HomeAre the margins really at the centre?

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Are the margins really at the centre?

Les marges sont-elles vraiment le centre ?

Reflection of the heuristic use of the dynamics of margins in the humanities and social sciences

Réflexion sur l’usage heuristique de la dynamique des marges en sciences humaines et sociales

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Published on Friday, October 30, 2020 by Céline Guilleux

Summary

Le 17 janvier 2020, la journée d’étude organisée à l’université Paris Nanterre, intitulée La marginalité comme modèle – Étude critique transdisciplinaire d'un paradigme des marges, réunissant des jeunes chercheur·se·s de diverses disciplines, a convaincu ses participant·e·s qu’un espace était disponible pour l’étude approfondie de ce « paradigme des marges » dans les sciences humaines et sociales. Les exposés des participant·e·s à cette première journée d’étude, jeunes chercheur·se·s en anthropologie, géographie, littérature, histoire et mathématiques, ont permis de dégager un certain nombre de pistes de recherches que nous voudrions explorer dans un séminaire mensuel, dont les deux fondements demeureront l’ouverture disciplinaire et le recul critique et méthodologique sur l’objet de recherche.

Announcement

Séminaire interdisciplinaire

Université Paris Nanterre – janvier-juin 2021

Argumentaire

Le 17 janvier 2020, la journée d’étude organisée à l’université Paris Nanterre, réunissant des jeunes chercheur·se·s de l’université provenant de diverses disciplines, a convaincu ses participant·e·s qu’un espace était disponible pour l’étude approfondie de ce que nous avons appelé un « paradigme des marges » dans les sciences humaines et sociales. Nous écrivions, dans notre précédent appel à communications qui demeure notre programme de recherche, que « les marges [...] apparaissent comme un outil de pensée, un paradigme transdisciplinaire dont il convient d’examiner les enjeux et les nuances. » En effet, le rapport de domination du centre sur la périphérie, qu’il soit géographique, anthropologique, sociologique ou symbolique, est souvent enrichi, complexifié, nuancé par la mise en avant des interactions entre les deux pôles, ce qui peut prendre la forme d’un retournement paradoxal de la hiérarchie, jusqu’à faire de la périphérie le centre réel ou à venir. Nous souhaitions ainsi interroger la place des marges dans différents champs disciplinaires en opérant un retour critique sur l’utilisation de cet « outil de pensée ».

Les exposés des participant·e·s à cette première journée d’étude, jeunes chercheur·se·s en anthropologie, géographie, littérature, histoire et mathématiques, ont permis de dégager un certain nombre de pistes de recherches que nous voudrions explorer dans un séminaire mensuel, dont les deux fondements demeureront l’ouverture disciplinaire et le recul critique et méthodologique sur l’objet de recherche. Aux axes déjà évoqués dans le précédent appel, nous voudrions ainsi orienter les futures interventions vers les problématiques suivantes :

  • La relativité des notions de marge et de marginalité, contre une essentialisation de celles-ci : il y a toute une échelle (ou un continuum) de marginalités dont les limites sont fluctuantes. Cela doit amener à interroger ce par rapport à quoi les marges se construisent ou sont construites, et si les interactions entre marges et centre peuvent toujours être décrites par un même paradigme. Dans cette perspective, une réflexion est à mener sur tous les acteurs des marges qui reconfigurent cette échelle : sur ceux qu’on a nommés des « créateurs de marges / de marginalités », qu’ils soient humains ou non-humains (objets, discours, lieux...), sans oublier les marginaux et marginales elles-mêmes.
  • La position épistémologique du chercheur·se : la relativité de la définition des marges doit se refléter également dans la démarche de recherche de l’observateur·trice de la marge. La mobilité n’est donc pas seulement un critère pour définir la marge elle-même mais aussi pour l’analyser. En fonction des outils de recherche (documentation, concepts, position méthodologique), une marge peut apparaître ou disparaître, ce qui nous a été illustré en mathématiques avec le théorème de Jordan : pour découvrir si un point est dedans ou dehors, il faut un mouvement. Cette mobilité permet de construire la définition de la relation centre-marge et demande à être explicitée comme position de travail.
  • La légitimité de ce qui pourrait s’appeler les « études des marges » dans les sciences humaines et sociales : à l’instar des « études de genre » fondamentalement pluridisciplinaires, peut-on considérer les marges comme un objet de recherche dont la définition complexe serait à même de réunir plusieurs domaines scientifiques (anthropologie, sociologie, géographie, histoire – où les subaltern studies sont un champ de recherche séparé depuis les années 1980 – philosophie, littérature, etc.) ?
  • La place institutionnelle de la recherche sur la marginalité : au-delà de nos perspectives de base, toujours présentes, sur un diagnostic de l’utilisation des marges dans la recherche contemporaine, nous en sommes arrivés à nous demander si cette recherche souffrait ou non d’une absence de légitimité et pourquoi les chercheur·se·s faisaient le choix d’utiliser ce paradigme des marges dans leurs recherches. À côté des parcours personnels, nous nous demandons si l’étude des marges elles-mêmes ne se constitue pas comme un espace de pensée contre les politiques néolibérales, en lien avec la dégradation et la précarisation des conditions du travail académique et du statut des jeunes chercheur·se·s.

Nous faisons ainsi appel aux jeunes chercheur·se·s de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales pour poursuivre cette réflexion ouverte sur le paradigme des marges dans nos recherches. L’appel s’ouvre cette fois aux jeunes chercheur·se·s de toutes les universités. Les séminaires mensuels, de janvier à juin 2021, auront lieu à l’université Paris Nanterre et dureront deux heures, avec deux exposés de trente minutes et une discussion finale. Les modalités précises des séances seront définies en fonction de l’évolution du contexte sanitaire. En tenant compte des indications ci-dessus, l’objectif principal de ces exposés restera l’étude de la place des « marges » dans le champ de recherche du/de la jeune chercheur·se et dans ses propres recherches. Les propositions collectives reposant sur un travail transdiciplinaire sont les bienvenues.

Modalités de contribution

Les propositions de communication, de 500 mots maximum et accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à faire parvenir

avant le 30 novembre 2020

aux personnes suivantes : Alexandre Vlamos (avlamos@parisnanterre.fr) et Marie-Agathe Tilliette (tilliette.ma@parisnanterre.fr).

Vous pouvez retrouver ici le programme de la journée d’étude du 17 janvier 2020

Sélection des propositions de communication

  • Alexandre Vlamos (avlamos@parisnanterre.fr)
  • Marie-Agathe Tilliette (tilliette.ma@parisnanterre.fr)

Bibliographie indicative

Les Marginaux et les Exclus dans l’histoire, présentation de Bernard Vincent, Cahiers Jussieu n°5, Paris, UGE 10/18, 1979.

ASHCROFT, Bill, GRIFFITHS, Gareth ET TIFFIN, Helen, The Empire Writes Back: Theory and Practice in Post- Colonial Literature, London, Routledge, 1989.

BECKER, Howard, Outsiders: Study in the Sociology of Deviance, New York, The Free Press of Glencoe, 1963.

BHABHA, Homi K., The Location of Culture, London, Routledge, 1994.                         

BOULOUMIÉ, Arlette (éd.), Figures du marginal dans la littérature française et francophone, Recherches sur l’imaginaire, n°29, Angers, Presses de l’Université d’Angers, 2003.

BOURCIER Sam/Marie-Hélène, Queer zones : identités, cultures et politiques, Paris, Éd. Amsterdam, 2011.

CHAKRABARTY, Dipesh, Provincializing Europe. Postcolonial Thought and Historical Difference, Princeton, Princeton University Press, 2009.                 

DEPRAZ, Samuel, La France des marges : géographie des espaces “autres”, Paris, Armand Colin, 2017.

FEUILLEBOIS-PIERUNEK, Ève ET BEN LAGHA, Zaïneb (ÉD.), Étrangeté de l’autre, singularité du moi : les fgures du marginal dans les littératures, Paris, Classiques Garnier, 2015.

FORREST, Philippe ET SZKILNIK Michelle (éd.), Théorie des marges littéraires, Nantes, Éditions Cécile Defaut, 2005

FOUCAULT, Michel, Folie et déraison : histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Plon, 1961.

 — Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975.                                      

GOFFMAN, Erving, Stigma: Notes on the Management of Spoiled Identity, New York, Simon & Schuster, 1963.

GUHA, Ranajit (éd.), Subaltern Studies I, Delhi, Oxford University Press, 1982.

GUILLUY, Christophe, La France périphérique. Comment on a sacrifé les classes populaires, Paris, Flammarion, 2014.MARTINEZ-GROS, Gabriel, Brève Histoire des empires : comment ils surgissent, comment ils s’effondrent, Paris, Éd. du Seuil, 2014.                                                              

MAYER, Hans, Außenseiter, Frankfurt am Main, Suhrkamp Verlag, 1975.                       

SIMMEL, Georg, Sociologie : Étude sur les formes de la socialisation, trad. Lilyane Deroche-Gurcel et Sibylle Muller, Paris, PUF, 1999.

Places

  • Nanterre, France (92)

Date(s)

  • Monday, November 30, 2020

Keywords

  • marginalité, épistémologie, méthodologie, interdisciplinarité, transdisciplinarité

Contact(s)

  • Alexandre Vlamos
    courriel : avlamos [at] parisnanterre [dot] fr
  • Marie-Agathe Tilliette
    courriel : tilliette [dot] ma [at] parisnanterre [dot] fr

Information source

  • Marie-Agathe Tilliette
    courriel : tilliette [dot] ma [at] parisnanterre [dot] fr

To cite this announcement

« Are the margins really at the centre? », Call for papers, Calenda, Published on Friday, October 30, 2020, https://calenda.org/810422

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