluation

évaluation par les pairs

Lieux

  • Sherbrooke, Canada

Dates

  • vendredi 31 janvier 2020

Mots-clés

  • solidarité, néolibéralisme, États-providence, domination

Contacts

  • Tristan Boursier
    courriel : tristan [dot] boursier [at] umontreal [dot] ca

Source de l'information

  • Tristan Boursier
    courriel : tristan [dot] boursier [at] umontreal [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Ce qui nous rassemble », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 28 janvier 2020, https://calenda.org/743556

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