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Post(-)moderne / post(-)colonial : le « post » en débat

Post-modern / post-colonial: "post" in debate

Colloque international sur les théories postmoderne et postcoloniale

International conference on postmodern and postcolonial theories

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Publié le vendredi 07 février 2020 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Dans le sillage, d’un côté, de la deuxième guerre mondiale, et de l’autre, de la période des décolonisations africaines, émergent le postmoderne et le postcolonial, deux concepts qui se proposent de déconstruire respectivement les métarécits modernes de légitimation et de régulation, et les structures impériales de la domination occidentale.

Annonce

11, 12 et 13 Juin 2020, Université Péléforo Gon Coulibaly/ Korhogo (Côte d’ivoire)

Présentation

Le Département de Lettres Modernes de l’Université Péléforo Gon Coulibaly en collaboration avec le Groupe de Recherche en Analyses et Théories Littéraires (GRATHEL) et le Laboratoire des Pratiques et Enquêtes culturelles (LAPEC) de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan organisent un colloque international sur le thème : « Post (-) moderne / post (-) colonial / : le post en débat » dans les expressions littéraires et artistiques de notre contemporanéité, les 11, 12 et 13 Juin 2020 à l’Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo (Côte d’ivoire). 

Argumentaire

Dans le sillage, d’un côté, de la deuxième guerre mondiale, et de l’autre, de la période des décolonisations africaines, émergent le postmoderne et le postcolonial, deux concepts qui se proposent de déconstruire respectivement les métarécits modernes de légitimation et de régulation, et les structures impériales de la domination occidentale.

Pour ses théoriciens (Edward Saïd, Gayatri Spivak et Homi Bhabha), la théorie postcoloniale se veut un regard autant caustique que lucide posé sur l’ordre colonial et sa perpétuation même après les soleils des Indépendances. Si l’on en croit Homi Bhabha : La critique postcoloniale témoigne des forces inégales et inégalitaires de représentation culturelles qui sont à l’œuvre dans la contestation de l’autorité politique et social au sein de l’ordre mondial moderne. Les perspectives postcoloniales naissent du témoignage des pays du Tiers-monde et des discours des « minorités » dans le cadre des divisions entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud. Elles interviennent dans les discours idéologiques de la modernité qui tentent de conférer une « normalité » hégémonique au développement inégal et à l’histoire différenciée. […] Elles formulent leurs révisions critiques autour des questions de la différence culturelle, de l’autorité sociale et de la discrimination politique, afin de révéler les moments antagonistes et ambivalents de l’entreprise de «rationalisation » de la modernité (Homi Bhabha).

Quant au « postmoderne », disons qu’il est le signe d’un processus de désémiotisation sociale propre aux sociétés post-industrielles. Dans la foulée, tel que le fait valoir celui qui en sera, à tort et à travers, le porte-flambeau (Jean François Lyortard), la postmodernité est une condition. État des lieux de sociétés devenues incrédules à l’égard des rubriques du projet moderne : la Raison, l’État, le savoir du récit, etc.

Quoi qu’il en soit, il existe entre le signe postcolonial et le signe (vide ?) postmoderne un étymon, un paradigme commun. Leur post-serait la marque, ou peut-être la trace (au sens derridien du terme) d’un deuil ; celui de la modernité. Leur contexte d’émergence, la tradition de la déconstruction et l’existence d’une filiation poststructuraliste commune semblent être à l’origine des nombreuses confusions et controverses qui se font jour dans une critique africaine où l’on note un regain d’intérêt pour le postcolonial et le postmoderne ces dernières années.

Dans le domaine de la littérature, par exemple, les mêmes traits de distinction sont couramment retenus pour qualifier à la fois une œuvre de postcoloniale et/ou de postmoderne. Sony Labou Tansi, Henri Lopès, Ahmadou Kourouma, Calixte Béyala… seraient aussi postcoloniaux qu’ils sont postmodernes. Ainsi n’est-il pas rare de voir le qualificatif « postmoderne » ou « postcolonial » affecté à un roman combinant, entre autres traits et thèmes, le jeu de la polyphonie, l’oralité, l’hybride, l’hétérogénéité, l’intertextualité, le féminisme, la mobilité... Au demeurant, aucun des régimes ne désigne une période historique claire. Une aporie qui pose la nécessité d’un questionnement de l’archéologie, de l’acception et des potentiels épistémiques à l’œuvre dans ces deux concepts…

Déjà en 1994, l’on retrouve une telle entreprise épistémologique avec Marie Vautier dans son article « Les métarécits, le postmodernisme et le mythe postcolonial au Québec ». La chercheure ramène la distinction entre « « postmoderne et « postcolonial » à une question de « point de vue ». À partir du cas singulier du Québec, elle arrive au constat d’une fluctuation de sens des deux concepts selon que l’on en parle depuis la sphère d’influence euro-américaine (le centre) ou depuis une ex-colonie (la marge ou la périphérie). Le postmoderne privilégierait une approche eurocentrée des métarécits et serait plus attentive à l’analyse des propriétés formelles du texte (parodie, ironie et métafiction). Le postcolonial, pour sa part, en plus de porter son attention sur l’omniprésence des jeux de langage, l’oralité, la réinscription de contes et de légende, postulerait une attention à la relecture historique et le refus de la notion d’universalité.

On ne saurait, toutefois, être aussi péremptoire pour deux raisons. Au moins trois décennies d’enquêtes anthropologiques ont montré les répercussions de la lame de fond du mode de vie post-industriel sur les sociétés postcoloniales, au point d’avoir vu sourdre la notion de « glocal » pour dire la rencontre du global et du local. La « Weltlitteratur » s’est, au même titre, muée en un ardent désir de littérature- monde. De plus, bon nombre de chercheurs proclament un régime d’historicité hybride où s’intriqueraient les signes postcoloniaux et postmodernes. On pense, entre autres concepts, à la postcolonialité chère à Alfonso de Toro et à la poétique transculturelle de Josias Semujanga.

Aussi ce colloque vise à interroger les spécificités du postmoderne et du postcolonial dans les sciences humaines en particulier (Littérature, Philosophie, Histoire, Sociologie, Anthropologie, Géographie…). Il propose d’explorer sous l’angle de la conjonction, de la disjonction et de la disruption, les liens entre ces deux notions. Plus précisément, il s’agira d’observer le traitement de l’histoire ou du passé dans chacun de ces régimes ; d’investiguer le sens que couve le préfixe post- qui les singularise et les rapproche ; d’interroger les manifestations littéraires et les implications épistémologiques de l’étiquetage « postcolonial » ou « postmoderne » d’un objet littéraire africain. En clair, l’un des deux termes est-il transcendantal ? Le postcolonial est-il l’arkhè moderne d’une condition postmoderne du fait esthétique africain ? Avons-nous atteint, dans le champ littéraire africain francophone, le stade d’une incertitude quant à leur distinction. Les contributions pourront s’inscrire dans l’un des axes suivants :

  • Postmoderne/postcolonial, états des lieux et perspectives théoriques
  • Post-moderne/post-colonial vs postmoderne/postcolonial : quelles implications ?
  • Au-delà du post ? Approche endogène…
  • Modernité, postmodernité, post(-)colonialité, décolonialité… et autres notions voisines : quelles pertinences conceptuelle et théorique ?
  • Post(-)moderne/post(-)colonial et histoire
  • De la résurgence du baroque : entre retour aux sources et reconceptualisation d’un état du monde
  • Médias et littérature (intermédialité, ’’médialiture” interdiscours médiatique, métadiscursivité (inter)médiatique…)
  • Post(-)moderne/post(-)colonial : périodisation
  • Dynamiques « post » dans les littératures africaines et francophones
  • Post(-)moderne/post(-)colonial : divergences, convergences, influences
  • Théorie post et problématique de l’agentivité en régime narratif
  • Le « post » et régimes de la représentation : réalisme, scénarisation, excentrisme, hyperréalisme
  • Identité, altérité et nouvelles transparences en contexte postmoderne/postcolonial
  • Post(-)moderne/post(-)colonial et problématiques écologiques et anthropologiques
  • De la didactique des « post » littéraires en contexte africain ou comment enseigner, et à partir de quel repère ?
  • De la problématique de (trans)genres en contexte post(-)moderne et/ou post(-)colonial
  • « Post » et enjeux géostratégique

Calendrier et information pratiques

  • 15 Février 2020 : Date limite d’envoi des propositions de communication

Les propositions (titre + nom et prénoms des (co)auteurs suit de l’institution de rattachement + résumé d’environ 300 mots + note biographique de l’auteur) doivent indiquer clairement la problématique abordée et faire état des principaux résultats qui seront exposés. Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse : colloquepoststudies@gmail.com

  • 15 Mars 2020 : réponse du comité scientifique
  • Frais de participation : 30.000 fcfa (50 euros). Les frais de transport et d’hébergement sont à la charge des participants.

Les organisateurs se mettent à la disposition de ceux-ci pour tous les renseignements nécessaires relatifs au voyage à Korhogo.

Porteurs du projet

  • Dr Gervais -Xavier KOUADIO, Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo.
  • Dr Junior Damo KOFFI, Université Felix Houphouet Boigny de Cocody/Abidjan
  • Dr Tite LATTRO, Université Felix Houphouet Boigny de Cocody/Abidjan.
  • Dr Augustin Dago DOBE, Université Felix Houphouet Boigny de Cocody/Abidjan

Comité Scientifique 

  • Papa Samba DIOP, Université Paris Est-Créteil (France)
  • Late-Lawson HELLU, Université Western Ontario (Canada)
  • Jean-Marie KOUAKOU, Université F.H. Boigny (CI)
  • Sylvère MBONDONBARI, Université de Saarbruck (Allemagne)
  • Virginie KONANDRI, Université F.H. Boigny (C.I)
  • Georice-Berthin MADEBE, IRSH/ CeReS (Gabon/ France)
  • Frédéric MAMBENGA, Université Omar Bongo, (Gabon)
  • David NGORAN, Université F.H. Boigny (CI)
  • Adama COULIBALY, Université F.H. Boigny (CI
  • Phillip ATCHA, Université F. H. Boigny (CI)
  • Ramsès Thiémélé BOA, Université Felix Houphouet (CI)
  • Roger TRO DEHO, Université Alassane Ouattara (CI)
  • Adama SAMAKE, Université F. H. Boigny (CI)
  • Jean-Fernand BEDIA, Université Alassane Ouattara (CI)
  • Germain-Arsène KADI, Université Alassane Ouattara (CI)
  • Ludovic Fié DOH, Université Alassane Ouattara- (CI)

Comité d’organisation

  • Jackin Simplice YAO, Université Péléforo Gon Coulibaly/ Korhogo
  • Arthur -Modeste ACHIE, Université Péléforo Gon Coulibaly
  • Franck G. SILUE, Université Péléforo Gon Coulibaly/ Korhogo
  • Antoine Kouadio ADOU, Université Péléforo Gon Coulibaly/
  • Jean -Marie Gbakré, Université Péléforo Gon Coulibaly/ Korhogo
  • Abdoul S. DIOMANDE, Université Péléforo Gon Coulibaly
  • Gervais-Xavier KOUADIO, Université Péléforo Gon Coulibaly
  • Tite LATTRO, Université Félix Houphouet Boigny /Abidjan
  • Escoffier-Ulrich KOUASSI, Université Péléforo Gon Coulibaly
  • Junior Damo KOFFI, Université Félix Houphouet Boigny /Abidjan
  • Yacouba FANNY, Université Péléforo Gon Coulibaly/ Korhogo
  • Landry PENAN, Université Péléforo Gon Coulibaly/ Korhogo
  • Daouda COULIBALY, Université Péléforo Gon Coulibaly/ Korhogo
  • Augustin DOBE, Université Félix Houphouet Boigny /Abidjan
  • Nicaise Kobenan ATTA, Université Felix Houphouet Boigny
  • Jean-Marie KONAN, Université Felix Houphouet Boigny/ Abidjan

Lieux

  • Université Peleforo Gon Coulibaly
    Korhogo, Côte d'Ivoire

Dates

  • samedi 15 février 2020

Mots-clés

  • Post(-)moderne, post(-)postcolonial, épistémologie, modernité, théorie, historiographie, Korhogo

Contacts

  • Tite Lattro
    courriel : latite [at] ymail [dot] com
  • Damo Vianney Jr Koffi
    courriel : damokoffi [at] yahoo [dot] fr
  • Xavier-Gervais Kpuadio
    courriel : godaty1 [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Tite Lattro
    courriel : latite [at] ymail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Post(-)moderne / post(-)colonial : le « post » en débat », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 07 février 2020, https://calenda.org/748291

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