Calenda - The calendar for arts, humanities and social sciences

Wandering

Errances

56th spring study day of the French Society for the Psychopathology of Expression and Art Therapy

56e Journées de Printemps de la Société Française de Psychopathologie de l'Expression et d'Art-thérapie

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Published on Friday, March 13, 2020 by Anastasia Giardinelli

Summary

Comment le geste artistique, nos pratiques cliniques, les dynamiques sociétales, peuvent-ils être sujet et objet d'errances ? Présente dans la clinique l'errance a partie liée avec l'échec thérapeutique et la fugue.  Dans nos rues, dans les couloirs de nos institutions, le long des lignes d'erre des autistes matérialisées par Deligny, nous les voyons déambuler sans horizon. Sont-ils en fuite ? Cherchent-ils une rencontre qui donnerait une signification à leur route ? La désinsertion, la précarisation, l'aliénation sociale peuvent prendre chez des patients, des sujets sans domicile fixe ou des migrants, les formes les plus extrêmes de l'errance et du désarrimage.

À cette errance physique s'associe une errance mentale parfois revendiquée, mais souvent aussi source de pathologie, inséparable de l'angoisse d'une quête identitaire, de la recherche d'un lieu enfin stabilisé. Contrairement au voyage l'errance est sans repères apparents. Elle ne s'oppose pas à l'absence de but mais ne connaît pas le chemin tracé pour y parvenir. Elle n'est pas non plus l'erreur, mais inscription hésitante dans le temps et dans l'espace que nombre d'écrivains ont célébrée (Rousseau dans ses Rêveries du promeneur solitaire, George Sand dans sa Lettre à un voyageur) et de musiciens (Schubert et ses Wanderlieder ou sa Winterreise, Malher dans son Chant de la Terre). Plus proche de nous, des artistes contemporains comme Raymond Depardon ont pu saisir l'errance dans leurs photographies ou des cinéastes la montrer dans le road movie dans le western... La pratique artistique, quant à elle, engage l'errance dans son geste, ou encore dans sa perception même.

Le saisissement esthétique que produit l'œuvre d'art — la figure de Charlot chez Charlie Chaplin, le geste incertain d'un Cy Twombly, l'ironie d'un Jean-Luc Godard estimant s'être trompé de planète — nous met aux prises avec l'incertitude et le vacillement propres à l'errance. 

Comment l'œuvre s'en saisit-elle ? Quelles représentations en surgissent tant dans le travail artistique qu'art-thérapeutique ?

Announcement

Les 6 et 7 juin 2020

Musée de la Romanité

16 boulevard des Arènes 30900 NÎMES

Programme

Samedi 6 juin 2020

Exposition Jean-Marie BARTHÉLÉMY "Co-errances : essai imagé d’autobiographie universelle"

  • Diego PETERSEN signera son ouvrage : "États de l'errant"

9H - Ouverture des Journées : Silke SCHAUDER

Présidente de la SFPE-AT, professeure de psychologie clinique et psychopathologie, université de PicardieJules Verne, psychologue clinicienne, art-thérapeute, co-responsable de la spécialité arts plastiques artsthérapies du master création artistique, université Paris-Descartes, université Paris III Sorbonne nouvelle & Jean-Pierre ROYOL

Docteur en psychologie et psychopathologie clinique, directeur de PROFAC

Art de l’errance

Modératrice : Dr Ghislaine REILLANNE

9H30 – Jean-Pierre MARTINEAU, professeur honoraire de psychologie clinique et psychopathologie, université Paul Valéry, Montpellier

De l’errance (de-lire) à l’itinérance (relire et relier)

« Le chemin se fait en marchant» (Antonio Machado)

Du diable vauvert au Jardin de la Fontaine : eu égard à la ville de Nîmes et aux voies de la Romanité, ce trajetdit le travail qui incombe aux thérapeutes convaincus qu’aussi erratiques soient le cheminent de l’« être jeté»,la forme et le destin de ses œuvres, des itinéraires sous-jacents (de subjectivation) peuvent être repérés àcondition de relire et relier les traces de leurs passages et de leurs stations notamment via des hétérotopies(Foucault,1967).« Lignes d’erre », cairns, cailloux de Petit Poucet aussi éphémères soient-ils, restent pour l’homo viator unepossibilité de rencontre disruptive, de bifurcation, pour sortir du calvaire des tentations utopiquesdiaboliques (sédimentation obsédante, régression océanique) via les hétérotopies capables d’héberger lacharge imaginaire du bateau ivre, puis d’engager son énergie sur les voies de la sublimation. Métamorphosépar trans-faire, le Hollandais Volant ou tout autre desdichado sans abri, ni terre, ni patrie (révolté ou mendiant,hobo ou aventurier, fugitif justicier ou brigand en rémission) pourra voir la terre promise. La rédemption duvert sera mon viatique, dans les pas de Toulouse-Lautrec, de Van Gogh, du douanier Rousseau, de Cézannequi ont tiré le diable par la queue sans jamais renoncer à une sainte victoire.Dans nos usages comme dans nos valeurs, le « vert paradis des amours enfantines », par un tour diabolique,fut jugé erratique voire maléfique avant que de recouvrer, via nos allées et les jardins chéris puis par tous leschemins possibles (pantopie), ses vertus de liberté paisible et d’espérance.

10H – Dr Luc MASSARDIER, Psychiatre

Les domaines de l’errance

La première association qui vient autour de l’errance est celle de la connotation négative qui lui est associée.On pourrait pourtant ne voir en elle qu’un simple comportement d’hésitation ou d’attente, comme cellesdes amoureux, des chercheurs ou de l’amateur d’art. Le problème survient quand l’errance s’installe etdevient un état permanent. Elle condamne alors le sujet à errer sans jamais s’arrêter, mû par la seule nécessitéde répéter un mouvement qui ne trouve sa justification qu’en lui-même, tel un cercle vicieux dans lequel lacause et l’effet se mordent la queue. 2Le non-dupe erre a écrit Lacan. Cette référence resitue la question du sens que prend l’errance dans l’histoireet la structure psychique du sujet. Capable d’autonomie l’individu sait où aller et poursuit sa trajectoirejusqu’à son terme. Celui qui erre n’y parvient pas. Il avance en faisant du surplace dans une course sans fin,un temps et un espace sans limites et sans orientation.Les errances antisociales, politiques, celles des mœurs, des exilés, du consommateur, du peuple juif, desâmes des morts prennent une dimension cosmique et métaphysique vouant le sujet errant à la permanenced’un temps long se déroulant dans un espace mal défini, où seule la mort pourrait mettre un terme.Acquise et innée, la passivité de l’errance est question de tempérament, de libido, de confiance. Faillite dumoi, victoire de la pulsion de mort, défaite de l’élan vital, cause interne ou externe, tout y est couplé dansune interaction permanente

10H30 – Jean-Marie BARTHÉLÉMY, docteur ès lettres et sciences humaines, professeur honoraire de psychopathologie et psychologie cliniqueuniversité Savoie-Mont-Blanc

Co-errances : essai imagé d’autobiographie universelle

Choisie, méconnue ou subie, l’errance ne s’exerce jamais ni à l’avantage ni au risque d’une blanche solitudemuette, mais traîne toujours derrière elle le cortège murmurant, nostalgique, rêveur, douloureux, parfoistragique, d’ombres quittées, perdues, abandonnées avant, espérées plus loin, ne serait-ce que dans l’échappéeréflexive, délibérée ou fantomatique, de soi-même à sa propre identité ronronnante trop bien balisée, en mald’altérité, d’exil ou d’exotisme intérieur. Ce projet d’exposition, hommage à cette aventure existentiellecommune, voudrait imager, par symbole et métaphore interposés, quelques jalons décisifs de ce parcoursuniversel à travers un choix photographique issu de pérégrinations singulières. Aussi éloigné que possiblede toute complaisance narcissique, il propose rétrospectivement et prospectivement à tout autresemblable, spectateur dédoublé et attendri, une sorte de familiarité complice où il puisse reconnaître sesincertitudes personnelles propices à connivence et sympathie dont le sourire ou la larme aux yeux serontparfois l’indice. Il pourra aussi bien sûr se récuser par reniement mais se retrouverait alors en compagnieinattendue du photographe qui rechigne parfois lui-même, à tort sans doute, à se laisser tropséduire, dérouter ou assimiler par son sujet et ses divagations. Toute ressemblance avec une pratiquepsychologique authentiquement relationnelle, ne saurait être accueillie que comme somptueuse coïncidenceinaccomplie.

11H – Pause

L’errance, tout un art

Modérateur : Dr Christophe PARADAS

11H30 – Marie SICARD, Art-thérapeute, iconographe, comédienne, animatrice d'atelier d'écriture

Errance, « là où je ne suis pas »

Errance, déplier ce mot. Un espace ? Un mouvement ? Une quête ?L’errant quitte un lieu et un passé. Espace et temps de l’errance sont liés. Inextricablement. Dans l’espace intermédiaire de l’errance, entre dedans et dehors, entre intériorité et extériorité, la temporalité devient flottante. L’errant « s’interroge sur le passé en même temps qu’il réfléchit sur son futur proche » La question« Où aller ? » devient « Qu’est-ce que je fais là ? » (Laumonier)L’errance s’infiltre dans les failles du sujet et offre alors la possibilité de s’engager dans une quête initiatiquedont l’issue n’est jamais certaine. Ses territoires côtoient ceux de la mélancolie. Trouble du récit. La quêtesupposerait-elle nécessairement une part d’errance ? L’errance, une métaphore de la quête ?La quête de l’ailleurs, « là où je ne suis pas » (Baudelaire), expose l’esprit au non connu, favorisantl’émergence de la création. Elle révèle un certain rapport au monde, à l’Autre et à soi. « Être ou ne pas être :telle n’est pas la question sur laquelle je me casse les dents », écrit Michel Leiris. « Être ici ou ne pas être là,être ici ou être ailleurs : telle serait plutôt l’interrogation brûlante, pour ce qui me concerne. »L’errance, une expérience qui fait et défait l’être ?Ailleurs, une page blanche où se rêver autrement ? Autre ? Pessoa et sa singulière énigme, Breton qui cherche « l’or du temps », Jack Kerouac et les clochards célestesde la Beat Generation, quelques autres encore d’autres temps et d’autres lieux, sont convoqués pourinterroger ensemble les territoires et les dé-territoires de l’errance.

12H – Berlende LAMBLIN, Psychanalyste, docteur en psychanalyse

Léonard de Vinci ou « Les errances d’un génie »

Léonard, natif du village de Vinci, inscrit sa trajectoire dans un mouvement discontinu sans cesse renouvelé,à travers des recherches élaborées à la fois de la forme et de la fonction de ce qui nous constitue, corpshabité par la parole.Son écriture inversée de gaucher parcourt les feuillets de ses carnets de petites lettres pointues et serrées,tutoyant un interlocuteur imaginaire, comme un autre lui-même.Un carton inédit préparatoire de Sainte Anne et la Vierge met en scène un personnage qui disparaît ensuitedans le tableau La Sainte Anne. L’inachevé des extrémités pieds et mains, oriente notre réflexion vers laprésence-absence, apparition et disparition du phallus.La curiosité insatiable de Léonard embrasse l’univers tout entier comme s’il voulait le posséder, fouillant lanature intime de chaque chose. Léonard passe d’une activité à une autre, d’une vie monacale à des fêtes trèshautes en couleurs, d’un prince à un autre, d’une commande à une autre, en laissant bien souvent son œuvreen suspens.Les errances de ce génie nous fascinent et nous interrogent sur ce qui pousse Léonard à cette quête sans fin,à la poursuite d’un reflet qui lui échappe et qu’il nous révèle à son insu.

12H30 – Silke SCHAUDER

Présidente de la SFPE-AT, professeure de psychologie clinique et psychopathologie, université de PicardieJules Verne, psychologue clinicienne, art-thérapeute, co-responsable de la spécialité arts plastiques artsthérapies du master création artistique, université Paris-Descartes - université Paris III Sorbonne nouvelle

Charlot ou l’errance avant la lettre

Les films de Charlie Chaplin sont d’impérissables classiques du cinéma mondial, la silhouette de Charlot faitpartie des icones de la modernité. Comment comprendre les ressorts de son tramp qui, en errance perpétuelle,peine à trouver une place dans les Temps Modernes, participe à son corps défendant à la Ruée vers l’Or, sauve àl’insu de son plein gré The Kid en lui, se demande ce que c’est que ce Cirque …Dans son absurdité, le mondeentier fait obstacle à Charlot que seule sa profonde humanité lui permet de dépasser.Hors lieu, nulle part, sans travail ni attaches, sans domicile fixe, Charlot montre son errance existentielle dèssa posture — le pantalon trop large, la veste trop étroite, les chaussures trop grandes, le chapeau et la cannetrop élégante pour sa condition marquent l’inadéquation entre le sujet et le monde, entre le dedans de sapoésie et la violence du dehors que seul l’humour parvient à lier. Nous commenterons un souvenir d’enfancede Chaplin : C’est sa mère qui, pour amuser ses deux enfants avec lesquels elle vivait dans le plus granddénuement, mimait les passants qu’elle observait à partir de sa fenêtre. L’humour de la mère faisait écran àla pauvreté extrême dans laquelle ils vivaient — Chaplin et son demi-frère Sydney étant accueillis à plusieursreprises par les services sociaux londoniens quand leur mère a dû être hospitalisée pour troubles psychiques.Ainsi, The Kid transcendera par le burlesque les déchirements que Chaplin a connus enfant. La séparationcruelle entre the Kid et le tramp par les services sociaux, les bras tendus de l’enfant implorant de pouvoirrester avec lui, Jerry Koogan explique dans une interview que Chaplin lui a mimé la scène, réactualisant sespropres éprouvés infantiles.Nous interrogerons cet art de la pantomime comme un langage avant la lettre, un codage des émotions, uneéloquence du geste. Cette conférence sera l’occasion de partager des éléments de réflexion et des éclairages— en biais, de manière oblique ou de travers, à la manière du tramp — à propos de ce champion de l’errancequ’est Charlot.

13H – Pause déjeuner libre

Errances cliniques

Modératrice : Marie SICARD

14H30 – Dr Youssef MOURTADA, pédopsychiatre

L’errance diagnostiqueL’existence est un drôle de voyage, un voyage qu’on débute sans le vouloir. On s’illusionne de connaître lechemin et on se rassure à être normé, en refoulant l’autre paramètre de ce voyage, à savoir que sa fin, àchaque instant, ne dépend pas de nous. La maladie, et peu importe sa nature (physique, mentale ou sociale),constitue une réelle présence sans fard, c’est à dire sans norme, de notre existence et de son fidèle signal :l’angoisse. Toute angoisse est de nature existentielle, là où le semblant chute et on se retrouve confronté ànotre être entre la finitude du temps, les instants et l’infini de l’espace, l’univers. Face à l’angoisse, l’humaintente, avec la dépression d’arrêter la chute ou bien de se leurrer avec la douleur, de sentir son corps. Entreanesthésie et hyperesthésie, entre causalité psychique et physique, une errance diagnostique de nature socialese dessine et dessine l’anatomie de l’être et la physiologie de l’existence. En réalité l’angoisse est la chutedans un corps et non la chute d’un corps, de même que l’errance ce n’est pas une perte de sens bien aucontraire, une promenade pleine de sens. À l’exemple de l’image qui nous fait naître du réel mais nous rendcaptifs du miroir de l’autre dans lequel on se forme, c’est par l’errance que cette image respire et accède àun imaginaire, à un soi autre qui nous autorise dans une différence et non dans un jeu de miroir à être l’autre.C’est ainsi que l’image de soi se détache de l’autre pour devenir le symbole, nous ouvrant ainsi la voie à cetimmense continent, le symbolique, qui est constitutif de notre réalité. La réalité dépasse et de loinl’imaginaire, car elle porte en elle l’imaginaire de chacun.La moralité de l’histoire c’est que l’errance diagnostique dessine, mais ce dessin ne se révèle qu’à celui quiest dans son art. La vie ne peut pas faire l’économie de l’angoisse ni de cette errance qui trace, tel est le sensde ce travail.

15H – Dr Béatrice CHEMAMA -STEINER, Psychiatre. psychanalyste

La blanche cavale

« Délirants, certes, ils le sont. Mais n’ont-ils pas leur méthode ? » Shakespeare. HamletLa blanche cavale : deux mots piégés dans le coin d’une feuille à l’intérieur de l’un des carnets d’Aloïse. Deuxmots qui ont donné son titre à ce carnet daté de 1942. Elle est alors hospitalisée depuis 1920 au « couvent »,puisque c’est ainsi qu’elle nommait la clinique de La Rosière où elle restera jusqu’à sa mort en 1964. ` Deuxmots qui donnent un coup d’arrêt à l’emballement imaginaire où son déluge de couleurs et de représentationsplonge le spectateur. Magicienne du paradoxe, Aloïse, par ce brusque changement de registre, nous obligeaussi à changer de regard. De quelle blancheur parle-t-elle au milieu de cette effervescence colorée ?Dit-elle ainsi que sa cavale a trouvé refuge dans le blanc du papier ? Échappée alors inscrite dans une clôture,celle des pages comme celle du couvent. Autre paradoxe.Du lieu de son renoncement, là où se passe sa vie arrêtée, elle nous contraint à renoncer nous aussi. Entrésdans ce carnet d’Aloïse comme dans un labyrinthe sans issue, il nous faut suivre la recommandation deJacqueline Porret-Forel de « couper les amarres de la raison et se laisser porter comme le bateau ivre ».Délaissant nos repères inutiles, la linéarité du temps et de l’espace ou l’avènement d’une signification, ivresjusqu’au vertige, nous voici errant à notre tour en sa forêt de signes…Mais bientôt, en suivant son parcourssans fin, une logique se fait jour.

15H30 – Dr François GRANIER

Président d'honneur de la SFPE-AT, psychiatre

Voyager sur les traces des expressions de la folie à travers l’Art Brut et l’Art-Thérapie

Nous rapportons l’expérience de nos voyages (France, Europe, US) depuis des années pour voir commentsont présentées les expressions de la folie, qu’il s’agisse du milieu de l’AB ou des milieux médicaux. Véritableerrance tant la variété des sites, des dispositifs scénographiques, des publics, les questions de définition etdes limites, témoignent de l’absence de repères dans ce domaine de l’art.Il s’agit autant d’un problème de présentation que de représentation, d’un territoire non établi où s’affrontentdes positions hétérogènes, mouvantes, évolutives, volontiers contradictoires.Ce qui concerne autant l’AB que l’AT. C’est dire la difficulté qu’il y aurait à définir les objectifs d’un PSC(Projet scientifique et culturel) pour la création d’espace muséal pour les œuvres de la folie.Et pourtant au-delà des avis des spécialistes, qui ne sont pas thérapeutes, c’est bien là un moyen dont le butprincipal est de donner la parole aux patients. La neutralité de tels espaces, hors de toute obstructionidéologique et sans recréer une camisole esthétique qui stigmatise les styles de ces auteurs, n’est pas acquise.Prise d’un côté entre les passions que suscite la maladie mentale et de l’autre celles des amateurs et de leurjugement esthétique, ces présentations et représentations risquent longtemps encore d’errer selon lesmodèles, aux dépens de ce que nous vivons dans l’expérience clinique bien réelle avec les auteurs. Tous ceslieux ne sont eux-mêmes que l’expression d’une histoire mouvementée et non terminée, qu’il convient dene pas oublier pour les évaluer.

16H – PAUSE

16H30 – Fabienne ROYOL - RANTSORDAS

Art-thérapeute

À la conquête de l'errance, essai en audiovisuel

D’un jet de vague à l’écume d’un murmure, d’un « j’sais pas quoi faire, qu’est-ce que je peux faire » à « onn’est pas sérieux quand on a 17 ans », l’idée sera de partir à l’aventure au fil de traversées cinématographiques défricher quelques passages de ces figures accidentées, décrochées jouant l’errance comme une compagne solitaire, diamant d’une ode à la fragilité de vivre.Errance mon amour là où quelque chose s’est arraché pour laisser forme à un exil incarné comme un déracinement poussant l’être à s’expulser hors des sentiers tracés.Une trace pourtant d’un écho qui s’éloigne ouvrant à commettre parfois l’irréparable là où une quête d’infinise chasse et poursuit l’errance sauvage cette héroïne d’un jour, cette citadine d’un soir créant comme une conquête des grands espaces.Empruntant un transport chargé de l’ivresse liberté, se fuir sous prétexte de se trouver.Les rencontres sont des passagers éphémères et les paysages des étendues vagabondes aux frontières invisibles d’un pays des chimères.Et puis, finalement, à bout de souffle, s’accrocher un jour dans la rencontre des solitudes, las de l’exil, aborder le rivage de la presqu’île, aile liberté arrimée laissant ainsi filer le cri de l’insoutenable légèreté de l’errance afin de partager le chuchotement subtil d’un accord à l’énigme de l’amour.

17H – Animation : Pascale BERTHELOT et le conservatoire de Nîmes

Dimanche 7 juin 2020

Lignes d’errance

Modératrice : Silke SCHAUDER

8H 30 – Dr Ghislaine REILLANNE, psychiatre

Don Quichotte ou l’Errance en héritage

Si l’Ingénieux Hidalgo, Don Quichotte de la Mancha, est le héros du roman le plus lu des Temps modernesc’est bien parce qu’il incarne à lui seul le mythe universel de l’errance, celle de l’Homme torturé entre deuxmondes, celui du réel prosaïque et celui de l’illusion.Preux chevalier aux desseins bienfaiteurs, Don Quichotte va courir le (son) monde avec une identité qu’ils’est lui-même forgée au fil de ses lectures passionnées de romans de chevalerie du Moyen-Âge, grandioseet sublime dans son projet, mais tragique et grotesque dans son échec.Certes ce héros ‘’à la triste figure’’ était fou, gravement délirant, projection imaginaire de son auteur Miguelde Cervantès, lui aussi soldat aventurier et vagabond de la Castille espagnole à l’empire ottoman du 17esiècle.Mais n’est-il pas aussi le reflet très actuel du drame de l’errance de l’individu qui rejoint le questionnementde Jorge Luis Borges « sommes-nous tous des êtres de fiction », des chevaliers errants à la missionimpossible, livrant bataille à des moulins à vents, afin de porter et de défendre, envers et contre tout, lesvaleurs fondatrices de l’humain dans un monde de plus en plus fou.

9H – Dr Christophe PARADAS, psychiatre, praticien hospitalier, responsable du centre François Rabelais (EPS Érasme, Antony), psychanalyste, membre de Pandora

L’errance créatrice à l’œuvre

Le grec Freud et le viennois Homère, suite. Non sans une touche réactualisée de Proust allié etd’Hemingway, écritures océaniques. Dès les origines et à l’horizon.Variations sur le thème d’une créativité en mouvement. Dans l’existence (Winnicott), en thérapie, au seindes médiations artistiques, à travers textes et vies. Bribes de réflexions mosaïques partagées, continuées,associatives. Exils, traversées oniriques, intimités insoutenables, mémoires silencieuses…L’errance créatrice, un destin pas impossible, de toute antiquité ? D’îles à la dérive (Hemingway revisité parHomère) aux bords reclus/ouverts de l’abîme (Proust rival de Freud). Ainsi, la créativité au travail libèrel’imaginaire aux temps perdus des Moi apatrides, avec de l’autre à la clef.Autant de lignes d’erre invitant à cheminer en étoiles, au cœur de la dynamique transférentielle, des odysséesthérapeutiques, entre autres aires tempétueuses (La Tempête de Giorgione, encore). Avec cette questionfondamentale pour nos divagations pratiques et nos pérégrinations institutionnelles : « Non pas oùcommence l’art ni où commence la folie, mais où s’arrête la sécurité de l’esprit ?» (Breton). Depuis l’étrangetédu réel et les égarements fantasmatiques des processus créateurs à l’œuvre, aux portes des arènes de vie etde mort, comme errant en mer. En témoignent les rêveurs Marcel, Sigmund, Ulysse, Hem, explorateurs dela psyché envers et contre tout, loin d’être dupes.

9H30 – Annie BARTHÉLÉMY, maître de conférences honoraire en sciences de l’éducation, LLSETI université de Savoie-Mont-Blanc

Les métaphores de l’errance dans L’Embranchement de Mugby de Charles Dickens"

« C’est ainsi qu’à l’Embranchement de Mugby, à trois heures du matin passées, par un tempsépouvantable, le voyageur s’en alla où le poussaient les intempéries. […] plongeant le regard dans la nuitnoire, traversée par les battements d’aile frénétiques d’un ouragan à l’esprit encore plus noir, il fit demi-touret suivit son chemin aussi opiniâtrement dans la direction où c’était difficile qu’il l’avait fait dans celle où c’était facile. Ainsi d’un pas ferme, il fit allée et venue, en trouvant ce qu’il cherchait puisqu’il ne cherchaitrien ».Cet extrait de la première des quatre nouvelles, rassemblées sous le titre L’Embranchement de Mugby(1866), met en scène un voyageur âgé, surnommé Barbox, descendu en pleine nuit sur le quai de cette garede triage, renonçant ainsi à atteindre sa destination finale.Notre communication se propose de montrer, par-delà le côté mièvre du conte de Noël, en quoi lessymboles du nœud ferroviaire et du héros, dénommé dans la deuxième nouvelle « l’homme au billet pournulle part », appellent à reconnaître la valeur existentielle de l’errance.Leur puissance évocatrice tient à l’originalité d’une perspective qui, à la différence de nombreux contessuivant les cheminements erratiques du héros à travers forêts, collines, mers et déserts, focalise sur lesdéambulations de Barbox dans le périmètre restreint de ce carrefour de voies ferrées.

10H – PAUSE

Errances singulières

Modératrice : Dr Béatrice CHEMAMA -STEINER

10H30 – Jean-Pierre ROYOL, docteur en psychologie et psychopathologie clinique, directeur de PROFAC

Erre-moi dans tes bras

Nomade de la polysémie, Léo papillonne dans tous les sens des mots.Lors d’une fête à l’hôpital, il voyage en solitaire suivant des yeux l’infinie duplication des taches de lumièreprojetées sur les murs par une boule de miroirs qui tourne au plafond. Alors qu’en séances il se dispersehabituellement sans laisser de traces, il produit d’un doigt glissant sur la buée d’une vitre une forme queje me surprends à nommer : « papillon ».A-t -il vu ce que je voulais dire et qu’il me force ainsi en quelque sorte à le prononcer?Et ce mot qui ne peut se signifier que par une forme va montrer sa pertinence dans le dispositif familial. Ilenferme des liens forclos, à la fois présents et inaccessibles, visibles et pourtant dissimulés.J’appelle « pictorêve » ce type de forme évoquant l’errance d’un continent désarrimé.Si cette trace en tant qu’affect au pied de la lettre n’avait pas pour fonction d’être masque à la mémoire, maiss’imposait comme signe de la pure immédiateté, je montrerai qu’en la nommant, celle-ci prit soudain valeurd’usage dans une chaîne signifiante relationnelle et que l’énoncé du simple battement de ses ailes fit s’ouvrirun chemin de randonnée sentimentale.

11H - Madeleine GUEYDAN, docteur en psychopathologie, maître de conférences honoraire de l'université de Montpellier et de Nîmes,psychanalyste

L'enfant qui a la tête en l'air

« L'enfant qui a la tête en l'air, si on se détourne, il s'envole. Il faudrait une main de fer pour le retenir àl'école. L'enfant qui a la tête en l'air ne le quittez jamais des yeux : car dès qu'il n'a plus rien à faire, il caracoledans les cieux...on le croit là, il est ici, n'apparaît que pour disparaître. Comme on a des presse-papiers, ilnous faudrait un presse-enfant, pour retenir par les deux pieds, l'enfant si léger que volant. » Claude Roy Des tribulations et vicissitudes dans la famille à l’errance chez l’enfant pris en charge par l’aide sociale, nousmettrons l’accent sur deux volets prioritaires chez ces enfants :1) Reconnaître le fantasme de l’errance comme suppléance au maintien du désir et lutte contre la pulsion demort 2) Permettre, à ces exilés candidats à l’asile, de passer d’une enclave ou d’un mi-chemin vers nulle part à unpro-jet inscrit dans un autre lieu, celui de la parole, pour qu’ex-siste une image fantasmatique Autre quipourra l’aider à trouver son chemin.L’ouverture d’un espace de fantaisie, le dessin comme l’autre scène, permet à l’enfant d’inscrire d’autresidentifications possibles. Ces images, lorsqu’elles passent par le symbolique à travers la parole et le transfert,peuvent restituer la continuité, la possibilité offerte d’une identification symbolique déterminant un autre 8statut « orthopédique » de l’image. À travers des dessins, pérégrination (voyage dans un pays éloigné) aucours d’une psychanalyse, chez un garçon de six ans et demi.

11H30 – Aurélie TRÉMELOT, art-thérapeute, éducatrice, intervenante en IMP

Balises

Puisque dans un portrait, on peut se demander qui du peintre ou du modèle est représenté, il m’a semblénécessaire dans un premier temps de me demander ce que ce sujet suscite en moi, pourquoi cet intérêt pourl’errance, comment s’en emparer — si tant est qu’il soit possible d’en dessiner les contours. Il me sembleque la thématique de l’errance touche tout un chacun de manière singulière et qu’il existe autant de formesd’errances que d’individus, vaste sujet ouvrant la réflexion sur notre rapport au temps, à l’espace, au corps,à la langue, à la mémoire.Là où les institutions peuvent elles-mêmes créer de l’errance en s’appuyant sur des règlements collectifsévinçant le cas par cas, l’art-thérapeute n’ayant pas de réponses préétablies à apporter au sujet, la conditiondu transfert en fait un lieu où ce dernier peut être libre d’inventer. Sur la carte infinie du sujet errant, l’artthérapie pourrait être un autre chemin, un croisement où peuvent se rencontrer errance et altérité.Là où l’environnement fait partie du corps du sujet, et si une trouvaille venait faire lien entre l’un corps etl’autre avec une matérialité, instaurer un bord, dessiner une limite sans faire rupture ? Entre déambulationsautomatiques et errances poétiques, une affaire de déplacements que j’illustrerai par l’exposé du travail d’unjeune homme en art-thérapie — rencontre qui demande un déroutement pour laisser le champ libre à l’autre,dans un espace entre Réel et réalité.

12H – Wadad KOCHEN - ZEBIB, psychologue clinicienne, psychanalyste, formée à l'anthropologie (EHESS), danseuse

Elle errait quelques temps en l'air.

Du Hors temps au Temps rythmique. Intemporalité du traumaet danse africaineQuel est ce parcours qui nous a mené d’une clinique de sujets souffrant dans leur corps d’obésité , ou decancer, deux atteintes somatiques ou psychosomatiques , à une pratique avec certains d'entre eux de la dansetraditionnelle africaine ?Le mutisme de ces patientes et patients quant à leur détresse ancienne, originaire, quant à leurs traumatismesprécoces, nous a conduit à nous interroger sur l’inflation de la langue parlée, celle que pointe Deligny dansson cheminement à côté des autistes dans les montagnes des Cévennes.Ma rencontre avec la danse est concomitante avec ce parcours clinique, qui m’a poussée vers la recherchede cette Langue d’avant la Langue parlée.Communiquer sans parler et re-nouer, re-découvrir une Langue de l’enfance, une Langue de l’Infans : telest l’enjeu de cette initiation aux danses africaines qui appellent, qui impulsent et invitent des femmes et deshommes désaccordés, à se jeter dans l’erre du mouvement dansant inconnu, d’une chorégraphie africaineancestrale. Se jeter dans le vide avec son corps titubant, vacillant et attraper le rythme pourrait faire renoueravec la jubilation de la re-découverte de la langue ancienne (primaire).Comment renaître à sa vie ? Noustenterons de suivre ce mouvement (en compagnie de P. Legendre, P. Quignard, etc...).

12H30 – Olivier SAINT-PIERRE, art-thérapeute, plasticien, directeur de Schème

Ici et ailleursNous avons l’habitude d’entendre l’expression, « ici et maintenant ». Si nous regardions du côté de « ici etailleurs ! » « L’ailleurs » est-il du côté de l’acte au côté du « ici » ou uniquement du côté du désistement ?Faut-il croire à l’évidence de l’immédiat sans en supposer l’ailleurs voisin ?Il y a toujours une lenteur à côté du maintenant. Le maintenant ne saurait s’exercer, dans le cas où nous leprendrions comme certain d’une résolution attendue, sans un passage dans l’étendue de l’ailleurs.9Pourtant l’ailleurs n’est pas sans limite, il a besoin du maintenant, de l’endroit qui le désignera commeréellement terreau d’une forme. La forme ne peut exister sans un temps jouant l’errance entre l’ici et l’ailleurs.Où se situe l’envie ? Par quel secret une forme va-t-elle apparaître sur une surface ?Celle-ci présente-t-elle uniquement un résultat ou un moment assumé d’une errance ? Comme lechampignon ne présentant sa forme que par l’entremise errante de son rhizome ?Nous étudierons la fonction du rhizome dans l’acte de la forme, entre l’ailleurs et l’ici.

13H - PAUSE DÉJEUNER LIBRE

Art-thérapie et errance

Modérateur : Jean-Pierre ROYOL

14H – Christophe PITTET, sociologue clinicien et photographe plasticien

La photographie comme objet de médiation face à l’errance

Cette communication portera sur les usages et les fonctions d’un dispositif photographique comme espacede médiation dans la relation d’accompagnement psychosocial de personnes en situation de vulnérabilitédans le canton de Vaud (Suisse). La pratique photographique est comprise comme un support relationnelqui s’inscrit dans une dynamique de structuration du temps et de l’espace de manière à construire uncontenant psychique. Cette dynamique, portée par l’atelier de photographie, favorise l’accès à un espacepotentiel, pour reprendre le concept de Winnicott, afin que l’individu puisse investir la photographie commeun objet transitionnel.L’atelier devient alors lieu sécurisant qui peut être investi avec confiance et fiabilité afin que, comme Fustierle souligne, les affects puissent être contrôlés par une technique médiatrice qui permet d’élaborer unerelation à soi, à autrui et au monde.Certaines personnes accompagnées à travers ce dispositif artistique ont pu engager un travail de réflexionsur le sens des événements (rupture relationnelle, toxicodépendance, perte d’emploi, etc.) qui ont déstabiliséleur existence tout en parvenant à construire un projet personnel ou socioprofessionnel favorisant la créationde liens sociaux significatifs.

14H30 – Dr Jocelyne VAYSSE, psychiatre hospitalier honoraire, docteur en psychologie clinique et pathologique, HDR, danse-thérapeuteFranchissements

Remous de la mer, Errance des migrants

Franchir la mer Méditerranée pour des migrants et leurs enfants, c’est affronter une nuit à l’issue incertaine,compter sur un ailleurs inconnu, imaginer un exil et un avenir meilleur, alors que le présent est d’abord uneerrance vers un rivage, au rythme du remous des vagues. « Franchissements » aborde les facettes de cetteactualité récurrente, ancrée dans la réalité : artistique avec la chorégraphie de Rachid Ouramdane, nîmois deparents algériens.Avec Franchir la nuit (création 2018), la scène recouverte d’eau expose des gestes de lutte, des chuteséclaboussées, des détresses dans une « mer » devenant linceul, des courses épuisantes et des espoirs criants,dansés par cinq artistes et une foule d’enfants amateurs.- psychologique avec le propos de ces enfants exprimant leurs vécus (élèves d’une école primaire et mineurs isolés vivant dans un foyer), dont « la honte et le désir d’être un roi… »,- social illustré par la mort du petit syrien Aylan échoué sur une grève turque (en 2015), indignant le mondeentier et questionnant la notion de biopouvoir selon Foucault, l’état de psycho-trauma des migrants etréfugiés et la capacité de résilience.L’espace marin — lieu de déshérence— et le corps — ultime espace de liberté—- représentés dans la dansefusionnant l’intention et l’action, incarnée et émotionnelle, renforce l’effet de sens.

15H – Carol GEOFFROY ROMANE, psychologue clinicienne, docteure en psychologie et psychopathologie psychanalytique, chercheure associéeà l’université Toulouse Jean Jaurès

La médiation artistique auprès des sans-abri : un jeu de symbolisation

Le propos s’articulera autour d’une expérience clinique en atelier à médiation par la photographie auprès depersonnes sans-abri. Dans cet espace collectif contenant, la création de ces êtres « sans » engagea un travailde transformation de l’impensé, de l’impensable, en représentations acceptables pour le sujet lui-même(processus de symbolisation) ; et ouvrit sur la perspective intersubjective dans le partage de : faire et jouerensemble.Un espace psychique donc, où ces événements purent naître grâce à la dynamique de l’intra- l’inter- et latrans-subjectivité du groupe (personnes sans-abri, photographe et psychologue), et du moment socioculturel vécu ici et maintenant.

15H30 – Laetitia DEMOLLIENS, psychologue clinicienne, docteur en psychologie clinique et psychopathologie

Aux croisements de nos errances partagées

L’errance comme vagabondage, égarement ou encore instabilité peut tenir une fonction essentielle dansl’existence en ce qu’elle permet la rencontre. Le psychologue erre dans les couloirs de l’institution à larecherche de son patient, le photographe erre dans les rues à la recherche de l’image, l’écrivain à la recherchedu temps perdu ou retrouvé…Autant de cheminements qui se croisent dans un imbroglio complexe de hasards, d’échappées, d’imprévus.L’errance comme voyage sans destination, rêverie imaginaire, nomadisme est aussi l’essence même de lasolitude de l’humain dans un vécu intime, secret, indicible.Ainsi, le photographe ne développe pas ses tirages, l’écrivain s’endort sans avoir été lu, le psychologue pensesans être entendu.À la croisée de ces cheminements individuels se trouve la rencontre, point d’intersection entre soi et lesautres d'où émergent le contact, la parole, la création.À partir de situations cliniques croisées avec l’étude de la vie et de l’œuvre de Vivian Maier, bonne d'enfantet photographe de rue clandestine, notre exposé tentera d’analyser la manière dont le psychologue et l’artistepeuvent se rejoindre dans leurs errances respectives.

16H – Lony SCHILTZ, docteur en psychologie clinique, HDR, professeur honoraire, directrice du laboratoire de psychologieclinique hôpital Kirchberg, Luxembourg, directrice d'études des diplômes de spécialisation en art-thérapiemultimodale et en psychothérapie à médiation artistique

Errances et construction de sens au service de la quête identitaire. Résultats d'un projet musicothérapeutique"

La musique fait rêver et favorise les errances imaginaires à travers le temps et l’espace. De ce fait, une formespéciale de psychothérapie à médiation artistique, basée sur l’écriture d’histoires sous induction musicalesuivie d’une élaboration verbale focalisée sur la création de sens, peut se montrer propice dans la résolutiondes crises identitaires.Nous présentons les caractéristiques structurales de différents styles de musique pouvant favoriser leprocessus de mentalisation. Un projet de recherche portant sur N= 60 sujets avait pour but de comparer lesstratégies d’élaboration imaginaire et symbolique rencontrées dans les textes induites par la musique, à 3moments cruciaux de la quête d’identité : l’adolescence, l’âge adulte moyen, l’âge adulte avancé.Des illustrations cliniques documentent différents types d’errances imaginaires rencontrées dans les histoiresécrites sous induction musicale.Les résultats de l’étude montrent l’intérêt de ce type de psychothérapie intégrée dans la prise en chargepréventive et curative des avatars de la quête d’identité.

16H30 – Conclusion par Jean-Pierre ROYOL & Silke SCHAUDER

Places

  • Musée de la Romanité 16 Boulevard des Arènes 30000 Nîmes
    Nîmes, France (30)

Date(s)

  • Saturday, June 06, 2020
  • Sunday, June 07, 2020

Keywords

  • psychiatrie,art,psychologie, expression,errance,

Contact(s)

  • jean-pierre royol
    courriel : psyroyol [at] gmail [dot] com

Reference Urls

Information source

  • jean-pierre royol
    courriel : psyroyol [at] gmail [dot] com

To cite this announcement

« Wandering », Conference, symposium, Calenda, Published on Friday, March 13, 2020, https://calenda.org/758511

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