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Cultural Histories of the Atlantic World (18th – 21st Centuries)

Histoires culturelles de l'espace atlantique (XVIIIe-XXIe siècle)

Rubrique « Mémoires transatlantiques » - Transatlantic Cultures

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Published on Tuesday, July 21, 2020 by Anastasia Giardinelli

Summary

Lancé en 2015, le projet Transatlantic Cultures vise à la réalisation d’une plateforme d’histoire culturelle transatlantique (XVIIIe-XXIe siècle). Éditée en ligne et en quatre langues (français, anglais, espagnol, portugais), elle permet d’analyser les dynamiques de l’espace atlantique et d’en comprendre le rôle dans le processus contemporain de mondialisation culturelle. Cet appel à contribution vise à alimenter la rubrique « Mémoires transatlantiques » de la plateforme. Envisagé comme une matrice active et dynamique, au sein de laquelle des processus de définition et de redéfinition sont en jeu, l’espace Atlantique conduit à réévaluer les problématiques mémorielles en se démarquant d’investigations se contenant des échelles nationale ou régionale, et prenant en considération l’apport des études postcoloniales. Aspirant à dépasser une simple approche comparative, le projet Transatlantic Cultures conduit à privilégier les démarches relevant de l’histoire connectée et croisée.

Contributions may include the following themes, among other possible ones: Expressions of memory in artistic and literary productions as well as cultural practices; Memory policies and institutions; Rhythms, scales and “places”, rootedness and circulations of transatlantic memories; Political, ideological and legal aspects of the construction of memory; Memories of bereavement and trauma.

Announcement

Coordination scientifique

  • Cécile Coquet-Mokoko, professeure de civilisation américaine, CHCSC, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines ( cecile.coquet-mokoko@uvsq.fr).
  • Jean-Sébastien Noël, maître de conférences en histoire contemporaine, UMR LIENSs, La Rochelle Université (jean-sebastien.noel@univ-lr.fr).

Présentation 

Lancé en 2015 par le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (Paris-Saclay), l’Université Sorbonne-Nouvelle Paris 3 et l’Université de São Paulo, avec le soutien de l’ANR, de la FAPESP et de la TGIR Humanum, ce projet rassemble aujourd’hui une équipe de 40 chercheurs, rattachés à 19 universités, en Europe, en Afrique et dans les Amériques. Il vise à la réalisation d’une Plateforme d’histoire culturelle transatlantique (XVIIIe-XXIe siècles) éditée en ligne et en quatre langues (français, anglais, espagnol, portugais) : une encyclopédie numérique pour analyser les dynamiques de l’espace atlantique et comprendre son rôle dans le processus de mondialisation culturelle contemporain. Pour en savoir plus: https://tracs.hypotheses.org/

La version en développement de la plateforme est accessible à cette adresse :

http://transatlantic-cultures.org/

Argumentaire

Comprise dans une perspective transatlantique, la thématique mémorielle renvoie à un balancement permanent entre le particulier et l’universel, entre le traumatique et l’apaisé, l’expérience individuelle et le récit collectif. Relevant d’un processus classique de sélection et d’oubli, la construction mémorielle est le produit de communautés qui commémorent et se remémorent, s’inscrivent à la fois dans des territoires spécifiques (la rue, le quartier, la ville, la région, le pays) et dans des espaces de translation[1]. Par ailleurs, l’Atlantique est un espace de circulation des individus et des groupes, en même temps que des récits et des productions culturelles porteurs de mémoire. Les vecteurs de circulation et de mobilité (steamers transatlantiques, médias, presse écrite, iconographie, radio, télévision, Internet) constituent, à ce titre, des éléments déterminants qu’il s’agira de prendre en considération dans l’analyse.

Depuis une dizaine d’année, de part et d’autre de l’Atlantique, le champ mémoriel occupe d’ailleurs toujours davantage les chercheurs, en lien avec une demande forte des sociétés civiles, faisant dire à l’anthropologue David Berliner qu’on assiste à un « boom mémoriel[2] ». Comme l’indiquait, par ailleurs, William Johnston, le « culte des anniversaires[3] » (notamment entre l’Europe et les États-Unis) a pu susciter l’émergence d’un « grand calendrier » commémoratif, séquençant le temps autour de la mémoire. Cette notion renvoie également à la dimension diachronique de la thématique, conduisant par exemple à interroger les contextes de réveil des mémoires comme à questionner les périodes de silence mémoriel (ainsi, Hasia Diner déconstruisant le mythe du silence sur la mémoire du génocide des Juifs d’Europe aux États-Unis de 1945 à 1962[4]). Il s’agira également d’analyser la place des circulations transatlantiques dans les politiques mémorielles (place des Afro-américains dans les politiques mémorielles des États d’Afrique de l’Ouest par exemple), la dimension politique des mémoires transatlantiques (rôle des États dans la construction de mémoriaux, dans l’établissement de jours du souvenir, tel que le Yom HaShoah) et de réfléchir à la dimension transnationale de ces lieux de mémoire[5].

Le champ des mémoires douloureuses a d’ores et déjà été investi par des chercheurs d’horizons variés (historiens, bien sûr, anthropologues et ethnologues, sociologues, géographes, culturalistes), donnant lieu à une bibliographie abondante. Les mémoires migrantes renvoient aux traumatismes, aux douleurs et aux traces laissés par les violences faites aux masses : traites, génocides, massacres et violences pogromiques, violences d’ordre économique (migrations de la faim et de la pauvreté), système de domination et de négation des cultures au sein des structures coloniales ou étatiques. Les visites de lieux de mémoire emblématiques (l’Île de Gorée, Ellis Island), de cimetières, de plantations, de musées (autour de l’esclavage, des cultures africaine-américaine, nippo-américaine, mémorial du lynchage avec récupération par les comtés concernés des poutres gravées au nom des victimes), renvoient à une approche sensible et émotionnelle des phénomènes mémoriels[6].

 Les logiques de consensus autour des enjeux mémoriels et des temps de commémoration doivent, de plus, être interrogées. Il s’agira de réfléchir au phénomène de concurrences mémorielles et de conflits autour des politiques de commémorations publiques, à l’action des groupes (lobbies, associations) militant pour la reconnaissance de mémoires négligées. Cette dimension polémique du fait mémoriel conduit également à s’attacher aux discours de ceux que Pierre Vidal-Naquet appelait les « assassins de la mémoire » (révisionnismes, négationnismes, holocaust denial), mettant en question le bien-fondé d’un récit mémoriel officiel ou refusant d’octroyer une place sociale, politique ou médiatique au récit mémoriel d’un groupe socio-culturel (fascination pour le vanishing Indian et spectre de l’invasion étrangère dans les écrits eugénistes ; discours d’opposition au métissage perçu comme une dilution de la transmission identitaire ; culture de la Lost Cause dans le Sud profond comme dans le reste des États-Unis, au Canada anglophone ou en Europe). Les dérives essentialistes de l’utilisation des enjeux mémoriels renvoient également aux usages des tests ADN, de la généalogie et de la psychogénéalogie. Il s’agira donc de s’attacher à la fois à la dimension discursive des enjeux mémoriels, comme à leurs dimensions juridiques et légales. 

Cette rubrique pourra permettre de développer une réflexion multi-critérisée sur la pluralité des rythmes mémoriels transatlantiques, en appréhendant ces phénomènes à travers les processus de « bricolage » et de réinvention de la mémoire. Comment les réseaux associatifs et les sociabilités d’ordre communautaire contribuent-ils à la production d’une mémoire transatlantique (landsmanshaften du Lower East Side[7] ; associations mémorielles d’enfants de couples « mixtes » judéo-antillais et judéo-africains-américains) ? Comment la réception des production artistiques et littéraires s’inscrit-elle dans des logiques de contre-transferts mémoriels (réception du roman Roots d’Alex Haley dans les pays africains ; engouement pour l’apprentissage du swahili aux États-Unis ; retour à la kashrout et aux traditions culinaires en hommage aux aïeux plus que par conviction religieuse) ? Comment reconstitutions historiques ou historical reenactments contribuent-ils à ce processus de réinvention mémorielle ? La question de la mise en tourisme des sites mémoriels constituera un point d’intérêt majeur, tout comme la marchandisation de pratiques traditionnelles cultuelles (pow-wows et sweat lodges pour touristes aux États-Unis, cérémonies dogon organisées pour les touristes américains et européens au Mali, cérémonies de prise de champignons hallucinogènes, de peyotl ou d’ayahuasca sous la direction de chamanes au Mexique, au Pérou ou en Ecuador).

Envisagé comme une matrice active et dynamique, au sein de laquelle des processus de définition et de redéfinition sont en jeu, l’espace Atlantique conduit donc à réévaluer les problématiques mémorielles en se démarquant d’investigations se contenant des échelles nationale ou régionale, et prenant en considération l’apport des étudespostcoloniales. Aspirant à dépasser une simple approche comparative, le projet TRACs conduit à privilégier les démarches relevant de l’histoire connectée et croisée.

Aussi, les propositions de contribution pourront-elles, sans que cela exclue d’autres types de problématiques, s’inscrire dans les axes thématiques suivants :     

  • Expressions de la mémoire dans les productions artistiques, littéraires et dans les pratiques culturelles
  • Politiques mémorielles, institutions (mémoriaux, musées, centres de recherche, processus de collecte d’archives, de recueils de témoignages, lois mémorielles, dimension juridique, conflits de mémoires)
  • Rythmes, échelles, « lieux », territorialités et circulations des mémoires atlantiques (anniversaires, calendriers commémoratifs, mise en tourisme et marchandisation des mémoires, approches micro et macro-historique des lieux de mémoire)
  • Dimension politique, idéologiques et juridique des constructions mémorielles (mémoires militantes et mémoires communautaires, négationnismes, révisionnismes, place de l’analyse postcoloniale dans les constructions mémorielles au sein de l’espace Atlantique)
  • Mémoires douloureuses et mémoires traumatiques (mémoires des guerres globales, régionales, guerres civiles, mémoires des violences de masse : traites, génocides, violences pogromiques, silences mémoriels, processus d’oubli et de remémoration).

Modalités de participation

Le retour des contributions est attendu pour le 30 septembre 2020

Langues acceptées : français, anglais, espagnol, portugais

Deux formats de notices sont possibles :

  • Notice courte, de 6 000 à 8 000 signes (espaces compris), 5 références bibliographiques
  • Notice longue, de 20 000 à 40 000 signes (espaces compris), 15-20 références bibliographiques

La procédure de soumission des textes est accessible en ligne sur le carnet de recherche hypothèse du projet.

Orientations bibliographiques

  • Augeron, Mickaël, Poton, Didier, Van Ruymbeke, Bertrand, dir., Les Huguenots et l’Atlantique. Fidélités, raciness et mémoires, Paris, Les Indes Savantes, 2012.
  • Berenson, Edward, The Statue of Liberty: A Transatlantic Story, New Haven, London, Yale University Press, 2012.
  • Berliner, David, « The abuses of memory. Reflections on the memory boom in anthropology », Anthropological Quarterly, vol. 78, n° 1, « Bringing the past into the present: family narratives of Holocaust, exile, and diaspora », pp. 197-211.
  • Bernier, Céleste-Marie et Newman, Judie, ed., Public Art, Memorials and Atlantic Slavery, London, New York, Routledge, 2009.
  • Giemza, Bryan Albin, ed., Rethinking the Irish in the American South. Beyond Rounders and Reelers, University of Mississippi Press, 2013.
  • Derefaka, Abi Alabo, The Vile trade : slavery and the slave trade in Africa, Durham, Carolina Academic Press, 2015.
  • Diner, Hasia, We Remember With Reverence and Love. American Jews and the Myth of Silence after The Holocaust, 1945-1962, New York, Londres, New York University Press, 2010.
  • Edwards, Sam, Allies in memory: World War II and the politics of American commemoration in Europe, c. 1941-2001, Cambridge : Cambridge University Press, 2015.
  • Johnston, William M, Celebrations: the cult of anniversaries in Europe and the United States today, New Brunswick, Transaction Publishers, 2011.
  • Leservoisier, Olivier et Trabelsi, Salah, Résistances et mémoires des esclavages : espaces arabo-musulmans et transatlantiques, Paris, Karthala – CIRESC, 2014.
  • Oldfield, John R., « Chords of Freedom »: Commemoration, Ritual and British Transatlantic Slavery, Manchester, Manchester University Press, 2007.
  • Oostindie, Gert J., ed., Facing up to the Past : Perspectives on the Commemoration of Slavery from Africa, the Americas and Europe, Kingston, Ian Randle Publishers, 2001.
  • Opoku-Agyemang, Naana, Lovejoy, Paul E. et Trotman, David V., Africa and Trans-Atlantic memories: literary and aesthetic manifestations of diaspora and history, Trenton, Africa world press, 2008.
  • Pohlsander, Hans A., German Monuments in the Americas: Bonds Accross the Atlantic, Oxford, New York, Peter Lang, 2010.
  • Rice, Alan, Creating Memorials, Building Identities: the Politics of Memory in the Black Atlantic, Liverpool, Liverpool University Press, 2012.
  • Rinner, Susanne, The German student movement and the literary imagination: transnational memories of protest and dissent, New York, Oxford, Berghahn Books, 2013.

Notes

[1] Augeron, Mickaël, Poton, Didier, Van Ruymbeke, Bertrand, dir., Les Huguenots et l’Atlantique. Fidélités, raciness et mémoires, Paris, Les Indes Savantes, 2012. 

[2] Berliner, David, « The abuses of memory. Reflections on the memory boom in anthropology », Anthropological Quarterly, vol. 78, n° 1, « Bringing the past into the present: family narratives of Holocaust, exile, and diaspora », pp. 197-211.

[3] Johnston, William M, Celebrations: the cult of anniversaries in Europe and the United States today, New Brunswick, Transaction Publishers, 2011.

[4] Diner, Hasia, We Remember With Reverence and Love. American Jews and the Myth of Silence after The Holocaust, 1945-1962, New York, Londres, New York University Press, 2010. 

[5] Rice, Alan, Creating Memorials, Building Identities: the Politics of Memory in the Black Atlantic, Liverpool, Liverpool University Press, 2012. 

[6] Chevalier, Dominique, « Que deviennent les mémoires douloureuses aux musées : un universel métissé ? », Mondes du Tourisme [En ligne], 14 | 2018, mis en ligne le 30 juin 2018, consulté le 30 janvier 2020. URL : http://journals.openedition.org/tourisme/1769

[7] Soyer, Daniel, Jewish Immigrant Associations and American Identity in New York, 1880-1939. Jewish « landsmanshaftn » in american culture., Detroit, Wayne State University Press, 2018.

[8] Augeron, Mickaël, Poton, Didier, Van Ruymbeke, Bertrand, eds., Les Huguenots et l’Atlantique. Fidélités, raciness et mémoires, Paris: Les Indes Savantes, 2012. 

[9] Berliner, David, « The abuses of memory. Reflections on the memory boom in anthropology », Anthropological Quarterly, vol. 78, n° 1, « Bringing the past into the present: family narratives of Holocaust, exile, and diaspora », pp. 197-211.

[10] Johnston, William M, Celebrations: the cult of anniversaries in Europe and the United States today, New Brunswick: Transaction Publishers, 2011.

[11] Diner, Hasia, We Remember With Reverence and Love. American Jews and the Myth of Silence after The Holocaust, 1945-1962, New York, London: New York University Press, 2010. 

[12] Rice, Alan, Creating Memorials, Building Identities: the Politics of Memory in the Black Atlantic, Liverpool: Liverpool University Press, 2012. 

[13] Chevalier, Dominique, « Que deviennent les mémoires douloureuses aux musées : un universel métissé ? », Mondes du Tourisme [on line], 14 | 2018, June 30, 2018, retrieved on January 30, 2020. URL: http://journals.openedition.org/tourisme/1769

[14] Soyer, Daniel, Jewish Immigrant Associations and American Identity in New York, 1880-1939. Jewish « landsmanshaften » in American culture, Detroit: Wayne State University Press, 2018.

Call for Papers for the section “Transatlantic Memories”, Transatlantic Cultures: an open-access, multimedia, interactive platform

Argument

From a transatlantic perspective, the themes of memory and heritage evoke a permanent oscillation between universal and specific values, trauma and healing, individual experiences and collective narratives. Shaped by a familiar process of selection and oblivion, the construction of memory is produced by communities that memorialize and pay tributes while being inscribed both in particular territories (a given block, neighborhood, town, region, or country) and in spaces of transfer.[1] Besides, the Atlantic is a space of circulation for individuals and groups, but also for narratives and cultural products fraught with heritage. In this respect, the practical means of transatlantic circulation and mobility, such as steamships, the media, the written press, iconography; the radio, TV and the Internet, represent key elements that all analyses will need to be taken into account.

Over the past decade, on each side of the Atlantic Ocean, the field of memory studies takes more and more space in academia, in response to the ever-increasing demand of civil society, which led the anthropologist David Berliner to designate it as a “memory boom”.[2] As William Johnston also suggested, “the cult of anniversaries”, [3] particularly between Europe and the United States, has possibly caused the emergence of a “Great Calendar” of commemorations, organizing time around the memory. This notion is also related to the diachronic dimension of the notion, which leads scholars to analyze the contexts of (re)awakening of memory as well as interrogate periods of silence of the memory. For instance, Hasia Diner deconstructed the myth of the silence around the memory of the genocide of the European Jews in the United States between 1945 and 1962. [4] We also invite analyses of the role of transatlantic circulation in memory politics (regarding the place of African Americans in those of West African states, for example); discussions of the political dimension of transatlantic memories (e.g. the state’s role in the building of memorial sites or the institution of remembrance days, such as Yom HaShoah). The transnational dimension of these sites of memory and remembrance days should also be addressed.[5]

The field of trauma studies has already been mapped by a variety of scholars—historians, unsurprisingly, but also anthropologists and ethnologists, sociologists, geographers, cultural studies specialists—who have offered abundant bibliographical resources. Migrant legacies hark back to trauma, bereavement, and the scars lefts by mass-scale violence, such as slave trades, genocides, massacres and pogroms, economic violence (with forced migrations caused by hunger and poverty), systemic domination and denial of Othered cultures within state or colonial structures. A hands-on and emotional approach to memory phenomena[6] is behind the organized tours of emblematic sites of memory such as Gorée Island or Ellis Island, cemeteries, plantations and museums (around slavery, African American or Japanese American heritage, or The National Memorial for Peace and Justice in Montgomery, Alabama, where each of the counties where a lynching occurred is invited to reclaim the steel slab bearing the name of the victim, among the 4,400 on display.)

It is also of interest to analyze the consensus dynamics leading up to the prioritizing of certain stakes for memory sites and commemoration dates. In Europe in particular, it is necessary to address the prominent phenomena of minorities competing for the official recognition of their ancestors’ traumas, as well as conflicts over policies of public commemorations, involving the activism of lobbies and community organizations that call for the acknowledgement of neglected legacies. This connection between memory and controversy also invites further investigation of those whom the French historian Pierre Vidal-Naquet designated as the “assassins of memory”—revisionists, negationists, Holocaust deniers—who contest the validity of an official memory narrative or refuse to make room for the social, political or media recognition of a socio-cultural group. Also included in the discussion are the fascination with the trope of the vanishing American Indian, the specter of foreign invasion in eugenicist writings, the anti-miscegenation rhetoric promoting a narrative of loss of identity, in contrast with the perpetuation of the mystique of the “Lost Cause” in the American South and in the rest of the U.S.A. as well as Canada or Europe. The essentialist temptations of appropriating legacies are also perceptible in the marketing and consumption of DNA tests, genealogy and psychogenealogy. Contributors are therefore encouraged to keep sight of both the discursive and legal/judicial aspects of the treatment of memory.

Hopefully, this section of the encyclopedia will open space for a multi-criteria discussion of the plurality of rhythms for commemorating on each side of the Atlantic Ocean, analyzing these phenomena as partaking in the processes of bricolage (as per Claude Lévi-Strauss’ definition) and reinvention of memory. How do community networks and social clubs contribute to produce a transatlantic memory, as in the cases of the Lower East Side’s landsmanshaften[7]or the groups of biracial children of Jewish and West Indian, African or African American parents? How are patterns of counter-transfers of memory exemplified in the reception of artistic and literary works such as Alex Haley’s Roots with African audiences, in the popularity of learning Swahili in the U.S.A to reconnect with African ancestors or embracing a Kosher diet and culinary traditions to reconnect with the Jewish ancestors rather than out of religious beliefs? To what extent is the reinvention of memory achieved via historical reenactments? The question of transforming sites of memory into tourist sites will hold center stage, as well as the commodification of traditional worship ceremonies such as pow-wows and sweat lodges in the U.S.A, Dogon ceremonies set up in Mali for tourists from Europe or the Americas, or ceremonies of consumption of hallucinogenic mushrooms, peyote or ayahuasca under the supervision of shamans in Mexico, Peru or Ecuador.

The Atlantic space, understood as an active and dynamic matrix informed by competing processes of definition and redefinition, invites a revaluation of the stakes of memory by taking some distance from approaches restricted to national or area studies that might exclude postcolonial perspectives. TRACs wishes to go beyond comparative approaches by encouraging cross-perspectives and interconnectedness.

Consequently, contributions may include the following themes, among other possible ones:

  • Expressions of memory in artistic and literary productions as well as cultural practices
  • Memory policies and institutions (memorials museums, research centers, archive collection, oral histories projects, laws instituting commemorations, legal aspects, legitimacy issues, conflicts over the official acknowledgement of community traumas)
  • Rhythms, scales and “places”, rootedness and circulations of transatlantic memories (anniversaries, commemorative calendars, creation of tourist sites and commodification of legacies, micro- and macro-historical approaches to memory sites.)
  • Political, ideological and legal aspects of the construction of memory (activist legacies, community heritage, negationist and revisionist critiques, the role of postcolonial/subaltern studies approaches in the construction of memories within the Atlantic space)
  • Memories of bereavement and trauma (legacies of global wars and regional wars, civil wars, memories of mass violence such as the transatlantic slave trade; genocides, pogrom-related violence, silenced memories, processes of oblivion and remembrance, Toni Morrison’s concept of “rememory”.)

Submission guidelines

Full-length research papers as well as shorter biographical entries are welcome. Guidelines for authors may be found at https://tracs.hypotheses.org/resources-ressources/guidelines  

The deadline for submission of the completed texts is September 30, 2020.

Please send your contributions to anais.flechet@uvsq.fr, jean-sebastien.noel@univ-lr.fr, cecile.coquet-mokoko@uvsq.fr

Selection committee

  • Cécile Coquet-Mokoko, Professeure des Universités en civilisation des Etats-Unis, Université de Versailles-Saint-Quentin / Professor, Cultural History of the USA, African American Studies and Gender Studies, University of Versailles-Saint-Quentin, France
  • Anaïs Fléchet, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Université de Versailles-Saint-Quentin / Associate Professor, Contemporary History, University of Versailles-Saint-Quentin, France
  • Jean-Sébastien Noël, maître de conférences en histoire contemporaine, Université de La Rochelle / Associate Professor, Contemporary History, University of La Rochelle, France

Indicative bibliography

  • Augeron, Mickaël, Poton, Didier, Van Ruymbeke, Bertrand, eds., Les Huguenots et l’Atlantique. Fidélités, raciness et mémoires, Paris: Les Indes Savantes, 2012.
  • Berenson, Edward, The Statue of Liberty: A Transatlantic Story, New Haven, London: Yale University Press, 2012.
  • Berliner, David, « The abuses of memory. Reflections on the memory boom in anthropology », Anthropological Quarterly, vol. 78, n° 1, « Bringing the past into the present: family narratives of Holocaust, exile, and diaspora », pp. 197-211.
  • Bernier, Céleste-Marie et Newman, Judie, ed., Public Art, Memorials and Atlantic Slavery, London, New York: Routledge, 2009.
  • Giemza, Bryan Albin, ed., Rethinking the Irish in the American South. Beyond Rounders and Reelers, Jackson: University of Mississippi Press, 2013.
  • Derefaka, Abi Alabo, The Vile trade: slavery and the slave trade in Africa, Durham: Carolina Academic Press, 2015.
  • Diner, Hasia, We Remember With Reverence and Love. American Jews and the Myth of Silence after The Holocaust, 1945-1962, New York, London: New York University Press, 2010.
  • Edwards, Sam, Allies in memory: World War II and the politics of American commemoration in Europe, c. 1941-2001, Cambridge: Cambridge University Press, 2015.
  • Johnston, William M, Celebrations: the cult of anniversaries in Europe and the United States today, New Brunswick: Transaction Publishers, 2011.
  • Leservoisier, Olivier et Trabelsi, Salah, Résistances et mémoires des esclavages : espaces arabo-musulmans et transatlantiques, Paris : Karthala – CIRESC, 2014.
  • Oldfield, John R., « Chords of Freedom »: Commemoration, Ritual and British Transatlantic Slavery, Manchester: Manchester University Press, 2007.
  • Oostindie, Gert J., ed., Facing up to the Past: Perspectives on the Commemoration of Slavery from Africa, the Americas and Europe, Kingston: Ian Randle Publishers, 2001.
  • Opoku-Agyemang, Naana, Lovejoy, Paul E. et Trotman, David V., Africa and Trans-Atlantic memories: literary and aesthetic manifestations of diaspora and history, Trenton: Africa World Press, 2008.
  • Pohlsander, Hans A., German Monuments in the Americas: Bonds Across the Atlantic, Oxford, New York: Peter Lang, 2010.
  • Rice, Alan, Creating Memorials, Building Identities: The Politics of Memory in the Black Atlantic, Liverpool: Liverpool University Press, 2012.
  • Rinner, Susanne, The German student movement and the literary imagination: transnational memories of protest and dissent, New York, Oxford: Berghahn Books, 2013.

Notes

[1] Augeron, Mickaël, Poton, Didier, Van Ruymbeke, Bertrand, eds., Les Huguenots et l’Atlantique. Fidélités, raciness et mémoires, Paris: Les Indes Savantes, 2012. 

[2] Berliner, David, « The abuses of memory. Reflections on the memory boom in anthropology », Anthropological Quarterly, vol. 78, n° 1, « Bringing the past into the present: family narratives of Holocaust, exile, and diaspora », pp. 197-211.

[3] Johnston, William M, Celebrations: the cult of anniversaries in Europe and the United States today, New Brunswick: Transaction Publishers, 2011.

[4] Diner, Hasia, We Remember With Reverence and Love. American Jews and the Myth of Silence after The Holocaust, 1945-1962, New York, London: New York University Press, 2010. 

[5] Rice, Alan, Creating Memorials, Building Identities: the Politics of Memory in the Black Atlantic, Liverpool: Liverpool University Press, 2012. 

[6] Chevalier, Dominique, « Que deviennent les mémoires douloureuses aux musées : un universel métissé ? », Mondes du Tourisme [on line], 14 | 2018, June 30, 2018, retrieved on January 30, 2020. URL: http://journals.openedition.org/tourisme/1769

[7] Soyer, Daniel, Jewish Immigrant Associations and American Identity in New York, 1880-1939. Jewish « landsmanshaften » in American culture, Detroit: Wayne State University Press, 2018.

Date(s)

  • Wednesday, September 30, 2020

Keywords

  • Atlantique, mémoires, circulations transatlantiques, politiques mémorielles, lieux de mémoire, esclavage, génocides, migrations

Contact(s)

  • Jean-Sébastien NOËL
    courriel : jean-sebastien [dot] noel [at] univ-lr [dot] fr

Information source

  • Jean-Sébastien NOËL
    courriel : jean-sebastien [dot] noel [at] univ-lr [dot] fr

To cite this announcement

« Cultural Histories of the Atlantic World (18th – 21st Centuries) », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, July 21, 2020, https://calenda.org/791802

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