HomeDynamics and ethico-epistemological issue of life narratives: thinking in terms of experience

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Dynamics and ethico-epistemological issue of life narratives: thinking in terms of experience

Dynamiques et enjeux éthico-épistémologiques du récit de vie : réfléchir en termes d’expérience

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Published on Wednesday, February 26, 2020 by Céline Guilleux

Summary

Le récit de vie, qui connait diverses déclinaisons, est une piste de départ intéressante pour visibiliser des enjeux importants, sous-jacents à cette rencontre. Longtemps minoré en sciences humaines, bien que déjà exploité en un certain sens par l’école de Chicago, le récit de vie peut bien prétendre à jouer un rôle majeur, en tant que partie prenante d’un récit qualitatif de recherche, dans la compréhension des autres, et pour autant qu’on le réinterroge. Dans cette perspective, les réflexions menées donneront lieu à des éléments de présentation (historiques, disciplinaires, etc.) ainsi qu’à une sorte de glossaire d’entrées d’empan variable (par exemple les notions d’expérience, d’appropriation, d’historialité, d’altéroréflexivité, etc.), méthodologiquement désambiguïsées à partir des orientations épistémologiques propres aux auteurs et situées explicitement.

Announcement

Argumentaire

Il est désormais communément admis que la sociolinguistique s’est constituée, au-delà des multiples lectures avancées quant à son histoire et ses fondateurs (Pierozak, Robillard, Razafimandimbimanana, Debono, 2013), en réaction contre les projets structuraliste et générativiste, et cela dans une perspective résolument empirique à même de prendre en compte « ce qu’il y a de social dans la langue » (Calvet, 2016 : 4). L’intérêt porté aux dimensions sociales a conduit les chercheurs notamment en sociolinguistique, en didactique des langues, à sacraliser, sans trop en expliciter le bien-fondé, le terrain et ses corollaires que sont le contexte, et le corpus de telle manière que, dans les discours scientifiques, ces notions « corrélées » voire « confondues » (Robillard et al., 2012 :30) deviennent une « règle obligée », qui légitime un discours scientifique sur autrui et « sert de mode de reconnaissance pour qualifier le sérieux d’une recherche scientifique » (Gaboriau, 2018 : 18).

Or, rien ne prédestinait à ce que cette focalisation n’en arrive à être une voie épistémologique incontournable ou un impératif méthodologique, alors qu’elle n’est qu’une problématisation possible en matière de compréhension d’autrui, si l’on considère en particulier l’héritage humboltien. Le choix privilégié pour les outils d’enquête (questionnaires, entretiens, observations, etc.), souvent mobilisés seuls ou à plusieurs, apparaît comme un usage non questionné, qui laisse à penser que les produits de ces outils sont tout entier dans les aspects matériels, visibles / audibles, objectivables via des signes probants et analysables (de manière scientifiquement assurée). Cela a pour effet de réduire la rencontre avec autrui, l’expérience altéro-réflexive qui s’y joue, à cela, en minorant par la même occasion des dimensions souvent catégorisées comme subjective, affective, représentationnelle, fictive.

Le récit de vie, qui connait diverses déclinaisons, est une piste de départ intéressante pour visibiliser des enjeux importants, sous-jacents à cette rencontre. Longtemps minoré en SH, bien que déjà exploité en un certain sens par l’école de Chicago (Thomas & Znaniecki, [1919],1998), le récit de vie peut bien prétendre à jouer un rôle majeur, en tant que partie prenante d’un récit qualitatif de recherche, dans la compréhension des autres, et pour autant qu’on le réinterroge.

En effet, si Bourdieu (1986) fustigeait « l’illusion biographique » de toute recherche sociologique adossée aux récits de vie, Heinich (2010), en réplique à son article, y récusait ses « illusions naturaliste et explicative » en argumentant que le récit n’est pas une simple méthode mais surtout une sorte de proposition de « vision du monde » qui doit être comprise en tant que telle. Plusieurs autres interprétations ont également été données du récit de vie, que ces journées d’étude pourraient contribuer à remettre en perspective : « une méthode d’enquête » (Bertaux, 2010), « un pacte autobiographique » (Lejeune, 1975) « une mythhistoire » (Gusdorf, 1991), une pratique associée au « souci de soi » (Foucault, 2015), etc.

Mais en puisant dans les courants phénoménologiques-herméneutiques, on peut envisager que le récit de vie puisse aussi projeter un autre concernement pour autrui, moins protocolaire et technologisable que celui, plus ethnographique, privilégié dans nos champs (Robillard, 2016). Cela peut permettre d’élargir les débats en SH sur l’implication du chercheur et ses limites dans la connaissance du « réel » en les subsumant sous l’idée de « vécu[1] », ou plus radicalement encore sous la notion d’« expérience », entendue au sens de Romano[2] : non plus seulement au sens d’effets psycho-socio-historico-affectifs « perturbateurs », variablement « déterministes » avec une « part d’inexplicable qu’on renonce à interpréter et assumée comme telle » (Caveng &Darbus, 2017 : 513), mais plus essentiellement comme une manière, altéroréflexive, d’accéder au sens, selon un certain « rapport » au monde. Cela implique alors de penser l’évènement, le risque, le conflit, la réception, l’appropriation, en dehors d’un surplomb scientifique, en considérant un antéprédicatif, antérieur au langage et à la catégorisation scientifique, ontologiquement consubstantiel de tout être-au-monde.

A partir de cette piste, on peut, de ce fait par exemple, se demander si l’on pourrait rapprocher ce récit de vie revisité d’une quête de sens « autobiographique » (Veyne, 2014), d’un témoignage (Derrida, 2004), et si, conçu en tant que tel, on peut réellement témoigner pour le témoin (Celan, 1967), ce qui engage alors la responsabilité du chercheur à réfléchir à la place de l’éthique (Lévinas, 1974) dans tout rapport à autrui.

A partir des éléments ci-dessus, cette manifestation scientifique, pensée dans la durée (cf. la suivante en Algérie), se propose donc de problématiser la pertinence heuristique du récit de vie non seulement sur le plan habituellement méthodologique en SH mais surtout sur le plan épistémologique et éthique, au cœur des SH.

L’objectif est ainsi de travailler à nouveaux frais des questionnements classiques, en ayant en vue deux enjeux interdépendants : à la fois formatifs auprès des jeunes chercheurs se projetant dans une thèse, et d’explicitation / problématisation des orientations phénoménologico-herméneutiques au regard de positionnements qui pourraient sembler voisins ou qui seraient trop peu informés en SH quant à certains soubassements dits métaphysiques.

Dans cette double perspective, les réflexions menées donneront lieu à des éléments de présentation (historiques, disciplinaires, etc.) ainsi qu’à une sorte de glossaire d’entrées d’empan variable (par exemple les notions d’expérience, d’appropriation, d’historialité, d’altéroréflexivité, etc.), méthodologiquement désambiguïsées à partir des orientations épistémologiques propres aux auteurs et situées explicitement. En relation avec un comité scientifique, ce travail éditorial, qui intégrera le travail de la prochaine manifestation scientifique à Alger, sera mené à partir de références phénoménologico-herméneutiques mobilisées en direction des SH, notamment la sociolinguistique et la didactique des langues.

Programme

  • 09h00 – 09h30/ Accueil café
  • 09h30 – 9h45 : Ouverture de la journée par les coorganisateurs.
  • 9h45 – 10h10 : Blaïd DJEFEL (ENS Bouzaréah/Alger) Récit de vie / expérience d’écriture : la littérature à l’épreuve de la mémoire.

Discussion (20 minutes)

Notre réflexion s’articulera autour des questions suivantes : comment arrive-t-on à rebâtir à nouveau, dans un « champ de ruines », rester ouvert à la nuance et à la complexité du réel ? Comment, parfois, certains éléments anodins et sans épaisseur, fragments d’une « vie sanglante et vaine », selon la formule de Malraux, « le merveilleux futile, le glorieux infinitésimal » (Pessoa), acquièrent-ils leur dignité et leur puissance de suggestion ? Quelle est la part de l’« irréel» et de la « juste mémoire » (Ricœur) dans l’économie générale du texte autobiographique?

  • 10h30 – 10h55 : Didier de ROBILLARD (EA 4428, Université Tours) Phénomène ?

Discussion (20 minutes)

Il s'agit dans cette intervention de présenter ce que peut travailler le terme de « phénomène » (et les termes associés : « expérience », « langue »...), pour en venir à ce qu'une certaine phénoménologie peut apporter en SH, notamment en direction du récit de vie.

11h15 – 11h30/ Pause-café

  • 11h30 – 11h55 Boussad SAIM (ENS Bouzaréah/Alger) Réflexion sur le récit de vie de l'œuvre.

Discussion (20 minutes)

Si le poète travaille essentiellement sur les mots, reste que ces derniers sont loin d’être arbitraires et se trouvent tributaires d’un savoir virtuel, voire d’une conscience du monde sédimentés en eux. Aussi, ce qui fait défaut à la critique d’essence positiviste, c’est une théorie capable d’appréhender ce savoir « préréflexif » où se laisse pré-sentir, en deçà du langage verbal, le sens d’une expérience plus originelle où se dit « l’existence vive » (Ricœur). D'où la nécessité de réévaluer ontologiquement l’œuvre, en procédant par une démarche qui permet de prendre en charge cette dimension de « l’intériorité inimaginée du fait verbal » (Bonnefoy), afin de renouer le lien avec l’affectivité originaire qui est au fondement de l’expression esthétique. Il s’agit d’appréhender, en d’autres termes, le livre et l’acte créateur en général, en tant qu’il appartient à l’immanence de la vie.

12h15 – 13h45/ Déjeuner

  • 13h45 – 14h10 : Marc DEBONO (EA 4428, Université Tours) Retour sur expérience d’un (encore) jeune chercheur face à la question méthodologique. De l’analyse discursive herméneutisée aux récits de vie comme perspective

Discussion (20 minutes)

Après un retour réflexif sur diverses expériences d’attraction et de rejet face aux perspectives méthodologiques de mes champs de recherche, et la construction « en réaction » d’une inachevée et insatisfaisante réponse dans ma thèse (analyse du discours herméneutisée), j’évoquerai les récits de vie/d’expérience comme possible « traduction » méthodologique d’orientations épistémologiques fortement qualitatives, traduction à la fois – et paradoxalement - prosaïque (« donner des gages ») et ambitieuse. Enfin, j’esquisserai un projet de recherche autour de récits de vie d’enseignants de FLE/S, mobilisés dans une optique de compréhension des conflits de valeurs induit par la technicisation du métier.

  • 14h30 – 14h55 : Ali BECETTI (ENS Bouzaréah/Alger) Récit de vie et témoignage (impossible) d’autrui : éléments pour une éthique de la compréhension révélée.

Discussion (20 minutes)

Le discours du sociolinguiste et sa tentative de rendre compte d’autrui (langues, variation, etc.) s’accréditent souvent par la référence à des corpus /terrains, censés être la preuve tangible d’une compréhension protocolaire qui, s’instanciant via une méthode scientifique, compromettrait l’altérité d’autrui. A rebours de ce régime de pensée, et en prenant pour exemple le « récit de vie », je montrerai que le sociolinguiste pourrait bien être sensible à la différence d’autrui en lui témoignant de la déférence. Cela ne serait pleinement possible que si le chercheur légitimait ses propres histoires dans lesquelles il est « empêtré », qu’il en accueille les horizons (oubliés) en vue de participer au monde d’autrui. La relation à autrui devient alors l’enjeu même de la compréhension (éthique) et non un simple contexte ou moyen (méthodologique).

15h15-15h30/ Pause-café

  • 15h30 – 15h55 : Isabelle PIEROZAK (EA 4428, Université Tours) Le récit de vie : quelles différances ?

Discussion (20 minutes)

Cette intervention vise à exposer un aperçu des implications qualitatives des récits de vie pour la recherche. Ce faisant, il s’agit de déplier, en prenant appui sur J. Derrida, les « différances » en jeu, recouvertes par un tropisme méthodologique. Quel est le « faire signe » du récit de vie, à « plus d’une langue » selon la formule lapidaire de la déconstruction ? Ce questionnement prend appui sur des expériences d’enquête ainsi que des réflexions de synthèse menées autour du comprendre / expliciter / s’approprier en sociolinguistique et didactique des langues.

  • 16h15 – 16h45 : Discussions transversales animées par Dominique DOUSTIN (EA 4428, Université Tours)

Le regard réflexif posé sur mon travail de thèse d'une part et mes questionnements au sujet des entretiens semi-directifs effectués et des interprétations élaborées à la suite de leur analyse d'autre part m'incitent à m'intéresser aux récits de vie. En effet, ces derniers m'apparaissent comme de possibles et pertinents « chemins » susceptibles d'amener à concevoir et à élaborer des travaux selon une approche hautement qualitative. Dans la continuité des échanges précédents, il serait intéressant de revenir sur les regards / questionnements en jeu de la part des chercheur-e-s ici présent-e-s, quel que soit leur degré d'expérience.

16h45 – 17h00 : Clôture et perspectives de la journée d’études.

Pauses et déjeuner, sur place.

Contacts (entrée libre)

ali.becetti@univ-tours.fr isabelle.pierozak@univ-tours.fr isabelle.aubert@univ-tours.fr (secrétariat)

Prière de signaler votre venue avant le 24.02.20

Comité scientifique

  • ALI-BENCHERIF Zakaria Mohammed, Université de Tlemcen.
  • BECETTI Ali, École Normale Supérieure de Bouzaréah.
  • BENBAKKAR Ouahiba, Université Alger 2.
  • BENHOUHOU Nabila, École Normale Supérieure de Bouzaréah.
  • BLANCHET Philippe, Université de Rennes.
  • BRETEGNIER Aude, Université du Maine
  • CASTELLOTTI Véronique, Université de Tours.
  • DEBONO Marc, Université de Tours.
  • DJEFEL Belaid, École Normale Supérieure de Bouzaréah.
  • FEUSSI Valentin, Université de Tours
  • HUVER Emmanuelle, Université de Tours
  • KARA-ABBES Atika Yasmine, École Normale Supérieure de Bouzaréah
  • LEBON EYQUEM Mylène, Université de La Réunion.
  • LORILLEUX Joanna, Université de Tours
  • OOZEERALLY Shameem, MIE, Maurice.
  • PIEROZAK Isabelle, Université de Tours.
  • ROBILLARD Didier (de), Université de Tours.
  • SAIM Voussad,École Normale Supérieure de Bouzaréah.

Organisation

EA 4428 DYNADIV.

Journée d’Étude coorganisée par :

  • Ali Becetti (École Normale Supérieure, Bouzaréah /Alger, chercheur associé à l’EA 4428 Dynadiv, Université de Tours)
  • Isabelle Pierozak (EA 4428 Dynadiv, Université de Tours)

Bibliographie

BERTAUX Daniel, 2010 [1997], L’enquête et ses méthodes. Le récit de vie, Paris, Armand Colin.

BOURDIEU Pierre, 1986, « L’Illusion biographique », Actes de la recherche en Sciences Sociales, 62/63, pp.69-72.

CALVET Louis-Jean, 2016, Sociolinguistique, Paris, QSJ.

CAVENG & DARBUS, 2017, « Cachez ces faits que je ne saurais voir ! Les affects, le visible et le dicible dans l’enquête en sciences sociales », Revue d'anthropologie des connaissances, vol. 11, 4, n°. 4, p. 511-520.

CELAN Paul, 1967, Aschenglorie, SuhrkampVerlag (Gloire de cendres), Choix de poèmes réunis par l'auteur, Poésie Gallimard, 2004.

DERRIDA Jacques, 2004, « Poétique et politique du témoignage », dans Cahier de l’Herne Derrida, dirigé par Marie-Louise Mallet et Ginette Michaux, L’Herne, p.521-539.

FOUCAULT Michel, 2015, Qu’est-ce que la critique. (Suivi de) La culture de soi, Paris, Vrin.

GABORIAU Patrick, 2018, Le terrain anthropologique. Archéologie d’une pratique, Paris, L’Harmattan.

GUSDORF Georges, 1991, Lignes de vie 2. Auto-bio-graphie, Paris, Odile Jacob.

HEINICH Nathalie, 2010, « Pour en finir avec l’illusion biographique », L’Homme [en ligne].

HONORE Bernard, 2014, Le sens de l’expérience dans l’histoire de vie. L’ouverture à l’historialité, Paris, L’Harmattan.

LEJEUNE Philippe, 1975, Le pacte autobiographique, Paris, Seuil.

LEVINAS Emmanuel, 1974, Autrement qu’être ou au-delà de l’essence. Paris, La Haye, M. Nijhoff.

MESURE Sylvie, 1990, Dilthey et la fondation des sciences historiques, Paris, PUF.

PIEROZAK Isabelle, de ROBILLARD Didier, RAZAFIMANDIMBIMANANA Elatiana, DEBONO Marc, 2013, « Vers une sociolinguistique française qualitative ? Perspectives historiques critiques sur des processus de reconnaissance », Recherches qualitatives vol. 32(1), La reconnaissance de la recherche qualitative dans les champs scientifiques, pp. 107-131 [en ligne].

ROBILLARD Didier de, éd., 2016, « Epistémologies et histoire des idées sociolinguistiques », Glottopol n°28 [en ligne].

ROBILLARD, Didier de, DEBONO, Marc, RAZAFIMANDIMBIMANANA, Elatiana &TENDING, Marie-Laure, 2012, « Le sociolinguiste est-il (sur) son terrain ? Problématisations d'une métaphore fondatrice », Cahiers internationaux de sociolinguistique, 2(1), 29-36

ROMANO Claude, 1998, L’événement et le monde, Paris, PUF.

THOMAS William I., ZNANIECKI Florian, [1919]/1998, Le paysan polonais en Europe et en Amérique. Récit de vie d'un migrant, Paris, Nathan.

VEYNE Paul, 2014, Et dans l’éternité je ne m’ennuierai jamais. Albin Michel.

Notes

[1] L’édification des sciences naturelles et formelles seraient ainsi opérée sur la base d’une mise hors circuit du vécu : « Dans les sciences de la nature, où nous expliquons les phénomènes à l’aide d’hypothèses devant se soumettre à la vérification expérimentale, les phénomènes observés ne viennent se subordonner, conformément aux hypothèses, à leurs « principes constitutifs » (autrement dit : ne viennent se subsumer sous des lois) que s’ils sont envisagés dans leur généralité, donc si l’on fait abstraction par exemple de ce qui distingue, au niveau du vécu de l’observateur, la chute de cette pierre, ici et maintenant, le long de cette pente, et celle de cette branche qui s’est détachée de l’arbre . En ce sens, le sujet de la connaissance, quand bien même son enquête est animée par des intérêts, s’efforce de neutraliser le plus possible son propre vécu : les conditions de l’expérience scientifique ne sont créées que par mise entre parenthèses de l’expérience vécue (Erlebnis) ». (Mesure, 1990 : 206-207).

[2] L’expérience est « cette épreuve nécessairement unique, irrépétable, en laquelle je suis moi-même en jeu et dont je ressors à chaque fois changé ; ce qui prime, ce n’est pas l’idée d’acquis, mais au contraire celle d’une mise à l’épreuve qui est en même temps transformation » (Romano, 1998 : 194). Ou pour reprendre B. Honoré : « en se dévoilant l’expérience vient à la parole qui dit son appropriation. Cette parole […] ne décrit pas l’expérience mais évoque une épreuve et une donation de sens » (2014 : 50, souligné par nous).

Places

  • 5e Bâtiment, Faculté de Lettres et Langues Département Sociolinguistique et Didactique des Langues Dynadiv - 3 rue des Tanneurs, université de Tours
    Tours, France (37)

Date(s)

  • Tuesday, March 10, 2020

Keywords

  • récit de vie, phénoménologie, herméneutique, expérience

Contact(s)

  • Isabelle PIEROZAK
    courriel : isabelle [dot] pierozak [at] univ-tours [dot] f
  • Ali BECETTI
    courriel : ali [dot] becetti [at] univ-tours [dot] fr

Information source

  • Ali BECETTI
    courriel : ali [dot] becetti [at] univ-tours [dot] fr

To cite this announcement

« Dynamics and ethico-epistemological issue of life narratives: thinking in terms of experience », Study days, Calenda, Published on Wednesday, February 26, 2020, https://calenda.org/751441

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