Página inicialSanté en débat, soin en question : perspectives euro-américaines et dialogues transatlantiques en sciences humaines et sociales

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Santé en débat, soin en question : perspectives euro-américaines et dialogues transatlantiques en sciences humaines et sociales

La salud en debate, el cuidado en discusión: perspectivas euro-americanas y diálogos trasatlánticos en ciencias humanas y sociales

Social sciences debating health and discussing care: Euro-american perspectives and transatlantic dialogs

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Publicado terça, 25 de fevereiro de 2020 por Anastasia Giardinelli

Resumo

Ce colloque international propose une réflexion sur le rôle de l’État dans la mise en place des politiques publiques de santé. Il s’intéressera aussi aux contestations dont ces politiques ont fait l’objet, soit en raison de leur interventionnisme (dépossession des savoirs qualifiés de traditionnels) ou de leur insuffisance (revendication d’une prise en charge plus intégrale et équitable). Il analysera les mutations de la « main gauche » de l’État, dans le cadre néolibéral contemporain, leur genèse et leurs contre-exemples historiques. Après une première journée consacrée aux présentations scientifiques, dans un cadre pluridisciplinaire ouvert aux diverses sciences sociales, ce colloque entend également ouvrir un espace d’échanges avec la société civile et entamer un débat, prenant en compte la dimension internationale des circulations de notions qui — c’est le cas de l’expression « violence obstétricale » par exemple — doivent beaucoup aux espaces latino-américains et voient leurs significations évoluer à la faveur de ces mêmes circulations.

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Argumentaire

La santé suscite un intérêt croissant dans les sciences sociales américanistes, entendues dans leur acception hémisphérique incluant Amériques du sud, du nord et l’espace caribéen. En Amérique latine, la recherche a bénéficié du renouveau de l’histoire des sciences et de la santé depuis deux décennies, notamment à partir du Brésil où est fondée, en 1994, la revue Manguinhos, História, Ciências, Saúde. Tournée dans un premier temps vers l’histoire sociale de la santé publique et la dimension culturelle de la médecine, la production scientifique de la région en histoire de la santé envisage désormais l’aspect politique voire biopolitique de la médecine. Le cas du Pérou offre un exemple de ces renouvellements, quoiqu’encore récents : des initiatives ponctuelles et des questionnements novateurs émergent dès les années 1990. L’une des entrées privilégiées est celle de l’histoire des pathologies et des épidémies au XXe siècle. Si les recherches sont encore à leurs débuts en ce qui concerne les branches de la médecine occidentale en lien avec la santé des femmes (l’obstétrique, la gynécologie et la pédiatrie), les travaux de Marcos Cueto ont constitué la santé en fait social incombant légitimement aussi aux sciences sociales, dans une perspective diachronique, continentale et globale. Ainsi ces travaux peuvent-ils se comparer à ceux de Sylvia Chiffoleau sur les médecins égyptiens ou sur la construction d’une action publique internationalisée en matière de santé.

La santé fournit donc aux SHS un objet pluridisciplinaire d’analyse des sociétés contemporaines pertinent — au point qu’elle a donné naissance à un champ d’études propres sur certains campus états-uniens, celui des « humanités médicales » — et suscite une production de sources variées (articles scientifiques, rapports institutionnels, dossiers de patients, registres d’entrée,  documents issus de procès, presse, entretiens oraux, littérature médicale), dont la prise en compte a participé du renouvellement de son étude. L’histoire de la médecine s’est désormais élargie à l’histoire de la santé, et entend faire une place plus large aux documents attestant autant des pratiques que des discours, et nourrir un souci plus grand de la perspective du/de la patient.e que celui que lui réservait l’exclusif prisme praticien, caractéristique d’une « historiographie de bronze », selon la formule de Cristina Sacristán à propos de l’histoire de la psychiatrie, et marquée par un agenda historiographie exclusivement endogène à la profession.

La définition du terme même de santé s’en trouve élargie au-delà de son strict sens médical : on y entend désormais un ensemble de pratiques sociales qui ne tiennent pas nécessairement pour acquises l’autorité ni l’unicité des instances médicales. C’est le cas de la vaccination dans les espaces dits occidentaux, dont le caractère consensuel s’est trouvé par moments écorné ; de la gestion de la maternité dans certains espaces qualifiés de périphériques, où entrent tantôt en collision tantôt en négociation les savoirs dits modernes et les savoirs dits traditionnels ; ou encore de l’épisiotomie, devenue objet de débat dans ces deux types d’espace.

Une première journée d’études américaniste, qui s’est tenue à Rouen et à la MSH-Paris Nord en septembre 2019, a permis de dresser le constat que cet objet « santé » entrait en résonance avec les problématiques formulées autour de la notion de soin, revisitée à la fois par les sciences sociales ces dernières décennies et par de récents mouvements sociaux, survenus dans les espaces américains et européens. Cette première journée s’est également attachée à rendre compte de l’usage de l’outil intersectionnel pour aborder ces thématiques, et à débattre de la pertinence du prisme féministe et décolonial pour rendre compte des logiques inhérentes à l’instauration — contestée, revendiquée, non linéaire — d’un ordre médical dans lequel se jouent des définitions non consensuelles de la modernité. Par exemple, si les travaux de Mounia El-Kotni sur les sages-femmes au Mexique ont conclu à l’imposition d’un ordre excluant par l’Etat mexicain au début du 21ème siècle, ceux de Norah Jaffary sur le Mexique au tournant des époques coloniale et républicaine suggèrent une moindre omnipotence de l’Etat sur les corps féminins et une distribution moins nette des rôles entre médecins et sages-femmes. Au final, ces travaux incitent à se saisir de la santé comme un objet permettant d’examiner les visages de l’Etat sur une moyenne durée.

Le second temps de ces échanges scientifiques prendra la forme d’un colloque international, organisé à la Maison des Sciences de l’Homme à Grenoble les 18 et 19 novembre prochains. II entend poursuivre ces réflexions sur le rôle de l’État dans la mise en place des politiques publiques de santé. On s’intéressera aussi aux contestations dont ces politiques ont fait l’objet, soit en raison de leur interventionnisme (dépossession des savoirs qualifiés de traditionnels) ou de leur insuffisance (revendication d’une prise en charge plus intégrale et équitable). On pourra ainsi s’y interroger sur les mutations de la « main gauche » de l’État, dans le cadre néolibéral contemporain, leur genèse et leurs contre-exemples historiques. Après une première journée consacrée aux présentations scientifiques, dans un cadre pluridisciplinaire ouvert aux diverses sciences sociales, ce colloque entend également ouvrir un espace d’échanges avec la société civile et entamer un débat, prenant en compte la dimension internationale des circulations de notions qui — c’est le cas de l’expression « violence obstétricale » par exemple — doivent beaucoup aux espaces latino-américains et voient leurs significations évoluer à la faveur de ces mêmes circulations.

Les communications admises lors de ce colloque pourront ainsi provenir de disciplines diverses issues des sciences sociales (histoire donc, mais aussi anthropologie, science politique, géographie, droit, sociologie, etc.), celles des praticien·nes de la santé étant également bienvenues. Elles pourront porter sur des espaces variés — Amériques et Europe en premier lieu, sans exclure d’autres communications portant sur d’autres aires géographiques mais incluant une réflexion sur les influences, les circulations, les emprunts à l’échelle globale. Elles pourront s’intégrer dans les axes de réflexion et de débat suivants :

  1. Mise en place de politiques publiques de santé : en matière de vaccination, de contraception ou de non contraception, d’alimentation. Quels débats traversent les professions, quant aux taxonomies, aux innovations techniques introduites, à la division entre hôpital et médecine pratiquée en ville et à la campagne ? Quelle conception de la modernité guide la mise en place de réformes institutionnelles ?
  2. Remise en cause et contestations : de quelles contestations ces politiques de santé font-elles l’objet ? Est-ce en raison de leur interventionnisme (dépossession des savoirs qualifiés de traditionnels) ou de leur insuffisance (revendication d’une prise en charge plus intégrale et équitable) ?
  3. La place et le rôle du personnel de santé. Celui-ci se retrouve au carrefour de ces demandes, non nécessairement contradictoires mais au moins multiples et multiformes ; il voit son rôle questionné : est-ce un phénomène nouveau ? La mise en place d’institutions médicales s’est-elle faite de façon consensuelle tout à au long de l’histoire ? Quel legs colonial sous-tend les institutions médicales contemporaines ? Quel aggiornamento entament-elles ? Quel degré d’autonomie vis à vis du (des) pouvoir(s) les protagonistes de la santé entreprennent-ils de conquérir ? Quelles tensions traversent ce champ des pratiques professionnelles médicales, entre sage-femme et médecins, entre infirmier.es et administrateurs.rices? Et quelles demandes les sociétés formulent-elles à l’adresse de ces professionnel.les, au nom de quelle conception du soin ?
  4. Historiciser la santé mentale. Comment la définir dans le temps et dans l’espace ? Quels paradigmes ont guidé la prise en charge des patients atteints de maladie mentale ? Quelles populations ont vécu dans ces établissements, selon quel profil sociologique (genre, sexualité, classe, race, âge, origine géographique) ? Quelles fonctions étaient-elles conférées aux établissements asilaires au fil des siècles ? Comment les psychiatres ont-ils envisagé leur propre rôle social et politique ? L’idéologie, c’est à dire une certaine conception du juste devenir d’une société et des individus qui la composent, est-elle exclue de leur pratique au profit d’une conception strictement neutre ou dépolitisée ? Quel rôle les psychiatres ont-ils joué dans l’écriture de l’histoire de leur profession (voire au-delà, comme dans le cas de l’argentin Pacho O’Donnell) ? Quelle place les autres personnels —infirmier.es, aide-soignant.es —ont-ils eu dans le dispositif mis en place ? D’un point de vue historiographique, quels ont été les apports et les limites des perspectives antipsychiatriques ? Comment l’historiographie aborde-t-elle l’« institution totale » que constitue l’hôpital psychiatrique, et comment les sciences sociales appréhendent-elles les mouvements de désinstitutionalisation et de prises en charges alternatives (ambulatoire, communautaire) ?
  5. Approches alternatives de la santé mentale. À quelles autres conceptions de la maladie mentale ces espaces dits périphériques ont-ils donné lieu ? Quel rapport envisagent-ils entre pathologies psychiques et phénomènes sociaux et culturels ? À quel type de médicalisation la maladie mentale a-t-elle donné lieu : quel rôle curatif le médicament s’est-il vu assigner ? Quelles controverses les prises en charge hospitalières et extra-hospitalières ont-elles suscité dans les sociétés américaines ? Quels engagements politiques les psychiatres ont-ils menés au fil des 19ème et 20ème siècles ? Quelle place les autres personnels de santé ont-ils/ elles réussi à prendre dans l’espace asilaire ? Comment les diagnostics ont-ils évolué ?

Modalités de proposition

Les propositions de communications pourront être envoyées jusqu’au 30 avril 2020

à : irene.favier@univ-grenoble-alpes.fr et à lissell.quiroz@univ-rouen.fr

Elles comporteront chacune 4000 signes (espaces et bibliographies compris), et donneront lieu à une réponse avant le 1er juin. Précisons qu’en raison de la mobilisation autour des retraites et en opposition à la précarisation de la recherche en France, des propositions de communications pourront parvenir plus tard, et seront acceptées jusqu’à la mi-juillet. Les communications peuvent se faire en français, en espagnol, en anglais, en portugais.

En cas de réponse positive, le texte intégral de la communication sera demandé aux auteur.es avant le 30 septembre. Le budget de l’événement inclura les repas et la nuitée sur place, mais le déplacement n’est en revanche pas garanti, et gagnerait dès le printemps 2020 à faire l’objet d’une demande de prise en charge par les institutions de rattachement de la personne éventuellement amenée à communiquer lors du colloque. Les propositions de doctorant.es sont les bienvenues. 

Comité d’organisation

  • Irène Favier (LARHRA, Université Grenoble Alpes)
  • Lissell Quiroz (ERIAC-IRIHS, Université de Rouen Normandie)
  • Institutions partenaires : LARHA, ERIAC, IRIHS, Institut des Amériques, MSH Paris Nord.

Comité scientifique

  • Claudia Agostoni, UNAM (Mexique)
  • Isabelle von Bueltzingsloewen, Université Lyon 2 (France)
  • Paulo Drinot, UCL (Royaume Uni)
  • Rafael Huertas, CSIC (Espagne)
  • Jennifer Lambe, Brown (Etats-Unis)
  • Jorge Lossio, PUCP (Pérou) 

Locais

  • MSH
    Grenoble, França (38)

Datas

  • quinta, 30 de abril de 2020

Contactos

  • Lissell Quiroz
    courriel : lissell [dot] quiroz [at] univ-rouen [dot] fr

Fonte da informação

  • Lissell Quiroz
    courriel : lissell [dot] quiroz [at] univ-rouen [dot] fr

Para citar este anúncio

« Santé en débat, soin en question : perspectives euro-américaines et dialogues transatlantiques en sciences humaines et sociales », Chamada de trabalhos, Calenda, Publicado terça, 25 de fevereiro de 2020, https://calenda.org/757704

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