StartseiteQuelle « révolution des droits » LGBTQI + en Amérique latine ?

Quelle « révolution des droits » LGBTQI + en Amérique latine ?

O que aconteceu com a "revolução dos direitos" LGBTQI+ na América Latina?

What happened with the LGBTQI+ "rights revolution" in Latin America?

¿Qué pasó con la "revolución de los derechos" de los LGBTQI+ en América Latina?

Nr. 99 - Cahiers des Amériques latines

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Veröffentlicht am Dienstag, 21. Juli 2020 bei Anastasia Giardinelli

Zusammenfassung

Dix ans après la loi emblématique du « mariage homosexuel » en Argentine, ce dossier des Cahiers des Amériques latines se propose d'interroger la notion de « révolution des droits » et de faire un état des lieux de la situation des minorités sexuelles et de genre dans la région. Trois axes de recherche semblent essentiels pour proposer une réflexion critique sur la réalité des minorités sexuelles et de genre et procéder à l'évaluation de la « révolution des droits » LGBTQI + en Amérique latine.

 

Inserat

Coordination

  • Luis Rivera-Vélez (CERI, Sciences Po Paris) 
  • Morgane Reina (Institut de Sciences Sociales, Université de Brasília)

Contexte

Dix ans après la loi emblématique du « mariage homosexuel » en Argentine, ce dossier des Cahiers des Amériques latines se propose d'interroger la notion de « révolution des droits » [Encarnación, 2016] et de faire un état des lieux de la situation des minorités sexuelles et de genre dans la région. Depuis le début du xxie siècle, de nombreuses législations et politiques publiques ont été adoptées un peu partout en Amérique latine pour protéger les droits des personnes LGBTQI +. L’ensemble des pays de la région a aujourd’hui dépénalisé les rapports sexuels consensuels entre les adultes de même sexe et le mariage entre personnes de même sexe est protégé par des lois et jurisprudences des plus hauts tribunaux de la région, y compris la CIDH depuis 2018. Les lois dites d’identité de genre pour les personnes trans stimulent les revendications au niveau international, et des politiques publiques contre l’homophobie ou pour la protection des personnes intersex sont reconnues comme innovantes. Certes, les changements sont asymétriques selon les pays ou les régions d’un même pays mais la reconnaissance des droits des personnes LGBTQI + a été généralisée et soutenue, plaçant la région à l’avant-garde des politiques LGBTQI + dans le monde.

Cette mise en contexte institutionnelle constitue un point de départ à l'analyse des droits reconnus et des conditions d'existence des minorités sexuelles et de genre dans l'Amérique latine contemporaine alors même que ces avancées pour les populations LGBTQI + semblent aujourd'hui remises en question par l'arrivée au pouvoir de gouvernements plus conservateurs et la montée en puissance d'acteurs évangéliques en politique. A priori, les coupures budgétaires, la consolidation de groupes opposés à « l'idéologie de genre » apparaissent donc comme autant de menaces à la consolidation des mouvements de défense des droits de l'homme en général et des militantismes LGBTQI + en particulier. C'est pourquoi, trois axes de recherche semblent essentiels pour proposer une réflexion critique sur la réalité des minorités sexuelles et de genre et procéder à l'évaluation de la « révolution des droits » LGBTQI + en Amérique latine.

Présentation des axes

Pour ce numéro, nous entendons questionner la notion de « révolution des droits » LGBTQI + en Amérique latine. À travers une analyse pluridisciplinaire, nous proposons trois axes de réflexion :

a) Tout d’abord, la notion de « révolution des droits » renvoie à l'étude des changements institutionnels : assiste-t-on à une inscription des droits LGBTQI + dans les législations et jurisprudences nationales de manière structurelle ? S’agit-il de politiques attachées aux gouvernants en exercice ? Il est vrai que dans certains pays les protections légales contre l'homophobie et la transphobie sont inscrites dans la Constitution, les tribunaux suivent fidèlement les jurisprudences et des politiques publiques sont mises en place pour améliorer la vie des populations LGBTQI +. Plus récemment néanmoins, de nouveaux groupes politiques (fronts parlementaires, lobby religieux, etc.) ou gouvernements opposés à la « révolution des droits » créent des entraves au processus de reconnaissance des droits des personnes LGBTQI +. Le premier axe, cherche des contributions analysant comment ces différents acteurs se saisissent des outils du droit pour façonner une nouvelle institutionnalité des droits des minorités sexuelles et de genre.

b) De plus, l'idée d'une « révolution des droits » implique d'explorer sa dimension spatiale et temporelle. L’histoire des mobilisations LGBTQI + est caractérisée par la construction d'identités propres aux populations latino-américaines et leur inscription dans un mouvement global pour l’acceptation des minorités sexuelles et de genre. Par exemple, le collectif « Nuestro Mundo » en Argentine est créé en 1967 avant de devenir le « Front de libération homosexuelle » en 1971, suivant la dynamique occidentale lancée par les émeutes de Stonewall de 1969. Plus récemment, l’adoption du « mariage égalitaire » en Espagne influence fortement la revendication du mariage entre personnes de même sexe en Amérique latine. Nous valoriserons donc les propositions qui explorent l'histoire des mobilisations LGBTQI + en Amérique latine pour en analyser les répertoires d'action contemporains. Dans le même temps, des contributions pourront s'atteler à analyser la dimension spatiale de ces mobilisations, pour comprendre comment l'espace peut à la fois être support, ressource et enjeu de lutte pour la visibilité, la légitimation publique et la lutte pour les droits des personnes LGBTQI +. Quels récits et quels lieux sont investis dans la lutte pour la défense, la consolidation, la progression ou même, pour la contestation des droits LGBTQI + ?

c) Enfin, pour qu'elle soit effective, une révolution doit dépasser le cadre strictement légal de la reconnaissance des droits. La transformation institutionnelle est le résultat de la construction d’identités et des stratégies d’acceptation pour bouleverser les imaginaires sociaux. L’analyse de la manière dont les minorités sexuelles et de genre et leurs opposants se pensent, se comportent et s’expriment permet d'interroger les processus de transformation par lesquels les sociétés latino-américaines acceptent ou non la population LGBTQI +. D’une part, nous encourageons les contributions qui interrogent les processus de socialisation, construction identitaire et les trajectoires des personnes LGBTQI + ou de leurs opposants. Comment devient-on gay, lesbienne ou autre dans un contexte de reconnaissance légale des droits ? Ce processus est-il différent de la période avant la reconnaissance ? Comment analyser les processus de construction identitaire des détracteurs des droits LGBTQI + ? D’autre part, d’autres contributions pourraient aborder la manière dont les personnes LGBTQI + et leurs opposants forgent des alliances ou des oppositions pour répondre aux défis de sectorisation et transversalité des sociétés contemporaines. Peut-on être pentecôtiste ou néopentecôtiste et se mobiliser pour la reconnaissance des droits LGBTQI + ? Quels liens entre militantisme LGBTQI + et mobilisations féministes, indigènes ou noires ?

Modalités de soumission

Nous attendons des études empiriques originales et inédites telles que des études de cas ou des comparaisons temporelles et spatiales pouvant provenir de toutes les disciplines de sciences humaines et sociales : histoire, géographie, science politique, sociologie, anthropologie, droit etc.

Les articles peuvent être soumis en français, espagnol, portugais ou anglais. Ils devront contenir les informations suivantes :

- nom, prénom

- université ou laboratoire de rattachement

- présentation en 3-4 lignes : court CV avec adresse e-mail- titre de l’article en 3 langues (français, anglais, espagnol ou portugais)

- l’article de 50 000 signes (espaces, notes, bibliographie incluse)

- le résumé en 3 langues (fr, en, es ou pt) et 5 mots-clés (si vous n'êtes pas en mesure de traduire dans une langue, veuillez l'indiquer sur l'article).

LE DÉTAIL DES INSTRUCTIONS DE SOUMISSION EST DISPONIBLE ICI : https://journals.openedition.org/cal/2324

Le comité de rédaction des Cahiers des Amériques latines informera de l’acceptation ou non des propositions dans les meilleurs délais.

Les articles devront être envoyés à l’adresse suivante : cal99lgbtqi@gmail.com

pour le 11 décembre 2020

Ils seront soumis à l’évaluation en double aveugle.

La publication du dossier est prévue pour janvier 2022.

Merci de bien vouloir consulter les instructions aux auteur·e·s : https://journals.openedition.org/cal/2324

Les articles ne répondant pas à ces instructions ne pourront être pris en compte.

Encarnación Omar (2016), Out in the Periphery. Latin America’s Gay Rights Revolution, Oxford : Oxford University Press.

https://journals.openedition.org/cal/10283

Orte

  • Paris, Frankreich (75)

Daten

  • Freitag, 11. Dezember 2020

Schlüsselwörter

  • droits, institutions, politiques, LGBTQI+, Amériques latine

Kontakt

  • Marie MOREL
    courriel : editions [dot] iheal [at] gmail [dot] com

Informationsquelle

  • Cahiers des Amériques latines Editions de l'IHEAL - Creda
    courriel : editions [dot] iheal [at] gmail [dot] com

Zitierhinweise

« Quelle « révolution des droits » LGBTQI + en Amérique latine ? », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Dienstag, 21. Juli 2020, https://calenda.org/791261

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