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Agri-alimentary justice: processes, practices, perspectives

Justice agri-alimentaire : processus pratiques, perspectives

Review of Agriculture, Food and Environment

Review of Agriculture, Food and Environment

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Published on Tuesday, July 21, 2020 by Anastasia Giardinelli

Summary

Quelques années après la parution du numéro thématique de Justice spatiale | spatial justice sur la justice alimentaire et l’agriculture qui nous avait amené à proposer la notion de « justice agri-alimentaire » (2016), nous souhaitons avec ce numéro de la Review of Agriculture, Food and Environment (RAFE) rassembler des articles en sciences sociales et en économie, reposant sur un travail empirique approfondi réalisé dans les Suds et/ou les Nords (y compris comparatif), afin de discuter et de développer cette notion. Ce numéro spécial poursuit l’exploration d’une approche procédurale et relationnelle de la justice agri-alimentaire. Il s’inspire aussi d’une approche pratique de la justice agri-alimentaire. 

Announcement

Coordination

  • Camille Hochedez (Université de Poitiers, UMR 7301 MIGRINTER, camille.hochedez@univ-poitiers.fr)
  • Julie Le Gall (Université de Lyon, USR 3337 CEMCA, julie.legall@cemca.org.mx)

Présentation

Quelques années après la parution du numéro thématique de Justice spatiale | spatial justice sur la justice alimentaire et l’agriculture qui nous avait amenées à proposer la notion de « justice agri-alimentaire » (2016), nous souhaitons avec ce numéro de la RAFE rassembler des articles en sciences sociales et en économie, reposant sur un travail empirique approfondi réalisé dans les Suds et/ou les Nords (y compris comparatif), afin de discuter et de développer cette notion.

Ce numéro spécial poursuit d’abord l’exploration d’une approche procédurale et relationnelle de la justice agri-alimentaire. Nous l’analysons au regard des connexions et déconnexions entre les activités, espaces et acteurs des systèmes alimentaires, qui rendent ces derniers plus ou moins inclusifs au niveau de toutes leurs composantes (alimentation produite, transportée, transformée, commercialisée, distribuée, consommée, digérée, conçue, pensée) (Hochedez et Le Gall, 2018). La justice agri-alimentaire associe des phénomènes matériels et immatériels en interaction, tels les écosystèmes, les travailleurs, les modes de production agricole, l’organisation des filières, les politiques publiques, la terre, les corps, etc. C’est cette matrice d’objets, de phénomènes et de relations (et de non relations) que les textes viendront aider à décrypter de façon novatrice.

Ce numéro s’inspire aussi d’une approche pratique de la justice agri-alimentaire. Issue d’un mouvement à la fois activiste, scientifique et politique (Gottlieb et Joshi, 2010 ; Paddeu, 2016 ; Reynolds et Cohen, 2016), la notion est un vecteur de changement face aux injustices sociales et spatiales (Hochedez et Le Gall, 2016). La portée de la justice agri-alimentaire s’explore par davantage de « praxis » ou mélange de théorie et d’action (Wakefield, 2007, cité par Slocum et Saldanha, 2016), « d’expériences », notamment quotidiennes, qui « constituent autant d’opportunités et d’incitations pour apprendre, évaluer, s’engager, et prendre le contrôle sur sa propre nutrition » (Tornaghi, 2017).

Tandis que les approches classiques sur la justice insistent sur les fractures structurelles (approches descriptives par le maillage, l’accessibilité, par exemple), privilégier une approche par les processus, les liens (y compris les non-liens) et la pratique laisse la place à la prise en compte des évolutions, des adaptations de nos sociétés et nos écosystèmes, et ouvre l’éventail de l’analyse à des situations d’exclusion moins « extrêmes » mais tout autant problématiques.

Dans ce cadre, nous proposons quatre axes de travail. Les textes pourront s’inscrire dans les cadres de réflexion généraux et/ou dans l’un ou l’autre des axes.

Mécanismes de l’injustice et vulnérabilités à tous les niveaux des systèmes agri-alimentaires

Les contributions permettront d’approfondir la compréhension des relations entre vulnérabilité sociale et injustices agri-alimentaires. Elles pourront traiter des violences dans toutes les activités agro-alimentaires, qui prennent des degrés divers au nord et au sud, des conditions de travail dans les chaînes de transformation, à la dépendance intrinsèque aux filières de la drogue. Elles s’attacheront aux formes d’oppression des minorités racialisées (Cadieux et Slocum, 2016 ; Reynolds et Cohen, 2016), de genre, des migrants et des saisonniers. Il s’agira aussi de rendre compte des pressions économiques et sociales, des injonctions politiques contradictoires, des normes de beauté et de « bonne alimentation », qui affectent tant les agriculteurs que les consommateurs et peuvent pousser à la maladie et à la mort. Pour cet axe, nous attendons des contributions qui traitent moins des plus vulnérables, que les travaux sur la justice alimentaire ont souvent déjà bien abordés, que des personnes en situation limite, de précarité ou de domination plus invisibles. Nous aimerions ainsi approfondir l’idée que la justice et l’injustice agri-alimentaire est relative, dépend des contextes sociaux, territoriaux ou individuels d’où on l’appréhende.

Justices et injustices dans les espaces intermédiaires des systèmes alimentaires

Ce numéro ambitionne également de mettre en lumière certaines boîtes noires du fonctionnement des systèmes alimentaires. Issue de travaux sur les villes nord-américaines, la justice alimentaire s’est bien emparée de la question des consommateurs, des producteurs, mais moins de tous les échelons intermédiaires et de leurs acteurs à la fois dans les espaces ruraux et urbains. Les espaces de la transformation (par exemple les abattoirs), du transport et de la logistique (par exemple les marchés de gros) sont peu documentés en termes de justice alimentaire. Pourtant, au sein des food studies, la littérature se renouvelle dans le cadre des nouveaux paradigmes d’approvisionnement métropolitain (food hubs, dernier kilomètre), de distribution (systèmes de livraison à domicile comme Uber Eats, circuits courts), de consommation ou de foodscapes. Ces travaux, qui sont nombreux au Nord et émergent dans les espaces métropolitains au Sud, invitent à considérer le caractère formel ou informel des réseaux, les modalités d’emploi des travailleurs, les conditions de l’intermédiation commerciale. Les contributions pourront suivre l’hypothèse que ces espaces intermédiaires jouent un rôle majeur dans les situations de justice ou d’injustice au sein des systèmes alimentaires locaux et globaux.

Des processus ancrés dans un écosystème terrestre soumis aux changements globaux

L’agriculture et l’alimentation nous mettent quotidiennement en relation avec l’écosystème. Pourtant, peu de travaux s’intéressent à cette connexion ou déconnexion et à ses conséquences sur les situations de justice ou d’injustice alimentaire. Nous proposons avec cet appel de continuer à explorer la relation entre justice agri-alimentaire et justice environnementale et d’intégrer davantage la dimension socio-écologique aux analyses. Les contributions pourront évaluer les différences d’adaptation aux effets du changement climatique, chez les paysanneries des Nords et des Suds, chez les consommateurs aux conditions sociales et éducatives diverses. Les travaux sont bienvenus sur les choix des techniques de culture (agroécologie comme agriculture conventionnelle), les mécanismes d’accès aux ressources (semences, foncier…) et la réduction ou l’aggravation des injustices alimentaires, l’empowerment des producteurs et autres acteurs des systèmes alimentaires.

Comment aller vers une transition juste ?

Au-delà des changements environnementaux, la prise en compte des justices et injustices dans les systèmes alimentaires est une composante des processus de transition. Mais, dans un contexte global et local où tous les acteurs n’ont pas les mêmes ressources ni capacités, comment atteindre une transition juste ? Si l’accent a été mis jusqu’à présent sur le rôle de la société civile, des consommateurs, des mouvements militants, il s’agit ici d’explorer d’autres figures motrices comme l’entreprenariat agricole et commercial, les politiques et les entreprises transnationales, les acteurs du monde éducatif, les artistes qui mettent l’alimentation au cœur de leurs pratiques. Les contributions s’attacheront ainsi aux chemins d’impact entre justice alimentaire et affirmation d’une souveraineté alimentaire, et réciproquement.

Modalités de proposition des contributions

La première version des articles devra être déposée via le site de la RAFE

au plus tard le 1er décembre 2020

Elle pourra être rédigée en français ou en anglais. Dans le premier cas, la traduction en anglais de la version finale acceptée sera à la charge des auteurs. Tous les articles seront évalués par deux évaluateurs. A chaque retour d'évaluation, un binôme impliquant un éditeur de la revue et un coordinateur du dossier prendra la décision (rejet, révision majeure, révision mineure, acceptation). La revue prévoit un calendrier de publication dans le premier numéro de 2022. Les articles non acceptés avant cette publication, s'ils sont finalement acceptés, seront publiés dans un numéro suivant, en varia. Afin de garantir la cohérence du numéro spécial, les coordinatrices du numéro spécial pourront si elles le jugent nécessaire refuser qu'un article accepté y soit publié. Dans ce cas, l'article serait publié dans le numéro suivant de la revue.

Les manuscrits ne doivent en principe pas excéder 70 000 signes (incluant les références bibliographiques). Les autres consignes de présentation sont disponibles sur le site de la Review of Agricultural, food and Environmental Studies.

Références bibliographiques

Cadieux K.V., Slocum, R., 2016. « Solidarité, espace et « race » : vers des géographies de la justice alimentaire », Justice spatiale | spatial justice, n°9, Janvier 2016. https://www.jssj.org/article/solidarite-espace-et-race-vers-des-geographies-de-la-justice-alimentaire/

Gottlieb R., Joshi A., 2010. Food justice, Cambridge MA, MIT press, 304 p.

Hochedez C., Le Gall J. (dir.), 2016. « Justice alimentaire et agriculture : introduction », Justice spatiale Spatial Justice, nº9. http://www.jssj.org/issue/janvier-2016-dossier-thematique/

Hochedez C., Le Gall J., 2018. Conférence introductive « Des pétales pour penser la justice alimentaire », Ecole d’été sur la justice alimentaire, Université de Laval à Québec, Québec, 14-19 mai.

Paddeu F., 2016. « D’un mouvement à l’autre : des luttes contestataires de justice environnementale aux pratiques alternatives de justice alimentaire ? », Justice spatiale | spatial justice, n°9, Janvier 2016. http://www.jssj.org/article/dun-mouvement-a-lautre-des-luttes-contestataires-de-justice-environnementale-aux-pratiques-alternatives-de-justice-alimentaire

Reynolds K., Cohen N., 2016. Beyond the Kale: Urban Agriculture and Social Justice Activism in New York City. Athens: University of Georgia Press, 216 p.

Slocum R., Saldanha A., 2016, Peas and Praxis: Organizing Food Justice through the Direct Action of the Newtown Florist Club, in Slocum R., Saldanha A (eds.), Geographies of Race and Food. Fields, Bodies, Markets, London, Roultledge.

Tornaghi, C., 2017. « Urban Agriculture in the Food‐Disabling City: (Re)defining Urban Food Justice, Reimagining a Politics of Empowerment », Antipode, 49: 781– 801.

Date(s)

  • Tuesday, December 01, 2020

Keywords

  • justice alimentaire, agriculture, systèmes alimentaires, transition

Contact(s)

  • Camille Hochedez
    courriel : camille [dot] hochedez [at] univ-poitiers [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Camille Hochedez
    courriel : camille [dot] hochedez [at] univ-poitiers [dot] fr

To cite this announcement

« Agri-alimentary justice: processes, practices, perspectives », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, July 21, 2020, https://calenda.org/791717

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