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Dépasser la limite

Oltrepassare il limite

Overstepping the mark

Deuxième rencontre des jeunes chercheurs sur l'Italie préromaine

Second conference of young researchers into pre-Roman Italy

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Veröffentlicht am Freitag, 04. September 2020 bei Céline Guilleux

Zusammenfassung

Du 10 au 12 mars 2021 se tiendra à Paris la deuxième édition de la rencontre des jeunes chercheurs travaillant sur l'Italie préromaine. Elle a pour thème « Dépasser la limite ». Le colloque est pluridisciplinaire. Toutes les disciplines sont bienvenues pour discuter de la limite dans toutes ces acceptions : territoriales, culturelles et idéelles. Les analyses pourront se mener à diverses échelles, de l’artefact ou du site à la région. L’ensemble du territoire italien est concerné, des régions septentrionales et intérieures à la Grande Grèce et à la Sicile en passant par la Sardaigne, les façades tyrrhéniennes et adriatiques (avec des extensions possibles vers les territoires immédiatement environnants dont la Corse). Le cadre chronologique envisagé est assez ample, du Bronze récent au Principat d’Auguste.

Inserat

Argumentaire

« On peut en effet affirmer à présent que cette civilisation s’est formée et définie, en tant que réalité historique en Italie, entre le Tibre et l’Arno »[1]. Dans l’avant-propos de l’un de ses ouvrages phare, le père de l’étruscologie moderne situe nettement les limites de l’Etrurie antique entre deux fleuves, selon une habitude historiographique toujours en vogue aujourd’hui. L’inscription des limites au cœur de l’histoire des civilisations se retrouve également dans la tradition antique avec la légende rapportée au sujet de la fondation de Rome et la première délimitation concrète et sacrée de l’Urbs, lesquelles ont généré une littérature pléthorique, entraînant dans son sillage l’utilisation fréquente et massive, dans les études antiques, des concepts de frontières, de limites et délimitations, du temenos ou pomerium sacré au limes rhénan en passant par le terminus désignant tout à la fois la borne comme limite de propriété et la limite d’un art. La délimitation spatiale du paysage serait, à en croire Frontin, d’origine étrusque[2], ce que nombre d’étruscologues ont cherché à retrouver dans les témoignages textuels, épigraphiques et archéologiques, depuis les cippes de bornage (bornes tular[3]) jusqu’à la répartition géographique des peuples de l’Italie préromaine[4] en passant par les rituels de fondation de cités.

Si la frontière a fait l’objet de nombreuses pistes de recherche ces dernières années[5], la notion de limite nous semble propice à une réflexion méthodologique plus large et pluridisciplinaire. Fondamentalement ancrée dans le vocabulaire de la géographie, la limite est d’abord assimilée à une « ligne qui détermine une étendue » (CNRTL) qui, par extension, la distingue d’une autre. En ce sens, parce qu’elle sépare un ici d’un ailleurs, le familier de l’étranger, la norme de la marge, elle est productrice de discontinuité spatiale, culturelle ou mentale. Elle fait et défait les identités en générant l’altérité. En parlant de limites, c’est d’abord la frontière séparant deux territoires qui vient à l’esprit : on s’intéressera à son inscription concrète dans le paysage (enceinte, muraille, bornes…) et aux moyens de la franchir (ponts, portes, ports, routes), ainsi qu’à sa représentation dans les sociétés anciennes. Dans une acception davantage métaphorique, la limite peut être invisible, formant un seuil entre deux entités : profane/sacré, vivant/mort, privé/public. Enfin, la limite convoie une forte valeur épistémologique et réflexive qui doit attirer le chercheur sur le choix de ses propres catégories lexicales et conceptuelles pour étudier les sociétés antiques : où fixer la limite entre importation et imitation d’un vase céramique ? Entre deux périodes chronologiques ? Entre deux groupes ethniques ? Entre enfance et âge adulte ? Entre les genres ? Comment la transcrire en cartographie, et avec quelles conséquences ? Fixe ou dynamique, d’origine anthropique ou naturelle, la limite n’est en effet pas toujours réductible à une ligne, elle est aussi une interface dotée d’une certaine épaisseur.

C’est dans cette perspective résolument ouverte et pluridisciplinaire (archéologie, histoire, philologie, épigraphie, archéogéographie…) que les organisateurs de la Deuxième rencontre des jeunes chercheurs sur l’Italie préromaine, proposent aux doctorant.e.s et jeunes docteur.e.s de soumettre leurs contributions sur les différents types de limites dans l’Italie préromaine. Pourront ainsi être convoqués lors de ce colloque, l’étude des limites territoriales (frontières, bornage, réseaux d’échanges, circulations, transferts), des limites du sacré et du profane mais aussi des contextes funéraires vis-à-vis de la sphère domestique, l’analyse des transferts linguistiques mais aussi de la transmission de la littérature antique, l’examen du contexte historiographique qui a vu évoluer la pertinence de la notion de « limites » dans l’Italie préromaine, sans oublier la problématique des limites des catégories de l’entendement pour appréhender les sociétés anciennes. L’enjeu n’est pas tant de définir des limites en découpant l’espace que de discuter de leur nature, de leur étendue et de leur perception.

Les analyses pourront se mener à diverses échelles, de l’artefact ou du site à la région. L’ensemble du territoire italien est concerné, des régions septentrionales et intérieures à la Grande Grèce et à la Sicile en passant par la Sardaigne, les façades tyrrhénienne et adriatique (avec des extensions possibles vers les territoires immédiatement environnants dont la Corse). Le cadre chronologique envisagé est assez ample, du Bronze récent au Principat d’Auguste.

L’esprit de la rencontre est aussi de créer et de resserrer des liens scientifiques et humains entres chercheurs de différentes spécialités, universités et nationalités. Dans cette perspective, le mode classique du colloque avec une présentation individuelle sera associé à celui d’une table-ronde pluridisciplinaire autour de problématiques épistémologiques qui questionneront les limites de notre propre savoir de chercheur, celles qui nous poussent à l’humilité et à la production collective de la connaissance scientifique. Les temps d’échanges seront aussi favorisés lors de moments de convivialité et d’une excursion d’une demi-journée le 12 mars.

Modalités de contribution

Date limite d’envoi des contributions : 15 octobre 2020

Devront figurer explicitement :

  • Titre de la contribution
  • Résumé en 350 mots
  • 5 mots-clefs
  • CV
  • Langue : français, italien, anglais

A Anne-Lise.Bayle@univ-paris1.fr et martin.jaillet@ephe.sorbonne.fr

Une réponse sera apportée avant le 15 novembre 2020. Les contributions, d’une durée de 20 minutes, pourront faire l’objet d’une publication. Un défraiement est prévu pour les communicant.e.s.

Comité d'organisation

  • Martin Jaillet, EPHE, AOrOc
  • Anne-Lise Baylé, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, ArScAn

Notes

[1] PALLOTTINO M., La civilisation étrusque, Paris, Payot, 1949, p. 7.

[2]« Limitum prima origo, sicut Varro descripsit, a disciplina Etrusca », BLUME F., LACHMANN K., RUDORFF A. (Hrsg.), Die Schriften der römischen Feldmesser, Berlin, Georg Reimer, 1848, p.27 l.13-p.28 l.4 (De limitibus).

[3] LAMBRECHTS R., Les inscriptions avec le mot « tular » et le bornage étrusque, Florence, L. S. Olschki, 1970.

[4] BOURDIN S., Les peuples de l'Italie préromaine : identités, territoires et relations inter-ethniques en Italie centrale et septentrionale (VIIIe-Ier s. av. J.-C.), Rome, EFR, 2012.

[5] Journée doctorale des doctorants de l’ED 112, Archéologie de la frontière (2014) ; CUPITÒ M., VIDALE M., ANGELINI A. (éd.), Beyond Limits. Studi in onore di Giovanni Leonardi, Padoue, Padova University Press, 2017 ; Revue Frontière.s des jeunes chercheurs de la MOM fondée en 2019 ; colloque Cités de frontière, villes des marges. Regards croisés et perspectives de recherche sur les formes urbaines (de l’époque archaïque à l’Antiquité tardive), Mulhouse, 2019 ; colloque Incontrarsi al limite: ibridazioni mediterranee nell’Italia preromana, Ferrare, 6-8 juin 2019.

Orte

  • Campus Condorcet
    Paris, Frankreich (75)

Daten

  • Donnerstag, 15. Oktober 2020

Schlüsselwörter

  • étrusque, frontière, confin, territoire, échange, identité, culture, transfert, représentation, paysage, discontinuité spatiale, funéraire, rite, sacré, profane

Kontakt

  • Anne-Lise Baylé
    courriel : Anne-Lise [dot] Bayle [at] univ-paris1 [dot] fr
  • Martin Jaillet
    courriel : martin [dot] jaillet [at] ephe [dot] sorbonne [dot] fr

Informationsquelle

  • Anne-Lise Baylé
    courriel : Anne-Lise [dot] Bayle [at] univ-paris1 [dot] fr

Zitierhinweise

« Dépasser la limite », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Freitag, 04. September 2020, https://calenda.org/798568

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