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Les écoles africaines à l'ère du COVID-19

African schools in the age of COVID-19

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Publicado terça, 30 de junho de 2020 por Anastasia Giardinelli

Resumo

L’arrivée du COVID-19 en Afrique le 14 février 2020 n’a pas laissé les écoles intactes et inactives. Les effets subis, les contre-offensives menées et les innovations suscitées situent d’ailleurs les écoles africaines sous de nouveaux visages que la recherche doit étudier, comprendre, théoriser et mettre en perspective. C’est la raison d’être de cet appel à articles, qui invite les potentiels contributeurs à scruter les aspects suivants: l’expérience de la formation à distance, les ripostes scolaires au COVID-19, les forces et faiblesses des systèmes éducatifs face à la crise, les effets de cette crise sur l’inégalité éducative, le corps enseignant, l’abstraction conceptuelle.

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Argumentaire

L'arrivée du COVID-19 en Afrique par l'Égypte le 14 février 2020 et son expansion progressive vers la partie subsaharienne du continent n'ont pas laissé les écoles intactes et inactives. Elle a eu un effet dévastateur sur la scolarisation, car la quasi-totalité des pays d'Afrique ont été fermés au cours des derniers mois. Dans certains de ces pays, il y a eu un apprentissage en ligne, total ou partiel, sous diverses formes, qui est devenu la nouvelle norme d'éducation.

Au chapitre des effets subis, les écoles en Afrique ont été les premières institutions autour desquelles des précautions ont été prises. Du Sénégal au Kenya en passant par le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Rwanda, de l’Égypte à l’Afrique du Sud en passant par le Tchad et le Cameroun, le confinement partiel ou total des populations a entraîné la fermeture des structures éducatives primaires, secondaires et universitaires. Comme l’indique l’UNESCO, l’Afrique a été le seul continent où tous les pays ont opté pour une fermeture nationale des écoles, mettant ainsi des millions d’élèves et étudiants dans une situation de « privation académique ». Pour la première fois dans l’histoire de l’Afrique indépendante, élèves et enseignants ont été en vacances forcées, à l’issue incertaine, en pleine année scolaire ou académique, dont le rythme et le calendrier se sont trouvés, par la même occasion, dysfonctionnés. Les conférences, séminaires, examens, événements sportifs et culturels, qui sont pourtant au cœur de la vie scolaire et académique, ont été aussi suspendus voire annulés à travers le continent. Les campus, autrefois bondés en ce temps d’avril, ont donné l’air d’un désert humain qui n’est imaginable, en temps normal, qu’aux mois d’août. 

Au chapitre de l’action, la pandémie du COVID-19 a permis de révéler, à des degrés variés, les capacités d’adaptation et d’innovation des écoles africaines en termes de ripostes, dont les cours à distance. Au niveau des universités, des plateformes numériques et des outils technologiques ont été rehaussés ou convoqués pour assurer la continuité pédagogique en temps de confinement. Au niveau des écoles primaires et secondaires, l’enseignement télévisuel et la radio éducation ont pris le relais de l’école en présentiel, sous des dénominations intéressantes : "l’école à la télé" (Cameroun), "apprendre à la maison", "école au Sénégal" et "salle des Profs" (Sénégal), "l'école à l’écran" (Bénin), "école à la maison" (Côte d’Ivoire), "l’école à la maison…la maîtresse en live" (Togo), etc.

Tout en assurant cette continuité pédagogique, les universités africaines se sont aussi impliquées dans la riposte à la pandémie du COVID-19. C’est le cas de l’EpiTech au Bénin dont un étudiant a développé un test d’autocontrôle du COVID-19 en ligne, ou de l’École supérieure multinationale des télécommunications du Sénégal qui a créé Di@gnosTIC, une application de diagnostic des patients. Au Burkina Faso, Bénin, Cameroun, Gabon, Kenya, Mali, Sénégal et Togo, ou en Afrique du Sud, Angola, Égypte, Côte d’Ivoire, RDC et Tunisie, des universités se sont engagées dans la production des désinfectants à destination des populations. Les masques, systèmes de ventilation et équipements de protection n'ont pas été en reste. Les écoles polytechniques en Afrique en ont fait leur cheval de bataille. Des institutions maliennes et kényanes ont spécifiquement proposé des solutions de télétravail et des technologies de modélisation de la propagation du COVID-19 en Afrique.

Au-delà de cet état des lieux très sommaire issu de la littérature populaire, nous savons très peu en termes d’analyse sur l’impact de cette crise sur l’éducation en Afrique, la pertinence des réponses politiques, technologiques et pédagogiques, les stratégies d’adaptation, et les chantiers éducatifs ouverts suscités. Dans l’objectif de produire de nouveaux savoirs sur ces nouveaux défis de l’école en Afrique, nous invitons les potentiels contributeurs à notre projet d’ouvrage collectif intitulé: Les écoles africaines à l’ère du COVID-19, à réfléchir autour des axes thématiques ci-après.

Axe 1: L’expérience et l’état des lieux de l’école à distance

Les contributions attendues sous cet axe sont invitées à décrire l’expérience des apprenants et des enseignants en Afrique quant aux façons dont ils ont adopté l’école à distance. Les expériences à étudier peuvent concerner la représentation et l’appropriation de la formation à distance par les acteurs scolaires, les pratiques d’enseignement et d’apprentissage, la maîtrise et l’adoption des moyens et supports de formation ainsi que les interactions pédagogiques. Les contributeurs peuvent aussi évaluer et interroger l’état des lieux du télé-enseignement et de la radio éducation chez les élèves du primaire et secondaires et celui de la formation numérique à distance chez les étudiants.

Axe2: La réponse des écoles africaines au COVID-19: pertinence et limites

Cet axe entend mettre en évidence la pertinence et les limites des réponses que les écoles en Afrique ont déployées pour faire face au COVID-19 et ses effets. Ces réponses incluent la mise en place urgence des nouveaux modes de formation ainsi que des initiatives innovantes dédiées à freiner la pandémie. L’on pourrait en analyser l’efficacité pédagogique, sociologique, sanitaire et psychologique. L’on pourrait également en évaluer les limites en termes de portées sociologiques et géographiques et d’efficience.

Axe 3: Les forces et faibles des systèmes éducatifs africains dans la gestion du COVID-19

La réflexion à conduire à ce niveau invite à analyser les forces et faiblesses des systèmes éducatifs africains dans la gestion de la crise, aussi exceptionnelle qu’inattendue, due au COVID-19. Car, quelles que soient les mesures prises, le COVID-19 est venue mettre à nu les capacités des écoles africaines à trouver des alternatives à une situation où les enseignants et les apprenants furent contraints de rester confinés chez eux en pleine année académique. Les solutions pédagogiques mises en œuvre traduisent-elles une préparation proactive, une anticipation, une précipitation ou plutôt un cafouillage des politiques éducatives actuelles?

Axe 4: Les effets du confinement sur l’égalité éducative

L’UNESCO indique que des millions d’élèves et étudiants furent déscolarisés en temps du COVID-19[1]. Elle dit aussi qu’en Afrique, plus de 65% d’élèves au primaire et plus de 60% de ceux au secondaire furent exclus du nouveau mode d’éducation dominé par le télé-enseignement. Au supérieur, plus de 40% d’étudiants furent handicapés dans leurs apprentissages à distance du fait des supports technologiques peu adéquats. Il serait alors intéressant d’évaluer les effets du confinement sur l’égalité des élèves et étudiants devant l’éducation, en particulier en ce qui regarde l’achèvement des derniers trimestres et semestres de l’année scolaire ou académique en cours. Il serait aussi pertinent de réfléchir sur ces nouvelles formes d’inégalités éducatives enchevêtrées entre les inégalités socio-économiques et les fractures numériques ou qui reposent sur les disparités d’accès à d’autres services.

Axe 5: Les conséquences de la fermeture des écoles

Sous cet axe, les contributions attendues mettent en exergue les enjeux vécus de la fermeture des écoles par les élèves, les enseignants, les parents, les institutions éducatives, les managers scolaires ou universitaires ou les structures politiques en charge des questions éducatives. Ces enjeux et conséquences peuvent concerner la formation, l’enseignement, l’apprentissage, l’école, la famille, l’accès aux contenus, l’économie et la société, ou encore les sociabilités, les interactions et les rapports des enseignants et apprenants au savoir. Ces conséquences peuvent être envisagées sous l’angle sociologique, psychologique, pédagogique et économique.

Axe 6: Les formes configuratrices de l’école

L’annonce de la fermeture des écoles a donné lieu à une forme de campus, non pas fermé, mais ouvert, et basé non sur la proximité mais sur la distanciation. Il serait important de décrire et comprendre cette nouvelle forme d’école et de salles de classe, en termes de configuration structurelle, de rôles, d’interactions, de rapports aux savoirs, de ressources, de moyens et d’outils. D’où les questions suivantes: Qu’est-ce que l’école, l’enseignant, l’élève et le rapport au savoir en contexte de confinement? Dans ce contexte, qu’impliquent l’accès aux ressources et l’usage des supports didactiques? Comment interroger le triangle didactique dans ce contexte? Etc.

Axe 7: La créativité et l’ingéniosité

Dans la pratique de l’école à distance, l’on a vu à la TV des enseignants faire montre d’ingéniosité pédagogique. En ce qui concerne la formation à distance, des médias numériques relatent comment les enseignants jonglent entre outils aux fins d’enseigner. Ils relatent aussi ingéniosité de ces derniers en termes de recherche de solutions ou d’invention de dispositifs permettant de faire face au COVID-19. Sur les réseaux sociaux, il existe des vidéos qui mettent en évidence la créativité des élèves en termes d’apprentissages et de jeux de rôles. Il serait alors important de documenter ces créativités et ingéniosités et d’en analyser les facteurs et les implications.

Axe 8: Les interactions éducatives à distance

Les interactions éducatives sont au cœur de l’action pédagogique. En présentiel, il est impossible d’imaginer une activité pédagogique sans interactions. Avec la fermeture des écoles, ces interactions ont été médiées et instrumentées par l’écran. Comment l’enfant devant le téléviseur ou le poste radio imaginait-il ou construisait-il ses interactions avec l’enseignant et avec le savoir dispensé? Comment l’étudiant, sur son ordinateur personnel, son téléphone intelligent ou sa tablette, déroulait-il ses échanges avec l’enseignant et avec les co-apprenants? Les contributions qui s’inscrivent dans cet axe, pourront explorer ces questions et d’autres qui sont similaires.

Axe 9: Des concepts à abstraire

L’arrivée de la pandémie du COVID-19 a fait émerger ou revivre certains concepts pédagogiques et sociologiques qu’il serait important de les « conceptualiser », d’en remodeler les sens et d’en renouveler la compréhension. Parmi ces concepts, figurent: confinement, déconfinement, reconfinement, pandémie, continuité pédagogique, distanciation sociale, formation à distance, téléenseignement, mesures barrières, auto-quarantaine. Cette liste n’est d’ailleurs pas exhaustive.

Axe 10: Les effets du COVID-19 sur le corps enseignant

Autour de ce thème, l’on pourrait examiner les questions suivantes: Dans quelles mesures les enseignants sont-ils touchés comparativement au reste de la population? Dans quelle mesure cette crise pourrait-elle jouer sur la problématique de l’attrition des enseignants? Existe-t-il, chez eux, une tentation de changer de profession? Comment les enseignants envisagent-ils de construire désormais leurs interactions avec leurs élèves et entre eux? Quels sont les changements qui interviennent dans leur rôle scolaire et leurs rapports aux supports didactiques et savoirs? Comment décrire le métier enseignant en situation de crise?

Axe 11: Les écoles en Afrique en perspectives: des chantiers ouverts…

Si la gestion des effets du COVID-19 par les écoles en Afrique a révélé leur niveau d’adaptabilité, elle trace aussi des perspectives et ouvres des chantiers pour (peut-être) une nouvelle école en Afrique. Les réflexions philosophiques et pédagogiques qui vont être engagées sous cet axe, sont invitées à souligner ce qui va changer dans l’école de demain en Afrique: la place de la formation à distance et du numérique éducatif dans les systèmes éducatifs, la médiatisation des interactions et l’accès aux ressources et savoirs. Elles pourraient aussi répondre à la question : Quelle forme d’école et de politique éducative l’Afrique a-t-elle besoin pour faire face efficacement à des situations d’urgence ultérieures comme celle engendrée par le COVID-19?

Modalités de proposition

Autour de ces 11 axes (non exhaustifs), nous attendons des résumés d’environ 300 mots incluant le titre provisoire ainsi que les noms et affiliations des auteurs.

Les potentiels contributeurs sont priés d’envoyer leurs propositions aux adresses suivantes: beche@beche-emmanuel.com, aoluoni@yahoo.com, barasap@yahoo.co.uk and adamonuka@yahoo.com and ada.otuoze@gmail.com.

Échenaciérs

20 juillet 2020: Soumission des résumés

31 juillet 2020: Notification aux auteurs

30 septembre 2020: Soumission des textes entiers

31 décembre 2020: Publication de l'ouvrage

Comité scientifique

  • Prof. Martial Dembélé, Université de Montréal, Canada
  • Prof. N'Dri T. Assié-Lumumba, Université de Cornell, USA
  • Prof. Peter L. Barasa, Collège universitaire d'Alupe, Kenya
  • Prof. Adesoji Adeolu Oni, Université de Lagos, Nigeria
  • Prof. Adams Onuka, Université d’Ibadan, Nigeria
  • Prof. Emmanuel Béché, Université de Maroua, Cameroun
  • Prof. Pierre Fonkoua, Université de Yaoundé 1, Cameroun
  • Prof. Onguéné E. Louis-Martin, Université de Yaoundé 1, Cameroun
  • Prof. Marcelline Djeumeni T., Université de Yaoundé 1, Cameroun
  • Prof. Dieudonné Leclercq, Université de Liège, Belgique
  • Prof. Attenoukon Serge Armel, Université d’Abomey-Calavi, Bénin
  • Prof. Charles Ochieng' Ong'ondo, Université Moi, Eldoret Kenya
  • Prof. Michael Cross, Université de Johannesburg, Afrique du Sud
  • Prof. Beatrice Liezel Frick, Université de Stellenbosch, Afrique du Sud
  • Prof. Adenike Emeke, Université d’Ibadan, Nigeria
  • Prof. Kolyang, Université de Maroua, Cameroun
  • Prof. Misse Misse, Université de Douala, Cameroun
  • Prof. Henry O. Owolabi, Université d’Ilorin, Nigeria
  • Prof. Monica N. Odinko, Université d’Ibadan, Nigeria
  • Prof. Violet Opata, Université Moi, Eldoret Kenya
  • Prof. Yeo Soungari, Université de Cocody-Abidjan, Côte d'Ivoire
  • Prof. Idrissa Traoré, Université de Bamako, Mali
  • Prof. Daniel K. Schneider, Université de Genève, Suisse
  • Prof. Awokou Koukou Raymond, Université de Lomé, Togo
  • Prof. De Lièvre Bruno, Université de Mons, Belgique
  • Prof. Bamidele Faleye, Université Obafemi Awolowo, Ile-Ife, Nigeria
  • Prof. Fozing Innocent, Université de Yaoundé 1, Cameroun
  • Prof. Doray Pierre, Université du Québec à Montréal, Canada

[1] https://fr.unesco.org/news/moitie-eleves-etudiants-prives-leur-etablissement-denseignement-lunesco-lance-coalition

Datas

  • segunda, 20 de julho de 2020

Palavras-chave

  • COVID-19, Afrique, écoles, continuité pédagogique, éducation à distance, confinement, pandémie

Contactos

  • Emmanuel Béché
    courriel : beche [dot] emmanuel [at] iudi [dot] org
  • Peter Barasa
    courriel : barasap [at] yahoo [dot] co [dot] uk
  • Adams Onuka
    courriel : adamonuka [at] yahoo [dot] com
  • Adesoji Adeolu Oni
    courriel : aoluoni [at] yahoo [dot] com

Fonte da informação

  • Emmanuel Béché
    courriel : beche [dot] emmanuel [at] iudi [dot] org

Para citar este anúncio

« Les écoles africaines à l'ère du COVID-19 », Chamada de trabalhos, Calenda, Publicado terça, 30 de junho de 2020, https://calenda.org/787751

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