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Approches pour l’histoire de la langue berbère

Approaches to the history of berber

Mise en perspective d’une langue à travers les âges

Perspectives on a language through the ages

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Veröffentlicht am Mittwoch, 19. August 2020 bei Elsa Zotian

Zusammenfassung

Le berbère, une langue vivante pratiquée partout dans le Nord de l’Afrique, a fait l’objet de travaux linguistiques significatifs. Cependant comparativement aux études portant sur la langue actuelle, les états anciens de la langue en ont beaucoup moins bénéficié, pas plus qu’on n’ait tenté d’une manière approfondie une approche historique globale de la langue. Dans le but de rétablir un équilibre et de pallier une lacune, nous proposons courant 2020 et 2021 d’organiser deux rencontres scientifiques internationales qui permettront de faire un état des lieux des ressources disponibles, de fixer des priorités sur l’analyse des sources documentaires ainsi que la linguistique historique, tout en créant des conditions de débats fructueux entre chercheurs. Nous espérons, avec cette alliance des archéologues, des généticiens des populations, des philologues, des anthropologues, des historiens et des linguistes (descriptivistes, comparatistes, etc.), que nous pourrons atteindre certains des objectifs fixés.

Inserat

Argumentaire

Le berbère, une langue vivante pratiquée partout dans le nord de l’Afrique, a fait l’objet de travaux linguistiques significatifs. Cependant comparativement aux études portant sur la langue actuelle, les états anciens de la langue en ont beaucoup moins bénéficié, pas plus qu’on n’ait tenté d’une manière approfondie une approche historique globale de la langue. Dans le but de rétablir un équilibre et de pallier une lacune, nous proposons courant 2020 et 2021 d’organiser deux rencontres scientifiques internationales réunissant des chercheurs de plusieurs spécialités : linguistique historique, humanités classiques et médiévales, histoire, archéologie, anthropologie, génétique des populations. Le colloque de cette année (décembre 2020) aura lieu en région parisienne. Celui de l’année prochaine dans une université ou un centre de recherche établi à l’étranger. Ce qui permettra de faire un état des lieux des ressources disponibles, de fixer des priorités sur l’analyse des sources documentaires ainsi que la linguistique historique, tout en créant des conditions de débats fructueux entre chercheurs. Nous l’espérons, ce sera avec cette alliance des archéologues, des généticiens des populations, des philologues, des anthropologues, des historiens et des linguistes (descriptivistes, comparatistes, etc.) que nous pourrons atteindre certains des objectifs fixés.

Rappelons qu’il y n’y a pas si longtemps, où rares les chercheurs berbèrisants, qui pouvaient s’investir à plein temps dans la thématique de l’histoire de la langue berbère, quelle qu’elle en soit l’approche. Aujourd’hui, ce qui est nouveau est que ce thème particulier commence à avoir un regain d’intérêt. Par exemple, l’on constate qu’année après année, certains historiens, antiquisants et médiévistes, viennent jeter quelque lueur dans la compréhension de certains phénomènes, comme la latinisation et le christianisme dans l’Antiquité et, au Moyen Âge, les questions d’islamisation et d’arabisation des régions d’Afrique du Nord, surtout là où les sources font défaut ou quand les documents disponibles posent un problème d’interprétation. D’autres investigations de ces dernières années, qui portent sur les sources médiévales de langue arabe, ont permis de documenter un peu plus des pans de l’histoire du berbère.

Pour revenir à notre propos initial, l’une des problématiques, qui est posée, se situe au-delà de la question de l’origine des langues. Il y a lieu plutôt de voir comment la langue berbère (et ses variétés) dans le nord-ouest africain (Maghreb et Sahara) a pu se maintenir et se pérenniser pendant des siècles, voire des millénaires. Cette langue fut attestée probablement dans la haute Antiquité, depuis le Nouvel Empire égyptien, pratiquée par des populations venues de l’ouest du Nil, qui finirent par s’installer dans la vallée en Égypte – un ensemble que les égyptologues désignent traditionnellement comme les « Libyens ». D’autres témoignages qui sont venus après, allant des documents grecs, puniques, néo-puniques, latins, hébraïques, jusqu’aux écrits de langue arabe, sont vecteurs de nombreuses données. Depuis le XIXe siècle, la découverte par des scientifiques de documents dus à des Berbères eux-mêmes, nous restitue des textes originaux, berbères ou arabo-berbères, de plusieurs époques.

Autant de sources qui vont nous renseigner aisément sur des états de la langue, dont les textes sont issus de plusieurs types de supports : énoncés épigraphiques, œuvres des humanités classiques, textes originaux nord-africains pourvoyeurs de la langue berbère à travers des manuscrits. Il est évident que lorsque l’on travaille sur une langue ancienne et quand on cherche à rendre compte de l’évolution d’un phénomène linguistique on doit avoir à sa disposition des énoncés attestés. C’est dire que la question des corpus et des textes revêt ici toute son importance.

Pour approfondir l’aspect historique de la langue, on peut envisager trois types d’approche, simultanément ou de manière indépendante :

(1) L’exploitation de sources pourvoyeuses de témoignages sociolinguistiques et de données directes sur la langue (et ses variétés), qu’il s’agisse d’onomastique, toponymes et anthroponymes, de vocables ordinaires, de phrases, voire de textes plus ou moins longs. L’on pourra convoquer à cet égard l’épigraphie, la littérature historico-géographique (grecque, latine, arabe, ...) ancienne et moins ancienne, sans oublier des textes écrits directement en berbère et produits depuis le Moyen Âge par des rédacteurs natifs.

(2) La méthode génétique ou typologique, mais aussi la linguistique historique, notamment la méthode comparative et la reconstruction interne, qui permettent de déceler certains aspects d’une langue ancienne à partir des langues et des parlers qui en descendent. La combinaison de ces méthodes avec l’étude du contact linguistique permet d’identifier les traces qu’a laissées une telle langue chez ses voisins, et d’analyser le contexte culturel dans lequel des vocables ont été empruntés, suivant le modèle Wörter und Sachen.

(3) La mise à profit de sciences auxiliaires, comme l’archéologie, l’anthropologie et la génétique des populations.

Autant cette approche constitue un des biais ou des méthodes indirectes, autant les deux premières sont au cœur même de la problématique dans la mesure où elles touchent directement aux données du langage. Tous ces points on va les retrouver dans les axes qui vont suivre. Les acteurs du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche sont invités à faire des propositions parmi ces onze axes de recherche :

  1. Les anciens Libyens et leur langue à travers les documents égyptiens : textes monumentaux, inscriptions privées, papyrus.

  2. Le libyque de l’Antiquité classique à travers diverses sources : humanités gréco-latines, épigraphie libyco-berbère, punique, grecque, latine, …

  3. Le berbère médiéval et précolonial, tel qu’il nous est parvenu, à travers la littérature de langue arabe : textes géographiques, historiques, juridiques, hagiographiques, didactiques, inscriptions funéraires, graffiti…

  4. Le berbère du Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle A.D. à travers des œuvres écrites directement en berbère, notamment les manuscrits en caractères arabes telles qu’on les découvre de plus en plus, et les inscriptions sahariennes prémodernes qui constituent un lien peu étudié entre la tradition libyque antique et le tifinagh des Touaregs de nos jours.

  5. Le berbère entre le XVIe et le XIXe siècle A.D. à travers des ouvrages de voyageurs européens. À cet égard, le berbère des îles Canaries constitue un cas d’école.

  6. Dans cette histoire longue, le berbère en relation avec les langues voisines et les langues apparentées : ses affiliations génétiques et typologiques, et les effets de contact lexicaux et structuraux ; l’hypothèse afroasiatique et la position du berbère au sein de cette famille ; les possibles substrats (langues « méditerranéennes », « euro-sahariennes », ou autres) …

  7. Toutes questions inhérentes au rapport langue et société, où l’on considère le langage comme un fait social : approches anthropologiques et sociolinguistiques des usages linguistiques.

  8. La linguistique diachronique qui a pour corollaire les différentes méthodes de reconstruction (méthode historico-comparative, comparaisons interdialectales …) ; elle serait susceptible d’œuvrer à la compréhension de certains phénomènes, comme l’homogénéité / stabilité et évolution / variations du berbère. Une question non des moindres, celle de la reconstruction du « proto-berbère » ou les arguments allant à l’encontre de son existence …

  9. Les études onomastiques nord-africaines comme moyen d’éclairage de certains faits linguistiques.

  10. La question épigraphique : les inscriptions libyco-berbères dans toutes leurs déclinaisons (monumentales et funéraires libyques, inscriptions rupestres du Maghreb du Nord et du Sahara, inscriptions canariennes).

  11. Le berbère à la croisée de l’histoire ancienne, de l’archéologie, de l’anthropologie et de la génétique des populations.

Il n’est pas exclu d’avoir des propositions inter-axes. Elles sont toutes les bienvenues, les unes et les autres, de même celles qui explorent des données empiriques ou celles qui s’appuient sur des approches théoriques à même de penser et analyser certains changements linguistiques. Aussi des études qui exposeront des faits inédits ou qui renouvelleront l’approche de certains phénomènes sont-elles très appréciées.

Dernière disposition, parallèlement à ce colloque thématique et tout à fait vers la fin, sont prévus deux ou trois ateliers dédiés à la langue et aux discours berbères contemporains.

Page internet de la manifestation : https://www.mshparisnord.fr/event/langue-berbere/

Conditions de soumission

Les propositions de communication sont à envoyer

dès maintenant et avant le 5 octobre 2020

aux responsables de l’organisation du colloque :

  • Ouahmi Ould-Brahanm (ouahmi.ould-braham@mshparisnord.fr) ;
  • Mehdi Ghouirgate (mehdi.ghouirgate@gmail.com)
  • et Lameen Souag (lameen@gmail.com).

Les propositions devront s’inscrire dans l’un des onze axes définis ci-dessus. Elles feront obligatoirement apparaître : l’axe dans lequel se situe la proposition, le nom de l’auteur, son établissement, ses fonctions et coordonnées, le titre de la contribution, le résumé (moins de 10 lignes), 4 mots clés.

Chaque proposition sera évaluée et les avis d’acceptation seront envoyés aux auteurs à partir du 12 octobre 2020.

La durée prévue des communications est de 20 minutes.

Les textes complets, longs de 25 000 signes au maximum (espaces compris), doivent parvenir avant le 15 novembre 2020 pour être inclus dans les Actes. Ils devront être accompagnés d’un résumé (moins de 1 000 signes) en français.

Calendrier

  • 5 octobre 2020 : Date limite de réception des propositions (résumé et CV) pour évaluation.

  • 12 octobre 2020 : Début des notifications et retour des expertises à tous les auteurs.
  • 15 novembre 2020 : Date limite de réception des versions corrigées et définitives des textes acceptés.
  • 20 novembre 2020 : Date limite d’inscription au colloque pour au moins l’un des auteurs.
  • 17/18/19 décembre : tenue du colloque

Comité d’organisation

  • Ramdane Boukherrouf (Université Mouloud Mammeri, Tizi-Ouzou, Algérie).
  • Mehdi Ghouirgate (Bordeaux 3 Michel Montaigne, France).
  • Nadia Kaaouas (Université Hassan II, Casablanca, Maroc).
  • Ouahmi Ould-braham (MSH Paris Nord, La Plaine Saint-Denis, France).
  • Valentina Schiattarella (ʿL’Orientaleʾ, Università degli studi di Napoli, Italie).
  • Lameen Souag (Lacito, UMR 7107 : CNRS / Paris 3 - Sorbonne Nouvelle / Inalco, France).

Comité scientifique

  • Abdelaziz Allati (Université de Tétouan-Tanger, Maroc).
  • Gabriel Bergounioux (Université d’Orléans, France).
  • Fatima Boukhris (Université Mohamed V, Rabat, Maroc).
  • Ahmed Boukous (Institut Royal de la Culture Amazighe, Rabat, Maroc).
  • Pascal Buresi (École des Hautes Études en Sciences sociales, Paris, France).
  • Frédéric Colin (Université de Strasbourg, Institut d’Égyptologie, France).
  • Anna Maria Di Tolla (Université « Orientale » de Naples, Italie).
  • Elizabeth Fentress (University College London, Royaume-Uni).
  • Mansour Ghaki (Institut National du Patrimoine, Tunis, Tunisie).
  • Malika Hachid (CNRPAH, Parc national du Tassili, Djanet, Algérie).
  • Jean-Marie Hombert (CNRS, équipe HELAN « Histoire et écologie du langage et des langues », France).
  • Farid Kherbouche (Centre National de Recherches Préhistoriques, Anthropologiques et Historiques, Alger, Algérie).
  • Bernard Laks (Paris 10-Nanterre et Observatoire des pratiques linguistiques, DGLFLF, France).
  • Alexander Militarev (Russian State University for the Humanities, Moskow, Fédération de Russie).

Orte

  • 4eme étage - MSH Paris Nord, 20 Avenue George Sand
    Saint-Denis, Frankreich (93)

Daten

  • Montag, 05. Oktober 2020

Schlüsselwörter

  • linguistique historique, langue berbère, sciences auxiliaires, textes, corpus

Kontakt

  • Ouahmi Ould-Braham
    courriel : ouahmi [dot] ould-braham [at] mshparisnord [dot] fr
  • Valentina Schiattarella
    courriel : vale [dot] schiattarella [at] gmail [dot] com
  • Lameen Souag
    courriel : lameen [at] gmail [dot] com

Informationsquelle

  • Ouahmi Ould-Braham
    courriel : ouahmi [dot] ould-braham [at] mshparisnord [dot] fr

Zitierhinweise

« Approches pour l’histoire de la langue berbère », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Mittwoch, 19. August 2020, https://calenda.org/794721

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