Página inicialMettre en ruines ou donner à voir la mise en ruines au cinéma

Mettre en ruines ou donner à voir la mise en ruines au cinéma

Creating ruins or showing ruins in cinema

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Publicado sexta, 17 de julho de 2020 por Anastasia Giardinelli

Resumo

Ce thème nous est suggéré par l’action actuelle, à l’échelle mondiale, de la démolition et de l’abattement des statues, des stèles dans un geste de destruction volontaire des vestiges, symboles et icônes du passé liés à l’histoire coloniale et impériale, acte que l’on peut considérer comme une mise en ruines en tant que telle. Pouvait-on imaginer une liquidation des ruines-vestiges du passé pour signifier la ruine d’un passé ?

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Directrice du cahier 

Présentation

La société JARBATH & CO. de son nom commercial Œkoumène Productions, lance le premier numéro du Cahier Critique du Cinéma Caribéen afin de faire participer à l’appréciation, la valorisation, la promotion et la diffusion des œuvres cinématographiques, sonores et audiovisuelles, et des réflexions issues de cinéastes, de réalisateurs, de scénaristes, de penseurs et critiques du cinéma caribéen. Par sa mission, qui est de créer et d’accompagner dans la création de contenus cinématographiques, documentaires, audiovisuels et sonores liés à la société et la culture, les sciences de l’environnement et de la santé, les sciences de la société, le numérique pour une émergence en Haïti et dans la Caraïbe d’une génération avisée de créateurs, de penseurs et critiques de l’image, du son et des formes d’écritures alternatives du monde ; la société poursuit l’un de ses objectifs clés définis dans sa politique et son idéologie : la publication d’un cahier critique de cinéma portant sur cette aire géographique, linguistique, culturelle et économique.     

Ce cahier poursuit l’objectif de donner à voir, à réfléchir, à apprécier le cinéma des caraïbes francophones, anglophones et hispanophones à travers ses œuvres, ses festivals, ses créateurs et cinéastes, ses chercheurs qui pensent ou donnent à penser sur ce cinéma. Ainsi, pour son premier numéro, le premier thème est « Mettre en ruines ou donner à voir la mise en ruines au cinéma », les articles peuvent être en français, anglais et espagnol.

Ce thème nous est suggéré par l’action actuelle, à l’échelle mondiale, de la démolition et de l’abattement des statues, des stèles dans un geste de destruction volontaire des vestiges, symboles et icônes du passé liés à l’histoire coloniale et impériale, acte que l’on peut considérer comme une mise en ruines en tant que telle. Pouvait-on imaginer une liquidation des ruines-vestiges du passé pour signifier la ruine d’un passé ?

Lorsqu’on remplace un état -un objet ou une forme- par un autre c’est moins pour atteindre celui-ci que pour échapper de celui-là, écrivit Giorgio Agamben dans Stanze. La nouvelle forme, état ou objet, en tant que « Facticia » comme « objet féérique ou enchanté » et du latin « Facere - Facio » pose le rapport avec la valeur religieuse de « faire un sacrifice ». On a l’image des incendies des véhicules dans les zones urbaines des grandes cités, les casses des vitrines des magasins… Ce statut de la ruine illustre le mécanisme et symptôme de l’objet-fétiche décrit par Barthes, dans nos sociétés contemporaines.

Comme le révèle l’ambiguïté de tout changement l’état -ou la forme- de référence se trouve négativé en même temps qu’évoqué dans la grandeur ou la beauté du résultat. La temporalité propre aux ruines filmées, au type de temps débordé entre passé et présent, offre une inscription du temps sur la matière qui se perd. Cette valeur esthétique du détruit, un bon nombre de cinéastes comme Delpeut, Morrison, Deutsch l’ont traitée, qu’en est-il des cinéastes, des réalisateurs, des scénaristes, des documentaristes des caraïbes ?

Le caractère hybride fondamental de la ruine réside dans le principe stylistique de l’art moderne du non-fini ou de l’inachevé en tant que point d’évitement de la limite ; Godard dira dans JLG/JLG (1994) « l’art est comme l’incendie, il naît de ce qu’il brûle ». Si le Cinéma est un «  art moderne des ruines » (Païni), il est aussi un art qui trouve une certaine part de sa modernité dans les ruines. Dès lors, on peut penser que les ruines informent directement et indirectement le nouveau régime de signes : «  comme celui du cinéma de "l’image-temps" deleuzien, pensé à partir de la seconde guerre. Il se développe une sensibilité ruiniste, pas encore un goût pour les ruines, mais plutôt la reconnaissance d’une sorte d’évidence -ou d’évidement- des ruines, de l’actualité de l’histoire qui s’y imprime et qui ruine la fiction traditionnelle ». (A. Habib)

La ruine, les ruines nous offrent peut-être une certaine façon de concevoir les esthétiques modernes caractérisées par : « une ruine de la fiction, la valorisation de l’errance, la perte géographique et individuelle de repères, les décadrages, la rupture des enchaînements, des structures déliées ».

Quelle est la relation entre la valorisation des esthétiques fragmentées, elliptiques, et la ruine réelle, physique ?

Les traits de la nouvelle image telles que sont la : « … (situation dispersive, liaisons faibles, forme-balade, errance, conscience des clichés, dénonciation) sont pensables à partir des ruines, des situations optiques et sonores pures qu’elles instaurent, d’un nouveau régime de signes qu’elle mobilise et, surtout, d’une nouvelle perception du temps : une image directe du temps ». (A. Habib)

  • Axe 1

L’image cinématographique, à l’origine, « pense » et repose sur « laisser des traces ». Il s’agira de se demander quel est le sens de la valorisation esthétique et historique de la ruine dans le geste de mettre en ruines ou élever des ruines par l’image, le cinéma :

Premièrement, dans le vouloir raconter la dégradation et le devenir d’un avant et d’un après par l’incomplétude de la ruine, par l’aspect fragmentaire de la ruine dans son vestige physique mais aussi dans le symbole qu’elle représente.

Deuxièmement, à travers l’image cinématographique, qui selon Didi-Huberman est une « cendre vivante », voir par le film cette empreinte vivante du temps exposé vers un temps orienté vers la finitude, en tant que signe engagé dans le temps humain. On imagine des paysages urbains ou naturels où la mise en ruines invite à un nouveau regard, à de nouveaux codes, à une renaissance.

  • Axe 2

La mise en ruines que l’on observe aujourd’hui est contraire à ce que Jean-Louis Déotte voyait comme un  « mode d’apparaître des choses et de l’art », qui montre de quoi une chose est faite, mais en la rendant non fonctionnelle. La dimension ostentatoire des ruines « parce qu’elles ne peuvent plus servir à articuler une action, qu’en elles se sont arrêté le temps » (A. Habib) vient de changer de paradigme dans la dynamique de la mise en ruines des symboles de notre histoire.

Cet axe cherchera à traiter le paradoxe actuel de cette mise en ruines :

Il s’agira de se demander quel est le nouveau sens qui s’offre à notre imaginaire dans l’action de mettre en ruines les symboles, statues, monuments et icônes partout dans le monde, et de se demander comment les cinéastes, les réalisateurs, les scénaristes, les documentaristes vont s’emparer de cette nouvelle source de sens.

En effet, « les ruines sont d’étranges médiatrices, car elles représentent une continuité historique à partir de la coupure qu’elles représentent ; elles inscrivent les choses dans l’histoire, précisément parce qu’elles ont interrompu l’histoire. Les ruines sont l’image d’un arrêt du temps sur l’histoire, ou de l’histoire sur le temps ». (A. Habib) Qu’en est-il aujourd’hui dans la démolition des vestiges ou ruines du passé ? N’est-on pas en train de ré-écrire une histoire, d’inscrire dans un mouvement historique cette inscription du passé ?

  • Axe 3

La ruine est souvent signe d’un renouveau. Souvent, il faut d’abord mettre en ruine pour reconstruire ou pour mieux construire. La ruine aussi peut nous enseigner sur la fragilité, l’imprécision et l’inachevé. La ruine comme le cinéma peut être Éducation. Dans le cinéma de la ruine, l’humain peut se développer au sens le plus large du thème en voyageant à travers les réalités virtuelles de ses contemporains en mouvement dans le réel. Ainsi, nous pouvons avoir un cadre d’échange, de partage de connaissances sur le monde pour parvenir à ce que Jacques Attali appelle « l’intelligence universelle ». Cette image qui crée la connaissance en procédant des données de savoir-transmettre est un excellent carrefour vers le développement durable dans le sens où les images de la ruine (pollutions, guerres, famines, analphabétisme) passant de cultures en cultures soulèvent questionnement, mais aussi actions pour le bien commun et des générations futures.

Modalités de soumission

Les articles en français, anglais ou espagnol ne dépasseront pas 30000 caractères (espaces, notes, notice biographique et résumés inclus) en caractères Times New roman (11) et les notes de bas de page (9).

Une brève notice de l’auteur de 500 caractères.

Le résumé en français, anglais et espagnol ne doit pas dépasser 500 mots et 5 mots-clés.

Les photos et vidéos seront publiées. Les articles ne respectant pas les consignes ne seront pas examinés par le comité de lecture. Les propositions devront être adressées à la fois à Marie-Christine Seguin, mail : seguinm40@gmail.com et au comité du cahier, mail : cahiercritiqueducinemacaribeen@gmail.com

  • Directrice du cahier : Marie Christine Seguin (Url de référence: http://www.ict-toulouse.fr)
  • Date limite de réception des textes : 15 novembre 2020

  • Validation et notification aux contributeurs : 15 décembre 2020

Datas

  • domingo, 15 de novembro de 2020

Ficheiros anexos

Palavras-chave

  • ruines, visuel, idéologie, société, représentations, symboles, passé,

Contactos

  • marie-christine seguin
    courriel : seguinm40 [at] gmail [dot] com

Fonte da informação

  • marie-christine seguin
    courriel : seguinm40 [at] gmail [dot] com

Para citar este anúncio

« Mettre en ruines ou donner à voir la mise en ruines au cinéma », Chamada de trabalhos, Calenda, Publicado sexta, 17 de julho de 2020, https://calenda.org/791116

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